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22 février 2018 4 22 /02 /février /2018 07:00

Le séisme politique du printemps dernier a été absorbé par le pays. Les médias recommencent à ne s'appuyer que sur des sondages d'opinion pour savoir quoi dire et penser (et surtout quoi nous faire penser) tandis que ce qu'on appelle la "classe politique" reprend ses petites habitudes.

Le pays a élu un président presque inconnu, âgé de 39 ans et envoyé une nouvelle Assemblée Nationale peuplée de très nombreux nouveaux, elle a ridiculisé les deux formations qui occupaient le pouvoir en alternance depuis 1958, la droite dite de gouvernement et le PS et ses satellites à géométrie variable (écologistes, radicaux).
Le PS, qui a occupé tout le pouvoir de 2012 à 2017 avec François Hollande à l'Elysée est sorti essoré de cette période. Benoît Hamon, son candidat désigné par la primaire après le renoncement du président a fait 6% des voix. Une catastrophe absolue et inédite.
A droite le candidat a rassemblé 20% des électeurs se déplaçant pour voter, score bas mais pas accablant, en prenant soin tout de même d'écarter via la primaire l'ancien président Sarkozy (avec un score humiliant) et Alain Juppé, le favori absolu de deux années de sondages. (On voit par là leur fiabilité et l'importance qu'il faut leur accorder).

Un président possédant un programme de modernisation du pays et des habitudes politiques élu confortablement... il y avait pourtant de quoi se taire et observer pendant 2 ou 3 ans, non?

Au lieu de ça les Bourdin, Apathie et autres Ruth Elkrief ont immédiatement, la période de stupéfaction passée (Macron faisait mentir leurs présupposés de 30 ans de carrière!) repris leur petits fourneaux pour y cuire leurs vieux plats indigestes. Ca critique, ça grenouille, ça magouille et ça commente à vide, dans l'incapacité de se renouveler.

Quant aux politiques désavoués et ringardisés ils sont pires encore. La mauvaise foi est leur viatique et le mépris qu'ils ont des Français une seconde nature.

A droite ils se sont donnés Laurent Wauquiez comme "chef". Ce qu'il y a de pire en politique en rayon en ce début 2018: un mélange de Cahuzac, de Sarkozy, de Copé et des membres de la famille Le Pen. Un cauchemar intellectuel qui, malgré son pédigrée universitaire s'exprime comme un demeuré et flirte avec tout ce qui abaisse. Une horreur!

La "gauche", elle, incapable de se renouveler non plus, ni par ses représentants ni encore moins par son programme tourne à vide en dénonçant celui qu'elle a installé -par défaut- à la tête du pays. Un Mélenchon ramène les vieilleries de 1968 et pour un peu trouverait du progressisme chez Kim Jong Un (comme il en trouve chez tous les dictateurs de gôche) tandis que les socialistes hésitent à voir en Le Foll leur Mitterrand du 3ème millénaire!

Dans ce grotesque théâtre d'ombres la seule nouvelle réconfortante est la panne du front national qui, une fois encore, a été ensablé par un membre de la famille dirigeante. Décidément cette dynastie Clodoaldienne est la providence des démocrates.

Pour ne pas m'énerver je ne parlerais pas des syndicats qui rejouent les luttes de classe et, les rapports de force des années 50 ad nauseam et ne connaissent qu'un mode de négociation: la grève..

Parfois le désespoir guette.

 

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21 février 2018 3 21 /02 /février /2018 07:00

Il ne sert à rien de s'énerver contre des situations que nous ne pouvons changer. Le monde est à la fois cynique et injuste depuis "la nuit des temps" et il semble bien qu'il le demeurera.
Il n'empêche qu'on ne peut s'empêcher d'éprouver une rage féroce en entendant (France Inter 7H35 16/02/2018) l'information banalisée concernant le PDG de Renault-Nissan-Mitsubishi qui aurait (le brave homme!) accepté une baisse de 30% de ses émoluments chez Renault (et chez Renault seulement) laissant son salaire annuel évoluer "autour de 15 millions d'euros par an".

Oui, j'ai bien entendu et vous avez bien lu; 15 000 000€/an.

Le plus insupportable était la bêtise mesquine avec laquelle le ministre des finances Français, Bruno Le Maire se rengorgeait d'avoir obtenu du Maharadjah de l'automobile cette baisse ridicule et prétexte de son salaire. Une baisse théorique et qui, à ce niveau, ne signifie rien.

Avec ses primes et ses stock-options le PDG se rit de la coupe dans son salaire de la firme au losange. Qu'il ait "bien fait son travail" et "fait gagner de l'argent à sa société" ne modifie en rien ce jugement: personne, sur cette planète, mérite de "gagner" plus que des milliers de ses semblables.

Le speaker du journal a poursuivi son "journal" en parlant de la "comptabilisation" des SDF dans la nuit du 15 au 16 février à Paris.

Ce n'est plus de la bêtise ni de l'indécence. juste notre époque et sa criminelle vacuité.

 

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20 février 2018 2 20 /02 /février /2018 07:00

Rien ne peut donner une idée de la désolation qu'est la ville de Carcassonne un jour gris d'hiver. Bien qu'ayant une population de 46000 habitants on n'y rencontre quasiment personne. Les rues sont défoncées par les travaux qui durent depuis des mois autour de la gare SNCF. Tags et affiches sauvages achèvent de noircir un tableau pourtant déjà angoissant. Les nombreuses et imposantes flaquent d'eau reflètent dans un miroir graisseux un ciel bas et des immeubles fracassés.

A ce qu'il semble la mairie souhaite "piétonniser" la rue qui va de la gare à la Place principale (et la seule assez belle et accueillante), créer un jardin et éloigner les autos de "l'hyper-centre" de Carcassonne. Moyennant quoi le plan de circulation, déjà diabolique, est monstrueux.

Le très bel hôtel (à vendre) face à la gare, un décor des années 30 dont le salon d'accueil avec escalier monumental vaut le détour a décidé de mettre la clé sous la porte: sa clientèle, très asiatique, vient en autocars et attend qu'on lui prenne ses bagages et qu'on les monte dans sa chambre. 2 valises par personnes, 72 valises par autocar et l'impossibilité de garer celui-ci devant l'établissement le temps de décharger -bravo la consultation de la mairie- et la direction ouvre un autre établissement dans l'ancienne et magnifique EPHAD devant la Cité.

La Cité! quasiment la seule attraction touristique indiquée sur les guides nationaux et internationaux à la page Carcassonne. Du coup les (rares) visiteurs viennent pour les remparts et les magasins de laideurs qu'elle renferme. On ne peut nier la beauté et le charme "historique" de ce rempart restauré mais les foules compactes qui s'y pressent les jours d'affluence feraient fuir n'importe quel visiteur qui aime la solitude ou qui ne supporte pas la foule touristique qu'on retrouve du Mont Saint Michel aux Châteaux de la Loire dès que le thermomètre affiche plus de 15°C.

La cité est entretenue et surveillée comme la pompe à finances qu'elle est tandis qu'à ses pieds la ville de Carcassonne meurt doucement dans une indigence qui saute aux yeux.

On nous dit que les indicateurs économiques passent au vert les uns après les autres... une heure à pied dans une ville moyenne infirme en hurlant cet optimisme de commande.

 

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19 février 2018 1 19 /02 /février /2018 07:00

"Schnock", la revue ("des vieux de 27 à 87 ans") que m'a faite connaître mon ami Lambert est amusante et décalée. C'est le genre de lecture un peu honteuse qu'on dissimulerait presque de peur d'écorner notre image.
Elle contient des interviews, des dossiers, des éclairages et des filmographies ou discographies. Le mélange de sérieux et de "déconne" lui donne un air second degré qui fait passer la minceur des sujets abordés.

Vous reconnaîtrez facilement "Schnock": c'est un format livre et la couverture est illustrée par un vilain dessin de la personne ou des personnes du show-business du passé qui occupe-nt un tiers du numéro. (Belmondo, Sardou, Deneuve, Darc, Bardot, Gainsbourg, Marielle, Coluche...)

Les interviews sont vraiment originales parce qu'abordant des aspects différents des autres et que les réponses tiennent sur des pages. On y parle voitures, musiques, fringues, objets et, naturellement, cinéma, rock, variétés et télévision le tout dans la bonne humeur et une curiosité amusée.

J'ai beaucoup apprécié, et cette citation dit le ton de "Schnock", le commentaire de Sergio Léone à propos de feu Toscan du Plantier, personnage omniprésent et grotesque des années 80: "le personnage le plus comique qu'il m'ait été donné de voir. Il est difficile de connaître quelqu'un qui comprenne plus mal le cinéma que lui". J'adore!

Le-dit Toscan étant une des têtes à claques absolue qui, malheureusement, s'est multipliée jusqu'à être un moule d'où sortent ses clones actuels...

Le pire est que dans les 40-50 "invités" permanents des médias pratiquement aucun n'a la classe d'un Philippe Noiret ou l'élégance d'un Claude Rich. On reçoit Christine Bravo ou Clovis Cornillac!!!

"Schnock", avec drôlerie, nous démontre que le mouvement ne date pas d'aujourd'hui!

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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 07:00

Stupéfiante expérience: ma disponibilité et mes pas m'ont conduit en salle d'audience du Tribunal de Toulouse où l'on jugeait un instructeur de la BRI qui a tué un de ses stagiaires par accident.

L'homme, d'une quarantaine d'année, était effondré (l'accident s'est produit en région toulousaine en novembre 2017) et portait la fatalité sur ses épaules. Le Président du Tribunal s'est employé à lui faire préciser les circonstances exactes du drame telles qu'il les avait vécues puis a confronté ses ressentis et explications aux auditions des témoins et experts.

Les données étaient techniques mais on sentait bien que si erreur dramatique il y avait elle était partagée entre le prévenu et son administration.

Ses collègues du même corps, une demie-douzaine, étaient présents dans la (petite) salle d'audience et ils prenaient de la place, silencieusement.

Le procès bascula lorsque l'avocat général, à la surprise visible du Président et de ses assesseurs demanda la relaxe en arguant du fait que l'instructeur comme le stagiaire étaient victimes de ce drame ainsi que leurs familles respectives. Il termina sa démonstration en expliquant que leur corps de police spécialisée était bien plus responsable que l'accusé.

Passionnant, lettré, ménageant ses effets et jouant de sa voix comme un chanteur d'opéra le procureur général demanda 6 mois avec sursis en développant des arguments assez semblables à ceux qu'avait utilisés son prédécesseur.

L'avocat du tireur malheureux fit une longue plaidoirie un peu hors sujet. Il tapotait l'épaule de son client avec une familiarité que celui-ci semblait lui contester. Comme le garçon de café de Jean Paul Sartre qui joue à être garçon de café ("les mots") l'avocat joua les avocats. Sa prestation n'apportait rien et sa longueur m'a parue comme contre productive.

Il y a eu la délibération, assez rapide puisque ne dépassant pas vingt minutes. La Cour a suivi le procureur général et le policier n'a pas semblé réagir au verdict, ni en bien ni en mal. Pendant que la cour délibérait l'accusé et ses collègues, tous de véritables catcheurs sur le plan physique, l'entouraient et le réconfortaient "virilement". La compagne du policier accusé aussi.

En écoutant ce procès j'ai pris conscience de la mission à la fois dangereuse et indispensable de ces policiers qui ne font pas parler d'eux et mènent des combats dangereux. L'avocat de l'accusé l'a dit: ils prennent des risques pour nous et sont confrontés à des hommes qui sont de plus en plus violents et qui, souvent, ne craignent pas la mort. Ils s'entraînent très durement pour rester efficaces et les accidents dramatiques comme celui qui était jugé sont rarissimes.

Par rapport à la petite frappe qui escroquait les gens sur "le bon coin" qui a suivi (je suis parti rapidement) il y avait un univers de différence.

J'ai croisé le regard du policier condamné lorsqu'il a quitté la salle. J'y ai lu un effondrement et aussi du défi. J'en jurerais!

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15 février 2018 4 15 /02 /février /2018 07:00

Je ne crois pas avoir déjà mentionné les "boîtes à lire" dans ce blog. Il s'agit d'une institution, municipale ou associative qui consiste à accueillir, dans des sortes d'armoire extérieures, des livres déposés là par des particuliers à usage gratuit d'autres particuliers.

Le service s'alimente tout seul et les armoires en questions sont assez régulièrement approvisionnés. Je suis surpris par la relative variété des livres disposés là ainsi que par leur état que je qualifierais de très correct.

Naturellement l'échange ou le don est anonyme mais certain(e)s laissent à l'intérieur des livres dont il font don anonyme un message sous forme "d'oubli" de marque pages et, surtout, de passages soulignés et/ou stabilobossés. J'ai ainsi "récupéré" le livre de Martin Winckler consacré aux médecins en tant que caste et intitulé "les brutes en blanc" (Flammarion). Le livre a été déposé là, je crois, pour dénoncer un dermatologue nominativement désigné dans une marge!

On trouve beaucoup de livres politiques (ils sont périmés sitôt la lecture achevée) et d'humoristes. Guy Bedos, que je n'aime ni ne regarde ou lis est souvent présent. Naturellement on trouve des livres "best-sellers" et des succès de librairie des années passées.

Quelques "beaux livres" et des vieux rogatons. Des éditions originales et des "poches". Surtout des poches.
Des prosélytes de toute obédience laissent des brochures ou des guides en espérant qu'ils suffiront pour une conversion.
D'autres laissent des livres trahissant leur préoccupations: livre de soins, de santé, de cuisine, de sport ou de jeux. Inintéressants et encombrants!

Moi j'y laisse les livres du "club de lecture" qui ne m'ont pas plu, ceux dont je sais que je ne les relierais pas et ceux qui encombrent l'appartement. Ca en fait pas mal et je les dépose par 2 ou 3 de temps en temps.

J'aime bien voir "la boîte à lire" pleine à craquer et plus encore qu'elle soit remplie de livres parmi lesquels je peux extraire un volume intéressant que je rapporterais plus tard.

Au début, à Paris, les livres étaient déposés dans des coins stratégiques et redéposés un petit peu à l'aveugle. Cette armoire extérieure est une jolie idée.

 

 

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12 février 2018 1 12 /02 /février /2018 07:00

J'ai gardé, pour dépanner ses parents et parce que je le pouvais, un petit garçon de 6 ans et demi à la maison.
C'est un enfant très intelligent et observateur qui découvre la lecture et lit jusqu'aux plaques d'immatriculation des voitures tant il a hâte de tout déchiffrer. Il est né en 2011 et sait déjà énormément de choses sur la vie, les hommes, les conventions sociales, l'environnement et les possibilités d'évolution du monde.
On a pris un bus sans chauffeur sans que cela ne l'émeuve beaucoup. Le tramway lui est apparu bien lent, certaines de mes explications compliquées et les adultes bien ennuyeux...

J'avais un peu oublié qu'à cet âge l'enfant est sorti de la condition du bébé mais qu'il s'y réfugie encore parfois. Oublié aussi qu'il entend tout, comprend beaucoup et n'hésite pas à donner un avis souvent pertinent et iconoclaste.

Là où j'ai été surpris c'est en jouant au Lego et aux petites voitures avec lui: il installait des péages partout, des policiers agressifs m'ont plus épinglé que dans la réalité et mes voitures étaient mises en fourrière avant que j'aie pu me justifier.

A six ans trois-quart (!) mon partenaire gardait pour sa pomme les plus jolies voitures et, comme dans la vie, j'avais les charrettes sans intérêt.

Il mettait des caméras virtuelles, montées sur roues et impitoyables dans tous les coins, le "portail" de la fourrière n'avait pas le temps de se refermer et celle-ci appliquait des tarifs astronomiques proches de ce à quoi rêve Anne Hidalgo.

Question Lego il prenait les briques les plus indispensables et me laissait -avec difficulté- celles qui sont inutilisables . Dans la boîte de briques plastiques il y a toutes sortes de boîtes mélangées -dont des petits engins- et ce sont les ailes d'avion ou les roues de scooter qu'il me laissait généreusement.

Je suis assez heureux d'avoir peu de chances de connaître le monde qu'ils nous réservent, lui et les petits minus de sa génération.

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9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 07:00

Qui, de près ou de loin, est encore intéressé par Charles Maurras? Les élucubrations racistes d'un autre temps de cet homme complètement dévalué, j'en suis persuadé, ne font bander que quelques vieux croûtons d'extrême droite.

Et l'inévitable Eric Zemmour qui, dès qu'il y a un cadavre idéologique rance à touiller ne rate jamais une occasion.

Mais, franchement, une vieille barbe du dix-neuvième, un catholique obsessionnel, anti-protestant et tutti quanti... y a t'il une raison valable de commémorer ce triste polémiste? 

Qui, à l'heure d'Internet, des voyages intercontinentaux, de la culture mondialisée et de la baisse des fidèles aux religions veut encore d'une France repliée sur l'église, l'armée et l'instituteur? sur les races et autres fariboles qui ont démontré leur monstrueuse dangerosité, leur potentiel génocidaire?

L'Eglise, ne l'oublions jamais, maintenait les peuples dans la soumission et la pauvreté tandis qu'elle soutenait le pouvoir d'ancien régime et jusqu'à Pétain. L'église a peu combattu les déportations nazies mais aidé les criminels de guerre à se cacher en Amérique du Sud à la fin de la seconde guerre mondiale. Elle a été de tous les combats réactionnaires (pour la peine de mort, justifiant les tortures et les colonies  et contre l'avortement la contraception le divorce...) et, heureusement, n'a plus d'influence aujourd'hui.

Je regardais un documentaire sur les trois cours royales ou impériales dont deux disparurent à l'issue du 1er conflit mondial (la Grande Bretagne résista mais le Tsar Nicolas II et l'empereur Guillaume II d'Allemagne furent détrônés). J'ai été surpris par l'obsession antijuive de Guillaume II. Difficile de comprendre comment cette obsession et phobie, idée fixe tout autant que folle s'est emparée de l'Europe à la fin du dix-neuvième siècle.

Les ravages ahurissants de cette "pensée" qui, malgré la destruction des Juifs d'Europe ne demande qu'à reprendre du service, doivent non seulement être rappelés en permanence mais ce même antisémitisme ne doit pas être en quelque sorte discuté par l'intermédiaire de vieux textes inadmissibles.

Or c'est de cela qu'il s'agit. Parler de Céline ou de Maurras permet de remettre en circulation des textes (et discuter d'idées nauséabondes) qui tomberaient sous le coup de la loi s'ils étaient écrits (et proférées) aujourd'hui. Cette pornographie littéraire est un alibi qui permet aux extrémistes d'avancer masqués.

C'est pourquoi les divagations des Céline, Drumont ou Maurras doivent rester où elles sont: au purgatoire des bibliothèques, parcourus uniquement par la poussière et les araignées.

 

 

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8 février 2018 4 08 /02 /février /2018 07:00

Rien de plus ringard, désormais, qu'une baignoire ou une douche-cabine.

Ces vestiges de la préhistoire ont été relégués dans les poubelles de l'histoire sanitaire. Remplacés par la douche à l'italienne qui peut être le paradis ou l'enfer; selon que la surface vitrée est suffisamment importante ou pas et aussi que le sol est pentu comme il faut. (la nôtre évacue bien mais un peu d'eau stagne dans un coin...)

Si ces deux conditions ne sont pas remplies vous vous surprendrez à maudire l'Italie.

Eponger le sol de la salle de "bains" nu et dégoulinant n'est pas un exercice des plus exaltants. D'ailleurs la douche dite à l'italienne nécessite un temps impressionnant pour nettoyer la vitre (avec une raclette qui se décolle au dernier tiers de la vitre), le carrelage, le sol et retirer la buée alentour.

Je n'ai pas le souvenir d'avoir passé autant de temps à rendre acceptable la salle d'eau lorsqu'une antique baignoire-douche-rideau la meublait.

Se rattrape t'on avec la cuisine? absolument pas. La mode, encore elle, supprime les murs et portes et l'évier trône désormais dans le salon. C'est la cuisine à l'américaine. (j'aurais dit à l'albanaise!).

Odeurs, bruits (rangement des ustensiles...dans le salon puisque la cuisine est DANS le salon) lumières crues... rien n'est épargné à celui ou celle qui n'a rien à faire derrière les vitrocéramiques ou les inductions. Allez grappiller discrètement quelque chose dans le frigo quand celui-ci trône dans un coin du salon!

Moi j'étais pour une séparation totale de la cuisine des autres pièces de la maison (comme de celle des WC et de la salle de bains). Au nom d'une modernité imbécile les murs ont été remplacés par du vent, le passe-plat condamné, le bar démoli et on a désormais une "console centrale" qui écrabouille la "pièce à vivre".

On a ainsi deux des pièces "stratégiques" d'une maison ou d'un appartement qui sont devenues mal-pratiques et stupidement agencées.

On peut résister mais les regards attristés des visiteurs (sans parler de l'accablement de l'agent immobilier à qui vous avez eu la faiblesse de demander une estimation) vous exhortent à passer subito presto à la douche à l'italienne et la cuisine américaine.

Je redoute, car le mouvement semble enclenché, le moment où il faudra obligatoirement installer des "toilettes à la japonaise" (un jet d'eau directionnel remplaçant le papier décrété anti-écologique). On y arrive!
 

 

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7 février 2018 3 07 /02 /février /2018 08:15

Je m'interroge, depuis très longtemps, sur l'appétence maladive de nos sociétés pour ce que l'on appelle "faits divers".

De "l'affaire du courrier de Lyon" à celle du mari tueur de sa femme joggeuse en passant par Marie Besnard et Landru  (sans oublier les soeurs Papin) un nombre impressionnant de personnes s' intéressent aux crimes et affaires policières jusqu'à la passion.

Les échotiers locaux, les journalistes, les spécialistes du fait divers, la presse spécialisée, les psy de tous poils, les juristes, les sociologues, les historiens et les romanciers se penchent sur les crimes ou délits les plus "spectaculaires" tandis que le public se passionne pour telle ou telle affaire sans que l'on sache pourquoi celle-là et pas telle autre.

Je prendrais garde d'oublier les spécialistes auto-proclamés qui voient des "tueurs en série" jusque sous leur lit, les médecins légistes qui passent plus de temps à disséquer virtuellement des célébrités que dans leur laboratoire de médecine légale, et, une spécialité de l'époque ("Dexter" oblige) des professionnels originaux qui lisent dans les traces de sang, font parler les murs ou ressentent les lieux.

Déjà ancienne et donc privée des joies de la génétique et de la technique, l'affaire Grégory fut une de ces affaires ingérables où la bassesse et l'ignominie tinrent toute leur place jusqu'à la caricature: une écrivain sénile écrivant même un article dans lequel elle désignait la mère d'un enfant assassiné comme coupable en la trouvant "sublime, forcément sublime".

Une intelligentsia shootée suivant servilement son point de vue absurde et obscène. (Où va t'on si les "intellectuels, qui se trompent à peu près sur tout tout le temps font des enquêtes policières et livrent des coupables à l'opinion?). Il est vrai qu'en général l'intelligentsia voit plutôt des innocents dans ceux que tout accuse (les soeurs Papin, Patrick Dills) et des coupables lorsqu'ils ont le mauvais profil (le notaire de Bruay-en-Artois, le curé d'Outreau).

D'où vient l'engouement de tant de monde pour des affaires qui, à priori, ne concernent que peu de monde? Les médias montent en épingle des affaires locales qui ne sont ni "exemplaires" ni "spectaculaires". Personnellement j'ai été sidéré de la place monstrueuse qu'a prise dans l'actualité cette navrante histoire du mari éploré qui avoue 3 mois après l'assassinat de sa femme en être l'auteur. Je me fiche de cette histoire qui, à mes yeux, ne présente strictement aucun intérêt.

...mais a néanmoins occupé une place phénoménale dans "l'actualité" et ce pendant des jours.

Voyeurisme? je pense que le ressort d'une telle médiatisation tient de ce vilain travers. Auquel s'ajoute le frisson du jugement moral par procuration.

Alors, pourquoi le nier?, quelquefois on se surprend à prendre parti pour ou contre un protagoniste (en ne connaissant du dossier que ce que la presse en a rapporté!) et à suivre le procès (souvent cela consiste à n'en écouter que le verdict).

Le fait divers doit avoir une fonction sociale qui m'échappe encore!

 

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