La chaîne Histoire, qui fête ses 20 ans d'existence est, selon moi, l'une des chaînes thématiques françaises les plus palpitantes.
Pour peu qu'on ait la curiosité de s'intéresser à elle ses programmes variés mais toujours passionnants vous le rendent bien en vous apprenant des pans entiers de l'Histoire.
Histoire de France (sa protégée), histoire des civilisations, des pays, des régimes politiques, des idées, des hommes et des guerres ; rien de ce qui concerne l'homme à l'échelle du temps n'est négligé.
Les documents diffusés sont presque toujours d'excellente qualité et l'on ressort de sa visualisation plus fort et avec l'envie d'approfondir les sujets abordés.
Jeudi 21 décembre la soirée sur Histoire était consacrée à "Louis XVI, l'homme qui ne voulait pas être roi".
Ce titre à la Kipling était un clin d'oeil et toute la soirée était d'une très haute tenue morale et historique. Le film illustrant le règne était une splendeur (avec un très vieux Jean-Claude Drouot en Malesherbes) magnifiquement interprété. L'acteur qui interprétait Louis XVI était l'un des plus justes, historiquement parlant, jamais vu. Loin du personnage falot que la légende a crée mais mal préparé à son rôle et encombré de lui-même. Une réinvention.
Naturellement les décors versaillais, les costumes, les personnages et les textes transportaient le spectateur à des années lumières d'Hanouna et Bourdin et de la sotte médiocrité de notre époque qui se croit "civilisée" quand elle n'est que décadente.
A l'issue de la diffusion du film une évocation de la vie de la reine Marie-Antoinette, certes plus anecdotique, était cependant intéressante par la course à l'abime que les pamphlets et dessins pornographiques préparaient. La légèreté de la Reine en fit sa propre victime mais le processus de haine et de démolition de l'image du "prince" qu'on a vu avec Sarkozy et Hollande (et qu'on aperçoit ici ou là avec Macron) est toujours virulent chez un peuple qui adore haïr ceux qu'il a élevés.
Le procès de la reine montre jusqu'où l'abjection peut être portée lorsque la fureur populaire est encouragée au lieu d'être canalisée. Toute cette boue, toutes ces horreurs, toutes ces violences et en fin de compte cette incapacité à appréhender une marche normale de l'Histoire restent dans les gênes de ce pays et ne demandent qu'à sortir de leur boîte.
J'ai toujours eu un recul devant l'Histoire de la Révolution Française. Non que je regrette l'Ancien Régime mais trop d'épisodes sordides entachent son histoire. Des personnages comme Marat, Robespierre, Fouquier-Tinville, Mirabeau même, Carrier, le général Tureau, des moments comme la terreur, les massacres de septembre, la foule qui envahit Versailles et massacre les gardes Suisses m'empêchent d'y adhérer.
Loin de la voir comme le "bloc" cher à Clémenceau j'y vois un glissement vers du mieux avec des scories affreuses et beaucoup de barbarie.
Ni plus ni moins que la matrice des grands totalitarismes du XXème siècle.


/image%2F1564652%2F20171213%2Fob_876ff7_cimetic3a8re-capucin-santa-maria-della.jpg)
/image%2F1564652%2F20171213%2Fob_91bd52_1-001.jpg)
/image%2F1564652%2F20171213%2Fob_f85f8a_2-001.jpg)

