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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 07:32

Il y a une mode qui m'exaspère et me donne envie de hurler: celle qui consiste, pour un metteur en scène, à prendre une pièce du répertoire classique et en faire soit une pantalonnade si c'est un drame soit, si c'est une comédie, un drame angoissant.
"L'avare" de Molière devient ainsi un pensum psychanalytique (pléonasme) qui permet à un vieil acteur négligé de faire la une de Télérama, des Inrockuptibles et du Monde 2.

Les Ex-de la bande des deschiens sont spécialisés sur ce créneau. N'importe quelle pièce de Shakespeare fait l'affaire pour devenir une farce cul-nu, avec musique de bastringue et fille aux cheveux filasses qui crie dos au public.

Lorant Deutsch -le roi du métro- fait tourner ainsi un "songe d'une nuit d'été" revu et corrigé qui se passe dans les années 70 (mille-neuf-cent). Ca, je l'avoue, ça me les brise!

Autre affèterie très en vogue de nos jours: l'Opéra-chiotte. C'est moi qui les qualifie ainsi: un trou-du-c... inculte décide de mettre en scène Don Giovanni.
Il n'y connaît rien et ne fait pas la différence entre un violoncelle et un alto. Pour lui Mozart est mort après la guerre et son œuvre a été découverte par la star academy.  Armande Altaï et Lio sont des sopranos à ses yeux.

Il élague la partition et le livret, allonge le rôle de Leporello et introduit des "gags" qui font rire ses co-disciples du club d'art dramatique (subventionné) de Meudon-Bellevue.
Hop! il y a des gogos pour y courir et applaudir des deux pieds ces pantalonnades désastreuses.

 

Pénible aussi ces programmes avale-tout ou Strauss suit Lully et précède Moussorgski avant de s'achever par Haydn et Eric Satie. Un tel menu a de quoi rendre malade n'importe qui, même pas mélomane.

M'exaspère aussi cette prétention absurde de tout affubler du mot "opéra": la moindre niaiserie pour beaufs est ainsi qualifiée d'opéra-rock! C'est un peu comme si on laissait dire que Truffaut ou Lelouch ont fait du cinéma. une affirmation qui est à la fois une imposture et une faute de goût.

Dernier agacement pré-feu d'artifice: les lectures publique d’œuvres littéraires. Ça avait bien commencé avec Lucchini on va arriver à Florent Pagny ou Enrico Macias (recyclage oblige) lisant du Guillaume Musso ou du Romain Sardou. Le pire n'a pas tardé.

 

On dit que l'été, les vacances, le soleil adoucissent les mœurs et le moral. Pour moi il n'en est rien.

 

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 07:03

C'est entendu Ayrault  -comme Fillon d'ailleurs- a moins de charisme que Johnny Depp,

et c'est peu dire que ce gouvernement et sa feuille de route font peu rêver.

Les vieux chevaux de retour, cependant, ont échoué à monopoliser les postes et on dirait

que la longue cure d'opposition n'a pas été perdue pour tout le monde.
Prenez Elisabeth Guigou par exemple. Outre le fait qu'elle doit avoir le même chirurgien

esthétique que Catherine Deneuve (et donc les mêmes lèvres de Daffy Duck), elle nous

refaisait le coup du "je suis compétente, cette place me revient de droit" à propos du

perchoir de l'Assemblée Nationale.
Exit la perruche du 9-3. Puisqu'elle n'est ni présidente de l'Assemblée ni ministre elle va

avoir du temps pour découvrir un département dont elle est députée mais qu'elle ne

connaît que par oui-dire!

Jack Lang, l'éternel lèche-bottes présidentiel (quel que soit le Président), recalé du

suffrage universel va pouvoir cesser de jongler entre La Place des Vosges (Paris) et le

département du même nom où on ne l'aurait sans doute pas beaucoup aperçu.
La gay pride d'Epinal et la fête de la musique de Guebwiller n'ont pas une telle

renommée!

Ségolène aussi, recentrée à Melle et à la tête de Poitou-Charente devra se contenter de

cette fonction qui, tous compte fait, semble être son point médian du "principe de Peter".

 

Les têtes convenues de la gauche, celles qu'on déteste de les avoir trop vues, ces

ambitions étalées et ces personnes qui ne font l'unanimité que sur le rejet qu'elles

font naître (Glavany, Emmanuelli, Strauss-Kahn...) on est -je suis- content de ne pas

les avoir aux affaires. L'un s'occupe des Landes, l'autre de Maubourguet (Capitale

européenne!!!) et le dernier de ses fesses. Tout ça est très bien.

 

On sait déjà, comme les escargots suivent une averse, qu'en fin de quinquennat

on les retrouvera tels qu'en eux même l'éternité les change.
On a eu Longuet en fin de Fillon IV, on aura Glavany et Royal en Ayrault XIII.

Hélas.

Mais  quand même, quelle joie de ne plus avoir quotidiennement les MAM et autres

vaincus collatéraux du 6 mai dernier!

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 09:01

Comme dans les "Dents de la mer" ("Jaws", Steven Spielberg 1975), les avions et les ferries déposent sur l'île des wagons de vacanciers; Bermuda, tongs, planches à voile, 4X4 rutilants, camping-cars et tentes automatiques Quechua.
Le touriste sort du ventre du bateau comme une fusée, traverse Ajaccio comme si la ville devait exploser dans l'heure et s'égaille sur les routes alentours.

Nous ne sommes qu'en juillet, au tout début juillet, mais les visiteurs semblent s'approprier l'île qui reste passive sous l'assaut.

C'est une banalité de constater qu'elle est belle. Cette île n'est pas belle, elle est mieux que ça. Le regard se fatigue devant tant de beauté.
Même les affronts que nous lui faisons subir (et en particulier ces décharges sauvages que l'on voit un peu partout) n'arrivent pas à l'enlaidir.
Elle impose son caractère ombrageux et il me semble que le touriste, engeance pourtant peu recommandable, se conduit chez elle mieux qu'ailleurs.
Moins snob, moins "m'as-tu vu", moins pollueur, en un mot moins nuisible, le touriste îlien découvre la Corse et la respecte ou la retrouve et la question ne se pose pas.

Riche d'un passé qui s'offre en permanence et d'une histoire que l'on aime découvrir au fur et à mesure c'est une destination qu'on voudrait pour soi. Rien que pour soi.

On a cette discrétion qui s'impose: ne pas divulguer l'itinéraire qui conduit à cette rivière enchantée, à cette plage unique, à ce sommet magique.

Enfin, et pour moi c'est le plus beau des compliments, la Corse est tellement différente que l'on n'a pas l'impression d'être en France. On est tout surpris e voir un gendarme à jumelles, un radar en bas d'une ligne droite, un bureau de poste aux employés revêches ou autre symboles continentaux.

 

 

 

 

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 07:47

Chez moi, lorsque j'étais enfant, nous ne devions pas toucher le "couteau qui coupe".
Il était réservé aux parents et, comme son titre l'indiquait, il coupait sérieusement.
Est-ce à dire que les autres couteaux de la maison ne coupaient pas? oui, un peu.

 

Depuis j'ai grandi mais ce concept semble persister et beaucoup d'objets ou de

services donnent l'impression d'avoir remplacé le couteau qui coupe.

A contrario beaucoup ne remplissent pas la fonction pour laquelle ils ont été crées.

 

Nous ne nous plaignons pas et pourtant EDF nous fait faire le travail qu'elle a cessé

de demander à ses agents. Il y a longtemps que les employés à casquettes ont quitté

l'entreprise et c'est sans hésitation que EDF nous demande de les remplacer au

pied levé en faisant nous même le relevé des compteurs et en le communiquant à

l'entreprise d'électricité pour qu'elle puisse nous le facturer.

Autre couteau qui ne coupe pas: le tri sélectif des ordures ménagères. Nous sommes

de bonne composition et séparons les papiers du verre et le verre des déchets

organiques.
Pourtant notre "contribution" à l'enlèvement des ordures ménagères est considérable

puisqu'elle va de ce tri au bruit qu'on subit et que font les containers à bouteilles  mais

aussi à la facturation annuelle qui est loin d'être négligeable.

 

La poste, en automatisant tout, nous fait faire son travail ou plutôt le travail que faisaient

(mal, reconnaissons-le) ses agents. Bientôt nous nous vendrons à nous-mêmes leurs

hideux calendriers.En attendant nous sommes bien obligés de peser nous mêmes les

lettres, de les affranchir et de les poster, le tout grâce à des automates conçus par

d'authentiques pervers (cf la touche "payer" qui ne sert à rien mais bloque tout)

 

Et les banques???? voilà le prototype de "service" qui n'en est pas un et qui nous est

facturé au centuple. Les chéquiers disparaissent mais les frais demeurent. On nous

facturerait le droit de retirer de l'argent dans n'importe quel DAB, celui des consentir des

prélèvements à quelques créanciers voraces et même l'accès en ligne à nos comptes!

Quant à ce qu'on fait, que font et que feront les banques de notre argent.....

On est là dans la blague du "couteau sans manche et sans lame".

 

D'autres services hélas sont aussi peu efficaces: vous n'avez pas besoin de moi pour

vous les rappeler.
J'aimais bien l'idée du "couteau qui coupe".

 

 

 

 

 

 

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 12:06

Sur le "cul des bus" en ce moment on peut voir la photo d'un chien triste et

ce slogan: "Un animal ne pleure pas, il souffre en silence".

C'est naturellement la campagne estivale annuelle contre l'abandon des

animaux domestiques.

Cette notion de pleurs et de pleurer et en conséquence de susciter la pitié

ou la compassion est, à mes yeux, presque une conception du passé.
Avec les vrais ou faux mendiants, les SDF, les "gens du voyage" et tant

d'autres qui font appel à notre générosité, et ce jusqu'à 10 fois par jour,

nos coeurs se sont endurcis et la vue des larmes ne nous émeut plus

guère.
Si elles viennent d'un enfant ou d'une toute jeune fille la pensée qu'on

pourrait au moins lui adresser une consolation ou un sourire nous

traverse l'esprit.
Dès que la larme a le malheur de couler sur une joue mûre c'est autre

chose.
La détresse des autres nous la relativisons pour mieux la négliger. Moins

nous sommes concernés mieux nous nous portons.

Pour faire appel à nos dons les associations caritatives l'ont bien compris

qui font plus appel à notre humour -par des messages décalés- qu'à

notre sens de l'humanité.
Des années de vacherie et d'humour agressif ont fini par avoir la peau

de notre tendresse. On fuit tout avec cynisme et mépris.

Sollicités de toutes parts nous finissons par avoir le coeur endurant et

celui-ci ne s'ouvre entièrement que pour celles et ceux qui nous sont

chers.
Parce que notre société est farouchement individualiste les pleurs et la

souffrance ne sont plus évoqués qu'à propos des animaux.
Cette publicité anti-abandons va bien plus loin qu'il n'y paraît.

 

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 07:43

Le magazine "Challenges" m'a appris que papa Pinault a offert une montre de

500 000€ à son fiston pour ses 50 ans.
Immédiatement ce genre de nouvelles me renvoie à Marie-Antoinette jouant

les bergères à Trianon pendant que le peuple arrive à peine à se nourrir.
Là on a la vulagrité, l'indécence et le grotesque en un seul geste!

On a les riches qu'on peut! et qu'on aille pas moquer les yachts des oligarques

russes...

 

Je critiquais les footballeurs de l'équipe de France: j'avais tort. Ils font partie

d'un système qui promeut des imbéciles, les tire du néant et les enrichit comme

jamais personne ne l'a été si rapidement venant d'où ils viennent.
Naturellement ils ne vont pas apprendre les "bonnes manières" et s'acheter des

incunables ou des antiquités.
Avec leur bagage intellectuel ils s'achètent ce que le gagnant moyen du loto

achèterait: du mauvais goût, des putes et des bagnoles.

Ce ne sont pas eux qui doivent être montrés du doigt.

 

Mme Cécilia ex-Sarkozy -au nom de quoi?- s'exprime en cette fin de printemps.

A l'insignifiance des propos elle ajoute le culot de la parvenue. Qui est-elle et

qu'a t'elle fait pour s'exprimer (dans "Le Monde" s'il vous plaît) et surtout pour

donner des leçons?

Titulaire du seul Bac B elle doit sa notoriété au fait d'avoir épousé Jacques Martin

puis Nicolas Sarkozy et surtout de les avoir quittés dans des circonstances dont,

le moins que l'on puisse dire,est qu'elles n'ont pas brillé par leur élégance.
Belle époque qui lui permet de pérorer et de donner son avis sur la femme de

François Hollande...

 

Tout ceci serait bien démoralisant si heureusement une voix n'avait pas effacé

celles-ci. Sur France Inter l'écrivain Serge Rezvani s'exprimait samedi dans

l'émission "tout compte fait" de Paula Jacques.
Subtil, réaliste, cru, passionnant et passionné, moral, fin observateur et brillant

causeur l'écrivain-compositeur de chansons (entre autres le fameux "Tourbillon"*

de Jeanne Moreau) réfléchissait à sa vie et donnait un avis autorisé, du haut de

ses 84 ans. Il était en tout à l'opposé d'une Cécilia Sarkozy ou d'une montre à

500 000€. Profond et philosophe Serge Rezvani s'adressait à la partie haute de

nous mêmes. Celle qui ne confondra jamais "savoir" et "avoir".

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 07:11

Il faut parfois se pincer tant l'imposture est patente. Bouygues Télécom, c'est un

exemple, se proclame le "N°1 de la relation client".
Essayez d'avoir un être humain, travaillant chez Bouygues et capable de vous

expliquer au téléphone pourquoi sa société se sert d'un de vos chèques comme

d'une autorisation de prélèvement bancaire relève de l'exploit.
Vous allez passer un temps inimaginable à écouter des messages enregistrés,

à taper sur étoile, sur dièse ou sur 1,2,3,4, ou 5 pour, finalement, abandonner la

rage au ventre.

N°1 de la relation client signifie, en réalité, qu'ils ont un site web illisible et hermétique

dont la seule raison d'être est de vous décourager.


Et je ne parle pas du "service client" téléphonique...

Caricature?

 Attendez de recevoir, comme moi, celle de juin au montant plus trois fois plus élevé

que celle du mois le plus froid de l'hiver.
Forcément vous allez vouloir des explications: je ne chauffe pas (et pour cause...),

j'éclaire moins et je suis moins chez moi et ma facture est trois fois plus élevée que

celle de janvier.
Même topo que chez Bouygues. tapez étoile, tapez dièse, je n'ai pas compris votre

action, "nos agents sont tous occupés, veuillez nous excuser et renouveler votre

appel" le tout à des prix défiant toute concurrence (0,45€  l'appel puis 0,33,17 la

seconde)

Notre époque nous prend pour des boeufs et nous sommes englués dans les

filets d'escrocs tels les "opérateurs de téléphonie mobile", "le service public de

l'électricité" la SNCF ou les "service de distribution du gaz" auprès desquels nous

sommes tous nus et vulnérables.
Plus besoin de KGB ou de Gestapo: pour mater une population frondeuse les

services de relation client sont là.

Quitte à payer 140,32€ d'électricité et malgré les 33° dehors je vais mettre un peu

de chauffage moi. Que j'en aie pour mon argent!

 

PS: j'ai eu quelqu'un au téléphone. C'est à moi de relever les compteurs tous les

2 mois et de les communiquer, via le site EDF à cet aimable fournisseur.
Ma facture n'est pas une erreur, malgré les montants élevés des 3 dernières

factures elles n'étaient basées que sur des estimations.

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 07:31

Dans la vie de tous les jours il est difficile d'éviter les fâcheux qui viennent enliser

vos tympans avec des propos oiseux qui ne vous intéressent pas.
En d'autres termes rester de marbre, l'écoute active alors qu'une personne vous

parle depuis dix minutes et qu'aucune de ses paroles ne contient ne serait-ce que

l'embryon d'un intérêt.

Qu'il est difficile de ne pas, par sa gestuelle, démentir cette écoute en réprimant un

baîllement par exemple...

Dans certain cas on se met en "pilotage automatique" et le discours ennuyeux

semble perdre le peu de contenu qu'il possédait pour ne plus constituer qu'un bruit

rappelant la reprise du frigo ou une machine à laver en plein travail.
Lorsque celà m'arrive j'essaie de ne pas répondre lorsque le ronronnement se fait

interrogatif, je laisse mon regard fixé sur la ou les personnes qui parle(nt) et j'essaie

de rompre en prenant n'importe quel prétexte.
Ceux qui fument, qui boivent ou qui sont accros à leur téléphone ont un avantage sur

les autres: ils peuvent s'éloigner sans qu'on les qualifie forcément de grossiers.

Comme il est difficile de s'extraire d'un groupe qui aborde de front un des sujets qui

vous ennuie le plus (au hasard: le comportement des footballeurs italiens face à

ceux de l'Allemagne, la première dent de la fille de la grosse blonde qui parle, la

recette du cake aux maquereaux ou la façon dont a été éliminée Edwige-Ganaëlle de

"Secret Loft Sex Story" sans oublier l'utilité de l'examen de la prostate après 50 ans)

Les sujets rébarbatifs ne manquent pas et, esprit de contradiction ou perversité?, je

sais aussi relancer une conversation qui flanche avec ces sujets passe-partout qui

font perdre leur temps à tout le monde.

Le pire, je crois, ce sont ces discussions stériles transportées dans le monde du

travail.

On atteint parfois des sommets dans l'art de parler pour ne rien dire.
Une personne possédant un statut hiérarchique élevé pourra ainsi -je l'ai vécu-

pérorer pendant un déjeuner entier en ne parlant que de lui.

L'homme en question, un journaleux confidentiel devenu Directeur Général de

l'entreprise qui avait l'honneur de me compter dans ses rangs (si!) a, pendant

des années, donné lui-même comme exemple et commencé chacune de ses

phrases par cette locution "moi-même".
S'aimer autant doit être une bénédiction: pourquoi chercher l'amour des autres

quand le sien suffit?

Dans d'autres occasions j'ai aussi eu droit à un exposé de chantier complet, des

matériaux aux couleurs utilisés par un raseur pour refaire sa maison quand ce

ne furent pas les descriptions elles aussi complètes d'une course en moto ou

d'un barbecue réussi.
Dans ces cas là je choisis entre deux attitudes: le sarcasme (ou l'ironie) ou...

la fuite.

Pourtant, en y réfléchissant un peu, ces conversations légèrement creuses

sont le liant de la vie et permettent cette sociabilité dont on a tant besoin.
Echanger des banalités c'est échanger d'abord et cet échange est très

nécessaire.
Je file au café du coin entamer une conversation sur Tony Parker!

 

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 00:00

Les mêmes qui, il y a quelques années, nous dépeignaient Michaël Jackson

comme étant un taré paranoïaque le réhabilitent en cette 3ème année après

sa mort.
Plus question de pédophilie ("juste une relation plus confiante avec les enfants

qu'avec les adultes") ni de folie.
Le chanteur ex-noir américain reprend sa place de musicien hyper-doué et la

légende en cours de reconstruction recouvre la légende noire désormais

interdite.

 

Autre manipulation: l'incroyable et hystérique promotion gratuite du film de

Bernard Henri Levy sur tous les supports qui comptent. Gratuitement il s'est vu

offrir des heures d'exposition pour le brillantissime résultat passé presque

inaperçu: 1475 spectateurs dans tout le pays pour l'exploitation sur écran...

Bravo! ça valait la peine d'en parler!

 

Jamais échaudée par ses erreurs et toujours prête à tomber dans les panneaux

qu'elle se tend à elle-même, la presse multimédia encense jour et nuit le

film de Léos Carax.
Je n'ai rien contre le bonhomme mais la diatribe dithyrambique et fumeuse de

la critique cinéma de France Inter ce matin 28 juin* m'a furieusement donné envie

de... ne pas voir le film.

Comme elle va de pair avec celle du "Nouvel Observateur" j'en conclus qu'il s'agit

de l'une de ces oeuvres qui ne concerne que quelques critiques qui se

reconnaissent entre eux et qui se feraient hara-kiri plutôt que d'aimer un film

"normal".

 

Evidemment je n'ai pas d'information me permettant de douter des qualités de la

dame et de l'exemplarité de son combat mais la béatification de la pasionaria

birmane, Aung Son Suu Kyi (songez que même Luc Besson y est allé de son

panégyrique!) me gène un peu.
J'ai l'impression que Mandela ne fait plus recette et qu'elle a été choisie par les

médias pour le remplacer.
Pour Mère Thérèsa ou le pape Jean-Paul II on a attendu (un peu) avant de les

canoniser.

On ne pourrait pas faire de même avec l'opposante à la junte birmane?

 

Je terminerais par un dernier agacement. Les animateurs de radio ou de

télévision désignent par l'expression "bon client" ces invités qui font le show sans

rechigner et dont on est sur qu'ils feront de l'audience.
En fonction de quoi ce sont eux qu'on voit et entend partout, à longueur d'année,

qu'ils aient ou non une actualité.

Recrutés aussi bien dans la politique que le show business ces bons clients

font leur numéro, touchent leur chèque et filent sur la chaîne voisine.
Une chose aura changé le jour où ce seront justement ces gens-là qu'on

évitera d'inviter.
Ce n'est pas pour demain.

 

* ("Comme on nous parle" jeudi 28 juin 2012 chronique hallucinée et hallucinante

de Eva Bettan.)

 

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 07:43

Hier soir ma fille est venue dîner chez moi. C'était une sublime soirée d'été:

il avait fait très chaud toute la journée et, vers 20H00, le vent chaud s'est

légèrement levé, préparant un spectaculaire orage sans pluie pour la nuit.
Nous étions, comme la plupart des habitants de ma résidence, attablés

sur les terrasses et ce fut un beau moment de complicité.
Bien que très pudique elle me fit quelques confidences sur ses relations

avec ses ami(e)s et, une fois encore, je me rendis compte qu'il est peut

être plus difficile de deviner les personnes les plus proches de nous que

ceux pour lesquels il n'y a pas d'enjeu affectif.
Autant je pense avoir bien cerné son frère autant quand je pense y parvenir

avec elle un détail ou une réflexion m'indique que je partais sur une

mauvaise piste.

En ce sens c'est bien une femme parce qu'elle est à la fois évidente et

terriblement complexe.

J'aime sa personnalité en dents de scie qui la voit exubérante et drôle

un jour, songeuse et se remettant en question à d'autres moments.

Nous sommes assez différents mais son rapport à la musique (sa vraie

drogue), son humour, son sens aigu de la dérision, ses talents artistiques,

sa lucidité et sa fragilité me la rendent infiniment précieuse.
Ce qui m'épate, lorsque nous abordons ces sujets, c'est l'immense fossé

qui nous sépare lorsque nous parlons de la perception de son enfance et

de notre passé familial.
A croire que nous n'avons pas vécu à la même époque ni les mêmes choses.

Non qu'elle en ait un souvenir détestable mais sa mémoire a enregistré des

choses que j'ai oubliées et en a fixé d'autres que même en essayant, je ne

peux parvenir à rappeler.
Nous ne donnons pas la même force à ces souvenirs et, naturellement,

nous ne les avons pas vécus pareillement.

Mais j'ignorais bien souvent qu'ils avaient eus un tel écho et surtout qu'ils

étaient, mis bout-à-bout, constitutifs de sa personnalité et de son rapport

avec les autres et avec moi.
En fait je me rends compte que le processus critique que j'ai eu vis à vis

de mes propres parents est à l'oeuvre et que ma condition paternelle

sort affaiblie de sa réflexion. En tant que parent on croit que l'amour

suffit et que les erreurs sont oubliées.
Comme le disait Jean Cocteau: "Il n'y a pas d'amour, il n'y a que des

preuves d'amour" et ces dernières ne sont jamais suffisantes et probantes.

On fait tant d'erreurs en aimant que cet ingrédient doit bien être responsable,

au moins en partie.

 

 

 

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