Dans la masse des sorties cinéma du mercredi une bonne part des films passe
totalement inaperçue.
Les films appelés à devenir des succès commerciaux sont disséqués en long
en large et en travers et les mêmes extraits (quand il ne s'agit pas que de la
bande annonce) diffusés jusqu'à saturation.
Certains films ne feront pas d'entrées mais la presse se sent obligée d'en faire
des tonnes à leur sujet.
Soit parce que leur réalisateur fait partie de ces "happy fews" culturels qui
bénéficient à vie d'un préjugé favorable soit parce qu'il fait partie de ces
personnes dont on se méfie et qu'on préfère caresser dans le sens du poil.
Aki Kaurismäki fait partie des premiers, Gustave Kervern et Benoît Delepine
des seconds.
Godard est un cas à part qui relève des deux catégories.
Cette longue et inutile digression pour vous conseiller un film dont on a un peu
parlé et qui est une merveille.
Il s'agit d'un film allemand, tourné en 2011 et réalisé par un certain Christian
Petzold. L'action se passe en RDA, sinistre partie communiste de l'Allemagne
en 1980 soit une dizaine d'année avant l'effondrement du régime et la chute
du mur. Sous la présidence du sympathique Erich Honecker....
Une femme médecin, pistée par la Stasi (la police politique omniprésente et
insupportable du régime) est contrainte de vivre en exil en province.
Là elle se méfie de tout et de tous mais l'amour de son métier, son désir de
quitter la RDA, l'intérêt qu'elle porte à un colègue médecin, et les souffrances
d'une très jeune fille persécutée par le régime vont l'amener à faire évoluer
son projet.
C'est admirablement joué, c'est beau, c'est intelligent, c'est profond sans être
prétentieux, c'est rappel historique de ce qu'a été cette ignominie politique et
c'est humainement enrichissant. C'est un très beau film.
Les paysages de forêts allemandes sont splendides et en harmonie avec les
sentiments des protagonistes.
Nina Hoss est une magnifique actrice qui fait passer une multitude de choses
dans son regard. Ronald Zehrfeld est pour elle un partenaire crédible et idéal.
La duplicité possible du médecin n'est pas dite et nous sommes comme
Barbara, tantôt inclinant à la soupçonner tantôt à l'écarter.
Utopia, les cinémas d'art et d'essai de Toulouse et de Tournefeuille diffusent
"Barbara" en VO. C'est cette version que j'ai vue et aimée. Je vous la conseille.
