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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 10:30

Je n'oublie pas que "comparaison n'est pas raison" et que certains rapprochements sont

malvenus.

Cependant, cependant... de passage une journée en Vendée hier j'ai, à un moment, longé à

pieds un terrain de camping dit 4 étoiles qui m'a irrésistiblement fait penser à ces camps

de prisonniers qu'on a vus dans tant de documentaires.
Il ne faisait pas "beau" (traduction: le temps ne permettait pas de faire la crêpe sur une plage

bondée) et le camping était plein à craquer de personnes, de chiens, de voitures et de

télévisions.

Sans juger c'était pitié que cette atmosphère humide et triste de gens qui semblaient

désoeuvrés.

Un faux château en plastique permettait aux touts petits de rebondir pendant de longues

heures. Un "golf" miniature, délabré et pathétique accueillait plus de monde qu'il n'avait dû en

voir depuis sa construction. Une sorte de piscine couverte, aux eaux douteuses contenait

une population trop nourrie tandis que des terrains de basket ou de tennis, sous-dimensionnés

recevait les autres estivants, ceux ci jouant à moitié nus et les pieds nus.

Une impression de tristesse et d'ennui me titillait. Et ce d'autant plus que le camping se

prolongeait. Incroyable la surface qu'il occupait. Et à côté d'une route passante, naturellement.

 

Un enchevêtreement de caravanes, posées les unes à côté des autres, fenêtre contre fenêtre

délimitait le coin caravanes tandis qu'une forêt d'antennes paraboliques indiquait celui des

mobil-homes. Sous chaque auvent, en ce jour pluvieux, des hommes torses-nus et en

bonne santé (entendez-par là "avec un abdomen proéminent") se tenait en ne faisant rien.

Cette "civilisation des loisirs", cette "course aux vacances" a, à mes yeux, quelque chose

de surréaliste. C'est presque pathétique d'imaginer ces gens dépenser pour le péage,

l'essence, la nourriture, les "loisirs" pour venir s'échouer dans ces no man's lands sinistres

et surpeuplés.

Personnellement je préfèrerais et de loin, rester chez moi que vivre ne serait-ce qu'une journée

dans ces usines à ennui.

Toute la journée j'en ai vu de ces campings et partout ils affichaient complet.

Bosser 11 mois pour ce mois d'août tant attendu et le passer là ne me semble pas être

un bon calcul. J'irai même jusqu'à penser que ce n'est pas un calcul du tout et que l'argument

"les enfants sont contents" cache une grande paresse d'imagination.

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 11:58

Un cinéma pour vieux, pour bobos, pour gauchos et pour...cinéphiles. Voilà ce que devient le circuit des salles de cinéma de ciné-club ou alternatif.

C'est dommage mais c'est mieux que rien et ça permet de voir des films oubliés ou non destinés à l'exploitation en salles pub/pop-corn/films 4D.

Dans cette belle ville de Toulouse il y a Utopia, le cratère, l'ABC et la cinémathèque. Les unes et les autres diffusent parfois des films ennuyeux mais rarement insignifiants. Et quel bonheur d'échapper au tunnel de 30 à 35 minutes de publicités!

Hier nous sommes allés voir, dans une de ces salles, un film "OVNI" intitulé "Lourdes". Oui, Lourdes comme la ville la plus laide et la plus stupéfiante de tout le sud-ouest. Au début du film on croit avoir affaire à un documentaire tant les plans sont longs et l'image laide. (mais aussi faire une belle image à Lourdes c'est impossible tant cette ville et ses bâtiments sont lourds, gris; démodés et fonctionnels).

Si l'on ne reconnaissait pas Sylvie Testud et Buno Todeschini l'illusion serait parfaite: on serait devant ces émissions documentaires télévisées dont on ne sait pas si elles décrivent ou se moquent.

Pour être passé à Lourdes deux ou trois fois la chape de tristesse que j'ai sentie s'abattre sur moi est admirablement rendue dans le film. Personnes handicapées ou malades, religieuses sévères, pelerins désargentés, superstition, gadgets hideux, bondieuseries envahissantes, messes interminables, chants sinistres, foule triste et prières répétées....

la religion catholique peut être sublime ou... infernale et, à Lourdes, on est plutôt dans ce second registre.

Je me demande encore pourquoi j'ai voulu voir ce film et ne sais pas, le lendemain de sa vision, ce que 'en pense. La metteur en scène, Jessica Hausner, avait sans doute une idée derrière la tête mais je ne l'ai pas encore trouvée.
Le film est bien joué, très bien même, mais il ne mène nulle part. J'en veux pour preuve les rires presque forcés du (maigre) public quand il peut rire et les ricanements et discussions à voix basse de mes 2 voisines de fauteuil qui n'ont pas cru au "miracle" du film.

Finalement le message du film se résume peut-être à la blague qu'on y entend : "Jesus, le Saint Esprit et la Vierge Marie réfléchissent à leurs prochaines vacances.
- Si on allait à Béthléem demande Marie.

- Oh non, répondent les 2 autres, on y est déjà allés. On connaît.

- Jérusalem? propose alors Jesus 

- Ah non, répondent en coeur le Saint Esprit et Marie, on connaît aussi.

- Lourdes alors propose le Saint Esprit - Ah oui, quelle excellente idée dit Marie, je n'y suis jamais allé.

 

On ne perd rien à l'imiter!

 

 

 

 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 17:46

Si je ne craignais la plainte pour diffamation je m'informerai hypocritement pour connaître les raisons

du succès de ce couple si vulgaire, si tapageur dans le mauvais goût et si fondamentalement dénué

du moindre atome de talent que sont David et Catherine Guetta.

Un tel succès pour une aussi considérable insignifiance a de quoi interpeller l'homme(et la femme) de

goût.


Dans un autre domaine voilà plus de 20 ans que Jean Reno est considéré comme un "acteur" alors

qu'il est moins expressif qu'une borne kilométrique.
Là encore son charisme nul, son charme inexistant et des talents d'acteur improbables en ont fait une

vedette consacrée, on ne sait pas pourquoi.
Une fois encore le cinéphile hoche la tête en se demandant par quel miracle l'interprète favori de Luc

Besson (autre génie méconnu! autre baudruche pleine de rien) a pu tenir aussi longtemps sans que

l'imposture ne soit dénoncée.

A une époque l'entarteur Noël Godin savait attirer l'attention sur ces "pompeux cornichons". Hélas, il

a sans doute pris sa retraite et c'est du côté des "Gérards" du cinéma (qui "récompensent" les pires

prestations du cinéma), une sorte de Césars au négatif, qu'il faut se tourner pour voir dénoncer ces

impostures flagrantes.

 

...et sur des blogs, naturellement.

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 08:03

Nos sociétés, quelles qu'elles soient, trahissent leurs engagements lorsqu'elles ne permettent

pas à des étudiants diplômés de trouver un emploi utilisant leurs compétences.
Les révolutions arabes l'ont bien montré: dans l'exaspération des foules il y avait le fait que les

étudiants égyptiens avaient fait des années d'études difficiles et ce, aparemment en pure perte.
En Tunisie l'élément déclencheur a été le suicide d'un étudiant sur-diplômé qui en était réduit

à vendre des fruits, ce que les autorités n'admettaient pas non plus.
Diplômés oui, cultivés oui mais chez eux, dans leur maison, devant la télé-poubelle et le foot

.
En France on voit que nous sommes pratiquement dans le même cas: des étudiants qui font

des études longues (et chères), des filières encombrées qui débouchent sur de rares postes

pris d'assaut et l'entrée dans la "vie active" qui se fait de plus en plus tard, la période des

petits boulots s'allongeant des années durant.
Est-il normal qu'une personne ayant un Bac + 5 se voit proposer comme unique avenir de faire

le CPE en Internat? de préparer des sandwiches dans un fast-food? pour des salaires de misère

et sans espoir certain de pouvoir un jour utiliser et développer ses connaissances et pratiquer le

métier qu'elle a choisi?

Pendant qu'Arnaud Lagardère fait le débile avec son mannequin au QI moins important que son

bonnet de soutien-gorge des centaines de milliers de jeunes gens et de jeunes filles rament

comme des dingues pour trouver un petit job payé au lance-pierres.
Comment voulez-vous payer un loyer (et même trouver un appartement) si vous n'avez ni fiche

de paie ni emploi, fût-ce à temps partiel?

L'autre jour, dans le "commerce de proximité" qui se trouve au bout de ma rue, l'un des vendeurs

"extra" qui y travaille était, pour la première fois, énervé et peu aimable: il venait de recevoir sa

fiche de paie et s'exaspérait: "1000€! même pas le SMIC! et les heures supplémentaires même

pas prises en compte...."

C'est vrai: ce garçon et les autres bossent comme des fous, avec des clients plus ou moins

névrosés (il suffit de voir les quantité de bière et de vin achetées quotidiennement) ils ne ménagent

pas leurs efforts et ne comptent pas leur temps (magasin ouvert tous les jours de 7H à 21H30 et

le dimanche jusqu'à 13H00).

Qui a dit "Travailler plus pour gagner plus?"

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 14:48

Je m'étonne (oui, encore!) qu'HADOPI et autres lois scélérates du même acabit ait réussi à

dissuader les internautes de télécharger comme des malades.
A leur place je le ferai, et avec bonne conscience en plus.
Les maisons de disques ont un mépris incommensurable pour les acheteurs mais aussi

pour les artistes qu'ils publient.

Actuellement les grandes firmes refourguent leurs vieux fonds de catalogue. Comme il

est difficile de les présenter comme des nouveautés ils font refaire des étuis aux couleurs

plus modernes et rajoutent des ébauches ou des titres ratés qui avaient été écartés au

moment du choix final des titres.
On a ainsi des titres archi-connus mais éprouvés qui côtoient des "raretés" non terminées

et somme toute rarement passionnantes.
Versions dites alternatives, versions unplugged  l'important est de vendre les mêmes salades

aux mêmes personnes mais sous un emballage modernisé.

Et ça marche! nous tombons dans le panneau et dépensons des sommes astronomiques

(le budget annuel nécessaire à la nourriture d'un petit enfant de la Corne de l'Afrique) pour un

coffret de vieilleries dépoussiérées.
L'industrie du disque nous a fait remplacer nos vinyls par des CD. Ces CD là ont dû être

remplacés par des CD remixés. (en gros, dans la version remixée on entend le machino du

studio tousser si on tend l'oreille... quel progrès!). Elle parvient à nous les faire racheter

avec les version "collector's" (pochette en carton, ou photos en plus, ou 3 titres en vidéo ou

format différent qui ne rentre pas avec les autres dans la discothèque.

Enfin, avant qu'un format équivalent au "Blue-Ray pour les DVD ne soit trouvé, ce qui est une

affaire de temps elle nous les fait racheter en version anniversaire (ces albums dont je

parlais ici).

Toujours dans le registre de l'hypocrisie les marchands de disques ont supprimé, en

loucedé, le format 2 titres. Autant faire acheter un album inepte qu'un CD 2 titres n'est-ce pas?

Et que dire de ces sordides compilations ou de ces disques ni faits ni à faire des "artistes"

révélés par les putasseries télévisées?


Pas de doute ils peuvent pleurer en invoquant les créateurs.... la vérité est que cette industrie,

parce qu'elle s'adresse aux jeunes, est encore plus vicelarde que les autres.
Je ne vois guère que les cigarettiers pour avancer avec un tel cynisme en défendant des

arguments aussi hypocrites et mensongers.

Le pire c'est qu'ils portent. Parce que la musique est partout (cuisine, bureau, voiture, MP3,

salon, chambre...) parce que nous aimons posséder les disques qui nous ont marqué et

parce que l'objet lui-même a une connotation liée à la liberté et à la jeunesse tout est

permis.

 

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 09:23

Depuis près de 20 ans que j'habite cette belle région Midi Pyrénées j'ai pris l'habitude de ne jamais lire sa presse-poubelle, le torchon quotidien "La dépêche du Midi".
Outre une mauvaise foi qu'on ne trouvait guère que dans la "Pravda" soviétique et qu'on doit sans doute supporter de nos jours dans l''organe du parti communiste nord-coréen,

Cette feuille de chou est aussi spécialisée dans le chien écrasé et les remises de médailles. Ce mélange redoutable de propagande au lance-flammes et de rubriques ringardes est sa marque de fabrique avec ses titres grandiloquents.

Aucun journal ou magazine ne peut durablement exister dans la région, ostracisé, pillé et englouti qu'il est par cette navrante "dépêche".

La Dépêche, il y a peu et pour une fois pertinente titrait sur le drame (toutes proportions gardées) que représentait la disparition, à plus ou moins longue échéance, des 42000 platanes qui bordent le sublime Canal du Midi.

Ces arbres, on le sait, sont atteints par le chancre coloré contre lequel il n'existe aucun traitement. La maladie progresse d'arbre en arbre et, depuis 2006, c'est impuissant qu'on constate le désastre.
Ils restent encore beaux mais leur disparition à échéance de 15 ans est programmée par cette maladie et nul ne sait ce que sera ce sublime canal lorsque les arbres qui l'ombragent auront disparu.

"Il sera moins beau, forcément".

Le chancre coloré, c'est à noter, est une maladie "naturelle". Pour une fois que l'homme n'est pas responsable d'un gâchis écologique ça valait le coup d'être souligné.

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 09:29

Parce que nous escamotons tout ce qui nous dérange notre rapport avec les animaux est le

plus souvent réduit à celui, légèrement névrotique, que nous avons avec nos "animaux

domestiques".
Il s'agit, en la matière, essentiellement des chats, des chiens et quelques animaux exotiques

ou particuliers (je pense aux furets, à quelques serpents, aux perroquets, aux poissons

d'ornement, aux lapins et autres tortues).

Nous avons, vis à vis de ces animaux-là, des budgets extensibles et une patience qui ne lui

cèle en rien.
La civilisation permet même cette aberration de voir des chiens ou des chats mieux soignés

et mieux nourris que des êtres humains, et celà à nos portes.

Tout ce qui n'est pas "domestique" (en gros tout ce qui ne vient pas sur notre canapé en cuir

de vachette ou dans notre salon) nous est indifférent. Ou presque. Pour ne pas penser à la

destinée tragique des vaches (elles allaitent, elles vélent, elles allaitent... et on les tue pour

faire de la viande.... de boeuf), à celles des chevaux, des agneaux (renseignez-vous, qu'est-ce

qu'un agneau? à quel âge on le tue...), les moutons, les lapins, les poules, les dindes,

les porcs, les canards, les oies,  les animaux à viande, quoi, nous leurs réservons l'enfer

sur terre, mais nous ne voulons pas en parler et encore moins le voir. 

 

Quand tous nous saurons tous ce qui se passe précisemment dans un abattoir alors nous

changerons peut-être notre mode de consommation de viandes.

Il ne s'agit pas d'imposer le végétarisme à l'humanité mais d'accepter de regarder en face ce

qu'on fait pour nous donner nos "nuggets" et nos "hamburgers" .
Quand je passe devant les restaurants de fast-food et que je vois des colosses s'empiffrer de

ces sandwiches je revois ces images hideuses images d'abattoirs.  A t'on vraiment besoin de

toute cette "viandasse"? de cette chair torturée?

D'un côté on s'étonne de ces cancers qui prolifèrent, de ces maladies qui gagnent (ESB,

E.Coli, salmonelles....) d'un autre de l'obésité galopante qui gagne nos populations mais on

continue à se goinfrer de saletés en connaissance de cause.

 

Faites l'expérience: moins de viande mais de meilleure qualité, moins souvent aussi: vous ne

l'apprécierez que plus et vous serez moins responsables de la transformation en "usine à

viande" de ces beaux animaux que sont les vaches ou les autres animaux industriels.

 

(Lire la thèse: "Vivre avec les animaux, une utopie pour le XXIème siècle" par Jocelyne Porcher

éditions la Découverte 2011)

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 08:21

Bien qu'ils me frustent j'aime les films dont la fin reste une énigme. Avant qu'on lui donne

2 suites pitoyables, le film sur Hannibal Lecter "Le silence des agneaux" était l'archétype

de ces films dont le spectateur était convié à imaginer la suite.

Je ne parle évidemment pas de ces films pour lesquels les producteurs laissent une fin

dite "ouverte" afin de doubler, tripler voire centupler leur mise de fonds originale en mettant

un petit 2, 3, 4 ou 5 après le titre. ("Die Hard 2", "Cris et chuchotements 4" (euh... je suis

moins certain de ce dernier exemple!).

Tout cela ne date pas d'hier puisqu'en adaptant un roman de Louise de Vilmorin avec

Danièle Darrieux dans le rôle titre, Max Ophuls l'avait déjà intitulé -dès le 1er film- Madame

2. (je sais: j'exagère).

Cette longue et vaseuse intro pour parler d'un film ni long ni vaseux (quoi que) que j'ai vu

en séance de rattrapage en DVD enprunté à la médiathèque.

Il s'agit d'un film israélien intitulé "tu n'aimeras pas" et sous titré "Eyes wide Open" (référence

Kubrikienne s'il en fût qui m'a fait m'intéresser à l'objet).

Ca raconte -en gros- comment un juif traditionnaliste, boucher casher de son état, récemment

orphelin de père et lui même à la tête d'une marmaille nombreuse s'éprend (à tous les sens du

termes) d'un jeune étudiant en théologie.
Le tout dans un Israël ultra-religieux et rien moins que tolérant.

Vous me croirez si vous voulez mais le film accomplit ce prodige de n'être ni barbant (enfin si,

aucun acteur n'est privé de cet accessoire pileux ici long et triste comme un jour sans pain),

ni moralisateur ni surtout ridicule.
Une fois encore la magie d'une mise en scène sobre et pensée et un jeu d'acteur et d'actrice

proche de la perfection donne à un sujet disons-le scabreux et guère passionnnant, une force

et un intérêt palpitants.
Le "bonus" (en l'occurence un documentaire sur le tournage) démolit même l'état de grâce du

film: en nous montrant en détails le tournage de 4 ou 5 scènes on voit que ces sentiments si

éclatants sur l'écran ne sont qu'artifices et travail, oui, travail.
Ces 2 juifs orthodoxes, l'un boucher et l'autre étudiant qui semblent s'aimer d'amour devant les

yeux muets de la femme du premier qui a compris mais ne dit mot... on y a cru et c'est la

magie du cinéma.
Cette magie qui fait qu'on croit à ce qu'on voit, quel qu'en soit le sujet et le traitement. Voilà

pourquoi, même si on peut désespérer devant l'évolution mercantile et intellectuellement

consternante du cinéma mondial il reste une étincelle qui, à tout moment, peut combler le

spectateur le plus exigeant.

La dernière image du film est de celles dont je parlais au début de ce pensum: le boucher,

dont l'amant étudiant a été contraint de quitter la communauté religieuse et sociale tant le

scandale était en voie de la détruire se baigne dans un étang où ils furent ensemble dans

une sorte de communion mi-mystique mi-sensuelle. Là il fait les ablutions rituelles mais

ne remonte pas.
A nous de penser qu'au scandale de cette liaison homosexuelle il ajoute celle du suicide.
Ou pas. On peut aussi imaginer que cet instant d'égarement lavé, il retournera à ses

devoirs de membre de la communauté. Toutes les interprétations sont possibles et c'est

ça, avec le jeu des interprètes (dont celle de la femme qui est une épure) qui est

pariculièrement beau dans le film et dans sa fin.  

 

 

"Tu n'aimeras point" de Haim Tabakman (2009)

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 21:05

J'ai eu l'immense privilège d'être invité, ce week end,  dans un coin reculé de l'Arkansass, Peach-Cab'Rel.
Un combo de 6 musicien/nes gentiment allumé-e-s préparait son retour sur scène de septembre dans

une campagne belle et accueuillante.
J'y avais emporté un bouquin signé Antoine de Caunes, autre allumé, qui m'a fait prendre conscience d'un

travers bien de notre (gentille mais souvent navrante) époque: celui de l'exagération de sa rebelle attitude.

Ainsi Antoine décrit sa folle jeunesse et indique qu'il ne volait pas UN album 33tours mais 6 ou 7 à la fois et,

soixante ans après (enfin presque) il se souvient des titres des disques qu'il volait à telle ou telle date.

La seule fois où j'ai piqué un disque, à Inno Passy, c'était un 45t de John Kongos ("he's gonna step on

you again") je m'en souviens bien (du passage au bureau des surveillants et de la pochette du disque,

pas du titre que j'ai retrouvé sur Internet) je n'ai jamais été très fier de ce moment...

 

Voilà exactement ce qui fait sens aujourd'hui: le premier rapport sexuel a été consommé à 8 ou 9 ans par

les acteurs ou chanteurs interviewés. Ils ont d'ailleurs commencé à s'intéresser au sexe opposé dès la

section moyens de la maternelle; moi, et immense est ma honte de vous le dire, , j'échangeais plutôt des

billes ou des soldats Mokarex à la même époque et à quinze ans encore les filles c'était comme mes

soeurs: des emmerdeuses à éviter et qui n'avaient aucun intérêt.

Ils (ou elles mais c'est souvent nos mâles congénères qui s'expriment ainsi) ont été des cancres certifiés,

des relaps confirmés (jamais personne ne reconnaître qu'il a pu, même furtivement, aimer les chants,

l'orgue ou même l'odeur d'encens à l'époque ou la honte d'être enfant de choeur ne les taraudait pas).

Lors de leurs voyages sans parents ils se transformaient -toujours à les écouter- en Mesrine juvéniles

et leurs séjours en Angleterre vengeait la guerre de cent ans.

C'est tellement facile de réécrire l'histoire! qui ira vérifier? Alors que 85 à 90% des protagonistes de la 

moindre photo de classe sur laquelle ils figurent sont maintenant des pré-retraités obèses qui dira que

les stars W ou Y étaient qui un affreux fayot avec des chemises en nylon qui un excellent élève habitué

au tableau d'honneur et au catéchisme?

 

 

 

 

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 08:59

Je m'agace en solitaire lorsque je constate que, pour le monde entier, Picasso c'est Guernica,

Kubrick c'est 2001, Odyssée de l'Espace, Les Rolling Stones c'est  I can't get no (Satisfaction)

et Mozart la petite musique de nuit.
C'est, somme toute, un peu réducteur.
Restons dans la musique...
Brel a écrit et chanté des centaines de chansons. Pour le public et les rares programmateurs

qui le diffusent c'est à jamais "Ne me quitte pas" qui est l'un de ses pires titres.
Mon idole baba, guitariste échevelu des Beatles a publié 13 albums en solo entre le split

de son groupe et sa croisière post mortem sur le Gange. Pour tous c'est "My Sweet Lord" et

uniquement cette scie sympathique mais... pompante. (qui a dit pompée?).
Faites l'exercice... pensez à un ou une artiste qui vous fait vibrer... Vous verrez c'est imparable.
Si on prend la littérature, autre exemple. Parle t'on d'Hémingway? c'est "pour qui sonne le glas?"

qui s'impose. Parle t'on de Poivre d'Arv...Non! c'est un mauvais exemple.
Tout ça pour dire qu'il faut aller au-delà des apparences, bien au-delà de la facilité.
Je reviendrais, un jour, sur cette simplification pénible qui réduit un artiste à une minuscule

parcelle de ses oeuvres.

... Vous ne connaissez pas "My Sweet Lord" par George Harrison? le gospel qui tue? le

mantra du démon? Séance de rattrapage: allez sur Youtube, passez la pub pour des obsèques

en kit et hop, vous y êtes. Hmmmmmmmmm ces guitares du début...

 

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