Il y a une mode qui m'exaspère et me donne envie de hurler: celle qui consiste, pour un metteur en scène, à prendre une pièce du répertoire classique et en faire soit une pantalonnade si c'est un drame soit, si c'est une comédie, un drame angoissant.
"L'avare" de Molière devient ainsi un pensum psychanalytique (pléonasme) qui permet à un vieil acteur négligé de faire la une de Télérama, des Inrockuptibles et du Monde 2.
Les Ex-de la bande des deschiens sont spécialisés sur ce créneau. N'importe quelle pièce de Shakespeare fait l'affaire pour devenir une farce cul-nu, avec musique de bastringue et fille aux cheveux filasses qui crie dos au public.
Lorant Deutsch -le roi du métro- fait tourner ainsi un "songe d'une nuit d'été" revu et corrigé qui se passe dans les années 70 (mille-neuf-cent). Ca, je l'avoue, ça me les brise!
Autre affèterie très en vogue de nos jours: l'Opéra-chiotte. C'est moi qui les qualifie ainsi: un trou-du-c... inculte décide de mettre en scène Don Giovanni.
Il n'y connaît rien et ne fait pas la différence entre un violoncelle et un alto. Pour lui Mozart est mort après la guerre et son œuvre a été découverte par la star academy. Armande Altaï et Lio sont des sopranos à ses yeux.
Il élague la partition et le livret, allonge le rôle de Leporello et introduit des "gags" qui font rire ses co-disciples du club d'art dramatique (subventionné) de Meudon-Bellevue.
Hop! il y a des gogos pour y courir et applaudir des deux pieds ces pantalonnades désastreuses.
Pénible aussi ces programmes avale-tout ou Strauss suit Lully et précède Moussorgski avant de s'achever par Haydn et Eric Satie. Un tel menu a de quoi rendre malade n'importe qui, même pas mélomane.
M'exaspère aussi cette prétention absurde de tout affubler du mot "opéra": la moindre niaiserie pour beaufs est ainsi qualifiée d'opéra-rock! C'est un peu comme si on laissait dire que Truffaut ou Lelouch ont fait du cinéma. une affirmation qui est à la fois une imposture et une faute de goût.
Dernier agacement pré-feu d'artifice: les lectures publique d’œuvres littéraires. Ça avait bien commencé avec Lucchini on va arriver à Florent Pagny ou Enrico Macias (recyclage oblige) lisant du Guillaume Musso ou du Romain Sardou. Le pire n'a pas tardé.
On dit que l'été, les vacances, le soleil adoucissent les mœurs et le moral. Pour moi il n'en est rien.
