Je n'oublie pas que "comparaison n'est pas raison" et que certains rapprochements sont
malvenus.
Cependant, cependant... de passage une journée en Vendée hier j'ai, à un moment, longé à
pieds un terrain de camping dit 4 étoiles qui m'a irrésistiblement fait penser à ces camps
de prisonniers qu'on a vus dans tant de documentaires.
Il ne faisait pas "beau" (traduction: le temps ne permettait pas de faire la crêpe sur une plage
bondée) et le camping était plein à craquer de personnes, de chiens, de voitures et de
télévisions.
Sans juger c'était pitié que cette atmosphère humide et triste de gens qui semblaient
désoeuvrés.
Un faux château en plastique permettait aux touts petits de rebondir pendant de longues
heures. Un "golf" miniature, délabré et pathétique accueillait plus de monde qu'il n'avait dû en
voir depuis sa construction. Une sorte de piscine couverte, aux eaux douteuses contenait
une population trop nourrie tandis que des terrains de basket ou de tennis, sous-dimensionnés
recevait les autres estivants, ceux ci jouant à moitié nus et les pieds nus.
Une impression de tristesse et d'ennui me titillait. Et ce d'autant plus que le camping se
prolongeait. Incroyable la surface qu'il occupait. Et à côté d'une route passante, naturellement.
Un enchevêtreement de caravanes, posées les unes à côté des autres, fenêtre contre fenêtre
délimitait le coin caravanes tandis qu'une forêt d'antennes paraboliques indiquait celui des
mobil-homes. Sous chaque auvent, en ce jour pluvieux, des hommes torses-nus et en
bonne santé (entendez-par là "avec un abdomen proéminent") se tenait en ne faisant rien.
Cette "civilisation des loisirs", cette "course aux vacances" a, à mes yeux, quelque chose
de surréaliste. C'est presque pathétique d'imaginer ces gens dépenser pour le péage,
l'essence, la nourriture, les "loisirs" pour venir s'échouer dans ces no man's lands sinistres
et surpeuplés.
Personnellement je préfèrerais et de loin, rester chez moi que vivre ne serait-ce qu'une journée
dans ces usines à ennui.
Toute la journée j'en ai vu de ces campings et partout ils affichaient complet.
Bosser 11 mois pour ce mois d'août tant attendu et le passer là ne me semble pas être
un bon calcul. J'irai même jusqu'à penser que ce n'est pas un calcul du tout et que l'argument
"les enfants sont contents" cache une grande paresse d'imagination.
