A supposer que vous viviez sur une île déserte, même dans ce coin reculé vous serait parvenu l'encens, la myrte, les compliments, la révérence et l'admiration dont on fait montre vis à vis du sempiternel retour de Charles Aznavour sur scène.
L'homme a plus de quatre-vingt ans, sa dernière chanson valable doit dater de 1973 mais les journalistes se font tout sucre tout miel pour interviewer gentiment le "dernier monstre sacré de la chanson Française".
En réalité nul n'ignore qu'à défaut d'être le dernier des "grands", le petit Charles a toujours été le premier des petits.
Lorsqu'il s'époumonait derrière des Ferré, Brel, Brassens il était simplement ridicule. Ensuite il a couru derrière du moindre fretin tel Bécaud, Julien Clerc ou Maxime Leforestier.
Mini-Charles (comme le "mini-moi" d'Austin Powers) nous aura tous eus à l'usure. Il existe depuis tellement longtemps qu'on a finit par croire qu'il avait du talent!
Ses contemporains (Barbara, Trenet, Montand, Reggiani, Gainsbourg, Caussimon, Bobby Lapointe... les meilleurs comme les moins bons (Dassin, Bachelet...) sont tous morts et enterrés.
Faute de rivaux (Christophe Wilhem, Cali, Miossec) sont moins mauvais que lui) Aznavour en est réduit à essayer de rattraper un Christophe Mae.
Alors? pourquoi tant de salamalecs à son égard ?(comme dans "Les Affranchis" de France Inter 12/09 à 11H00 par exemple) Parce que, comme tous les dinosaures, l'homme est ombrageux et a la mémoire longue.
Il n'oublie rien et encore moins les critiques. Si on lui fait remarquer que ses disques sont offerts -en mode vinyl- dans les maisons de retraite il fait une crise nerveuse.
Si on lui dit que ses "tubes" ont plus de 40 ans il tourne de l'oeil. Sa nécro est prête partout. Rien qu'à l'idée du "Match" "Aznavour, 75 ans de succès" je fais le détour pour éviter mon coiffeur!
