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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 07:38

Dans la masse des sorties cinéma du mercredi une bonne part des films passe

totalement inaperçue.
Les films appelés à devenir des succès commerciaux sont disséqués en long

en large et en travers et les mêmes extraits (quand il ne s'agit pas que de la

bande annonce) diffusés jusqu'à saturation.

Certains films ne feront pas d'entrées mais la presse se sent obligée d'en faire

des tonnes à leur sujet.
Soit parce que leur réalisateur fait partie de ces "happy fews" culturels qui

bénéficient à vie d'un préjugé favorable soit parce qu'il fait partie de ces

personnes dont on se méfie et qu'on préfère caresser dans le sens du poil.
Aki Kaurismäki fait partie des premiers, Gustave Kervern et Benoît Delepine

des seconds.

Godard est un cas à part qui relève des deux catégories.

Cette longue et inutile digression pour vous conseiller un film dont on a un peu

parlé et qui est une merveille.

Il s'agit d'un film allemand, tourné en 2011 et réalisé par un certain Christian

Petzold. L'action se passe en RDA, sinistre partie communiste de l'Allemagne

en 1980 soit une dizaine d'année avant l'effondrement du régime et la chute

du mur. Sous la présidence du sympathique Erich Honecker....

Une femme médecin, pistée par la Stasi (la police politique omniprésente et

insupportable du régime) est contrainte de vivre en exil en province.
Là elle se méfie de tout et de tous mais l'amour de son métier, son désir de

quitter la RDA, l'intérêt qu'elle porte à un colègue médecin, et les souffrances

d'une très jeune fille persécutée par le régime vont l'amener à faire évoluer

son projet.
C'est admirablement joué, c'est beau, c'est intelligent, c'est profond sans être 

prétentieux, c'est rappel historique de ce qu'a été cette ignominie politique et

c'est humainement enrichissant. C'est un très beau film.
Les paysages de forêts allemandes sont splendides et en harmonie avec les

sentiments des protagonistes.
Nina Hoss est une magnifique actrice qui fait passer une multitude de choses

dans son regard. Ronald Zehrfeld est pour elle un partenaire crédible et idéal.

La duplicité possible du médecin n'est pas dite et nous sommes comme

Barbara, tantôt inclinant à la soupçonner tantôt à l'écarter.  

Utopia, les cinémas d'art et d'essai de Toulouse et de Tournefeuille diffusent

"Barbara" en VO. C'est cette version que j'ai vue et aimée. Je vous la conseille.

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 21:47

Ces disharmonieuses "box" et leurs lumières et leurs fils prennent une

place considérable chez nous et ont beaucoup de mal à assurer la

simultanéité des services qu'elles sont censées rendres.

De libre la mienne n'a que le nom! Avoir Internet, une ligne téléphonique

et la télévision en même temps il ne faut quasiment pas y songer.

Lorsque ça fonctionne il faut reconnaître que c'est vraiment agréable.
Grâce à cette box nous ne sommes plus tributaires des dates et

horaires de diffusion des émissions et pouvons regarder ce qu'on

veut, quand on veut.

Récemment j'ai pu visionner, avec un écran qui ne se "dépixellisait" pas,

une superbe émission consacrée à Leonard de Vinci et à une de ses

oeuvres méconnues.
Tellement méconnue que tout le sujet du reportage était justement de 

savoir si on pouvait la lui attribuer.

Comme le dessin le documentaire s'appelait "la belle princessse".

Réalisé par David Murdock (2011) il suivait les analyses faites par les

experts en tous genres pour identifier l'auteur du dessin, le dater et

en vérifier l'authenticité.
Comme une enquète policière on vibre devant l'évolution de l'enquète

et on est ébloui par sa mise en scène et les rebondissements réels

de celle-ci.
La datation au carbone 14 est sans appel: il s'agit bien d'un velin et

il date bien du XVIème siècle. On analyse une trace de doigt maisLa-Bella-Principessa

les spécialistes ne peuvent se prononcer sur son propriétaire.
On regarde derrière le dessin par microscope à balayage électronique

oui; les essais correspondent à ceux qu'on a retrouvés sur d'autres

dessins ou toiles du maître.
Enfin on repère des traces de perforation qui emmèneront les

enquèteurs sur la trace d'incunables en Pologne et sur l'un d'entre

eux à qui... il manque bien la page du dessin.
Il est donc bien de Léonard et les 2 ou 3 experts qui annoncent être

prêt à manger leur chapeau tant ils sont certains qu'il s'agit d'un faux

ne mettent pas leur menace à exécution...
Entre temps on aura vu un faussaire réaliser un Van Gogh plus vrai

que nature et une experte de Vinci copier le dessin sous nous yeux.
...Et aussi des chimistes reconstituer les couleurs dont disposait le

peintre à son époque.
Quand elle veut la télévision cesse d'être une boîte à conneries!

("Léonard de Vinci" Arte 1ère diffusion Samedi 5 mai 20H45

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 11:46

Une habitude sévèrement répréhensible affecte la presse Française:

ne lâcher la bonde qu'une fois le sujet à terre.
Où étaient-ils ceux qui dressent de Nicolas Sarkozy des portraits à faire

dresser les cheveux sur la tête?

Depuis les premiers temps de sa présidence j'ai, et nous avons été

nombreux à le faire, dit tout le mal que je pensais de l'homme, de

son action et de sa conception de la politique.

 

N'en déplaise aux indécrottables sarkozystes qui disent que l'ex-Président

a été durement traité pendant son mandat,  les portraits de l'Ex les plus

durs et les plus justes datent  presque tous de l'après 6 mais 2012.

L'Express, Le Point, Le Nouvel Observateur, Marianne (moins pour ce

dernier, il faut le reconnaître) mais aussi le Monde, Libération et tant

d'autres ont minimisé l'aspect psy et la personnalité de l'homme.
Il aura fallu attendre 2012 pour apprendre, par exemple, que Sarkozy

s'était gavé de calmants pour affronter Ségolène Royal lors de leur

débat d'entre deux-tour. Incroyable!

Marc Dugain dans l'Express de cette semaine dit des choses que chacun

avait pu constater: la personnalité de Nicolas Sarkozy posait un véritable

problème et, cumulée avec son incroyable vitalité a donné à cette baroque

présidence son caractère heurté et instable.
On a pensé, avant même qu'il soit élu, que "l'enfant barbare" avait des

problèmes psychologiques, voire psychiatriques.
Quiconque a été confronté à une personnalité de cet ordre sait qu'un tel

personnage est invivable.

Mal élevé, remplis de doutes mais aussi de certitudes, inculte, agressif,

méprisant, obsédé par l'argent et la réussite, menteur compulsif, niant

l'évidence, ayant des attitudes immatures avec les femmes, exhibitionniste

de ses états d'âme comme de ses bonnes ou mauvaises fortunes,

l'homme, à mon avis, relève au mieux de la psychiatrie, au pire de la

psychanalyse.

Qu'il ait été élu, qu'il ait eu la plus haute responsabilité est une des

choses les plus surprenantes qui soit.

Cela ne veut évidemment pas dire qu'il n'est pas intelligent ni qu'il n'a

pas de talents. Il n'en manque pas et c'est miracle que celle-ci ne soit

pas gâtée et ceux-ci masqués par cette personnalité extravagante.

La dualité de sa personne (et l'on pourrait citer les 6 ou 7 cerveaux

qu'évoquait pour lui Carla Bruni) est cause de cette instabilité de

caractère et de ce surmoi en fusion.

A cet égard le débat du 3 mai et son obsession à affubler son opposant

de ses propres turpitudes (les mensonges, la calomnie) restera une sorte

de paradigme de l'action sarkozyenne.

Revenir à une gouvernance normale et à une personnalité moins 

extravagante fera le plus grand bien à tout le monde.

 

PS: Je m'engage à ne plus revenir sur Nicolas Sarkozy (2007-2012) à

compter d'aujourd'hui.

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 09:51

J'ai beau ne pas être "un perdreau de l'année" je suis littéralement abasourdi

par le "culte de la personnalité" qui semble se mettre en place à l'endroit du

nouveau Président de la République élu dimanche soir.
Je le dis d'autant plus nettement que je lui ai apporté ma voix et que j'ai un

préjugé favorable à sa personne et une volonté de lui laisser le temps

d'agir avant de commencer à récriminer.
Les journaux, les magazines, les télés et les radios font dans la

"hollandemania" sans retenue et je trouve celà à la fois infantile et déplacé.

 

De même qu'hier il n'était pas judicieux de parler de "Flamby", du "grand

méchant mou" ou de "la fraise des bois" de même il est un peu ridicule

d'enfiler les superlatifs et de dessiner le portrait d'un génie politique.

Les mêmes qui devaient ramper devant son prédécesseur et quémander

un vague sourire pour illuminer leur journée dressent des portraits au

vitriol du Président-candidat déchu.
Comme un vol de passereaux ils ont tous quitté leur arbre pour se poser sur

un autre. Ils poussent les mêmes cris et espèrent qu'un nouveau voisinage

changera la donne...

A cet égard le marchand de journaux offrait un étalage étrange ce matin: le

visage à lunettes du nouveau génie des carpathes ornait l'immense majorité

des journaux.
DSK, Sarkozy et quelques autres qui eurent cet "honneur" doivent vivre

douloureusement cette dépossession.

Surtout ces analyses qui décrivent cette élection comme évidente et la

chute de la maison Sarko comme inéluctable me paraissent bien

présomptueuses: ces éditorialistes étaient moins flambards il y a peu et

jugeait ce résultat bien improbable!

j'ai gardé les articles ou éditos qui vantaient la science de la campagne

électorale, le génie même de Nicolas Sarkozy en la matière et ceux, écrits

par les mêmes, qui nous disent qu'elle a été lamentable, ratée ou

ni faite ni à faire.
Nous avons troqué un génie contre notre petit Néron mais Elkabach, les

Duhamel brothers et tous les autres sont encore là.
Pauvres de nous!

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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 09:43

Cette journée électorale s'annonce longue et ennuyeuse.

A propos d'ennui nous devons tous avoir une sorte d'étalon de la journée

ennuyeuse. De ces moments qui n'en finissent pas et qui restent gravés

dans notre mémoire tant ils furent interminables.

Je n'aime pas beaucoup la Bretagne parce que c'est dans ses serres que

j'ai ressenti l'ennui le plus palpable, le plus fort, le plus pénétrant et, en un

adjectif, le plus profond.
Déjà je n'aime pas trop le granit, les ciels bas et ce folklore breton que je

trouve passablement lourdingue.
Comme tout le monde j'aime bien la Trinité, Cancale et d'autres petites

cités mais j'ai l'impression que, comme dans un film de Sautet, je ne les

ai vues que sous un parapluie ou derrière un pare-brise balayé par les

essuie-glaces.

La région de Bretagne où j'ai vécu mon acmé d'ennui est la plus triste de

cette région triste: la vallée de la Rance. (la bien nommée).
Nous avions accepté un week end et, dès l'ouverture de la grille du jardin

j'ai su que j'allais le regretter.

Chaque heure passée là était une éternité. On disait qu'on allait aller au

marché, visiter une exposition, aller prendre des crêpes (ben voyons!)

mais personne ne bougeait et le temps semblait s'être arrêté comme

dans la "journée sans fin", la marmotte en moins.

N'y tenant plus et malgré la "bruinasse" qui ne cessait de tomber j'eus

l'idée de proposer une promenade. Nous allâmes sur la plage de

cailloux, battue par un vent froid et une pluie pénétrante.
C'était égal, les enfants s'amusaient.
Nos hôtes faisaient de leur mieux mais leur conversation était comme

le temps: interminable et soporifique.
Bref je m'ennuyais, je m'ennuyais, je m'ennuyais.

Cette balade fût à peu près le seul moment potable du week-end. Tout

le reste du temps je regardais furtivement ma montre en me demandant

s'il était possible de partir juste après le déjeuner.

J'ai le souvenir de ce pitoyable week-end en mémoire et me suis juré,

tant pis si on ne me réinvite pas, de ne plus jamais m'infliger un tel

pensum.
Désormais lorsque je sens la langueur monotone, prologue à l'ennui

s'installer je file sans demander mon reste.

Dans une vie il y a des moments ennuyeux. Je pense particulièrement

au service militaire, aux réunions d'entreprise etc. j'imagine qu'on doit se

limiter à supporter ceux qu'on ne peut pas éviter.

 

 

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 09:00

Bien représentatif de mon époque et de mon pays j'adore enfoncer des portes

ouvertes.
Et Dieu sait s'il y en a des portes béantes à ouvrir.
Aujourd'hui c'est celle de la bêtise intrinsèque de la publicité et des publicités

que je voudrais dénoncer.
Pour sur, celà n'a jamais été fait!

Dans les spots largement diffusés par les robinets à pubs que sont les

émissions télévisées deux ont retenu mon attention par leur caractère factice.
Il s'agit de celles qui voient des hommes en groupe se conduire à la manière

caricaturale dont on envisage les groupes d'hommes.
Pour promouvoir une caisse à savon très laide on voit quatre représentants

mâles de l'espèce chanter doucement un vieux tube des années 80.

Ils se débarassent du bébé qui dormait dans le siège auto à l'arrière (gag!)

en le redonnant à sa mère puis repartent en hurlant la chanson maintenant

qu'ils sont "entre mecs". Ils vont au stade gueuler, boire des bières et se 

conformer à l'image masculine des publicitaires.

Autre pub que celle de MMA où l'on voit d'autres virils crétins parler de retraite

à une bécasse énamourée. Là encore une camaraderie idéalisée, un entre-soi

artificiel et des stéréotypes cons.
Pourquoi l'homme aimerait-il la compagnie simiesque de semblables qui

auraient le Foot, la bière et les bagnoles comme horizon insurpassable?

Le pire c'est que certains se croient obligés de se conformer à ces codes

débiles qui n'ont que peu de rapports avec la réalité.

En fait la publicité se tient à des images pratiques et "qui font vendre";  la

femme y est écervelée et consommatrice, les enfants préconisateurs d'achats

de confort et les vieux sortent tout droit des films de Disney.
Tatie Danièle (qui est plus proche de la réalité) ne fait pas vendre des yaourts

et un homme qui réfléchit et pratiquerait le badminton ne ferait sans doute pas

bien la promotion de la hideuse caisse citée.

Ces familles dégoulinantes de bêtise qui chantent leur joie d'avoir un canapé

ou une tranche de jambon industriel m'exaspèrent.

Ce bonheur factice de la possession est sans doute ce qu'il y a de pire dans

notre "civilisation".

 

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 10:06

En rangeant un placard je suis tombé sur une vieille cassette. J'aimais bien

les cassettes. Leur petit bruit, leur boîtier basculant.
Ca ne prenait pas trop de place et le plastique transparent était censé les

protéger.
Quelquefois le temps ou la chaleur les altérait: on était furieux que la piste

soit soufflée ou qu'un bruit de fond la couvre.
D'autres fois encore la piste s'enroulait autour de la tête de lecture et, avec

un crayon ou une clé, on la rembobinait tant bien que mal.
Souvent c'était plutôt mal et j'ai le souvenir de morceaux de musique qui

passaient à l'envers pendant 10 ou 20 secondes parce que la bande s'était

inversée sur quelques centimètres.
Ca donnaît un côté psychédélique à des titres qui ne l'étaient pas vraiment.

Quand j'entends certains titres en MP3 ou en CD j'attends la déformation de

la cassette qui, évidemment, ne vient pas.

Quelquefois il fallait les ouvrir, enlever les 4 vis (on en perdait souvent une)

et, en la remontant il fallait ne pas oublier le plastique de la vitre et la

petite brosse sur fil de cuivre qui devait essuyer la bande; un vrai casse-tête.
La plupart du temps la bande se dépiotait et l'ensemble finissait à la

poubelle.

J'avais beaucoup de cassettes. Enormément de cassettes. J'en descendais

dans la voiture où je finissais de m'en lasser.
Combien d'autoradios m'en ont ruiné je ne saurais le dire.

Il faut bien reconnaître que ce n'était pas pratique-pratique: impossible de

"passer" le titre 3 pour aller directement à la 4. Ou alors en débobinant et en

manquant le départ du morceau.
C'était très aléatoire et d'une qualité sonore des plus problématiques.
Tous comptes faits ce n'était pas si bien que ça les cassettes!

 

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 09:20

Jusqu'à cette campagne du second tour des Présidentielles il y a toujours eu,

pour moi, un fossé infranchissable entre la droite normale et la droite extrème.

La même différence qui existe entre l'eau potable et l'eau non potable.

Il y a des personnes fréquentables et d'autres qui ne le sont pas. Non en

raison de ce qu'elles sont mais parce qu'elles disent, pensent et font des

choses qui vont à l'encontre de ce qu'on accepte.

Le fameux "cordon sanitaire" que la droite parlementaire a mis en place entre

elle et le Front National a une raison d'être: derrière ce cordon on ne pense

pas pareil, on n'a pas les mêmes valeurs et surtout les mêmes origines et

modes de pensée.

Qu'y a t'il de commun entre Edouard Balladur et feu Jean-Pierre Stirbois?

que pourraient avoir à se dire Alain Juppé et Louis Aliot? quoi de commun entre

le parti qui soutenait l'action du Général de Gaulle et celui qui a été fondé par

d'anciens dirigeants ou soutiens de l'OAS, organisation qui voulait sa mort et

a commandité des attentats pour le tuer?

Il n'y a pas seulement les origines; il y a aussi les idées, le programme et

les moyens de parvenir à l'appliquer. Je le répète: cette frontière entre la

droite et l'extrème droite est infranchissable, sauf à perdre son âme (et

les élections, toutes les élections). Mais c'est, plus que ça, légitimer des

personnes antidémocrates et des idées nauséabondes.

Quels points communs entre ces foules haineuses et intolérantes qui veulent

le retour de la peine de de mort et celui du Franc et les humanistes libéraux ?

L'un des plus grands forfaits de Nicolas Sarkozy aura été de gommer, par ses

discours, les frontières entre la droite respectable et celle qui ne l'est pas.
Il y a toujours eu des sagouins, à droite, pour prôner le rapprochement entre

ces deux droites inconciliables (Pasqua, Soisson, Longuet....) leur bassesse

et leur courte vue (principalement électorale) était mise en échec.
Qu'un Président de la République, candidat une nouvelle fois à la fonction,

efface par ses discours, ses postures, ses allusions ce cordon sanitaire et

couvre des restes de son autorité un tel rapprochement est non seulement

indigne mais sans doute vain.

L'interview de Longuet dans le torchon "Minute" est, à cet égard, révélateur

de la duplicité du Président: il fait dire par un ministre en exercice que Marine

Le Pen est un interlocuteur possible.Comprendre lui ne l'a pas dit.
Entre les électeurs de l'ex-UDF et ceux du Front National il y a un monde.
Entre les UMP BCBG et la droite de JeanMarine Le Pen un univers. Je me

refuse à croire que les uns accepteront de se compromettre avec les autres

car ça serait se corrompre sans espoir de retour.

Un proverbe dit qu'on ne mange pas avec le Diable, même avec une longue

cuillère. Nicolas Sarkozy organise déjà le pique-nique avec les porteurs de

drapeaux du front National. Ils en sont même à partager leurs sandwiches.

 

 

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 17:28

Il y a deux ou trois ans, peut-être quatre, le journal "le Monde" et son supplément

du samedi était vendu, si on le souhaitait, avec un CD d'Opéra.

La présentation en était assez vilaine et l'intérêt des enregistrements variable. Il

s'agissait de pochettes cartonnées au graphisme franchement laid et ornés en

couverture d'un dessin hideux.
Ces pochettes blanches (devenues crème avec le temps, mais pas toutes en

même temps ni de la même manière) contenaient 1, 2, 3 ou parfois 4 disques

de qualité souvent remarquable.

Le seul opéra de Beethoven voisinait avec "Proserpine" de Lully, en tout une bonne

quarantaine d'oeuvres étaient ainsi accessibles et permettaient de découvrir

certains auteurs ou certains opéras quand ce n'étaient pas les deux.

Des auteurs majeurs coexistaient, dans cette discothèque, avec d'autres de

moindre intérêt et c'était la même chose pour leurs oeuvres.

Les versions des opéras n'étaient pas de qualité égale mais, tout bien considéré,

la collection n'était pas honteuse et les disques s'écoutaient avec plaisir.
Du moins... quand on les écoutait.
Car le propre de ces collections c'est qu'on réunit avec fébrilité tous les CD et

qu'une fois qu'ils sont posés quelque part ils y restent sans être jamais dérangés.

L'autre jour sur "France Musique" j'ai entendu un splendide extrait de l'opéra de

Haendel "Acis et Galatée".
J'ai voulu, séance tenante, aller acheter le disque et me suis souvenu de cette

collection du "Monde" qui dort sur une étagère dans un placard.
J'ai regardé: il y a deux opéras de Haendel: "Rinaldo" et "Agrippine" de Haendel

dans la collection blanche-jaune. Mais pas "Acis et Galatée".
J'ai écouté ces deux opéras et les ai trouvés magnifiques.
Il est possible que la discothèque Opéras du "Monde" essaime vers la platine,

 

 

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 08:52

L'auteur de la "Théorie du bordel ambiant" et inventeur de la carte à puce est

mort ce week end à l'âge de 66 ans.
Je l'ai un tout petit peu connu. Professionnellement sa société "Innovatron"

était cliente de la mienne et c'est moi qui gérait son contrat.
Il utilisait les services de ma société à titre personnel et avait aussi un

contrat professionnel.
Il habitait et travaillait à partir d'un appartement très encombré situé près de

la Place de la République à Paris.
Habillé n'importe comment il ne ressemblait à rien avec ses lunettes qui lui

bouffaient la figure et son auréole de cheveux bouclés.
Dès le premier abord il m'a mis à l'épreuve en me posant des questions qui

n'avaient strictement aucun rapport avec ma fonction et l'activité de la société

que je représentais.
Amusé par mes réponses il m'avait offert son livre sur sa fameuse théorie

(je ne l'ai plus, je l'ai prêté on ne me l'a pas rendu) et retenu bien plus longtemps

qu'un rendez-vous professionnel classique le prévoyait.

Sous des dehors de professeur Cosinus et l'air de ne pas y toucher c'était un

redoutable négociateur et mes tarifs n'étaient revus à la hausse qu'après des

négociations âpres et serrées.

J'adorais aller chez lui et personne n'avait besoin de me rappeler de faire chez

lui ma visite annuelle.

Mon entreprise, qui avait comme raison d'être de répondre à TOUTES les

questions possibles et imaginables (Internet n'existait pas) publiait un

bulletin hebdomadaire avec les demandes les plus farfelues mais aussi les

plus pointues que les 200 consultants avaient eues à traiter.
Roland Moreno découpait ces questions et les collait partout dans son

capharnaüm de bureau.

Je n'ai pas oublié la gentillesse et l'intelligence de cet inventeur absolument

modeste et génial.

 

PS ajouté le 4 mai 12: Ma fille m'a dit que je lui avais donné une carte téléphonique

dédicacée par R.Moreno. J'avais complètement oublié qu'il m'en avait offerte une et

que je l'avais moi-même donnée.

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