Mon frère et son ami Vincent l'écoutaient et moi, de mon lit, j'en entendais des bribes à travers la porte. Je l'aimais déjà beaucoup et comptais les baby-sitting à faire pour pouvoir me l'offrir.
"RAM" de Paul & Linda McCartney est un des albums que j'ai adorés, écoutés tant et plus et dont je crois ne m'être jamais lassé. Je reconnais, désarmons la critique, que j'ai une passion immodérée pour ce chanteur compositeur capable du meilleur mais aussi du moins bon, qui sombre parfois dans la facilité mais dont l'inspiration est intacte depuis 5 ou 6 décennies. Je ne suis pas parvenu à me détacher de sa musique.
Sorti il y a 50 ans (cinquante ans!!!!) en 1971 sur le fameux label à la pomme Granny et sous une belle pochette jaune cet album est le deuxième exercice solitaire de Macca. Enregistré aux USA avec des musiciens professionnels et un orchestre symphonique sur certains titres, "RAM" est aux antipodes de "McCartney" sorti un an auparavant, en pleine dissolution du groupe légendaire auquel Paul McCartney avait tant apporté.
"Ram" est un disque un peu sucré, un peu "bâclé", mais original et habité. Chaque chanson explore un univers différent et la diversité d'inspiration et de style forme un patchwork attachant qui n'a aucune difficulté à séduire l'auditeur, même 50 ans après l'enregistrement.
Il fut pourtant mal accueilli par la critique qui le dépeignait comme une pâtisserie musicale écœurante ce qu'il était un peu par moments, mais pas seulement, loin de là.
Des titres comme "Too many people", "Dear Boy", "Uncle Albert/Admiral Halsey" (composé d'au moins 3 bouts de chansons différentes assemblés ensemble), "Monkberry Moon Delight" "Eat at Home" et "The back seat of my car" étaient de purs joyaux que le temps n'a pas ternis. Ils démontraient, ce que la critique refusait d'admettre, que sans son alter ego, McCartney possédait toujours la vista. Il la possède d'ailleurs toujours! incroyable longévité, veine créatrice jamais épuisée.
Enregistré dans les conditions de l'album avec la plupart des musiciens de "RAM" le single "Another day"devant servir de locomotive à "RAM" reste l'exemple parfait du talent, de la légèreté et du style de ce diable d'homme qu'a été et que reste Paul McCartney.
