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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 06:57

Du fait de ma nullité en mathématiques et en physique j'ai été versé vers la filière littéraire et économique ("B") qui conduisait à un bac aussi dévalué que la cote de popularité de François Hollande aujourd'hui.
Je me souviens des efforts et du découragement de mon professeur d'économie devant une classe d'abrutis qui ne comprenaient rien au règles de base (la SA, la SARL, le bénéfice etc.) alors qu'il était passionné par la matière qu'il était censé nous enseigner.

Il essayait toutes les méthodes, du par coeur au devoir ludique et il a réussi, tant bien que mal, à faire pénétrer quelques notions élémentaires dans mon cerveau à l'époque plus passionné par la sortie de "Goat's head soup" des Stones que par la constitution d'un pack d'actionnaires.

Je me souviens de cours nettement plus intéressants que les autres mais ce que je sais de l'économie et de la finance je l'ai appris en travaillant dans des entreprises privées et en lisant.

Cette longue introduction pour dire que je suis qualifié pour parler d'économie et d'entreprises comme Laurent Ruquier pour donner des leçons de journalisme! (le bougre se le permet...)

J'en arrive aux faits. Les cours de la bourse m'exaspèrent, les chroniques économiques me rasent, les interviews d'hommes d'affaires m'assomment et la lecture des pages économiques des journaux m'épuise. Il y a, pour le profane, deux lignes et deux lignes seules en ce domaine.
Les deux ont des résultats effroyables.
Il y a les tenants du Dieu Marché et ceux qui ne pensent qu'à le réguler. Les premiers considèrent les retraites-chapeaux, les licenciements boursiers, les délocalisations, l'argent-roi et les pots de vin comme de regrettables détails les autres pensent que "l'intendance suivra" et que la planche à billets dans un pays autarcique est la solution. Les marxistes ont inventé -il fallait oser- un système pire que le capitalisme.
Tous ceux qui sortent de cette alternative diabolique le font sur les marges mais appliquent cette règle d'airain.

Même si c'est caricatural c'est en définitive ce que la civilisation a donné comme seuls fruits. Transformer chaque individu, du berceau au cimetière, en agent économique ou "consommateur".

Notre monde est un enfer où tout s'achète et se vend et où la seule valeur réellement universelle est l'argent.

Que certains, qui se trompent et imaginent un monde plus monstrueux encore, rejette le nôtre au nom de Dieu n'est pas pour me surprendre.

Regardez les règles de fonctionnement de l'ancien régime et dites moi en quoi celui de 2016 (hormis les progrès de la science) est "meilleur" pour la grande masse des habitants du pays.

Le roi et la cour sont remplacés par une nomenklatura cadenassée qui vit de ses plaisirs et de ses rentes, les gens du spectacle se cooptent à qui mieux mieux de génération en génération, le travail est devenu une récompense et se donne à des gens qui se taisent, les impôts sont confiscatoires, les arts sont "officiels" et si l'on ne meurt plus de faim on est empoisonné par l'industrie (chimique ou alimentaire).

Vision noire et caricaturale? peut-être.

Peut-être.

On fait même la guerre pour de l'argent.

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 07:00

J'aime l'érudition. J'apprécie l'intelligence et j'ai profondément aimé le cinéma à la période où il était pluriel et où sa dimension exclusivement commerciale n'était pas la seule privilégiée.
J'aime France Culture qui est une radio qui aide à réfléchir et, souvent à apprendre.
Ce jeudi 18 une émission était consacrée au cinéma de Charlie Chaplin en général et de "La ruée vers l'or" et "Les lumières de la ville" en particulier.
C'était... comment dire?... c'était insupportable. Je comprends qu'on puisse adorer un cinéaste, j'admets qu'on soit pénétré de son sujet et que celui-ci ait toutes sortes de facettes cachées mais lorsque l'homme qui parlait a expliqué que "Limelight" constituait une "isotopie alimentaire" j'ai pensé "ça suffit" et ai changé de radio.

Il y a une critique et un public de cinéma, de théâtre, de concerts et de lecteurs qui s'étourdit de sa propre culture et qui, immanquablement, finit par sombrer dans l'élitisme.Ce public restreint écrit des monographies confidentielles reçues dans un cénacle ultra-limité et fait la pluie et le beau temps dans des administrations comme la cinémathèque ou le ministère de la culture. Ils peuvent déblatérer pendant des heures sur "la maman et la putain" de Jean Eustache et adorent adorer des réprouvés qui concourent chaque année pour le réalisateur du film qui a eu le moins de spectateurs payants.

Ils sont bien gentils mais... ils m'em.....

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 06:50

Moi je vois le succès des "Tuche 2" (qui en est à 3 000 000 de spectateurs en 2 semaines) comme la preuve tangible que le pays est en coma dépassé.
Je m'explique. Je n'ai rien contre Jean Paul Rouve (qui était formidable dans "Podium") et encore moins contre Isabelle Nanty (dont j'ai dit beaucoup de bien récemment et entre autres vérités qu'elle sauvait le "Agathe Cléry" d'Etienne Chatiliez). J'adore Claire Nadeau qui, bien que sous-utilisée et encore moins reconnue est une des comédiennes Française au plus fort potentiel comique. Je n'ai rien non plus contre les comédies qui se moquent des Français et de leurs travers, qui prennent des archétypes pour en faire des caricatures grotesques quoi que...Comme jadis les "Deschiens" il y a un snobisme très "show-business" qui consiste à se moquer du peuple tout en s'en défendant.
La critique, faux-cul et complice parle alors de "tendresse" et hop, c'est emballé.

Les Tuche 2, donc que je n'ai pas vu et n'irai pas voir est dans la lignée de ces films qui caricaturent.... leur coeur de cible, façon "Camping" et autres "Ch'tis".

Il est réalisé par la moitié la moins intéressante de l'ex duo comique Kad et Olivier, un authentique bon à rien qui surfe sur le pessimisme du pays et sa soif de divertissement bas du plafond.

J'avais vu un film qu'il avait signé, "Safari" (en DVD) et n'ai pas de mot(s) pour définir la bouse filmique qui avait ce titre. Qu'on puisse appeler ça du cinéma me rend perplexe. C'était plutôt une longue enfilade de sketches foireux et vulgaires qu'un CM2 des années 60 aurait boudée.

Les Tuche 2 est un carton. Tous les 2 ans les frontons des cinémas afficheront désormais les séquels et le public se précipitera pour ricaner en engloutissant des pop-corns arrosés de soda.

Comme disait Proust (Gaspard, pas Marcel!): "Elle est pas belle la vie?"

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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 06:23

J'ai revu le film d'Olivier Hirschbiegel "la Chute" qui narre les derniers jours d'Hitler, des derniers de ses fidèles et de Berlin peu avant le suicide du Führer et la reddition sans condition de l'Allemagne en avril et mai 1945.

Comme lors de sa première vision je suis ébahi par Bruno Ganz qui est ici habité et qui campe un Hitler plus vrai que nature. Quand il pique une de ses célèbres colères toute la folie du modèle semble se livrer à nous.
Atteint de la maladie de Parkinson, obnubilé par des détails, passant de l'abattement à l'invective et de la mansuétude à la cruauté la plus sauvage le Hitler des derniers jours est un chef d'état et de guerre dont on se demande stupéfait s'il a toute sa raison.
C'est trop commode d'évacuer sa responsabilité en répondant par la négative et cela ne permettrait pas de dédouaner un peuple qui a confié les rênes de la démocratie à un cinglé criminel. (qui, de plus, n'avait pas caché ses noirs desseins)

Je penche plutôt pour une sorte de naufrage progressif dû à l'abus de drogues, un régime stupide, une personnalité instable, une adoration incompréhensible et les circonstances qui ont fait d'un caporal inculte le chef incontesté d'un des pays les plus avancés de la planète au début du XXème siècle.

La défaite de la guerre de 14-18 et l'humiliation supposée du traité de Versailles venant ajouter du chaos mais n'en étant pas, comme on le dit trop souvent, la cause principale.

N'oublions pas les forces révolutionnaires prêtes à submerger l'Allemagne et la faiblesse intrinsèque de la "République de Weimar" et on a le cocktail morbide qui a conduit un homme certainement perturbé et non moins certainement démagogue à la chancellerie.

Autour de ce chef qui vit dans le déni des militaires à la fois serviles et cruels, jaloux les uns des autres mais tous prêts à mourir pour Hitler alors même qu'il en constatent la folie meurtrière et les raisonnements déments.

Complètent le tableau une Eva Braun presque déficiente mentale tant elle est stupide, des dignitaires fanatiques et un pouvoir qui se délite tandis que chacun hésite entre le "sauve qui peut" et un suicide crépusculaire et inutile.

Tout ceci le film "La chute" le montre et le démontre, sans faillir. Une précision d'entomologiste et aucune complaisance. On a parfois l'impression d'un reportage ou d'un documentaire.
Une seule vraie critique: l'acteur qui interprète Goebbels a une "trop sale gueule". Ses actes et ses paroles suffisent, inutile en plus de lui prêter un physique de dément criminel...

C'est d'ailleurs, je le répète, le risque de toute reconstitution de cette époque: en faire trop et donner un caractère démoniaque à ses acteurs. Leurs actes étaient réfléchis, pensés. Ils savaient pourquoi ils les commettaient et n'en rougissaient pas. pire ils en étaient fiers.

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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 06:37

Si j'émets les plus expresses réserves sur la première partie professionnelle de la carrière d'Etienne Chatiliez dans la publicité je considère qu'au cinéma il a renouvelé la comédie "à la Française" et signé quelques unes des meilleures des vingt dernières années.
Avec "Tanguy", "Tatie Danielle" et surtout "La confiance règne" Chatiliez est le réalisateur de trois comédies aussi réussies que novatrices.
On se souvient aussi de "La vie est un long fleuve tranquille" savoureux et du "Bonheur est dans le pré" particulièrement réussi.
On peut oublier "Agathe Cléry" (malgré quelques bons moments et des trouvailles scénaristiques) comme on a complètement oublié "Oncle Charles".

Chatiliez possède une "patte" faite de rythme, de couleurs, de dialogues (en baisse très nette dans ses deux derniers films) et un recours à des comédiens impeccables.

Sabine Azéma, Carmen Maura et Eddy Mitchell sont royaux dans "Le bonheur...", Sabine Azéma est impériale dans "Tanguy" et son partenaire Andre Dussolier ne lui cèle en rien, Vincent Lindon comme Cécile de France est exceptionnel dans "La confiance..." et on pourrait continuer longtemps ainsi car lorsqu'il fait appel à des comédiens connus Chatiliez leur donne des occasions de donner d'autres facettes d'eux-mêmes et qu'il a aussi révélé des acteurs qui ont fait leurs preuves ensuite. Eric Berger ("Tanguy") ou Eric Prat (le danseur de Sirtaki de "Tatie Danielle").
Une mention particulière aux prestations de Patrick Bouchitey en prêtre, à Isabelle Nanty excellente dans "Tatie" comme dans "Agathe Clery", à Tsilla Chelton (la fameuse Tatie Danielle qui, ne nous connaissant pas encore nous détestait déjà selon le slogan du film) à Hélène Duc magnifique belle-mère dans "Tanguy" et, naturellement, Catherine Jacob inoubliable bonne enceinte sans avoir couché...

En demandant à des comédiens qui viennent de tout sauf de Canal+ et des filières du comique "krypté" Chatiliez a fait un choix gagnant. Lorsqu'il a cru devoir céder à cette impossible loi qui veut que le comique vient de là, en faisant tourner Antony Kavannagh (Agathe Clery) il a manqué son but et montré à quel point on attend autre chose de lui.

On ne tire pas sur une ambulance: Agathe Cléry est un ratage et Valérie Lemercier n'y est pour rien. Clin d'yeux nombrilistes, autocitations, dialogue parfois vulgaire, comédiens principaux peu concernés (Jean Rochefort entre autres) le film ne possède que par instants le savoir-faire et l'humour décalé du réalisateur.

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 06:19

Une autre voix féminine me plaît énormément depuis que je la connais: celle de l'Irlandaise Sinéad O'Connor.

Je n'aime pas tout d'elle et, par exemple, ne supporte pas le "Nothing compares to U" de Prince dont elle a fait une version qu'on entend partout, à tort et à travers.
Pour moi c'est lorsqu'elle est proche de l'Irlande qu'elle fait passer le plus d'émotions. J'adore son album "Sean-Nôs Nua" que j'ai "usé" et certaines chansons de "How about I be me (and You be you)".
J'ai un authentique coup de coeur pour la chanson extraite de la bande originale du magnifique film "Au nom du père" au titre cucul inversement proportionnel à l'émotion qui s'en dégage: "You made me the thief of your heart". Une splendeur.

Sa vision de "London town" aussi est superbe.

Cette chanteuse à la vie compliquée et aux positions politiques rigides et heurtées peut surprendre par son impossibilité à faire des concessions. En tant que chanteuse elle est irréprochable et sa voix ferait fondre le plus sec des auditeurs. La fragilité et la détermination qui s'en dégagent sont garants de son authenticité.

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 07:10

Juste un petit paragraphe écrit avant mon départ pour les vacances au soleil et dicté par l'ahurissement qui m'a saisi en apprenant que Jean-François Copé, ce qui se fait de pire en politique de nos jours, est candidat à la primaire de la droite.
Copé est tellement "pourri" que Sarkozy reprendrait presque des couleurs dans la comparaison. Homme sans convictions, prêt à tout pour arriver nonobstant une pauvreté rare de la pensée et une malhonnêteté éclatante des actes et des paroles, traînant derrière lui des casseroles aussi bruyantes que bien attachées, il a une image si méprisante des Français qu'il pense qu'ils pourraient en vouloir comme président. Personnellement je ne lui confierais pas ma voiture.


Woerth, lui, a bénéficié (mais il faut lire les termes du jugement qui sont ACCABLANTS pour lui) de la chance d'être relaxé dans diverses affaires où son nom et sa silhouette de comptable ont été compromis. Des valises de liquide de Mme Bettencourt à l'hippodrome de Compiègne, domaine public bradé à des "amis" restent attachées à son nom et le voilà qui, porte parole de Sarkozy vient jouer les Monsieur Propre de l'opposition. Je crois rêver... la définition du nouveau sarkozysme est-ce le recyclage de tous ceux qui ont eu maille à partir avec la justice? Ce Woerth avec sa morgue de haut fonctionnaire et ses airs de prince de Ligne mériterait bien qu'on l'oublie, non?

Quant aux Balkany, mâle ou femelle, je ne les juge pas sévèrement: je réserve cela aux électeurs de Levallois-Perret qui les réélisent en connaissance de cause.

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 06:52

Dans "Marianne" cette semaine un article laudatif appelait Oxmo Puccino, présenté comme un électron libre du rap français le "Jacques Brel noir". C'est trop d'honneur votre honneur!

Je ne connais pas et le peu que j'ai entendu des paroles de ce brave type ne me donnent pas envie de le connaître mais je trouve -comment dire?- osé, abusif, pénible, agaçant, ridicule, insultant, offensant voire déprimant cette comparaison qui, à coup sur, n'est pas raison.

On aime ou pas Jacques Brel mais il fut unique en son temps et n'a jamais (parce que cela n'était pas nécessaire) été remplacé. Des mauvais copieurs ont bien essayé (qu'on se rappelle Lama ou, plus récemment Bruel qui n'a dans son nom qu'une lettre de différence avec son devancier mais dont les talents sont séparés par des années lumières). Ils se sont fracassés sur cette vérité: les paroles de Brel n'existent que chez Brel, le monde de Brel est clos.
Un peu comme l'oeuvre de Hergé ou celle de Stanley Kubrick qui se suffisent à elles-mêmes et forment un ensemble cohérent et unique.

Je ne dénie pas à Stromae un certain talent ni même un "univers" mais le comparer à Brel (lui aussi y a droit dans un article sur deux) n'est pas lui rendre service. Au pire c'est le flatter avec un brin de flagornerie, au mieux c'est souligner à quel point il lui reste du travail.

Cette manie de voir "la nouvelle Bardot", "le nouveau Gabin" ou le "nouveau Dewaere" chez n'importe qui est un tic de langage qui ne grandit pas celui (ou celle) qui l'utilise.
Il n'y a eu qu'une Romy Schneider, qu'un seul Brassens ou un seul Georges Moustaki. Des jeunes artistes peuvent (parfois) rappeler tel ou tel trait de quelqu'un d'autre mais là se termine l'analogie.

...C'est le nouveau Pierre Dumayet qui vous le dit!

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18 février 2016 4 18 /02 /février /2016 07:00

Ecrite en 1966 par l'excellente Carole King la chanson "Going Back" a été maintes fois interprétée et par des artistes aussi différents que les Byrds, Freddy Mercury, Carole King elle-même , Marianne Faithfull, Chrissie Hynde et en 1990 par Phil Collins dont ce fut le dernier single. Désastreux est-il utile de le préciser?

C'est la chanteuse aujourd'hui terriblement oubliée Dusty Sprinfield qui a fait de cette chanson nostalgique ce petit morceau de moins de 3 minutes si mélancolique et poignant.

Je l'ai découvert dix ans après sa sortie et l'avais reproduit sur une cassette sans connaître le nom de l'interprète. Perdue ou effacée un jour sans que je la retrouve jamais. Shazam et le net n'existaient pas et je me souvenais de cet air si triste et si juste sans pouvoir le réentendre.

Je me souvenais d'une orchestration démodée (elle l'est!) et d'une chanson aux paroles un peu larmoyantes mais aussi d'une voix prenante et d'un ton si triste qu'il en tirait presque les larmes.
Un concentré d'émotion en musique. un petit miracle d'interprétation.

Je ne vous fais pas "mariner" plus longtemps: avec les quelques indications que je lui avais données Marine m'a apporté, il y a deux ou trois ans, "ma" chanson que je cherchais depuis des années. Fidèle à mon souvenir j'ai retrouvé intactes les sensations des écoutes passées.
Elle a dû être bien malheureuse cette Dusty Sprinfield pour mettre autant d'elle dans une simple chanson.

Quand je vois le factice de certaines voix unanimement fêtées aujourd'hui je me dis qu'il faut ignorer ce qu'est le sentiment d'abandon, de tristesse de vide même pour ne pas détecter l'imposture de ces chanteuses préfabriquées...

Je connais peu Dusty Sprinfield (j'ai écouté deux ou trois fois l'album "Dusty in Memphis" et connais le titre "Son of a preacher man" que Tarantino a remis à la mode un temps) mais son interprétation de "Going back" pulvérise toutes les autres. Collins et Mercury sont pitoyables et les autres ne lui arrivent pas à la cheville question émotion.

Voilà une chanson qui est dans mon panthéon personnel, sans doute dans les 10 premières places.

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 06:05

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J'ai travaillé, il y a 600 ans de cela, dans une maison d'édition dont la spécialité était le "livre scolaire".

Comme les librairies classiques les éditions scolaires ont leur "best-seller" (celle-là avait la grammaire dite "Bescherelle" du nom de son auteur), ses collections ("profil d'une oeuvre") et son fond d'éditeur constitué de livres de la 6ème à la Terminale dans toutes les matières étudiées en classe. Cette maison était à l'époque familiale et assez modeste bien qu'installée rue d'Assas dans un hôtel particulier.

Je n'ai pas l'habitude d'embellir les souvenirs. Ca sentait le vieux papier et je m'ennuyais ferme au milieu de croulants ennuyeux et prétentieux et de femmes dont l'unique préoccupation était de dire du mal de leurs consoeurs. A moins de 20 ans ce genre d'endroit semble être une maison-témoin de l'enfer!

Un souvenir parmi d'autres: en ces temps préhistoriques l'ordinateur n'existait pas et les courbes quotidiennes des ventes du Bescherelle étaient matérialisées par des cases coloriées en rouge et bleu (à l'aide d'un crayon de couleur bicolore) par le préposé à cette tâche de confiance. Les jeunes générations seraient peut-être étonnées que ma pire crainte, à l'époque, était qu'on me propose un CDI.

Les maisons d'éditions scolaires dépendent des "programmes scolaires" et cela explique la folie réformatrice de tous les zozos qui se sont évaporés dans le ministère de l'éducation nationale. Pour qu'un livre scolaire soit acheté il faut qu'il soit préconisé par l'établissement scolaire. Il faut donc régulièrement modifier leur contenu pour obliger les parents à acheter des livres neufs tous les ans. On étudiera ainsi en 2016 la guerre de 14-18 en 6ème mais seulement en 5ème en 2017. Le livre d'histoire de Benjamin ne conviendra donc pas à Bérénice, tout comme le livre de lecture de Kevin ne pourra aller à la petite Séphora.

Et cela est vrai pour toutes les matières ou presque.

La réforme de l'orthographe dont on nous rebat les oreilles vient de là. Elle a été retardée, retardée, retardée et apparaît soudain sous les cris hypocrites de ceux qui l'ont décidée (Bernard Pivot) et pour de mauvaises raisons (politiques chez papy d'Ormesson).

Lisez, recherchez la genèse de cette réforme: vous verrez que ceux qui crient le plus fort sont ceux qui racontent le plus de mensonges ou sont les plus hypocrites.
Cette réforme est idiote mais le niveau du pays est tel que l'accent circonflexe ne mérite pas qu'on en parle plus de 10 secondes.
Surtout avec d'énormes arrières-pensées.

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