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26 décembre 2017 2 26 /12 /décembre /2017 07:00

La chaîne Histoire, qui fête ses 20 ans d'existence est, selon moi, l'une des chaînes thématiques françaises les plus palpitantes.
Pour peu qu'on ait la curiosité de s'intéresser à elle ses programmes variés mais toujours passionnants vous le rendent bien en vous apprenant des pans entiers de l'Histoire.
Histoire de France (sa protégée), histoire des civilisations, des pays, des régimes politiques, des idées, des hommes et des guerres ; rien de ce qui concerne l'homme à l'échelle du temps n'est négligé.
Les documents diffusés sont presque toujours d'excellente qualité et l'on ressort de sa visualisation plus fort et avec l'envie d'approfondir les sujets abordés.
Jeudi 21 décembre la soirée sur Histoire était consacrée à "Louis XVI, l'homme qui ne voulait pas être roi".
Ce titre à la Kipling était un clin d'oeil et toute la soirée était d'une très haute tenue morale et historique. Le film illustrant le règne était une splendeur (avec un très vieux Jean-Claude Drouot en Malesherbes) magnifiquement interprété. L'acteur qui interprétait Louis XVI était l'un des plus justes, historiquement parlant, jamais vu. Loin du personnage falot que la légende a crée mais mal préparé à son rôle et encombré de lui-même. Une réinvention.
Naturellement les décors versaillais, les costumes, les personnages et les textes transportaient le spectateur à des années lumières d'Hanouna et Bourdin et de la sotte médiocrité de notre époque qui se croit "civilisée" quand elle n'est que décadente.

A l'issue de la diffusion du film une évocation de la vie de la reine Marie-Antoinette, certes plus anecdotique, était cependant intéressante par la course à l'abime que les pamphlets et dessins pornographiques préparaient. La légèreté de la Reine en fit sa propre victime mais le processus de haine et de démolition de l'image du "prince" qu'on a vu avec Sarkozy et Hollande (et qu'on aperçoit ici ou là avec Macron) est toujours virulent chez un peuple qui adore haïr ceux qu'il a élevés.
Le procès de la reine montre jusqu'où l'abjection peut être portée lorsque la fureur populaire est encouragée au lieu d'être canalisée. Toute cette boue, toutes ces horreurs, toutes ces violences et en fin de compte cette incapacité à appréhender une marche normale de l'Histoire restent dans les gênes de ce pays et ne demandent qu'à sortir de leur boîte.

J'ai toujours eu un recul devant l'Histoire de la Révolution Française. Non que je regrette l'Ancien Régime mais trop d'épisodes sordides entachent son histoire. Des personnages comme Marat, Robespierre, Fouquier-Tinville, Mirabeau même, Carrier, le général Tureau, des moments comme la terreur, les massacres de septembre, la foule qui envahit Versailles et massacre les gardes Suisses m'empêchent d'y adhérer.

Loin de la voir comme le "bloc" cher à Clémenceau j'y vois un glissement vers du mieux avec des scories affreuses et beaucoup de barbarie.

Ni plus ni moins que la matrice des grands totalitarismes du XXème siècle.

 

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22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 07:00

Depuis que j'ai découvert l'opéra je considère que c'est un art qui oscille entre le sublime et le ridicule. La plupart du temps la musique comme le talent et l'implication des interprètes nous conduit sur les hauteurs dans un vertigineux cheminement vers la beauté.
Parfois aussi les ingrédients ne lient pas et nous avons affaire à une basse-cuisine assez grotesque.

Le "Bel canto", les compositeurs italiens, la mythologie empesée... tout cela est parfois bien édifiant et lourd que seule la beauté des récitatifs sauve de l'ennui.

Maria Callas est la cantatrice par laquelle je suis entré par effraction dans ce monde codifié. J'ai de suite aimé l'étrange tessiture de sa voix et sa personnalité particulière. Je ne l'ai jamais vue sur scène et le regrette.

Le film de Tom Volf Maria by Callas que je suis allé voir donne une belle image de ce qu'a été la vie, le métier, l'époque et l'art de la plus célèbre cantatrice d'après-guerre.

D'abord et à ma surprise je l'ai trouvée belle. Un physique étrange mais racé un regard froid mais intelligent. Une femme et une artiste frissonnante et vraie. Très sophistiquée mais très sincère aussi, connaissant ses limites ("je ne suis pas cultivée, mon art ne me l'a pas permis"), une femme inquiète et perfectionniste qui fut traquée par les médias mais idolâtrée par "son" public. A ce titre on peut parler de "Diva".

Le film donne un portrait sépia d'une femme d'un passé déjà lointain (les voitures, les habits, les coiffures, les appareils photos l'indiquent) qui avait du mal à concilier sa vie professionnelle et privée et ses aspirations profondes (ne pas être une star mais une femme aimée avec famille).  On sent déjà le fossé entre les médias de masse et l'exigence artistique qui s'élargira encore jusqu'à aujourd'hui.

Peu comprenaient toute l'âme que Maria Callas mettait dans ses interprétations et qui l'épuisait. Le documentaire montre aussi, à son corps défendant, l'élitisme de cette musique, de son public et de ses exégètes. Mondanités et têtes couronnées remplissent des salles ruisselantes de bijoux et de lumières...

Finalement Maria Callas semble assez abordable et les quelques pas de danse qu'elle exécute en clin d'oeil à Palm beach, à la fin de sa courte vie (53 ans) pour un photographe donne d'elle une image moins figée que celle de sa légende.

 

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21 décembre 2017 4 21 /12 /décembre /2017 07:00

J'ai assisté, à la chorale, à une intéressante représentation de théâtre social qui m'a amusé et conforté: les adultes ne sont pas sérieux.

Je suis dans cette association pour la 3ème année consécutive et n'ai pas eu à m'en plaindre, du moins jusqu'ici. Il se trouve que notre chef de choeur, un homme talentueux et compétent est aussi doté d'un caractère impétueux et dominateur.
Ce trait de caractère s'est accentué depuis quelques mois et va croissant conjointement aux manques de progrès qu'il dit observer chez le groupe.

En conséquence son côté "tyrannique" se donne libre cours plus souvent et donne droit à des scènes parfois gênantes: il jette ses partitions, joue du piano en se réfugiant dans sa bulle et il accepte de moins en moins en moins la contrariété.

Une choriste qui osait lui rappeler que nous étions des amateurs guidés avant tout par une activité devant apporter du plaisir s'est faite jeter sans ménagement.
Ce fut si violent et si bref que personne, moi compris, ne lui vint en aide. Elle a annoncé quitter la chorale depuis.

Après cet épisode cruel il y avait eu un certain flottement dans les répétitions. Des absences et des remises en cause. Discrètes.

Les mails se sont échangés. La plupart soutenant le chef de choeur et lui accordant l'autorité et le savoir, le savoir et donc l'autorité. Certaines se sont dévoilées à cette occasion comme des soutiens indéfectibles de l'autorité morale au point que j'ai compris comment fonctionnaient des dictatures: avec des personnes qui les soutiennent sans réserve contre un peu de reconnaissance.

Certains mails étaient "poisseux" dans leur soutien et le schisme entre celles et ceux qui voulaient un peu de respiration dans les répétitions et les autres qui ne voulaient aucun changement éclatait au grand jour.

Le lundi de la répétition suivante, en grand tacticien mais aussi en habile manipulateur, le chef de choeur fit en sorte que la choriste partie fut responsable de tout, se montra à la fois plein de promesses et magnanime, câlina les vieilles filles de sa garde rapprochée tout en ne grondant pas ceux qui s'étaient rebellés et il obtint un soutien total du groupe sur les visages desquels revinrent les sourires. Il avait gagné!  Une campagne militaire en 1H45 qui lui amena le groupe plus soumis et docile qu'avant la rébellion. Il n'avait rien accordé et encore moins annoncé qu'il serait moins exigeant. Au contraire!

Mais cet étalage de virilité dominatrice, de fausse contrition et ses explications d'évidence lui avaient permis de retrouver son empire.

Oubliés les griefs, oubliées les revendications. Il faisait à nouveau ce qu'il voulait et on lui rendait grâce. De la belle ouvrage.

 

 

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20 décembre 2017 3 20 /12 /décembre /2017 07:00
Ferry à Bâle

Ferry à Bâle

Par égard à la mémoire de Marie-Eve qui l'aimait beaucoup je vais rester sobre dans la critique du concert "Baloise Sessions" qu'a donné Bryan Ferry et qu'Arte a diffusé le 15 décembre à 5H du matin (et que j'ai regardé, insomnies obligent).

Sur Bryan Ferry il n'y a rien à ajouter à ce qui est dit depuis 40 ans: c'est un dandy, britannique jusqu'à la coiffure (complète mais savamment désorganisée) qui croone des titres élégants et classieux qui se ressemblent tous un peu.
Comme notre homme a dépassé les 70 ans il ne danse pas ou plus mais réussit à bouger un peu: une main ici, un genou là. Parfois il pousse l'audace gesticulatoire jusqu'à battre la mesure avec ses pieds.

Comme nombre de ses confrères de la même génération il s'est très assagi et son répertoire s'est calmé; interprétations sages et mesurées qu'il a la pudeur de qualifier d'interprétations "Jazz", c'est fou le nombre de vieux rockers aux hanches et autres articulations fatiguées qui découvrent le Jazz à leur déclin...

Bryan Ferry fait plus British que jamais. habillé comme un Lord (légèrement) décadent son seul vrai jeu de scène consiste à se changer et chanter dans des tenues de grands faiseurs.

On a eu droit à des versions agréables et sans aspérités de ses plus grands succès ("Avalon", "More than This", "Jealous Guy") qu'il interprétait devant un public assis à table, public friqué et plutôt BCBG. On avait du mal à reconnaître le Ferry de Roxy Music et le public des concerts du passé.

Accompagné par une formation étonnante mais professionnelle et sympathique (choristes noir(e)s très talentueu-x-ses, batteur de sexe féminin noire également qui se donnait à fond, saxo-trompettiste-claviériste magnifique et douée, guitaristes assurant et jeu de lumières dans la norme Bryan Ferry allait jusqu'à siffler et même jouer de l'harmonica.

 

Un concert sage de chez sage qui montrait que ces vieilles gloires se donnent beaucoup de mal pour rester "bankables" et dont le déclin doit être difficile à vivre.

Le Bryan Ferry des folles années aurait ri de sa copie avec 40 ans de plus. Jaune, mais ri.

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19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 07:00

Les animaux qu'on conduit à la mort, dans les abattoirs, se rendent au poste où on les tue sans se rebeller. La plupart d'entre eux, veaux, vaches, boeufs, taureaux, cochons, porcelets, agneaux, moutons, brebis, chevaux, lapins, canards, poulets, poules, dindes, pintades passent de vie à trépas sans poser de problème particulier et en si grand nombre que les "tueurs" ne leur accordent ni regard ni pensée.

Parfois la mécanique s'enraye et un mort en sursis s'échappe, gueule, ne se laisse pas faire et introduit un cailloux dans la mécanique bien huilée du massacre quotidien. Un tueur d'abattoir "repenti" de l'association L214 a dit que celui-là est désigné comme l'empêcheur de tourner en rond sur lequel on s'acharne et dont les derniers moments sont encore pires que ceux de ses congénères dociles.

Notre façon "libérale" de traiter les personnes âgées pourrait presque s'apparenter à ce qui se passe dans les abattoirs: la productivité et la recherche des profits immédiats oblige le personnel des maisons de retraite, publique OU privées, à des actions qui s'apparentent à des mauvais traitements sur personnes dépendantes. Toilettes bâclées en 3 ou 4 minutes, nourriture exécrable, abandon des heures durant devant la télévision, infantilisation et même châtiments corporels ou menaces.

L'excellent journaliste de France Inter Frédéric Pommier, tout frémissant d'indignation, a décrit ce que sa grand-mère de 95 ans lui a raconté sur les conditions de vie dans un EPHAD.

Nous savons tous, oui tous, ce qui se passe derrière ces murs et ne disons rien parce que la "loi du marché" s'applique ici aussi, comme dans les cliniques ou les...abattoirs. Recherche permanente du profit maximum, déshumanisation et caporalisme, salaires pitoyables et conditions de travail dégradées (pas assez de personnel, pas assez de moyens).

Pommier disait que la vieille dame qui s'exprimait bien et avait toute sa tête était maltraitée à cause de cela même.

Donner des leçons derrière son écran est facile (je le fais depuis 8 ans!!!) mais agir serait beaucoup mieux.

Nous sommes allés voir un vieil ami de ma belle-famille âgé de 92 ans dans un château avec grand jardin dans la région d'Angers. Pas de maltraitance mais une indifférence totale des "bonnes soeurs" qui gèrent malades, pensionnaires, personnels, immobilier et mobilier comme de bons soldats du capitalisme. A la hussarde et sans états d'âme. Un comble! Elles ne font pas grâce d'un timbre et tout ce qui bouscule leurs habitudes est malvenu. Elles disaient oui pour organiser le vote des vieux pensionnaires aux Elections du printemps, affichaient les meilleures intentions sur les panneaux d'affichage mais "in fine" ne faisaient rien du tout et n'ont pas utilisé les procurations.

A t'on idée de vouloir voter quand on a dépassé les 8 décennies?

 

 

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18 décembre 2017 1 18 /12 /décembre /2017 08:00
Chapelle des Capuçins (Rome), invitation par flyer "Ci-je gis"Chapelle des Capuçins (Rome), invitation par flyer "Ci-je gis"Chapelle des Capuçins (Rome), invitation par flyer "Ci-je gis"

Chapelle des Capuçins (Rome), invitation par flyer "Ci-je gis"

Je suis allé voir une drôle d'exposition "officielle" au Couvent des Jacobins à Toulouse. Vous le savez, depuis longtemps on ne dit plus "exposition" qui est un terme suranné à bannir mais "installation" qui est plus branché et correspond mieux à l'époque.
Notez que "déballage" conviendrait tout aussi bien.

Non que c'était mal ou inintéressant. Si, comme de nombreux visiteurs j'y suis allé c'est que j'étais attiré par ce que j'en avais lu ou entendu et l'idée que je m'en faisais.

Quelle était-elle cette idée? elle venait des photos des morts civils et militaires de la Commune de Paris (1871) que j'ai vues il y a très longtemps et qui m'ont beaucoup marqué: la mort y était inscrite sans fioritures et dans sa froide évidence. Les visages étaient d'ailleurs et les positions étranges. S'y ajoutait des représentations de la "chapelle des capucins" à Rome dont j'ai reçu un jour une carte postale très impressionnante avec ce commentaire: "fais attention Bertrand ou tu ressembleras à ces messieurs". C'était un message gentil venant d'une personne que j'aime mais ça a laissé une trace en moi d'intérêt pour cette crypte que je n'ai pas encore visitée. Catacombes, ossuaires et tombeaux royaux m'ont toujours attirés.

J'ajoute qu'au moment où j'ai décidé d'aller voir l'installation "Ci je Gis" ma fille m'a parlé d'une de ses connaissances, une jeune femme, dont le métier est thanatopractrice en soulignant que cette personne la choquait par la verdeur de son langage et le côté cru de sa conversation (qu'on peut comprendre...)

Bref j'étais en condition pour aller dans ce sublime écrin urbain qu'est le Couvent des Jacobins. Première surprise: le réfectoire où se tenait l'exposition était plongé dans un noir presque complet. Des boîtes en bois de taille humaine (rappelant un cercueil mais sans la forme caractéristique) étaient disposées dans toute la salle, à plat, debout contre un mur ou empilés. Un dispositif réfléchissant la lumière collé sur les parois extérieures en indiquait l'emplacement.
La lumière venait d'une lampe frontale qu'on nous remettait à l'entrée.
Dans les boîtes, entièrement noires, il y avait des photos d'hommes et de femmes (Toulousains contemporains) simulant la mort, habillés d'oripeaux d'un autre temps, souvent pieds nus et maquillés pour rappeler cet état définitif de celui qui ne respire plus. Position des mains, ouverture des yeux ou de la bouche tout ressemblait à la mort tout en étant (heureusement) un simulacre. Dans la salle, des tentes noires remplies de matériel audio, diffusaient en continu des bribes de phrases étranges qui ajoutaient à l'atmosphère macabre.

Je n'ai pas eu à réfléchir si je voulais me faire photographier dans cet équipage puisque c'était un jour sans. L'aurais-je fait? je crois que oui car je suis (un peu) exhibitionniste...

Je me suis lassé, assez vite, de ces photos qui se ressemblaient beaucoup et n'ai pas réussi à en comprendre l'intérêt. Une fausse-bonne idée sur un thème malsain ou une juste improvisation sur un questionnement profond? je ne saurais le dire.

 

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15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 07:00
interview Corinne Mariotto in "Ramdam"nov-dec 2017

interview Corinne Mariotto in "Ramdam"nov-dec 2017

Comme disait à peu près Pierre Desproges: "Marguerite Duras n'a pas dit et écrit que des conneries, elle en a aussi filmées."
Cette écrivaine (le féminin est obligatoire!) très largement surestimée est à la littérature ce que Lacan est à la psychanalyse: l'escroquerie de trop.

Cependant la vieille dame pas digne continue à inspirer des fans transis et le théâtre du Pavé, à Toulouse a programmé en novembre une adaptation sur scène de pensées et... de recettes de cuisine. De nos jours on publie tout d'une célébrité, de sa liste de courses à sa déclaration d'impôts, tout cela "faisant sens" ou "éclairant d'un jour nouveau une oeuvre passionnante" sic et re-sic).

La vieille pie à cols roulés qui voyaient des infanticides dans son sommeil et parlait "résistance" avec Mitterrand au réveil a donc été "adaptée" format théâtre pour que nous ne perdons rien de sa sublime pensée. Plus exactement c'est son indispensable ouvrage "La cuisine de Marguerite", présentée comme un patchwork de recettes, d'extraits d'interviews et de romans qui l'a été par une certaine Corinne Mariotto.

La tragédienne inspirée et exigeante donne des clés à propos du spectacle:

"J'ai une grand familiarité avec Duras. Ces "carnets de cuisine" me touchent particulièrement parce qu'ils évoquent des questions qui sont communes à la vie quotidienne de beaucoup de femmes. (...) parce que la suite pourrait vous faire douter j'ai joint le fac-similé de la suite de l'interview. Notre comédienne "concernée par la problématique des femmes" poursuit:

"Tout de suite j'ai voulu faire entrer les spectateurs dans ma cuisine. et préparer durant le spectacle une soupe aux poireaux, c'est un plat qui purifie le corps, qui fait du bien.Une soupe qu'on partagerait ensuite. J'ai eu envie de les nourrir, d'être avec eux, de partager. "

Voilà un spectacle à peine caricatural de ce qu'est devenu la "culture" en ce début du vingt et unième siècle. Fini Eschyle ou Ionesco. cuculterie et soupe aux poireaux feront l'affaire!

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14 décembre 2017 4 14 /12 /décembre /2017 07:00

Je sors d'une salle de cinéma où j'ai regardé le film documentaire d'Eric Caravaca "Carré 35". C'est un film qui m'a profondément bouleversé sans que je sache exactement pourquoi.

Je sais ce que j'y ai aimé: le ton, la sincérité, l'intelligence, l'économie de moyens, le propos, la façon dont le commentaire réussit à ne pas être "lourd", la manière dont les choses sont dites, l'image, les documents d'archives utilisés, et la construction générale du film.

J'ai beaucoup aimé aussi les images de l'abattoir marocain désaffecté, les photos et films familiaux, la douceur des interviews, les images volées du père mort, l'enquête. Beaucoup encore qu'on ne se perde pas en analyses psychanalytiques ou psychologiques, qu'on dise les choses telles qu'elles sont (ou qu'elles étaient) et qu'on ne faiblisse pas en interrogeant des personnes fragilisées. J'ai été touché par la mère du réalisateur qui ne peut qu'avec mille difficultés reconnaître (sans les formaliser entièrement par la parole) les réactions qu'elles a eues dans le passé et la beauté fanée mais réelle de cette femme.

C'est une sorte d'ingérence dans le passé d'une famille mais nous y sommes invités par un homme extrêmement discret qui a été bouleversé d'apprendre le passé caché de sa famille et nous en restitue l'histoire telle qu'elle s'est imposée à lui et telle qu'il l'a vécue.

Eric Caravaca m'avait convaincu en comédien dans "La chambre des officiers" de François Dupeyron (à qui il a dédié "carré 35") et aussi dans "Son frère" de Patrice Chéreau. On le voit ce n'est pas un comique façonné par Canal + ou le cinéma -pop corn.

Son film est passionnant et ce qu'il dit et montre, rapidement, du départ des Français du Maroc et de l'Algérie souligne la profondeur de sa pensée.

A mille lieux des conneries dont on remplit nos malheureux cerveaux à longueur de journées.

 

 

 

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 07:00
Johnny et son ami Balkany avec le maire de Neuilly

Johnny et son ami Balkany avec le maire de Neuilly

Je me suis  posé la question de savoir si j'étais sincère ou si "j'en rajoutais" en détestant tout ce qui est trop Français de France, de Clo-Clo à Benzema en passant par Drucker, d'Ormesson, Lelouch et Hanouna.
J'arrive à la conclusion que je ne supporte vraiment pas celles et ceux qui représentent trop les travers de notre pays, ceux qui sont par trop hexagonaux, trop "franchouillards".

Il y a certes un monde entre feu Johnny et feu jean d'Ormesson mais, chacun à sa manière était le symbole de ce petit pays qui s'est toujours poussé du col pour paraître supérieur à ce qu'il est: une république corrompue, peuplée d'élites auto-reproduites dans laquelle les privilèges n'ont jamais été abolis et qui oscille en permanence entre l'élitisme prétentieux et la beauferie indigeste. Un pays qui se voile la face pour ne pas voir ses travers et qui ne les corrige jamais.

Si je n'avais rien pour je n'avais rien contre le chanteur défunt mais je n'ai pu empêcher la colère de m'envahir devant tant de ridicule emphatique. Les discours de Philippe Labro et Patrick Bruel, les gesticulations de Claude Lelouch, l'unanimité du monde de la variétoche et celui de la politique et même ceux des médias et des intellectuels. Deux ex-présidents et un président en exercice présents pour les obsèques d'un type qui était incapable de faire deux phrases justes d'affilée, qui chantait des niaiseries écrites par d'autres et qui surfaient sur la crête du grotesque... pour ne rien dire des manifestations d'amour de son public.

Aucun pays au monde ne se serait ainsi abaissé pour un chanteur à la longévité certes remarquable mais à l'oeuvre discutable.

Nous, français, sommes passés à côté de presque toutes les vraies personnalités et courants musicaux mondiaux faisant un triomphe à la soupe la plus navrante (Boney M, Patrick Hernandez, les Rubettes, Village People, Les Bee Gees...........................................) disputant au Japon la palme de la ringardise. Chuck Berry, à qui le rock n'roll doit tant est un quasi-inconnu ici. Sa mort récente est passée inaperçue. 

Alors ça y est, Johnny est enterré à St Barth'? (Brel c'est aux îles Marquises et Brassens au cimetière marin de Sète, on voit le contraste à des détails comme ceux-là) tant mieux. tant pis. vivement qu'on passe à autre chose!

 

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12 décembre 2017 2 12 /12 /décembre /2017 07:00
Ca peut ou ça pourrait servir

Ne comprenant rien spontanément aux spécificités chiantes des ordinateurs et tablettes Apple j'ai vite abandonné mon I-Pad de cette marque à quelqu'un qui en tire quelques chose.
Les I-tunes et autres sournoiseries, très peu pour moi.
J'ai acheté une tablette d'occasion à Montréal mais hélas elle est très lente. Extrêmement lente. Il faut ne faire qu'une chose à la fois sinon elle se bloque.
Je vais la quitter pour incompatibilité d'humeur. Plus qu'un sursis elle vit son préavis de départ.

Batteries, disques durs, câbles d'alimentation, chargeurs, fils, prises, oreillettes etc. m'envahissent et remplissent des sacs, des tiroirs, des cartons et des placards. Chaque marque et chaque modèle possède, pour des raisons commerciales, des standards propres. Les téléphones de marque Apple ont une prise spécifique qui a changé avec les modèles entre le 1 et le 10. Ce qui était valable sur le 1 à 4 ne l'est plus sur les autres.
Chaque appareil photo a son chargeur qui ne fonctionne qu'avec lui: Et puis il y a les disques durs externes qu'on grave, il y a les clés USB, les souris avec ou sans fil, les anciennes caméras externes, les I-pods, les lecteurs de MP3 et plein d'autres outils désuets et inutiles.

Et, naturellement, quand on égare un câble ou que celui qu'on utilise est déficient on cherche dans ce magma enchevêtré si l'un des fils ne pourrait pas faire l'affaire. Non! aucun!! parfois c'est presque ça mais ça ne marche pas.

A chaque fois que je m'attaque au rangement et au tri de ce magma arachnéen je renonce par peur de jeter juste le fil dont j'aurais besoin.

Et je colonise d'autres espaces de rangement. Avec des fils noirs ou blancs car question couleurs c'est limité!

 

 

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