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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 07:00

J'avais un préjugé plutôt favorable concernant Elise Lucet et sa manière plutôt rentre-dedans de faire du journalisme d'investigation.
Naturellement j'émettais des réserves sur ses modes opératoires (caméra cachée, harcèlement...) et sur ses "cibles" trop évidentes.
Mais quand même.. Dans ce monde si lisse des médias elle apportait, me semblait-il, un peu de cette fraîcheur dont on a tant besoin.
L'assemblée nationale a été profondément renouvelée, le Président de la République n'a pas 40 ans, la droite est dans les choux et le PS est laminé, exsangue.

Dans le petit monde des médias rien n'a changé: Ruquier ricanera une année encore, Ardisson posera des questions faussement dérangeantes à ses amis tandis que toutes les têtes à claques du paysage audiovisuel Français ronronneront de concert du dimanche au samedi et dans tous les supports.

Qu'à cela ne tienne, nous ne sommes pas obligés de les écouter ni de les regarder, pas plus de les lire.
Elise Lucet, donc, dans un "Envoyé Spécial" (7/09/17) consacré aux modes de gestion des hôpitaux a, selon moi, montré ses limites. Que nous soyons choqués par l'exigence de rentabilité d'un hôpital n'a rien de surprenant et elle nous donnait matière à l'être plus encore mais ces interviews "descente de flics", ces caméras insistantes, ces commentaires lourdingues et qui nous prennent pour des demeurés.... sont-ils nécessaires ces effets?

Et le summum était atteint avec l'interview de Patrick Pelloux, l'éternel Patrick Pelloux  qui sort de sa boîte à ressort dès que l'on prononce le mot "hôpital". N'y a t'il, dans ce pays, que Patrick Peloux pour donner des avis définitifs sur la médecine, Charlie Hebdo, le personnel infirmier et l'humour en bandes dessinées?

Sans faire d'esprit Pelloux passe tellement de temps dans les radios ou sur les plateaux de télévision que je me demande quand il pratique son "beaumétierd'urgentiste".

Dès que je vois sa figure replète de chéri des médias je fulmine et m'éloigne de l'écran.

" 'nous prennent vraiment pour des cons" accompagne ma fuite!

 

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13 septembre 2017 3 13 /09 /septembre /2017 07:00
Toulouse 07/09/17

Toulouse 07/09/17

Il est un rite de rentrée que j'apprécie et dont je ne me lasse pas d'observer les manifestations. Tous les ans début septembre il signale la fin de l'été comme le lancer de pingouins indique l'hiver. C'est, vous l'aurez deviné, le bizutage des grandes et moyennes écoles.

Instauré jadis pour permettre une bonne intégration des nouveaux élèves dans des établissements renommés, par capillarité ce rite initiatique s'est aussi développé dans des écoles moins prestigieuses mais pas moins prétentieuses.

La première "école de commerce" autoproclamée venue a désormais ses bizutages qui lui confèrent une sorte d'onction professionnelle quand bien même ses diplômés seraient condamnés d'office au Pôle Emploi.

Il y a eu tellement de débordements qu'on assiste désormais à des clowneries dans lesquelles sont interdites les violences et les humiliations. Ce ne fut pas toujours le cas.

Les grandes épreuves classiques restent très focalisées sur l'ingestion de produits non conçus pour cet usage et la souillure corporelle par une gamme variée de liquides et nourritures repoussantes. Plâtre, purée, Coca-Cola  bananes écrasées se taillent la part du lion mais sont concurrencées par des défis idiots: embrasser les chaussures de la promo, faire le tour (ou plonger) du bassin du jardin public, courir en imitant des animaux disgracieux (et en imitant leur cri) et, indémodable, être vêtu sans élégance mais avec une indéniable recherche. 

Sac-poubelle ou fringues hideuses, chapeaux ridicules et chaussures éculées sont fortement conseillées.

Tout ceci est désormais "bon-enfant" et nul ne trouve à y redire d'autant plus que les étudiants et étudiantes sont jeunes et beaux, joyeux et épris de la vie, confiants dans l'avenir et pleins d'espoirs ce que les observateurs sont aussi, mais, reconnaissons-le, dans une moindre mesure.

 

 

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12 septembre 2017 2 12 /09 /septembre /2017 07:00

Daté du dimanche 27 et du lundi 28 août dernier le supplément "L'époque" du journal le Monde était titré "Bébé éprouvant" et sous-titré: "On a tous un ami, un parent qui ne parvient pas à faire d'enfant. Génération infertile? Rencontre avec ces couples qui ont tout tenté pour enfanter.

Illustré en couv' par une photo regroupant un vrai bébé au milieu de poupées encapuchonnées de rose (le message SVP). L'article lui-même, on s'en serait douté, est animé par des photos d'Anne Geddes (bébés-fleurs, bébé-fruits et bébés cactus) et par des exemples tous tirés de familles CSP+ (cadres très supérieurs) habitant Paris et décidant, devant l'infertilité de leur couple, d'aller vivre en province. 
Pour le Monde vivre en province est une rupture sauvage.

L'article est intéressant et donne des informations capitales. Sur le vieillissement, sur l'âge (tardif) des femmes au moment de la conception du premier enfant, sur la baisse de concentration des spermatozoïdes dans le sperme et les causes probables de cette baisse, sur l'AMP (assistance médicale à la procréation, à ne surtout pas confondre avec la diabolique GPA qui fait trembler la droite décomplexée de L.Wauquiez) et donne des statistiques étonnantes sur les évolutions observées en France dans ce domaine depuis une cinquantaine d'années.

Fidèle à lui-même le Monde se caricature par ses formules ridicules:  "Fini le petit coup debout dans la cuisine, on va faire l'amour allongés, comme des vieux" et "je me sentais inférieur. Et je ne voulais pas hypothéquer l'avenir de Véronique".

Tous comptes faits "Le Monde" est au journal quotidien ce que France Inter est à la radio: un brin caricatural, répétitif, agaçant et élitiste. mais, vue la concurrence, on y revient toujours!

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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 07:00

Je reviens sur le film "Shining" de Stanley Kubrick. Récemment, chez Joseph Gibert, J'ai feuilleté un livre qui est consacré à ce film et ai été ébouriffé par l'érudition de son auteur. Mais aussi stupéfait qu'après le film "Room 237" qui lui était déjà consacré on ait encore tant de choses à dire sur ce film.

On se souvient qu'il s'agit d'une adaptation d'un livre de Stephen King, un écrivain des plus prolixes qui s'est spécialisé dans les romans "fantastiques" et d'horreur. Un auteur de "best-Sellers" qui n'a jamais compris ni admis l'adaptation de Kubrick et la passion de ses spectateurs pour un film qui n'a que très peu à voir avec l'histoire un peu gnan-gnan qu'il avait imaginée. King tournera "sa" version de l'histoire pour la télévision, version qu'aucun spectateur du vrai "Shining" n'aurait le désir de regarder.

Kubrick a pris le livre comme point de départ et, avec une scénariste, Diane Johnson, l'a remanié considérablement pour en faire une oeuvre personnelle. Voire universelle. Il en a supprimé toutes les facilités et astuces enfantines (haies taillées en forme d'animaux et qui vivent etc.)

Abordant pour la première fois le cinéma d'horreur (difficile de trouver un autre nom) Kubrick y a intégré ce qui fait sa réputation d'intelligence et de très grand réalisateur de films.
En effet "Shining" contiendra des réflexions sur le couple, sur la paternité, sur les origines des Etats Unis, sur la violence, sur la famille, sur les traces que laissent les crimes dans les lieux où ils ont été commis, sur la folie, sur les rapports humains, sur le surnaturel, sur les craintes enfantines, sur la création littéraire et aussi sur les possibles forces maléfiques.

Ajoutons un sens inouï du dialogue, de la mise en scène, de la direction d'acteurs, de la maîtrise des images et du son et l'on a ce film étonnant qui n'est jamais le même à chaque visionnage.

Shining fascine par ses plans travaillés, ses détails surprenants, son image léchée mais utile, son atmosphère et sa progression dramatique.

Sans être fan de Nicholson je considère qu'il est au moins aussi grand dans "Shining" que dans "Vol au-dessus d'un nid de coucou" tout en étant très différent dans les deux films. J'adore la scène des toilettes qui est un miracle et les scènes au bar de l'hôtel.

La dernière image couplée à la musique surannée est un bijou dont je ne peux me lasser.

Comme la presque totalité de la filmographie de ce génie (j'assume le mot et je retranche "2001: Osyssée de l'Espace" tout en concédant que même dans ce film là il y a plus de trouvailles, de talent et de maîtrise que dans l'oeuvre de 95% de ses contemporains) "Shining" est une somme qui dérange, passionne et inquiète, tout à la fois.

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8 septembre 2017 5 08 /09 /septembre /2017 07:00

Difficile à trouver le livre "Le journalisme sans peine" de Michel-Antoine Burnier et Patrick Rambaud donne des clés irrésistibles et vérifiées pour comprendre et débusquer les travers habituellement constatés de la presse.
Ce livre date de 1997 mais son contenu est toujours d'une redoutable actualité. Toutes les manies, tous les "trucs de langage" et toutes les sottises d'un métier qui montre moins de rigueur envers lui-même qu'envers ceux dont il parle sont répértoriés.

J'ai cependant lu un livre "sérieux" (et je vois que je fais comme ceux que je critique en mettant un mot par phrase entre guillemets) pour voir si d'autres constats sur la déliquescence de ce métier de journaliste avaient été faits.

Il s'agit du livre "La langue des médias" de Ingrid Riocreux qui est sous-titré: "Destruction du langage et fabrication du consentement". (Edition L'artilleur).
Je précise que l'auteur de l'étude est agrégée de lettres modernes et docteur de l'université Paris-Sorbonne.

Agrégée de lettres modernes ne la qualifie pas plus que vous ou moi pour analyser le fonctionnement des médias et émettre des jugements lapidaires.

Ingrid Riocreux est en colère: trop d'anglicismes, trop de constructions grammaticales erronées, trop de familiarité, trop d'accent parisien émaillent le discours des journalistes.
Elle donne des exemples vérifiables avec lesquels il est possible d'être d'accord et d'autres avec lesquels il est impossible de l'être. 

Elle voit dans le discours journalistique une prise de position "sociologique" qu'on pourrait traduire par idéologique. Ses exemples, s'ils peuvent être justes formellement, ne concernent que des sujets très marqués: les manifestations anti-mariage pour tous, l'IVG, les tâches ménagères dans le couple, la fille Le Pen etc.

Son livre est redoutable parce que l'on peut souscrire à certaines de ses remarques et être violemment opposé à sa pensée sur certains points.
Elle a raison, par exemple, de souligner que Patrick Cohen, face à Marine Le Pen, n'est plus journaliste mais "un adversaire politique déguisé en journaliste" mais se fourvoie quand elle insinue que les photos de Le Pen père sont choisies pour "qu'il ait l'air méchant".

Il est difficile de lui donner tort lorsqu'elle écrit que pour la population médiatique il y a des sujets valorisants et des sujets qui ne le sont pas. Le rapprochement avec les émoticônes qu'elle fait est particulièrement bienvenu. La Palestine un sourire, les agressions sexuelles de la Place Tahrir la gueule. Sa comparaison du monde des médias uniformes et des Schtroumpfs en territoire totalitaire d'où le langage intelligible est banni est amusante.

Sa "démonstration" serait crédible si elle ne se noyait pas dans des exemples douteux (Verner au lieu de Venner) et si ses exemples étaient moins connotés à la droite de la droite. Sa réflexion sur la photo de cet enfant syrien noyé sur une plage est abjecte.

Car tout l'ouvrage, cela s'impose au fur et à mesure qu'on avance dans la lecture, est articulé autour de la "défense" subliminale des gens d'extrême droite, des idées de l'extrême droite et des obsessions de l'extrême droite.

Ce tropisme, j'allais écrire ce déséquilibre rend inaudible les passages intéressants d'un livre partisan. Entre autre la fin du livre et le chapitre sur la mode (grotesque et hypocrite) du décryptage de la politique par les journalistes mais aussi du journalisme par les journalistes. C'est dommage parce que ces pages sont, justement, les meilleures parce que détachées de cette gangue de la pensée politique très droitière.
Sur les anaphores de François Hollande au cours du débat de l'entre deux tours de la présidentielle 2012, sur l'interview par Claire Chazal de DSK juste après l'affaire du Sofitel de New-York et plus encore sur l'interview lamentable de Frédéric Mitterrand par Laurence Ferrari elle est neutre, excellente et intéressante.

Je précise que j'ai emprunté "La langue des médias" à la bibliothèque municipale ce qui contredit les affirmations d'un tri idéologique des achats de livres qui serait opéré par les bibliothèques publiques (toujours cette vision du monde assiégé). .

 

 

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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 07:00

Ll

La bête chenille s'était transformée en jolie femme, dans un paysage où elles ne sont pas si nombreuses. La famille royale britannique n'est pas très sexy.

N'était? va pour la famille royale anglaise n'était pas très sexy.

Dans le monde entier mais aussi en France où, quand on ne guillotine pas les souverains on joue au "chamboule-tout" avec les Présidents en leur retirant leur popularité 3 mois après leur élection, la Princesse de Galles, alias Lady Di, faisait chavirer les coeurs.

Jolie, je l'ai dit, mais complètement idiote (il y a des amateurs) l'altesse royale n'a jamais proféré une phrase intelligente ni agi avec un minimum de réflexion. Cela ne l'a pas empêchée d'être l'idole des médias, entre Monroe et l'autre Lady (Gaga).

Il y a, dans les médias, une attirance pour les princesses anorexiques, boulimiques, cocues, adultères, suicidaires et qui se fiancent avec la seule personne impossible. C'est ainsi.

L'ex-princesse de Galles s'était faite photographier à côté de séropositifs (mais on savait depuis longtemps que c'était sans danger) et avait pris la pose à proximité de Mère Teresa.
Elle avait réussi à être jolie en casque transparent anti-mines et à se friter avec la famille de Buckingham Palace... On conviendra que le Prix Nobel, au vu de tous ces mérites, lui était du.

Bien sur,la Bécassine londonienne, on l'a vu, choisissait mal ses amants et plus mal encore les journalistes ou écrivains à qui elle se confiait. Ses confidences se vendaient et beaucoup en vivaient.Ses malheurs de "pauvre petite jeune femme très riche" faisaient pleurer la roture et.... la une de la presse de caniveau.

Ses amitiés avec tout ce que le show business compte de personnages grotesques et son dernier fiancé l'avaient dévaluée au point qu'une Cathy Guetta ou une Paris Hilton était sur le point de la détrôner.

Sa mort dans un tunnel parisien l'a transformée en Sainte Laïque et effacé, comme sur une ardoise magique, la platitude de sa pensée, la vacuité de son existence et l'inanité des flots d'articles qu'elle suscitait.

Il y a 20 ans qu'elle est morte? la belle affaire!!

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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 07:00

De très grands écrivains ou cinéastes se sont inspirés de faits divers, parfois sordides, pour écrire de grands livres ou pièces de théâtre. Je pense à Gustave Flaubert et à "Madame Bovary" ou à la pièce "les bonnes" de Jean Genêt.
Les exemples sont nombreux de pièces mais aussi de films voire de chansons ("Bonnie & Clyde") s'inspirant de faits réels servant de point de départ pour devenir une oeuvre personnelle.

Parallèlement les crapules, les salauds, les bandits, les meurtriers et les ordures inspirent aussi les auteurs qui savent qu'avec de tels personnages sulfureux on peut transgresser des interdits et -qui sait?- réussir à magnifier une matière première assez immonde. "Orange Mécanique", "Scarface", "Le Parrain" en sont de dignes exemples cinématographiques.

Lorsque le fait qui inspire l'oeuvre est ignoble ("Roberto Succo") ou lorsque il s'agit de raconter la vie de quelques déchets de l'humanité, criminels de guerre, terroristes, tueurs en série, la crapulerie absolue consiste à réhabiliter ou tenter de réhabiliter ces salauds. Ou a leur trouver des excuses.

Le pire est de se cacher derrière un alibi culturel ou politique, ce que certains n'hésitent pas à faire.

J'ai lu récemment qu'un spectacle, joué à Avignon je crois, s'inspirait de l'ignoble parcours de Mohamed Merah et je trouve qu'une ligne blanche est franchie. Pas de spectacle, pas de chanson, pas de film sur cet abject salaud qui a, je le rappelle, poursuivi une petite fille dans une école, l'a attrapée par les cheveux et lui a tiré une balle à bout portant dans la tête parce qu'elle était juive. Comme les nazis des camps d'extermination il a ôté la vie à une petite fille parce qu'elle était juive. Ce crime contre l'humanité n'a pas à recevoir d'apologie. 

Il avait, rappelons-le, tué auparavant le frère et le père de cette pauvre enfant.

Ce spectacle est une insulte à l'intelligence, au respect des morts et à l'honneur. Je n'écoute ni ne lis les justifications des auteurs et ne comprends pas la bassesse de leur démarche. Parler de ce funeste salaud c'est forcément lui donner (un peu) raison. Il y a des cloaques où, même par curiosité, il ne faut pas descendre.

La perversité de certains théâtreux n'a jamais eu de bornes; cette affaire l'illustre une fois de plus.

(j'ai retrouvé ce "post" dans les brouillons. J'ai du hésiter à le publier en juin ou juillet. Je le fais aujourd'hui car mon indignation reste entière). (30/08/17)

 

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5 septembre 2017 2 05 /09 /septembre /2017 07:00

Je pense que nous (pluriel de collectivité, nos contemporains qui vivent dans un pays démocratique et riche, oui, riche) ne nous rendons pas compte de l'incroyable chance qui est la nôtre.
Nos besoins primaires et secondaires sont satisfaits et nous vivons sans crainte(s) comme aucune génération n'a vécu.

Ainsi je pensais, penché sur le balcon, en regardant passer discrètement mais rapidement un quadragénaire sur trottinette à moteur. Je ne sais pas pourquoi mais me sont revenues dans le désordre des phrases que j'ai lues récemment sur le bombardement de Guernica en 37, sur la défaite de Stalingrad en 43, sur la Libération, sur le Mozambique....

Que dirait un combattant (soviétique ou allemand, peu importe) de la bataille du siècle? que penserait un Républicain ou un phalangiste espagnol mais aussi un légionnaire romain ou une lingère du XIXème siècle, genre Gervaise Macquart s'ils pouvaient voir cette curiosité que représente un homme encore jeune sur une patinette motorisée?

Décédé en 2008 mon père était un homme façonné à l'ancienne. j'imagine bien sa réaction: "on l'a laissé sortir du cabanon"? (hôpital psychiatrique).
Parfois, oui parfois, je réagis ainsi. Mon cerveau reptilien sans doute. Mais un homme en trottinette à moteur je ne comprends pas!

 

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 07:00

Il y a très longtemps j'avais lu une phrase qui disait en substance que la Reine Marie-Antoinette avait, par sa dignité, sa force et son courage au moment de son procès puis de son exécution "racheté ses erreurs de jeunesse".
C'est une formule que je n'ai jamais oubliée parce que je la trouve à la fois belle, rassurante et...fausse.

Je ne crois pas qu'il soit possible, pour personne, de racheter ses erreurs de jeunesse. On peut s'appliquer à en adoucir les conséquences, on peut tout tenter pour ne pas les renouveler mais, je le crains, on ne peut s'en affranchir. Ni les oublier totalement (mais c'est un autre sujet).

Et puis il n'y a pas d'erreurs de jeunesse, ou pas seulement. Nos erreurs, nos actions peu reluisantes et nos méfaits nous constituent et nous les emportons dans la mort, tels que nous les avons accomplis.

Je comprends la notion de "péché" qui sous-tend le raisonnement et qui pense et dit "péché" espère la rémission de ceux-ci, leur effacement parce qu'ils sont avoués et regrettés.

A ce moment de mon existence je crois fermement que rien ne nous sera compté, ni en "Bien" ni en "Mal" parce que personne n'a cette mission. Personne.

Le remord, les regrets, la "morale" personnelle, notre Humanité, l'image que nous nous faisons de nous-même et celle que nous imaginons projeter suffisent à nous faire commettre telle ou telle chose.

Et uniquement cela.

 

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1 septembre 2017 5 01 /09 /septembre /2017 07:00

Je n'ai eu affaire à la justice que 2 fois dans ma déjà longue vie. Pour mon divorce et dans un litige qui m'a opposé à mon employeur. Au Tribunal des Prud'hommes donc.

J'avais été licencié de manière extrêmement brutale et malhonnête et j'ai introduit un recours en pensant que je "gagnerais" mais qu'il faudrait du temps.

Cette affaire, en effet, m'a pris beaucoup de temps (3 ans) puisque la partie adverse a joué la montre. J'ai été humilié intérieurement par les arguments mensongers qu'elle a utilisés pour tenter de me rejeter toutes les fautes et, accessoirement, ce procès m'a coûté mon mariage puisqu'il semblerait que j'ai été jugé pénible par mes proches, chat compris, pendant cet épisode juridique et la recherche d'un emploi de substitution. Ce que je conteste. (j'aurais voulu "les" y voir!)

Encore aujourd'hui, je maintiens que j'ai été exemplaire et que j'ai géré cette période douloureuse avec calme et retenue. A l'injustice de mon congédiement s'est ajoutée la vexation de ne pas être compris ni soutenu dans mon entourage immédiat.

Je ne dis pas que je ne méritais pas d'être licencié, je n'en sais rien, mais je dis haut et fort que les méthodes employées (isolement, faux, pression, ingérence et mensonges) ne pouvaient pas ne pas être sanctionnées.

L'avocate que m'avais conseillée une proche était stressante par son inorganisation et sa méthode de travail rien moins que professionnelle. Je n'oublierais jamais mon désespoir en constatant qu'elle découvrait au tribunal, pendant l'affaire précédente, (en soulignant les points forts au Stabilo) mes remarques que je lui avais envoyées des mois avant l'audience. Cela dit elle se battait avec un certain panache.

Une femme juge s'est dessaisie du dossier parce que ... mon fils était copain avec le sien! des relations qui ont valu au dossier de durer 4 ou 5 mois de plus. Cet épisode, heureusement, était amusant par le désappointement de l'avocate de mon ex-employeur qui était venue..pour rien et ne savait pas quoi faire jusqu'à son avion du soir dans une province si éloignée de ses bases.

L'entreprise qui m'avait jeté comme on crache un noyau de cerise demandait que je sois condamné aux dépens, ce qui me mettait en transes.

Finalement j'ai gagné en 1ère instance, la société a fait appel et a été condamnée en seconde. Elle n'a pas poussé le ridicule jusqu'à se pourvoir en cassation. La somme était belle mais justifiée.

C'est un épisode douloureux auquel je ne pense plus et qui, si je réfléchis, a modifié le cours de ma vie. J'ai retrouvé un travail, ai connu une période de célibat, un remariage, un autre licenciement suivi de la prise d'un autre travail (après un licenciement si difficile les autres paraissent presque amusants!). J'ai acquis une forme de sérénité que le fait d'avoir remporté aux Prud'hommes a aidé à installer.

Surtout j'ai eu la sensation que le tribunal de Toulouse avait pris le temps de regarder les pièces et avait pris une décision collégiale juste et réparatrice. C'était important.

 

 

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