La SNCF je l'ai déjà écrit, fait ce qu'elle peut pour s'adapter à l'époque. Elle essaie de conjuguer le service public à l'ancienne en desservant des villes perdues et la modernité en reliant vite des métropoles. Elle lutte contre le vandalisme, les tags (les abords des voies ferrées sont recherchés par les "artistes urbains"), la fraude, le vieillissement de ses machines et voitures, la concurrence, la direction de Pepy et j'en oublie.
Mais elle reste une entreprise vieillotte et un peu ringarde. Il suffit de regarder une contrôleuse grandes-lignes pour s'en convaincre. Avec le fou-rire mais tout de même.
La casquette posée sur les oreilles écartées la dame en sait moins sur les retards, les correspondances, les tarifs et les réductions qu'un voyageur normalement doté d'un smartphone.
Passons.
La vieille société du rail a des réflexes archaïques et ridicules dès que l'inédit s'invite. Mercredi 15 novembre le TGV Toulouse-Paris Montparnasse a ainsi pris une heure et demie de retard.
Un "colis suspect", selon sa terminologie, plongeant la SNCF dans l'apoplexie. On a fait descendre tous les passagers de deux trains (quai 4 et 5 de Bordeaux-St Jean) en les priant de laisser leurs bagages dans le train, on les a envoyés dans un tunnel glacé et venteux pendant 80 longues minutes le temps que les artificiers de la police fasse sauter l'objet.
Une simple valise contenant des effets personnels qu'on a assimilée à un engin explosif par paranoïa collective et besoin de faire du zèle.
Il fallait entendre les discours des agents de la gare et les annonces des haut-parleurs pour le croire: On nous jouait la passe de Khyber grandeur nature, avec évanouissement d'une passagère ("on demande une infirmière ou un médecin, je répète on demande...") et regards hagards du personnel de la compagnie ferroviaire surjouant le surmenage professionnel et la responsabilité.
Tout ce bordel, j'assume le mot, pour une valisette contenant 2 chemises et le dernier Guillaume Musso.
Hé, les blaireaux de la SNCF vous allez arrêter de vous rejouer "la bataille du Rail"? on en en 2017, pas en 1945!! Je persiste à croire qu'il faut rester calmes et que ce genre de réaction outrée légitime les attentats aux yeux de leurs mandants.
PS: si tous les passagers, comme la loi le leur permet et comme le règlement de la SNCF le prévoit, demandent à être indemnisés pour plus de 30' de retard le train 8502 coûtera plus cher à la compagnie que ce qu'il a rapporté!

