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7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 07:00

Il y a quelques longues années de celà j'ai participé, en tant que candidat, à un jeu télévisé animé par Patrice Laffont. Je n'avais JAMAIS, auparavant, cotoyé une "star" de la télévision et j'avais été sidéré par le comportement insupportable du susdit.
Caprices, volonté inébranlable d'être toujours dans la lumière, charmant avec les gens connus, dédaigneux avec les autres, pas naturel, prétentieux... un concentré de tête à claque.

Sa productrice de l'époque, odieuse et méprisante, était cependant aux petits soins de son Patrice qu'elle couvait comme on couve un malade des nerfs. On sentait que la moindre contrariété rendrait  le bonhomme hystérique.

Patrick Poivre, qui se fait appeler d'arvor comme moi d'Occitanie, était fait du même bois. Sa longévité exceptionnelle (et insupportable) avait fait que ses caprices de Diva et son rapport trouble avec les femmes étaient connus même du public.
Une (très jeune) fille d'amis, stagiaire un temps chez le journaliste s'était vue proposer de coucher avec lui ou d'abandonner toute idée de carrière dans les médias.
La prétention de Poivre, son don d'ubiquité, sa soif d'être admiré et ses "casseroles" sont -et étaient- connus depuis des lustres.
Il bénéficiait d'une sorte d'immunité dûe à sa célébrité et à ses possibilités sans doute réelles de nuire.
Une femme, plus courageuse que les autres a dénoncé le tartuffe et ses méthodes de harcèlement. On parle de "viols" ce qui est incroyablement grave.

Pour le moment le "condiment" (ainsi que l'appelait Pierre Desgraupes) reste hors d'atteinte et semble se sortir de ce mauvais pas.

Facebook est plein de messages... de soutien et d'insultes sexistes contre les plaignantes. Pour ces tordus l'appât du gain est le moteur des femmes qui disent stop à l'impunité du faux-cul.

Ca en dit long sur leur mentalité

 

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 07:00

De mon enfance dans les "beaux quartiers" de Paris j'ai le souvenir d'une intolérance marquée et de préjugés politiques et "raciaux" de ce milieu dont l'aisance matérielle justifiait, croyaient cette frange de Parisiens , les propos  les plus absurdes.

Toute mon enfance j'ai entendu les Nord-Africains appelés "sidis"  vocable auquel on ajoutait qu'il fallait se méfier d'eux "parce qu'il avaient le couteau facile"!

Lorsque j'étais petit, à l'école et ailleurs, les arabes étaient les "Bicots" et autres diminutifs méprisants. On disait "Bamboulas" ou "nègres" pour noirs etc.

C'était un racisme assumé, presque "bon enfant" qui véhiculait un mépris de l'autre et un sentiment de supériorité dont celui qui employait ces mots dévalorisants n'avait peut-être même pas conscience.

Les personnes âgées ou très âgées qui n'ont pas appris à se méfier de leur vocabulaire emploient encore des expressions de cet ordre pour désigner "l'autre", celui qui "n'est pas comme nous".

La police de la pensée et les Ayatollahs du "parler vrai", ceux qui débaptisent les rues et descellent les statues, ceux qui traquent impitoyablement le racisme et condamnent le présent pour les crimes du passé ont "hystérisé" la chasse -légitime- de ce racisme bien franchouillard et flanquent une frousse de tous les diables à celles et ceux dont l'univers mental a évolué moins vite que la société.

Mercredi soir 31 mars 21 au cours de l'émission "C'à Vous" a été diffusé quelques minutes accablantes d'une émission-jeu des années 80 "Pyramide" dans laquelle ce racisme du terroir s'étalait (se vautrait). Une présentatrice était moquée pour sa couleur de peau et autres insanités consternantes.

Mais c'était il y a 41 ans!

Cette chasse aux racistes avec exposition au pilori et anathèmes doit, je le crains, précipiter des gens qui ne comprennent pas cette hargne dans les filets du Rassemblement National.

On ne leur explique jamais en quoi c'est mal* d'avoir des idées racistes ou de tenir des propos racistes. On n'essaie pas plus d'expliquer combien ces idées sont stupides et infondées. Enfin on laisse entendre qu'il y a les bons et qu'ils n'en font pas partie.
C'est contre-productif et renforce leurs croyances erronées..

Je ne dis pas que l'on pourrait tous les convaincre mais cela vaudrait la peine d'essayer plutôt que d'entretenir ce climat de guerre civile.

* con serait le mot juste.

 

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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 11:45

Les hopitaux ne fonctionnent pas ou fonctionnent mal (mais notre "système de santé" ferait l'admiration du monde!), notre justice est à la ramasse avec un budget éthique et un engorgement structurel, nos prisons sont honteuses, notre Constitution est monarchique et inadaptée, notre classe politique constituée de zozos obnubilés par l’Élysée, nous polluons sans réserve, nos pêcheurs raclent les fonds avec leurs filets dérivants, les chasseurs sont arrogants et les agriculteurs sans scrupules, l'école de la République apprend tout juste à lire et à écrire à des élèves démoralisés, la culture est aux mains de sagouins et j'en passe.

Ce qui est surprenant c'est que cette litanie de maux affectant notre pays n'est pas fausse si elle est exagérée et n'empêche pas la France d'être une économie qui compte et une "puissance" dont on tient compte.

Chaque crise souligne notre inorganisation, nos faiblesses et notre incurie politique. Notre armée est une machine à perdre depuis le premier Napoléon. Nos déculottées sont ininterrompues depuis tant de temps qu'on n'est pas même étonné lorsqu'on apprend que nous nous sommes déshonorés au Rwanda.

La crise sanitaire montre en creux que notre organisation sociale est bancale et souvent inefficace. J'ai par exemple le souvenir qu'en arrivant à Toulouse la Route d'Espagne était "l'avenue Sanofi". Aujourd'hui, à ces emplacements, il y a des camps de roms où l'on désosse des voitures sans se cacher. Plus de Sanofi.

"Ma bonne Dame" c'était mieux avant! n'est pas on propos même si çela y ressemble.

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1 avril 2021 4 01 /04 /avril /2021 07:00

Comme je n'aimais pas les films choisis par les différentes chaînes de télévision pour rendre hommage à Bertrand Tavernier après son décès j'ai regardé "Le coup de torchon" sur Netflix qui me semblait être un meilleur choix.  

La distribution est solide (Huppert, Noiret, Marielle, Guy Marchand, Michel Beaune, Stephane Audran) le scénario adapté du roman de Jim Thompson et transposé au Sénégal de l'époque coloniale est signé Bertrand Tavernier et Jean Aurenche tandis que les décors sont de Alexandre Trauner et la musique de Philippe Sarde. N'oublions pas la très belle photographie de Pierre-William Glenn.

Comme dans "la victoire en chantant" de Jean-Jacques Annaud l'humanité qui s'agite sur l'écran n'est pas reluisante. Les Français expatriés montrés dans leur "œuvre civilisatrice" ne sont pas brillants, c'est un euphémisme. 

Philippe Noiret tient le rôle principal, celui d'un policier d'une rare médiocrité qui, subitement, se venge des avanies que tous ses proches et les administrés du coin lui ont fait ou font subir. Un "mouton enragé" assez peu crédible en redresseur de torts devenu plusieurs fois meurtrier. C'est d'autant plus incroyable qu'une pensée intelligente semble lui parvenir concomitamment. Le mépris change de camp et c'est lui qui, désormais, l'éprouve, au point de tuer de sang froid un jeune africain à qui il reproche de "trop lécher le cul des blancs".

Marielle et Gérard Hernandez sont deux affreux maquereaux auxquels le policier humilié inflige une mort à laquelle ils ne croient pas. Il faut les voir chanter "Ô Catarina bella" avant d'être envoyés ad patres dans une scène bouffonne et inattendue.

Isabelle Huppert joue une conne sensuelle ce qui n'enlève rien à son talent puisqu'on y croit. Stéphane Audran incarne une femme peu crédible et Eddy Mitchell son frère-amant; assez minables tous les deux.

Guy Marchand fait du Guy Marchand et nous n'attendons rien d'autre. D'autant plus qu'il le fait très bien ("poil au chien" private joke destiné à ceux qui ont vu le film). 

L'action est mince. Ces personnages sans intelligence ni conscience (sauf l'institutrice) traînent toute la journée et vivent une vie médiocre et pleine de bassesses. Ragots, adultères, racisme, petites combines et conversations au ras du sol forment leur ordinaire. Le policier se venge des avanies qu'on lui fait subir (sabotage des latrines, assassinat de deux maquereaux puis du mari violent d'Isabelle Huppert dont il est vaguement l'amant, meurtre d'un noir pas malin etc.). C'est un jeu de massacre amusant, aux dialogues réjouissants mais qui ne mène nulle part.
J'imagine qu'outre le livre ("1275 âmes") qui l'a suscité le film louche aussi du côté du "Voyage" de Céline mais c'est une comparaison un brin flatteuse.

Le spectateur passe un bon moment, la scène d'ouverture avec 5 enfants noirs affamés est superbe, c'est bien joué, formellement le film "tient la route" mais, cette fois-ci, je n'ai pas autant "adhéré" que les autres en le visionnant.

Les Français de l'écran doivent être trop ressemblants avec ceux que la pandémie nous fait voir. Affreux, vains, veulent, stupides et arrogants.

PS: France 5 a diffusé ce film le 29/03, toujours en hommage à Tavernier.

 

                

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31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 07:00

Petit garçon (et même adolescent) j'étais passionné par Napoléon 1er et je m’enivrais littéralement des épisodes de sa vie que je connaissais presque par cœur. L'homme me subjuguait par son intelligence et sa puissance. Son action m'éblouissait.

"l'aigle impériale volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame" ça avait fière allure! Je comprenais que son action n'avait pas eu des conséquences heureuses pour notre pays qu'il avait "rendu plus petit qu'il ne l'avait "trouvé" et que les guerres incessantes en Europe et dont il était partie prenante pouvaient être mises au débit d'une épopée contrastée. Mais quel homme, quel militaire, quelle Histoire!

Le siège de Toulon, les Pyramides, le consulat, 18 Brumaire, la proclamation de l'Empire, le Sacre, l'attentat de la St Nicaise, le mariage avec Joséphine, les coalitions contre lui, Austerlitz, Iéna, l'entrevue de Tilsitt, Talleyrand, Fouché, Louis XVIII, le mariage avec Marie-Louise, la naissance du Roi de Rome, l'abdication, l'île d'Elbe, les cent-jours, Waterloo, le "Bellérophon", l'exil, Sainte-Hélène, Hudson Lowe et enfin la mort au bout du monde, la légende enfin, sans oublier les écrivains (Chateaubriand, Victor Hugo, Balzac, Stendhal...) qui ont écrit sur et autour de lui, le code civil etc il y a dans la vie de cet homme matière à réflexion.
Il soulevait, soulève et soulèvera toujours l'intérêt et les passions. Une telle vie, un tel homme ne peuvent laisser indifférents.

Voilà pourquoi je suis sinon étonné du moins contrarié par les polémiques stériles qui entourent les commémorations du bicentenaire de sa mort. Qui peut lui être comparé? qui a une trajectoire humaine et historique aussi gigantesque?

Nos passions mauvaises, notre soif masochiste de repentance, notre culture jetable, nos politisation forcenée de tout et surtout notre haine de nous-mêmes font que cette commémoration s'engage sur une fausse route.

Napoléon 1er semble n'être plus que celui qui a rétabli l'esclavage. Toute son action se résume à cela. C'est à la fois idiot et pathétique mais on n'en sort pas.

Avec des accents de procureur des procès de Moscou une historienne haineuse et implacable a monopolisé la parole de "la grande librairie" que François Busnel a consacré au bicentenaire* en crachant son venin et en échafaudant des théories incompréhensibles mais implacables valant excommunication et exécution de "l'ogre Corse" ainsi que l'appelaient les Anglais.

Je ne suis pas certain qu'on fera rêver les enfants avec la vie édifiante de Ho Chi Min ou celle de Lula!

* 24/03/2021

 

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30 mars 2021 2 30 /03 /mars /2021 07:00

Alors que je râlais sur la faiblesse de mes émoluements et la rareté des augmentations mon ami Gérard me suggéra de passer de la Production à la Direction Commerciale de mon entreprise en m'expliquant que la fonction permettait, avec un peu de travail et du bon sens (sic), de gagner beaucoup plus qu'un salarié administratif.

La suggestion était bonne et ma demande fut étudiée avec intérêt, ce qui ne manqua pas de m'étonner. La DRH se montra favorable à cette "promotion" d'un genre inédit parce qu'elle permettrait à d'autres consultants de franchir le pas. "Vendre le service sera plus aisé pour vous qui l'avez en quelque sorte façonné pendant des années". Dans cette société de Conseil le turn-over était faible et les possibilité d'évolution de carrière limitées. Ma demande en offrait une nouvelle.

Je fus donc accueilli à la "D.C" quelques temps après. Chapitré ("ne me faites pas le coup de ne pas réussir, il n'y a pas de filet et nous ne pourrions vous réintégrer à votre précédent poste"), gonflé à bloc et curieux de voir de près ces commerciaux sur qui courraient pas mal de ragots j'arrivais à la Direction des ventes Paris. Je fus bien accueilli par mes nouveaux collègues et pas accueilli du tout par la responsable qui ne voulait pas de moi car elle ne m'avait pas choisi et aussi parce que le tam-tam interne avait dû faire un portrait peu flatteur de moi.

Cette dame avait un caractère qu'on retrouve surtout dans le monde du travail: cassante, glaciale, critique, impatiente et impitoyable. Ses "accompagnements" étaient des supplices car elle débriefait longuement les entretiens dans la voiture et ne trouvait jamais rien de positif à dire. Elle terminait toutes ses phrases ou presque par "c'est clair". J'étais clairement nul à ses yeux et la période d'essai risquait d'être douloureuse et de finir brutalement.

Je me souviens d'une fois, près de la Bastille, chez un grand architecte Français  je fus subitement pris par des symptômes inconnus: je suais à grosses gouttes, j'étouffais, je ne trouvais plus mes mots et les deux humanoïdes présents me laissaient me noyer. Ce moment très difficile s'éternisa et une colère monta en moi qui éclata peu après quand je fus seule avec cette directrice incapable.

Sans qu'il n'y ait de rapport elle fut mutée ailleurs peu après et je réussis à rester à dans cette entreprise en tant que commercial à Paris d'abord puis dans le Sud-Ouest.

Gérard avait raison et ma première feuille de paie fut une divine surprise (qui se renouvela  souvent). Il y eut des hauts et des bas mais son conseil fut un de ceux que j'ai bien fait de suivre.

 

 

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29 mars 2021 1 29 /03 /mars /2021 07:00

"Les mains dans le pot de confiture, il nierait encore" disait (de moi) ma mère lorsque j'étais enfant. Il faut dire que je mentais facilement et que la vraisemblance n'était pas la qualité première de mes justifications.
Mais j'ai trouvé mes maîtres! de Poivre (dit "d'arvor") que tout le monde s'accorde à trouver un brin obsédé par le sexe et qu'une dizaine de femmes désignent comme un "harceleur" et un homme qui menaçait de ruiner leur carrière celles qui ne considéraient pas comme un honneur d'être conviées à passer à l'horizontal avec lui au Président Trump qui a porté à ébullition le mensonge pour tout et pour rien en passant par Cahuzac et Sarkozy qui mentent effrontément avec un culot que je n'ai jamais eu; la place du plus grand menteur (on ne voit pas la parité dans ce domaine, les femmes semblent moins tentées de nier l'évidence) est âprement disputée.

Je reste sur mon sentiment que les chefs d’État, surtout ceux que nous avons élus!, sont des menteurs de concours. François Mitterrand ne craignait pas qu'on lui fasse remarquer ses "accommodements" avec la vérité et mentait avec un aplomb admirable.
Son successeur, Jacques Chirac, avait quant à lui porté le mensonge au rang d'un art. Les "guignols de l'info" l'avaient même transformé -sans que cela ne nuise à sa carrière- en "Supermenteur". Avec Sarkozy l'élève a dépassé le maître et ses 8 ou 9 implications dans des affaires en font un concurrent presque imbattable.

Il y a le mensonge utile, qui sert à se sortir d'un mauvais pas. Il y a le mensonge improvisé qui, presque toujours, vous emmène beaucoup plus loin que vous ne l'imaginiez, il y a le mensonge anodin, qu'on sert par jeu et qui peut avoir de funestes conséquences et il y a le mensonge préparé qui tourne à la catastrophe si l'on creuse vos propos.

Un grand menteur est un artiste. On sait qu'il prend des libertés avec la réalité, qu'il repeint la vérité à ses couleurs mais on l'admire de le faire et de ne pas se faire prendre.

Moi, le mensonge qui me fascine c'est celui de cet homme pris avec une autre femme dans une situation sans équivoque et qui dit: "ce n'est pas ce que tu crois" ou "je vais t'expliquer". Celui-là est fascinant et admirable. Niveau inatteignable!

 

 

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26 mars 2021 5 26 /03 /mars /2021 07:00

L'éviction sans fioritures du patron de Danone de son golden siège ne m'a pas fait de la peine. Pour parler crûment: "je m'en fous". Je ne tire aucune leçon de cette non-information qui a pourtant beaucoup fait parler.
Pourquoi aurais-je un point de vue sur un fait que je ne connais ni ne maîtrise? je suis, vous êtes, nous sommes perpétuellement tenu de prendre position sur des faits et évènements qui nous dépassent.

Le "mur des cons" du syndicat de la magistrature, les Césars, l'AstraZeneca, l'Islamogauchisme, l'inceste, le racisme sous-jacent dans des chansons de feue Annie Cordy, l'affaire Bygmalion, le bitcoin, la Monarchie britannique et j'en oublie ne m'intéressent pas vraiment. Or on semble me forcer à avoir une opinion sur chacun de ces sujets.

Comment faire comprendre à ceux-là qui veulent à tout prix m'influencer que je me fiche de Guy Savoy? je n'ai ni les moyens ni l'envie de dîner chez lui. Je me fiche également des outrances pathétiques du monde du spectacle dit "vivant" (c'est quoi le contraire, le spectacle mort?), des cambriolages de joueurs du PSG ou de la candidature présidentielle du député Lassalle.

Toute la journée, tout le temps nous sommes abreuvés d'informations qui encombrent nos mémoires et ne nous servent à rien. Sans hiérachie et sans utilité la plus récente anihile la précédente et nous sommes groggy d'avoir vu et entendu des choses sans intérêt aucun pour nous-mêmes. Le rappel de l'affaire Gabrielle Russier ici, la nudité d'une comédienne là. Oui. Et alors?

Nous finissons par être comme saoulés et ne plus faire attention au flot ininterrompu d'images, de sons, de concepts, d'informations et de remplissage au point de niveller tout et de mettre au même niveau la chanson "Cho Ka Kao" et Fukushima, l'assassinat après tortures d'un indépendantiste algérien par l'armée française pendant les "Evènements d'Algérie" et la mise en examen pour harcèlements de l'ancien présentateur du JT Poivre.

Si tout se vaut c'est que rien n'a de valeur. Ce brouhaha informatif a sans doute été pensé pour nous abrutir. Avec les meilleures intentions du monde, naturellement.

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25 mars 2021 4 25 /03 /mars /2021 07:00
un film dérangeant

J'ai regardé le film "Floride" à la télévision (France 3, jeudi 18/03/21) et n'ai absolument pas eu les mêmes pensées et appréciations que lors du premier visionnage au cinéma à la sortie du film.

Le film* m'a plu, à nouveau, mais pour d'autres raisons. Il m'a plus concerné et le jeu de Jean Rochefort également.

Comme toujours j'ai trouvé Sandrine Kiberlain juste et parfaite. Une actrice exceptionnelle. 

L'histoire, adaptée de la pièce de Florian Zeller "le père" tourne autour du personnage joué par Rochefort, un homme octogénaire qui est sans doute atteint de la maladie d'Alzheimer et en profite pour révolutionner la vie de ses proches sans qu'on sache s'il simule parfois. Retombant en enfance il se comporte en enfant gâté et dépasse les limites, rendant la vie de sa fille pénible. 

Celle-ci, qui a repris les rênes de l'entreprise qu'il a créée, lui cache la mort de sa fille (et donc sa soeur) il y a 9 ans dans un accident d'auto à Miami en Floride. Elle s'occupe de lui avec résignation et gentillesse. Avec patience surtout. Avec tendresse, toujours.

Rochefort, dont c'est le dernier film, donne beaucoup de lui-même et parvient à dérouler la pelote qui va du rire franc à l'inquiétude en passant par la perdition. Il joue en funambule sur la corde raide et parvient (presque) toujours à ne pas trop en faire. C'était un acteur talentueux qui ne fut pas complètement reconnu comme tel par ses pairs et c'est bien dommage. 

Je trouve que c'est une belle fin que quitter le cinéma sur un tel rôle. 

Autour et près de moi la maladie s'installe doucement et modifie le comportement de personnes qui deviennent étranges sinon étrangères. A cette aune l'histoire de "Floride" et les archétypes que jouent Kiberlain (la proche qui s'investit au point de renier sa propre existence) Rochefort (le malade qui sombre) et Laurent Lucas (l'incrédule bien intentionné au départ et qui perd patience pour devenir hostile) devient une réalité à laquelle comparer le film et, hélas, elle est proche de la réalité.

Très proche. 

 

* "Floride" de Philippe le Guay (2015).

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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 07:00

Je sais que mon blog -je vous remercie de le lire- trahit sinon mon âge du moins ma génération et que mes avis, mes goûts et mes préoccupations ne sont pas précisément ceux des trentenaires et plus.

C'est un fait et je ne peux rien y changer. Et ce n'est pas le post d'aujourd'hui qui va rajeunir "les bonnes feuilles".

Je souhaite vous parler du portrait de Nina Simone que j'ai regardé en replay sur Arte et qui m'a secoué. Quelle femme! quelle personnalité! quelle chanteuse! quelle pianiste! Je ne connaissais Nina Simone (1933-2003) que par "My baby just care for me" un titre "classique" souvent diffusé et par sa reprise de "Isn't it a pity" de George Harrison, sa version étant quasiment supérieure à l'originale pourtant superbe.

Elle mérite un approfondissement car elle vaut infiniment plus que cette connaissance superficielle. Nina Simone, nom d'artiste, a eu une vie tumultueuse que la question raciale a parasitée et compliquée. Son talent initial de pianiste classique a été contrarié par le fait qu'elle était noire. Sa couleur de peau l'ayant empêchée d'embrasser la carrière qu'elle méritait et dont elle rêvait.

Elle est devenue chanteuse de jazz, de blues, de gospel, auteur-compositeur de ses titres qui, parfois, annonçaient le slam voire le rap. Elle est aussi connue (et reconnue) pour son intense implication dans le mouvement de revendication des "Droits civiques" des années soixante et aussi pour la radicalité de ses positions. C'était une combattante qui pouvait choquer par l'âpreté de ses prises de paroles et par son jusque boutisme. Bien que proche de Martin Luther King Jr elle n'était pas pour le combat non-violent et prônait la lutte armée voire la mort des blancs ennemis.

... ce combat qui la tenaillait tout entière a évidemment eu des répercussions négatives sur sa carrière de chanteuse. Trop révoltée, trop "à vif" Nina Simone voit sa carrière internationale sombrer et sa vie privée également. 

Son mari et agent artistique avait la "main leste" (euphémisme pour dire qu'il la battait) et, s'il s'occupait bien d'elle professionnellement (du moins avant sa radicalisation), ne lui apportait pas la sécurité, le réconfort et le repos dont elle avait grand besoin.

Autre aspect de sa personnalité qui ne l'a pas aidée: son impatience vis-à-vis de son propre public. Un extrait de concert la montre s'interrompre et enjoindre une spectatrice de s'asseoir et se taire. Elle ne supporte qu'avec peine les applaudissements trop fournis et les manifestations positives du public, Parfois on dirait presque qu'elle a sabordé consciemment sa carrière. 

On le voit: un don incompréhensiblement inexploité (celui de pianiste classique), un caractère "difficile", des positions politiques radicales et un public "ségrégué" ont mis à mal une carrière qui reste superbe malgré cela.

On sentait, tout au long du portrait, une présence encore tenace et sa fille disait les mots justes pour comprendre ce destin étonnant.

 

 

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