Je reviens sur une question (très) mineure mais qui ne lasse pas de me surprendre: pourquoi certains consommateurs se ruent chez certains commerçants siglés alors qu'ils sont, de notoriété publique, plus chers et souvent moins compétents?
Je ne veux pas parler de ces personnes qui squattent une nuit un bout de trottoir pour être les premiers à détenir un smartphone qui leur coûte au moins un mois de salaire: ceux-là, me semble t'il, sont du ressort de la psychiatrie. Je pense à ceux qui achètent du mauvais café, des thés banals, des gâteaux industriels au prix du champagne et du caviar, les clients de la chaîne américaine Starbucks par exemple.
J'entends l'argument qui veut que ces "cafés" soient parmi les rares qui offrent l'accès gratuit au WI-FI mais j'ai des doutes sur la fiabilité de l'argument.
N'importe quel client faisant la différence entre le café d'une machine pris à une station d'autoroute et un expresso sorti d'un percolateur voit ce que je veux dire.
Le breuvage que sert Starbucks, ce n'est pas de la diffamation mais une constatation, est tout sauf du café. Qu'ils le baptisent "Américain" n'enlève rien à l'arnaque. Cher et aqueux, brûlant et fade ce liquide qu'on vous sert ne vaut jamais l'attente et le bruit qui en accompagnent la délivrance.
On est donc là dans un no man's land marketing qui fait que, poussé à l'extrême, on vous servirait un verre d'eau au lieu du "café" vos n'émettriez pas un soupir de mécontentement!
Les clients de ces chaînes universelles forment une clientèle passive qui fait confiance à l'enseigne et oublie d'une fois sur l'autre leur déception devant un rapport qualité/prix qui tient de l'escroquerie.
Le soin apporté au décor et la (réelle) beauté des mugs en papier n'expliquent pas tout: il y a un masochisme des consommateurs que Starbucks et beaucoup d'autres ont identifié depuis fort longtemps et exploitent avec sérénité et des marges plus que confortables.
L'ouverture, il y a un an, de celui de Toulouse qui ne désemplit pas, ne me démentira pas.
