L'émission "C'politique" de samedi dernier (20/01/2018) contenait une rubrique proprement stupéfiante. 12' de télévision incroyable.
Consacrée à la campagne présidentielle de François Fillon entre les révélations de son rapport curieux à l'argent et à la vérité, ses réactions après que le scandale eut tout emporté et son impossibilité à dire: "Oui j'ai payé ma femme et mes enfants avec de l'argent public à ne rien faire, j'ai aussi bénéficié de passe-droits limites (on m'offrait des costumes à 5000€ pièce sans contrepartie) et j'irai au bout de la campagne quoi qu'il arrive car c'est mon tour" on l'a revu, s'enfonçant dans des critiques ineptes non de ses actes délictueux mais de ceux qui les avaient révélés, s'enfoncer dans une défense absurde invoquant un complot de l'Elysée, dire qu'il abandonnerait la campagne s'il était mis en examen et la poursuivre après qu'il l'ait été et, en fin de compte ne jamais dire la vérité sur les emplois de sa femme Pénélope et de ses enfants. Fillon se réfugiant dans un déni absolu entouré de la droite la plus figée ("Sens commun") et des hommes de droite les plus rances (Longuet).
L'étonnant était la parole de Mr Costumes, Robert Bourgi qui, tout en proclamant sa fidélité à Nicolas Sarkozy le poignardait en révélant que ce dernier voulait "niquer" François Fillon avec cette histoire de costumes.
Le fameux "complot" ourdi depuis l'Elysée semble bien être un règlement de compte entre Sarkozy et son ex-"collaborateur", une vengeance mesquine de la primaire. Robert Bourgi qui ne respire pas vraiment l'honnêteté et la rigueur morale concède à l'éternel Pujadas qu'il savait ce qu'il faisait en offrant ces costumes à Fillon.
Comme le dit l'une des participantes à l'émission ce n'est pas le cadeau en soi qui fait scandale c'est que Fillon l'ait accepté (et accessoirement qu'il l'ait accepté en plein "Pénélope-gate" et qu'il ait dit les avoir rendus alors qu'il rendait d'autres costumes usagés). 1 an après François Fillon n'a jamais apporté la moindre preuve d'un complot, de fournitures de documents au "canard enchaîné" et de la main de l'Elysée de François Hollande dans ses affaires dont il n'a jamais pu prouver qu'elles n'existaient pas. Les preuves du travail d'assistante parlementaire et au "Journal des 2 Mondes" de Pénélope n'ont jamais été apportées. Son fils et sa fille n'étaient bel et bien pas avocats au moment où ils "travaillaient" pour lui. Bref ce qui lui était reproché semble bien l'être à raison.
A l'heure où l'on n'a pas de mots assez durs pour Donald Trump c'est étonnant que les agissements lamentables d'un ex-président hexagonal, mis en examen dans plusieurs affaires et battu à plate couture à la primaire des présidentielles à laquelle il se présentait malgré une impopularité jamais démentie et dans le but à peine voilé de reconquérir une immunité juridique savonnait la planche du candidat choisi par son camp politique.
Alors... quand nous donnons des leçons de démocratie aux Etats Unis on ne doit pas s'étonner de ne pas être sinon écouté du moins entendu...
Et qu'un Jack Lang, qui a mis l'état en coupe réglée depuis son premier poste traite Trump de "président de merde" ne devrait pas passer.

