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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 07:00

Il m'arrive, de plus en plus rarement je le confesse, de parcourir le quotidien "Le Monde" mais plus jamais son effroyable supplément du week-end "M". Ce dernier, je pense, a contaminé le journal en y exportant son snobisme, son élitisme, sa futilité et son attirance pour un "Bling-Bling" de grand luxe.

"M" aurait pu faire sienne la grotesque et offensante formule de Séguéla: "si à cinquante ans on n'a pas une Rolex on a raté sa vie".

(PS: le correcteur d'orthographe me suggère de remplacer "Rolex" par "Solex"!)

Le Monde s'est fait, depuis la célèbre directive de son fondateur Hubert Beuve-Méry ("faites emmerdant") le spécialiste des articles longs, complets mais sérieux. Hélas ils sont souvent partiaux voire partisans. Dogmatiques toujours.

Malgré l'arrivée tardive de la couleur et des photos le quotidien du soir reste rébarbatif. Il se complait dans l'utilisation d'une langue de bois journalistique génialement décrite par Michel-Antoine Burnier et Patrick Rambaud "le journalisme sans peine" (1997). Tous les travers de la profession sont disséqués avec un humour ravageur et impitoyable dans ce livre irrésistible et juste.

Le vocabulaire de la plupart des journalistes du Monde est volontiers pédant quand il n'est pas abscons. Exemple qui me vient: le 10 décembre, dans un article consacré à la future nouvelle Golf de Volkswagen le signataire de l'article (rébarbatif au possible) parle du "barycentre de la stratégie du constructeur". Combien de lecteurs ayant lu ce papier ont cherché le sens de ce mot "barycentre"?

( En mathématiques, le barycentre d'un ensemble fini de points du plan ou de l'espace est un point qui permet de réduire certaines combinaisons linéaires de vecteurs.) Ça n'éclaire rien!

Le Monde s'obstine à publier les dessins indigestes et surévalués de Plantu qui n'a plus fait sourire personne depuis 1977 ou 1978.

Enfin, et je terminerai par cela, le Monde -comme moi- a des partis-pris définitifs souvent injustes. Il a traité avec une condescendance qui confinait au mépris la diffusion par Arte d'une adaptation de "La foire aux vanités" de Thackeray qui, c'est le moins que l'on puisse dire, partait d'une ambition plus élevée que 89,9% des programmes de télévision, toutes chaînes confondues.

Il faut lire et relire cette critique (dont suinte un élitisme intellectuel exaspérant) pour voir ce qu'est le positionnement (et donc sans doute le lectorat) de ce journal qui, c'est encore vrai, reste malgré tout infiniment supérieur aux autres quotidiens du pays.

 

 

 

 

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16 décembre 2019 1 16 /12 /décembre /2019 07:00
corps humains et vestiges archéologiques

Étant occupé à casser les tympans de pauvres innocents je n'ai pas pu voir la soirée d'Arte sur Pompéi mercredi soir.
Je me suis rattrapé en la visionnant en Replay sur mon ordinateur. J'ai trouvé les documents très intéressants et en particulier celui intitulé "les morts-vivants de Pompéi". Il était consacré à ces personnes statufiées (je pensais par la lave) au moment de l'éruption du Vésuve en l'an 79 de notre ère.

En fait il ne s'agit pas de statues mais de corps humain et de vestiges archéologiques en même temps.

Les empreintes des corps ont été faites en plâtre d'après les cavités entourant des squelettes au XIX ème siècle. Ces moulages, du fait du temps et des matériaux utilisés se sont abîmés et fragilisés.
Profitant de la tenue prochaine d'une exposition des scientifiques ont eu 4 semaines pour restaurer et analyser 21 moulages. (NDLR: 20 siècles d'existence 4 semaines pour les restaurer... notre époque!)

Pompéi a disparu en 30 heures et, sur une population estimée entre 6000 et 20000 habitants elle en aurait vu périr 1150. (les autres se seraient enfuis).

Le documentaire s'intéresse particulièrement à "la famille de la maison du bracelet d'or", soit 2 adultes et 2 enfants et aux corps enchevêtrés de deux jeunes filles.

Les moulages sont restaurés, interprétés, analysés et de l'ADN mitochondrial est prélevé et envoyé chez des spécialistes pour analyse. Il est recueilli sur les dents des Pompéiens qui révèlent à cette occasion qu'ils ne devaient pas manger de sucre car leurs dents sont parfaites.

La restauration est compliquée car on agit sur une alliance de plâtre et d'ossements, c'est à dire du mou et du dur ce qui crée une tension artificielle. Il sera finalement possible de séquencer l'ADN des échantillons et de définir qu'aucun des 4 corps n'a de lien de parenté et donc qu'il ne s'agit pas d'une famille et, parallèlement, de redonner un genre masculin à l'une des "2 jeunes filles".

Les moulages des corps du "jardin des fugitifs" (belle appellation!) sont envoyés dans une clinique pour une tomodensitométrie. (étude de l'intérieur des corps)

Une numérisation millimétrée facilitera la création de modèles 3D qui permettra de moins solliciter les "originaux".

Le film insiste sur le "cas unique dans l'histoire de l'archéologie" que représente ces moulages de corps humains en situation si longtemps après leur décès.

De fait tout ce qui touche Herculanum et Pompéi est passionnant et ce film leur rend un juste hommage.

 

 

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13 décembre 2019 5 13 /12 /décembre /2019 07:00

Dans le promiscuité habituelle du "métro" toulousain (en fait un "Val" cousin de celui de l'aéroport d'Orly et qui, dès son inauguration en 1993 s'est avéré sous dimensionné) j'étais, ce mardi, après le rush des heures de pointes, assis à côté d'un Africain du Nord. Un Algérien, à ne pas en douter. La quarantaine, pas commode.
Il faisait défiler des photos et dessins de presse sur son smartphone. Je m'efforçais de ne pas voir mais mon regard a été attiré par un dessin en couleur que je vous décris: Un gros coq tricolore bleu-blanc-rouge picorait une Afrique malingre (de couleur marronnasse). Le bec du "prédateur gaulois" frappait pile sur l'Algérie.

Je ne pense pas me tromper en imaginant que l'intention du dessinateur est de faire comprendre que la France est, aujourd'hui encore, responsable de tous les maux que subit la lointaine colonie martyrisée.

Il en va des pays comme des personnes: certains ne sont jamais responsables de leurs erreurs qu'ils attribuent à d'autres.

Responsable et coupable, la France, de la coalition armée/F.L.N au pouvoir depuis 1962, année de l'Indépendance? responsable des 25 ans d'Abdelaziz Bouteflika la France? responsable de la dictature la France? responsable des années de plomb avec les Islamistes du FIS la France? Même ses voisins, le Maroc et la Tunisie, plus petits, s'en sortent mieux.

Qui a tenté de présenter à "l'élection présidentielle" de 2019 le même Bouteflika plus végétatif qu'un papyrus? qui présente, en solution de rechange, 4 apparatchiks du parti au pouvoir sans aucune légitimité? L'Algérie devrait revenir sur son passé et régler ses problèmes au lieu d'en charger perpétuellement la France...

J'ai failli engager la conversation avec mon voisin de métro mais le regard qu'il m'a lancé m'en a dissuadé. Je suis certain que le coq gaulois est, pour lui, responsable de tout et du reste.

 

 

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12 décembre 2019 4 12 /12 /décembre /2019 07:00

Il y a 3 ou 4 ans le "cumulus" (réservoir-chauffant d'eau) de mon appartement s'est vidé de son contenu en mon absence. Les voisins des 2 étages inférieurs (incluant une maniaque de l'embellissement de son propre appartement) ont dû appeler les pompiers et attendre plus de 30 minutes que la cataracte cesse de couler.
Chez eux, comme dans les parties communes, les dégâts étaient importants. Chez moi ils étaient dantesques et je ne me suis toujours pas remis de la perte de beaucoup d'objets auxquels j'étais attaché.

Mon appartement comprenait beaucoup de penderies et, homme imprévoyant, j'avais posé au  sol draps, taies, housses, livres, revues, dessins, affiches et cartons contenant mes CD préférés, une collection énorme de raretés glanées lors de voyages qui au Canada, qui en Irlande ou en écosse.

La plupart des supports musicaux ont peu souffert mais les "pochettes" étaient fichues. de colère j'ai tout jeté et je regrette ce geste de dépit car je ne retrouve plus ces disques qu'avec mille difficultés.

Le CD est appelé à disparaître. Sa raréfaction a commencé et, même d'occasion, certains albums sont rares. (Qui a ajouté "parce qu'ils sont nuls?"). Sur les 60 ou 70 que je couvais j'en ai retrouvé 27.

Je n'ose plus faire les disquaires de ma ville de peur qu'ils appellent la police pour signaler la présence d'un pervers.

J'ai d'ailleurs remarqué que je devais porter malheur à certaines choses: que je les distingue et elles changent d'emballage ou, pire, désertent les linéaires. Perrier Fluo ou cirage noir Kiwi, "Gjanduja" de chez Léonidas (ils ont imperceptiblement modifié la composition et sans doute changé la graisse de cacao en huile de palme!), bonbons belges Hopje, et j'en oublie.

Même les séries auxquelles je m'attache cessent en rase campagne au bout de 2 saisons!

Alors, vous me direz, "Quid de l'occasion et des sites de seconde main?" je n'en suis pas fan. Les vendeurs surestiment toujours leur camelote et les frais de transport augmentent le prix d'achat. Une fois j'ai eu le déplaisir de recevoir une "contrefaçon" moche et une fois le facteur a jugé malin de s'emparer de mon bien. Du coup j'hésite!

Lancés dans la remarque vous me ferez penser au vide-greniers et autres brocantes. Ne cherchant ni Frédéric François, ni Aimable ni Tino Rossi, et encore moins Johnny ce n'est pas là que je trouverais ces CD que le cumulus a ravagés.

Je devine que, si j'y parviens un jour, ma collection complète reconstituée et achevée sera muette, faute de lecteur adéquat. Ma voiture neuve ne comprend pas de lecteur CD, outil aussi vieux et démodé que la poignée de fenêtre ou le déflecteur ouvrant!

 

 

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11 décembre 2019 3 11 /12 /décembre /2019 07:00

On sait les Américains, ce peuple adepte de la facilité, prêts à tout lorsqu'il s'agit de jeux et d'attractions. Le mauvais goût et le kitsch ne les rebutent jamais et ils repoussent régulièrement les limites (qu'ils ont eux-mêmes posées) de la bêtise et de l'absurde.

Depuis la fin de la guerre ils ont inventé et développé le concept de "parcs à thème" jusqu'à arriver à sa quintessence. De Disney aux bassins d'orques ou de dauphins c'est à qui fera ce qu'il peut y avoir de pire.

Steven Spielberg, dans ses "Jurassic Parcs" se moque ouvertement et avec raison des mauvaises intentions des propriétaires ou exploitants de ces parcs et de la folie consommatrice du public. Le fait est que pour certains Américons bouffer des hamburgers ou du pop-corn dans des allées tracées au cordeau pour voir des animaux faire des tours stupides ou pour eux-même tourner dans des tasses géantes est le nec-plus-ultra de l'entertainment. Ils dépensent des sommes folles pour serrer la main de Minnie ou être pris en photo avec un salarié déguisé en pingouin.

J'ai regardé, sur National Geographic, comment un de ces fichus attrape-couillons a dépensé des fortunes et relevé des défis impossibles pour acclimater 250 manchots en Floride.
Température extérieure, germes pathogènes, mode de vie des oiseaux, besoin de neige et de glace, odeurs, décor... chaque aspect de ce projet aussi inutile que baroque, adapter des manchots à la Floride, faire côtoyer ces oiseaux avec un public innombrable et stupide a soulevé des montagnes de problèmes et coûté des sommes pharamineuses.

Avec ce cocktail spécifique de mauvais goût et de bonne volonté techniciens, ingénieurs et personnel ont recrée une banquise en stuc dans un des états les plus chauds des U.S.A. Le jour de l'ouverture de l'attraction, après un discours n'omettant aucune platitude, les "spectateurs" se précipitent, toute graisse dehors, pour voir ces manchots à les toucher.

Il fallait se pincer en entendant les commentaires idiots des visiteurs ébahis par "l'exploit". Sont-ils vraiment si bêtes, si vulgaires? En les regardant, casquette visière à l'envers et (presque) tous gras comme des porcelets j'ai pensé à leur Président. Ce dernier est en osmose avec "l'Américain moyen". Il sera réélu.



 

 

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10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 07:00

Je ne l'ai jamais regardée, par principe. J'en ai aperçu quelques minutes ici ou là et ai compris que c'était encore pire que ce qui me prévenait contre.
Je veux parler de l'émission de télévision "Voyage en terre inconnue" qui est, dans son essence, ce que le petit écran peut faire de pire pour capter le fameux "temps de cerveau": un cas d'école.

Il s'agit, vous le savez sans doute, d'emmener une vedette "grand public" (un animateur de jeux télévisés, une comique plus drôle, une personne de petite taille ou quelqu'un de ce genre) dans un pays lointain, une région peu touristique pour la confronter à des Humains sages, gais, drôles, philosophes et aimables. Des "bons sauvages" à la Jean-Jacques Rousseau.

Les caméras filment ces rencontres forcément "enrichissantes" en n'omettant surtout aucune séquence d'émotion ou de surprise. L'invité (e) faisant profiter le public de sa grandeur d'äme et de ses réactions absolument spontanées.

L'animateur, longtemps un "Lou Ravi" surjouant le gentil dans un monde de gentils a récemment été remplacé par le benêt plongé dans un univers de bonté et d'amour.

Tout ceci prépare bien le spectateur avachi dans son canapé cuir à ingurgiter des "pauses" de publicités longues comme le voyage qui a conduit le voyageur en terre inconnue chez cette peuplade si dépaysante tout en restant proche...

Moi, avec le mauvais esprit qui me caractérise, je vois une mentalité néo-coloniale assumée qui s'affiche sur écran. Je devine les calculs des producteurs sur l'émotion au rendez-vous et la promotion en sous-main des vedettes-maison. J'imagine la "préparation" pour la dramatisation du "format" et je m'insurge contre l'idée de départ de l'émission. En quoi le fait d'envoyer Mimi Mathy ou Arthur chez les Akwabons équatoriaux apporte quelque chose au spectateur? n'est-ce pas là un de ces programmes complaisants qui joue sur la corde sensible et le rêve de concorde (ici surjouée) qui sommeille chez chaque acheteur de Coca-Cola ou de Nutella? Inviter l'ex-femme d'Arthur (à quand les enfants?) n'est-ce pas souligner cette connivence sous-jacente?

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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 07:00

 

Je comptais profiter de mon passage à Montauban pour voir comment le Musée Ingres avait été "modernisé". Avec un peu d'inquiétude car je l'avais aimé il y a 7 ou 8 ans quand je l'avais découvert.

J'ai une passion pour les musées de province non encore touchés par une modernisation trop voyante. J'adore ces institutions un peu pompeuses où dorment depuis des décennies des objets ou des tableaux qui n'intéressent presque personne. J'aime leurs salles endormies, la poussière qui a fait sienne les vitrines et installations vétustes.

En cherchant bien on en trouve encore beaucoup et certains sont facilement accessibles pour peu qu'on s'en donne la peine.

Mardi 3 décembre j'ai été mis sur la piste du Musée Victor Brun à Montauban. Il s'agit d'un muséum d'Histoire Naturelle dont l'inauguration date de 1854, sous Napoléon III.

Constitué de plusieurs collections (animaux naturalisés, nids et œufs, coquilles, insectes, pierres, météorite d'Orgueil, squelettes, cabinets de curiosité etc.) réparties aujourd'hui en 4 salles;  le Muséum est "dans son jus", entendez par là que les animaux naturalisés, dans leur open space,  sont sinon mités du moins poussiéreux, décolorés et usés. Les très nombreux oiseaux sont, dans leurs vitrines, mieux conservés et plus pimpants. La lumière est crue et si l'ensemble est propre il donne une impression -que j'aime- de lieu ayant une longue histoire.

Je ne suis pas "passéiste" (encore que.....) mais j'ai été échaudé par la transformation de plusieurs Musées (Musée Guimet à Paris, Musée Toulouse-Lautrec à Albi). Je préfère la création de nouveaux musées à leur modernisation.

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6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 07:00

Entraîné à voir le film "Adults in the Room" (c'était ça ou les "Misérables"!) j'ai découvert deux choses au sujet de ce film.
La première était qu'il était réalisé par Costa-Gavras (à qui on doit "l'aveu" et "l'Affaire de la Section Spéciale" tout de même) et la seconde qu'il aurait été absurde de passer à côté.

Le film raconte en détail la renégociation de la dette de la Grèce, en 2015, par le Ministre des Finances novice Yanis Varoufakis auprès de la "Troïka" (FMI, BCE et Commission Européenne) qui ne veut absolument rien entendre de cet avatar, à ses yeux, de la Gauche irresponsable qu'elle qualifie de  "radicale"pour mieux la mettre au pas.

De manière haletante Costa-Gavras montre les tractations, les raidissements et les arcanes de l'Union Européenne qui, c'est le moins que l'on puisse dire, ne gagne pas à être connue. Ni elle ni son fonctionnement ni encore moins ses fondamentaux. Comment l'EUROPE a t'elle pu devenir cette caricature antidémocratique?

Des fonctionnaires irresponsables (ils ne sont pas élus et la politique qu'ils imposent est la conséquence d'une idéologie et d'une orthodoxie financière qui en découle absolument impossible à faire évoluer) se moquent des peuples qu'ils condamnent à vivoter.

Costa-Gavras n'élude pas les responsabilités des différents gouvernements Grecs qui ont menti, triché et tiré des chèques sans provision sur l'avenir mais il montre que le peuple -les peuples- paie (nt) une purge drastique (baisse des salaires de plus de 50%, baisse des retraites etc.) inutile puisque augmentant la dette en un cercle vicieux connu. La raideur dogmatique du Ministre des finances Allemand Wolfgang Schäuble et le double jeu inconséquent de Michel Sapin sont soulignés dans le film et font mal. Deux séquences donnent le ton: l'une qui voit Varoufakis demander à l'Assemblée à quoi servent les élections si les élus nationaux n'ont aucune marge de manœuvre et la seconde quand le même s'aperçoit que le Président de l'Assemblée a tous les pouvoirs.

Le personnage de Christine Lagarde est éludé. Elle n'existe pas. Est-ce la réalité? orthodoxe et potiche.

L'acteur au rôle écrasant du Ministre Grec des finances est excellent et l'on est à sa place, subissant la tension permanente que suscite la condescendance des autres Européens et la dureté de leurs propos et des actes politiques odieux qu'ils exigent de lui. On ressent parfois nous-mêmes son humiliation et sa rage.

Son "supérieur", le Premier Ministre Grec est plus terne mais sa soudaine prise de conscience du piège (et l'allégorie de la pêche au gros le souligne, il me laissent aller puis me ramènent, redonnent du fil, stoppent mon élan, le rapprochent...) est terriblement douloureuse et déstabilisante.

Certains "conseils" de la Troïka à la Grèce en 2015 sonnent dangereusement dans le film: la privatisation des aéroports et la réforme des retraites prennent un sens inquiétant lorsque l'on songe au présent en France.....

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5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 07:00

Je reviens sur l'immolation de l'étudiant Lyonnais et l'avalanche de réactions "épidermiques" qu'elle a suscitée.
Qu'un jeune homme en arrive à de telles extrémités est dramatique et j'ai de la compassion pour la somme de douleurs qu'il s'est infligées. Je ne peux cependant m'empêcher de penser que le geste, son geste, est disproportionné et, sans nier ses difficultés, je dénie à ses seules difficultés financières  le fait d'en être la cause.

Une baisse de 5€ d'A.P.L, des rentrées insuffisantes, des difficultés familiales, la cherté de la vie.... je comprend que ces tracas ajoutés les uns aux autres nuisent à la sérénité des étudiants Français mais ces mêmes soucis sont ceux des étudiants du monde entier. Enfin... pas les 5€ d'A.P.L!

Aux États Unis les étudiants contractent des prêts bancaires pour payer leurs études et les remboursent durant leurs premières années d'emploi. Personne n'invoque l'incurie du gouvernement.

L'étudiante Coréenne de dix-neuf ans que nous avons accueillie travaillait dur pour payer ses études et son voyage en France. Elle vivait en comptant et ne se plaignait pas de son sort, au contraire.

Nicolas a travaillé, parfois la nuit, pour payer les droits d'inscription et ses repas, sorties et bouquins. Il ne nous l'a jamais reproché, à sa mère et à moi. Encore moins à Jacques Chirac et à son ministre de l’Éducation.

Nos étudiants Français, aussi prompts à descendre dans la rue que les cheminots, ont pris faits et cause pour cet étudiant (qui a pourtant laissé une lettre confuse témoignant au minimum de ses idées dérangées) et ont manifesté contre la précarité et d'autres raisons hors sujet.

Curieusement les lycéens ne les ont pas encore rejoints.  Évidemment les médias les ont tous caressé dans le sens du poil en évitant de comparer leur situation à celle des étudiants des autres pays. Pas un n'a, à ma connaissance, parlé des bourses ni des prêts bancaires.

 

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 07:00

Une de ses réflexion m'a fait tiquer. Mais peut-être avais-je mal entendu. Mal interprété. Un peu plus tard, pendant le repas, il a de nouveau fait une remarque allant dans le même sens. Le doute n'était plus permis: j'avais devant moi un antisémite comme je n'en avais jamais rencontré ailleurs que dans les livres, les documents ou les reportages.

Nous étions dans un restaurant Indien, L***, J*** et moi. J*** n'était pas prévu, à l'origine, mais L*** lui avait dit de se joindre à nous. Je le connaissais un peu puisque, quelques années plus tôt, je l'avais "pistonné" pour qu'il entre dans une société dans laquelle j'ai un temps sévi. J*** est de 10 ans plus jeune que L*** et que moi. Il a de l'humour, un regard décalé sur les choses et les gens et il connaît bien des domaines comme le cinéma, la photo, le rock et la bande dessinée.

Dès les entrées il fit cette remarque qui m'intrigua, suivie peu après d'une autre pour laquelle le doute n'est pas permis. Ne voulant pas d'esclandre je feignis de ne pas comprendre ses allusions mais il revint sur ce sujet comme s'il s’agissait d'une obsession.

Tout le conduisait à elle: l'affaire Dreyfus, sujet du film de Roman Polanski dont nous parlâmes, la judéité de Drucker dont il parla à propos d'affiches géantes qu'il avait vues dans le métro parisien et qui faisait appel  à la générosité pour des dons à des associations juives (c'est ce qu'il dit) et à une autre occasion dont j'ai oublié le prétexte.

L*** s'aperçut du malaise et, au lieu de changer de sujet, en remit une couche.  Je me tins à ma décision première: pas de scandale, pas de bruit, pas de réponse.

Le repas terminé nous allâmes prendre le café chez L*** et il n'y eut plu d'incident.

En fin d'après midi j'envoyai à L*** un SMS qui commençait ainsi: "un peu antisémite sur les bords le J***" la réponse de L*** était libellée comme suit: "Oui mais il a bon fond".

Dans une autre vie j'avais un beau-frère raciste et antisémite mais il était très con et ça allait avec le personnage. Aujourd'hui c'est différent et j'ai été surpris.

 

 

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