Je ne me suis jamais intéressé au "monde de la mode" qui est, je dirais par essence, tout ce que je déteste: la vanité, l'élitisme, la mondanité, le fric, les fausses valeurs et, à mes yeux, l'absence totale d'intérêt.
Rien ne me semble plus vain que les "fashion weeks", les défilés, les collections et ces divas capricieuses et ridicules que sont les grands couturiers.
Je n'ai jamais compris l'hystérie que déchaine encore Yves Saint Laurent pas plus que celle que déclenchaient Coco Chanel ou cette caricature impossible de Lagerfeld.
Naturellement comparaison n'est pas raison et je sais que je ne suis personne pour juger ainsi des activités économiques (et, dit-on, artistiques) qui génèrent des sommes considérables.
Pour moi c'est la même chose que les ballets, les petits rats et le "Lac des cygnes" Dieu que tout cela est ennuyeux et convenu. La danseuse étoile et ses pointes qui lui meurtrissent les pieds c'est aussi convenu que le pseudo créateur qui défile avec son mannequin enveloppé dans du néant censé être une robe de mariée: un rite païen, médiatique archi-convenu et destiné à bluffer des milliardaires qui ne peuvent tout de même s'admirer entre eux.
Quand on parle, dans les journaux, d'un de ces demi-Dieu c'est, même si on n'y connait rien, avec des trémolos dans le clavier. Gianni Versace devient l'égal de Léonard (de Vinci pas le coiffeur!) et Yves Saint-Truc l'égal de Gatsby. Un romantique de midinette sur fond de drogues et de dépressions nerveuses.
La jet-Set ne peut décemment pas aimer ce que la plèbe aime et jette donc son dévolu sur ces ersatz de stars imbuvables qui, quelquefois heureusement, sont de vrais talents (Maria Callas).
Il y a toujours des journalistes pour prostituer leur talent et le consacrer à ces hommes ou femmes à la réputation disproportionnée. C'est ce que je reprocherais à Raphaëlle Bacqué qui avait déjà commis une bio de l'absurde Richard Descoings (Sciences-Po) et vient de récidiver avec Karl Lagerfeld.
