Elections présidentielles en France en Avril 2012. Le choix va être abondant puisque d'ores et déjà
nous subodorons que Nicolas Sarkozy, président sortant et représentant de la droite "classique" est
candidat pour un second mandat, que François Bayrou se présentera pour la 3ème fois à l'élection
présidentielle avec son Modem (ni à droite, ni à gauche mais au centre. Où? au centre), un(e)
candidat(e) pour le Parti Socialiste et le parti croupion des Radicaux de gauche (sans doute Martine
Aubry), un candidat pour les restes du PC et la gauche hors PS avec Jean-Luc Mélanchon, un
candidat pour la gauche qui ne veut surtout pas gouverner M Poutou pour le NPA, une candidate
pour Lutte Ouvrière, 1 candidate, Eva Joly, pour Europe-Ecologie les Verts et quelques candidat(s)
poids plume pour faire de la figuration (Mme Boutin?, M Morin? M Borloo?, M de Villepin?, M Chivardi?
M Dupont-Aignan?).
Derrière ces noms et ces visages peu de raisons de se réjouir: les programmes politiques qu'ils
défendront tiennent, pour l'électeur, du chemin de croix et de la résignation: économies, austérité,
emplois en berne et récession.
Personne ne propose vraiment de "Changer la vie" comme en 1981. Ou alors pour la changer façon
Grèce et dikats du FMI, de la banque mondiale et des marchés.
Il faut avoir une certaine dose de candeur, voire de naïveté, pour s'en remettre sans crainte, aux
promesses des candidats, inévitables pendant ces périodes électorales.
Pourtant "la réduction de la fracture sociale" en 1995, "la tolérance zéro" en 2002 et le "travailler plus
pour gagner plus" pour 2007 ont eu leurs moments de gloire. Nombreux furent ceux qui y crurent...
A u pouvoir pour un des pires mandats présidentiels que le pays ait connu depuis la guerre, le
président-candidat ne pourra jouer que sur l'oubli des turpitudes de son mandat et la diffamation
de ses adversaires.
Qui le croira encore? On dit qu'il mise tout sur l'électorat de plus de 60 ans qui "fait l'élection" et qui
vote traditionnellement conservateur.
Au PS les primaires auront désigné la ou le candidat le plus à même de donner son congé au
locataire en bail précaire de l'Elysée. Si les primaires n'ont pas été trop dévastatrices l'heureu-x-se
candidat-e devrait, en proposant des réformes réalistes et réalisables, en ne dominant pas trop
outrageusement ses partenaires et en rappelant toutes les horreurs du quinquennat finissant
pouvoir non seulement se qualifier pour le second tour mais aussi le remporter.
Tout à son numéro d'équilibrisme politique, le funambule Bayrou devrait stériliser entre 5 et 10%
des voix.
Il sera amusant de regarder les soutiens des uns et des autres: leur action définira le type de
postes ou de ministères pouvant leur échoir en cas de victoire de leur poulain.
Aura t'on des trahisons aussi énormes que celle de Eric Besson en 2007? il est à craindre que
non et que cette figure de style reste insurpassée.
Alors va t'on se désintéresser de cette élection sous prétexte que ses enjeux sont limités et
que les possibilités de surprises rien moins qu'évidentes? il me semble justement que la réponse
doit être non. Vibrer aux meetings, regarder les débats, écouter les émissions, jauger les
programmes et les candidats qui les portent, voter... tout participe du principe de la démocratie
et du plaisir (rare) d'interférer (un peu) dans les choix du pays.
