Je suis allé voir le film "seule la terre", film Grand-Breton daté de cette année tourné par un inconnu Francis Lee et interprété principalement par des inconnus Josh O'Connor et Alec Secareanu. un film dont j'ai entendu le plus grand bien et qui a été primé au Festival du film britannique de Dinard et a reçu le prix de la mise en scène à celui de Sundance.
Comme souvent le cinéma d'outre-Manche on n'est pas dans la gaudriole, les rires et la haute bourgeoisie. L'action se passe dans le Yorkshire, en hiver, c'est gris et, on le devine, froid. C'est très beau aussi mais on n'aimerait pas y être téléporté en même temps que les acteurs vivent l'histoire. A la mi-juillet, peut-être?
L'histoire est celle d'un jeune homme (je dirais 25 ans) pas très beau, ni sympathique ni heureux (ceci expliquant cela et réciproquement) vissé à la ferme familiale du fait que son père a eu un AVC et que la grand mère ne peut l'aider aux champs.
Pour oublier sa solitude, sa vie et le peu d'avenir qu'il entrevoit et parce que c'est sa nature, il a du sexe rapide et furtif avec des types (dont un blond pas farouche) près du pub de la petite ville proche.
Tout ça est assez sinistre et l'arrivée d'un ouvrier agricole roumain ne semble pas, au début, améliorer les choses. La mode étant à l'homosexualité ("Marvin ou la bonne éducation", "120 battements par minute" etc.) le film est centré sur cette attirance et le beau ténébreux barbu de l'Est va faire tomber les barrières mentales du fermier taciturne et lui faire exprimer ses sentiments, ce qu'il était incapable de faire auparavant. On le verra même pleurer et sourire ce qui n'était pas gagné!
Naturellement nous avons droit à des scènes de sexe (dont une assez crue dans la boue), des baisers réalistes avec bruits de succion - C'est obligatoire depuis "la vie d'Adèle" - et des scènes romantiques au coin du feu (avec éclairage orange diffus).
On y croit, les deux acteurs sont justes et plutôt sobres et le film est digne grâce à un scénario riche dans lequel on assiste à la naissances d'agneaux, à l'accident vasculaire du père, à la compréhension sobre et silencieuse de la relation entre les deux hommes par la grand mère qui ne dit rien sans approuver...
La Grande-Bretagne est un bien beau pays dont la campagne est souvent d'une beauté sauvage. Les britanniques ne sont pas des comiques et leur vie n'est pas toujours amusante: on le sait mais son cinéma creuse le sillon depuis des années pour qu'on ne l'oublie pas. Le "happy end" est difficile à gober mais il faut bien terminer un film et cette fin en vaut d'autres.
