Ce vendredi soir, en solo, j'ai regardé LCP (la chaîne parlementaire) et, vers 21H30, ai vu une passionnante émission consacrée aux mensonges de l'équipe présidentielle de George W.Bush à propos de l'Irak en 2002.
Après l'attentat d'Al Quaida sur New York qui s'est soldé par la mort de plus de 3000 personnes innocentes et la destruction du symbole de la force des Américains qu'étaient les tours jumelles de Manhattan le président Bush, pour des raisons économiques (le pétrole Irakien) a décidé de renverser Saddam Hussein et de prendre le contrôle de ce pays.
Il est apparu que ce projet cupide et dangereux était antérieur au 11 septembre 2001.
La première réaction à la destruction des tours jumelles a été l'opération Afghane et la fin (?) du régime aussi absurde que criminel des Talibans.
Les authentiques faucons de l'administration Bush (et parmi eux le président lui-même, Donald Rumsfeld, Colin Powell, Dick Cheney et Condoleza Rice) ont alors décidé d'envahir l'Irak en obtenant une résolution de l'ONU. Pour cela ils ont sciemment monté de toutes pièces un dossier faux et mensonger indiquant que Saddam avait entreposé des "armes de destruction massive" et qu'il existait un lien entre Al Quaida, les attentats de New York et l'Irak dirigée par Hussein.
Ces mensonges, relayés aveuglément et en connaissance de cause par Tony Blair, les services secrets de pays amis et la presse américaine dans son ensemble ont permis aux USA de faire ce que George W.Bush avait décidé en précisant: "l'Irak flotte sur du pétrole".
Renaud Muselier était sur le plateau du débat qui a suivi la diffusion du document. Il a dit combien il a été difficile, à son ministre de tutelle et à lui de résister aux pressions américaines qui craignaient le véto de la France à l'ONU. Il a redit la détermination de Dominique de Villepin et celle de Jacques Chirac qui lui aurait dit ce qui se passerait dans les 10 ans si les USA intervenaient. Muselier a dit que tout ce que Chirac lui a indiqué s'est hélas réalisé: la déréliction du pays, l'anarchie, les groupes armés et jusqu'à l'apparition de ce monstrueux avatar qu'est Daech.
A ce moment de la soirée l'impunité absolue des protagonistes, qui ont sciemment menti (on se souvient, en 1974, que le président Richard Nixon a dû démissionner quand ses mensonges ont été évidents), fait une guerre meurtrière pour des buts autres que ceux évoqués, ont berné l'opinion et les parlementaires, l'ONU et la presse a été soulignée.
Oui, George W.Bush et Tony Blair n'ont pas eu à rendre de comptes sur leur forfaiture. Le premier a été réélu en 2004 (on imagine le mépris pour le peuple et les institutions qu'il a dû ressentir) tandis que le second est milliardaire et se pavane sur les télés du monde en donnant des leçons de libéralisme quand ce n'est pas de morale politique.
ALors? alors un Sarkozy (qu'on se rappelle la Libye et la destitution de Kadhafi ou l'élection (ce mot est à prendre avec des longues pincettes) de Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire...) des Clinton, un Poutine et un Berlusconi se sont engouffrés dans la faille. Je ne dis pas qu'avant Bush Jr les chefs d'Etat étaient irréprochables.
Depuis l'affaire d'Irak et ses mensonges au plus haut niveau de l'Etat et singulièrement du pays le plus puissant du monde; ce monde est un peu plus laid et un peu moins sur.

