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11 décembre 2017 1 11 /12 /décembre /2017 07:00

Je suis allé voir le film "seule la terre", film Grand-Breton daté de cette année tourné par un inconnu Francis Lee et interprété principalement par des inconnus Josh O'Connor et Alec Secareanu. un film dont j'ai entendu le plus grand bien et qui a été primé au Festival du film britannique de Dinard et a reçu le prix de la mise en scène à celui de Sundance.

Comme souvent le cinéma d'outre-Manche on n'est pas dans la gaudriole, les rires et la haute bourgeoisie. L'action se passe dans le Yorkshire, en hiver, c'est gris et, on le devine, froid. C'est très beau aussi mais on n'aimerait pas y être téléporté en même temps que les acteurs vivent l'histoire. A la mi-juillet, peut-être?

L'histoire est celle d'un jeune homme (je dirais 25 ans) pas très beau, ni sympathique ni heureux (ceci expliquant cela et réciproquement) vissé à la ferme familiale du fait que son père a eu un AVC et que la grand mère ne peut l'aider aux champs.
Pour oublier sa solitude, sa vie et le peu d'avenir qu'il entrevoit et parce que c'est sa nature, il a du sexe rapide et furtif avec des types (dont un blond pas farouche) près du pub de la petite ville proche.

Tout ça est assez sinistre et l'arrivée d'un ouvrier agricole roumain ne semble pas, au début, améliorer les choses. La mode étant à l'homosexualité ("Marvin ou la bonne éducation", "120 battements par minute" etc.) le film est centré sur cette attirance et le beau ténébreux barbu de l'Est va faire tomber les barrières mentales du fermier taciturne et lui faire exprimer ses sentiments, ce qu'il était incapable de faire auparavant. On le verra même pleurer et sourire ce qui n'était pas gagné!

Naturellement nous avons droit à des scènes de sexe (dont une assez crue dans la boue), des baisers réalistes avec bruits de succion - C'est obligatoire depuis "la vie d'Adèle" - et des scènes romantiques au coin du feu (avec éclairage orange diffus).

On y croit, les deux acteurs sont justes et plutôt sobres et le film est digne grâce à un scénario riche dans lequel on assiste à la naissances d'agneaux, à l'accident vasculaire du père, à la compréhension sobre et silencieuse de la relation entre les deux hommes par la grand mère qui ne dit rien sans approuver...

La Grande-Bretagne est un bien beau pays dont la campagne est souvent d'une beauté sauvage. Les britanniques ne sont pas des comiques et leur vie n'est pas toujours amusante: on le sait mais son cinéma creuse le sillon depuis des années pour qu'on ne l'oublie pas. Le "happy end" est difficile à gober mais il faut bien terminer un film et cette fin en vaut d'autres.

 

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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 07:00
Concert à la Halle aux GrainsConcert à la Halle aux Grains

Samedi je suis allé à "la halle aux grains" voir un concert. Le chef d'orchestre était Hollandais (J.Van Zweden) et le violoniste tête d'affiche était Renaud Capuçon.

Ces deux là, sans qu'ils le méritent vraiment, ont bénéficié d'un "retour-public" proprement Hallucinant. Des applaudissement en cascade, une standing ovation et des rappels qui ont duré un temps presque obscène. A croire qu'ils avaient, tous les deux, coécrit la 5ème de Beethoven!

Le programme de ce concert était (un peu) du n'importe quoi: Chostakovitch dans une oeuvre très "réalisme soviétique", l'éprouvant Leonard Bernstein dans une "ballade" sirupeuse et (assez) laide et la fameuse 5ème de Ludwig Van.  Ce n'est plus de l'éclectisme, c'est un mélange hybride!

La symphonie ("Pom Pom Pom Pom") est une splendeur et, à chaque fois, elle nous cueille et nous ravit. Quand bien même on en connaît la charpente et les éléments par coeur.

C'est toujours aussi passionnant de regarder un orchestre jouer, de scruter les expressions des musiciens et de voir leur cohésion et leurs singularités.

L'orchestre et son chef, en moyenne, était largement plus jeune que son public. A chaque fois je le constate avec dépit la musique classique est élitiste et plaisir de vieux. La (très belle) salle faisait la part belle aux septuagénaires, qu'on reconnaît à leur toux dès qu'un entracte musical leur permet d'expectorer bruyamment. Il y a bien deux enrhumés ici ou là mais la bronchite chronique semble être ultra-majoritaire.

Les plus jeunes sont les ouvreuses qui, à ce que j'ai observé, reçoivent très rarement aumône et vendent encore moins ces programmes sur papier glacé qui font la part belle aux publicités et aux hagiographies.

Outre les applaudissements qui n'en finissent pas les "mondanités" qu'on fait dans ces salles dédiées à la musique m'agacent un peu. La comédie sociale faite de sourire faux, d'exhibitions de sa fortune et de son bon goût est un peu "provinciale" et guindée.

Cela constaté la majorité des personnes présentes paient cher un abonnement, affrontent le froid (ce samedi le thermomètre flirtait avec le négatif) et restent sagement assis sur des sièges plus inconfortables qu'autorisé pour écouter une musique qu'ils aiment, de façon manifeste. Etre en communion avec des personnes qui partagent votre goût est toujours un moment de choix.

Je reviendrais sur le nom de la salle ("Halle aux Grains". Vous l'aurez compris, on le doit à l'ancienne affectation du bâtiment qui a conservé son nom d'origine. On voit ainsi des apparentements surpenants: "Picasso aux Abattoirs", "récital de piano au Poids et Mesure"...tous ces noms de salle semblent parfois un peu perchés!

 

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7 décembre 2017 4 07 /12 /décembre /2017 07:00

C'est l'un des signes de la démocratie: tout accusé, quelque soit les crimes dont il doit rendre compte, a droit aux services d'un avocat.

Cet avocat, parfois commis d'office, peut même avoir du talent et obtenir des résultats scandaleux en regard des torts causés par son client. Là aussi c'est la démocratie.

Les juges soviétiques ou nazis ne voyaient pas les choses ainsi et, à moins d'être partisan d'une justice à la Roland Freisler il faut soutenir les avocats et n'accepter aucun acte qui diminuerait leurs droits aux accusés et ceux de leur défense.

Lors de procès sensibles (Bertrand Cantat, Abb-el-khader Merah...) il est tentant de vouloir minimiser la partie défense du procès et de s'alarmer des "arguties juridiques" des avocats.

On connaît tous ces moments d'indignation lorsque les avocats emploient des grosses ficelles (enfance malheureuse, alcoolisme, pauvreté, chômage, déficience mentale...) pour obtenir pour celui qu'ils défendent, un peu de compassion traduisible en remise de peine.

Le procédé est vieux comme la justice mais il indigne toujours autant. Nous ne sommes plus au temps des "effets de manche" et de la grandiloquence verbale qui régna sur les prétoires.

Hitler eût-il vécu que ses avocats nous auraient attendri (?) avec la dureté du douanier Schicklgruber vis à vis de son fils et l'irremplaçable perte de la maman aimante de ce dernier à un âge tendre. C'est indéniable le rôle des avocats, parfois, est de défendre l'indéfendable et surtout d'obtenir que des criminels passent à travers les maille de la justice.

On retient surtout certaines affaires et la défense utilisée par les avocats justement parce que ce sont des affaires hors norme et qui défraient pour cela la chronique judiciaire.

Vous, moi, nous, avons affaire aux services d'avocats pour des affaires autrement banales où la différence, selon moi, ne réside que dans la préparation et la connaissance du dossier que possède l'avocat que nous avons choisi.

L'enfance malheureuse et la bonne conduite qui sont les nôtres n'interviennent en rien.

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6 décembre 2017 3 06 /12 /décembre /2017 07:00

Au diable la tiédeur! Jean d'Ormesson vient de décéder (à 92 ans) et le concert d'éloge, en ce mardi 5 décembre 2017, commence à gonfler. (aux deux sens du terme). "grand écrivain" (Le Point), "penseur de la droite modérée" (Demorand, France Inter)...

Non, mais ils s'entendent tous ou pas? Ormesson était la quintessence de l'aristo-bourgeoisie bouffie d'orgueil et de mépris, professait (au "Figaro" dont il a été le directeur à l'époque où elle était une "Pravda de droite") des idées réactionnaires que Monsieur Tiers n'eut pas désavouées et il était un écrivaillon démodé et précieux qui ne s'intéressait qu'à des mondanités et des vieilleries de caste, un Proust mais sans génie, un Maupassant sans talent.

Il suffit parfois d'avoir un oeil bleu, de beaux restes (enfin.... à 92 ans il y a longtemps qu'il était vieux comme l'a finement remarqué F***), une voix flûtée et des costumes bien ajustés et de jolis pulls aux couleurs de l'Avenue Victor Hugo - Rue des Belles Feuilles pour être un "grand écrivain de la droite modérée".

Pour être cela, et plus encore, il suffit d'être mort!

Et puisqu'on parle de décès celui de Jean-Philippe Smet, alias Johnny Hallyday risque de durer longtemps. Ce matin on avait les "meilleurs": Line Renaud, Philippe Labro et Claude Lelouch.
Que ceux-là soient tristes me réjouit! je ne puis rien partager avec eux et encore moins un deuil!!

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5 décembre 2017 2 05 /12 /décembre /2017 07:00

Quand on a 11 heures d'avion à tuer on n'est pas regardant sur les films à voir et ce d'autant plus si votre conne de tablette a décidé de ne justement pas fonctionner alors que vous l'avez remplie de films et de séries justement pour ce vol.

J'ai donc, avec consternation rapidement, regardé le début d'un film dans lequel une jeune femme se retrouve dotée d'un sexe d'homme. C'était tellement bête et vulgaire, tellement caricatural aussi que je n'ai tenu que 10 minutes, générique compris. Accablant!

J'ai alors regardé "Raid Dingue" le dernier nav...film de Dan Boon à ce jour. Comme chaque fois il s'est réservé le beau rôle et tout le monde l'aime et l'admire. Michel Blanc, à ma surprise, joue un rôle dans cette sous-comédie bourvilienne tellement datée qu'on dirait un film du dimanche soir des années 70. Que ce type-là et ses films rencontrent un public ne lasse pas de me surprendre.

Yvan Attal joue aussi dans "raid dingue". Ce seul constat aurait dû me mettre la puce à l'oreille: il n'existe pas de pire acteur sur le marché Français actuellement. Et sa prestation ne me fera pas mentir: navrante. Je ne m'appesantirais pas sur le scénario qu'on a vu sous des milliers de déclinaisons: le fils ou la fille d'un homme important que tout le monde prend pour une nullité mais qui, à la fin, se révèle rempli de talents cachés. Là c'est une fille de ministre, catastrophe ambulante (enfin.... selon Dany Boon) qui s'amendera et trouvera l'amour en la personne du beau, charismatique, secret, intelligent et sensible Dany Boon.

C'est crétin, les gags sont idiots, ça fait appel à un sentimentalisme cucul complètement ringard, c'est joué comme dans un téléfilm de TF1 et c'est bête à pleurer. Un cinéma pour déficients intellectuels. Naturellement la morale est bien-pensante. Il ne manque rien.

Que l'on trouve des financements pour de telles panouilles laisse confondu!

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4 décembre 2017 1 04 /12 /décembre /2017 07:00

L'année dernière je suis allé pour la première fois de ma vie sur l'île dont j'ai le plus entendu parler avant de la découvrir: l'île de la Réunion.

Ma femme qui a vécu plus de 20 sur l'île et qui l'adore a été un guide formidable puisqu'elle savait parfaitement me faire visiter les endroits qui me plairaient.
La saison des pluies battait son plein mais cela ne m'a pas gêné, au contraire. J'ai enfin découvert ces pluies que j'avais rencontrées dans tant de livres et jamais connues.

Malgré un battage publicitaire incessant des îliens de la métropole je n'ai pas été déçu tout en ayant déjà l'impression de connaître certains sites tant on me les avait décrits.

La beauté des paysages, la vivacité de la nature, les couleurs, la force de la mer, les changements de géographie, l'accueil, la vie sur place, tout m'a littéralement "enchanté".

Les amis et connaissances de l'île ont tenu à rendre inoubliable ce séjour et se sont donnés le mot pour des repas exquis et des balades impressionnantes.

A un certain moment il a été question d'aller faire une grande randonnée dans le célèbre cirque de Mafate et je me réjouissais d'avance.

Hélas il pleuvait trop et depuis trop longtemps pour la maintenir et l'amie de Françoise qui avait pris l'organisation en charge dit qu'on irait plutôt faire la balade à dos d'âne.

Je gardais un souvenir douloureux d'une balade à dos de chameau en Tunisie et m'étais juré qu'aucune échine d'animal, cheval excepté, ne m'accueillerait désormais: j'étais tombé, si j'ose dire, sur un animal répugnant, puant, baveux, hargneux, désobéissant et.... attiré par les autres chameaux mâles! un cauchemar! Ce jour-là je m'étais ridiculisé et avais détesté la sortie, l'animal et la Tunisie.

Je pris donc Françoise par la main et l'emmenai dans un coin en lui disant avec conviction que j'avais un souvenir cuisant d'une randonnée à dos de chameau et que celle à dos d'âne (je me voyais, Sancho Panca avec les jambes traînant sur le sol...) se ferait sans moi.

Elle part d'un rire en cascade et dit à l'assemblée ce que je viens de lui rapporter. Tous s'esclaffent et je comprends pourquoi: Dos d'âne est le nom d'un lieu dit, pas un animal

Mon refus, les raisons, l'histoire du chameau homo, la confusion fit rire tout le monde.

...Et j'ai adoré la balade à "dos d'âne"!

 

 

 

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 07:00
Affiche du cirque. (Noter l'injonction surprenante dans ses termes de ne pas déchirer l'affiche)

Affiche du cirque. (Noter l'injonction surprenante dans ses termes de ne pas déchirer l'affiche)

Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs j'ai toujours détesté le cirque. Dans mon enfance il est synonyme de types laids et pas drôles, d'animaux contraints à se ridiculiser (en "s'humanisant"), de musique agressive, de couleurs flashy et laides et de numéros sportifs interminables. Même les filles peu habillées ne trouvaient pas grâce à mes yeux.

J'englobe dans ma restriction TOUS les cirques, du cirque de Moscou au cirque Zavatta en passant par les cirques modernes ou new-look.
Je n'aime ni les clowns (j'en ai tellement vu dans la "vraie vie"!), ni les dresseurs, ni les équilibristes ni les jongleurs. Tout me déplaît dans la piste et son folklore vaseux.

Je suis passé ce matin devant une hideuse affiche annonçant le passage d'un de ces cirques miteux qui résistent à l'oubli en se cachant derrière un nom qui ne parle qu'aux centenaires (Roger Lanzac, Achille Zavatta...). Avec des Wauquiez ou des Hallyday le cirque est largement représenté ailleurs pour qu'on aille pas sur une place éloignée se geler en regardant une piste pathétique sur laquelle la caissière qui vous a vendu les billets jongle avec des quilles tandis que le chameau centenaire s'humilie pour vous et quelques cacahuètes.

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29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 07:00

C'est Daniel, mon beau-frère, en 1991, qui m'a offert un CD d'Etienne Daho (l'album "Paris Ailleurs" dans lequel il y avait "Saudade") et m'a fait m'intéresser à ce chanteur singulier.

Daho fait partie intégrante de la variété française mais n'a jamais été "franchouillard". Il a pourtant fait chanter Dani, Vanessa Paradis, Françoise Hardy, Jacques Dutronc, Charlotte Gainsbourg, Lou Doillon, Brigitte Fontaine et même Sylvie Vartan; (il lui a fait chanter "On s'ressemble" en trio avec Françoise Hardy et lui) Chacune de ses aventures suscite l'intérêt et souvent l'estime. Qu'il adapte Jean Genêt avec Jeanne Moreau ou fasse interpréter un titre sur le masochisme  par une descendante de Sacher-masoch Marianne Faithfull ses domaines d'intérêt sont rarement anodins tout en étant abordés sans prétention mais pas sans ambition.
L'anti-Biolay!

Etienne Daho se renouvelle et le "concept-album" est son univers: "Eden", "Corps et armes" ou "Réévolution" sont des CD sur lesquels les titres s'enchaînent avec pertinence et logique.

Ses musiques varient au fil du temps mais sont reconnaissables sur la durée: il ne suit pas la mode mais l'intègre et la restitue à sa façon.
Ses paroles sont loin d'être indignes et méritent mieux que leur réputation ("on ne comprend rien de ce qu'il dit").
Un texte comme "Boulevard des Capucines" sur le temps définitivement perdu dans une relation douloureuse père-fils en est un des plus beaux exemples.

Mieux et plus rare: tous ses albums, incluant les récitals, sont dignes d'intérêt: il y a toujours deux ou 3 titres admirablement ciselés qui valent le détour ("le brasier", "la baie", "soudain"...)

La surexposition médiatique récente qui a accompagné la sortie de son nouvel opus ("Blitz") est regrettable et injustifiée: les médias l'ont longtemps sous-estimé et se rattrapent avec mauvaise conscience. Avec méconnaissance en tous cas.
On a entendu, quand on le suit discrètement depuis des années, beaucoup de simplifications et d'âneries mais finalement c'est sans importance.

Je n'aime pas les compilations mais celle qu'il a supervisée ("Monsieur Daho") contient de bien beaux titres qui permettent d'embrasser une carrière très respectable.

Daho est un "parrain" dans le monde musical: il a ses passions (Gainsbourg, Hardy...) et ses interventions pour lui et les autres ne sont jamais anecdotiques.

Vous l'aurez compris: j'aime bien Daho.

 

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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 07:00

Depuis des années j'ai constaté que mon sens de l'odorat a considérablement diminué. Je ne sens que les odeurs vraiment fortes et, pour être sincère, cela ne me pose aucun problème.

Aucun problème? pas tout à fait. Ma femme possède au contraire un odorat exceptionnellement développé et se plaint régulièrement d'être agressée par des odeurs qui ne m'affectent en rien. Par exemple j'étais persuadé que mon chat Smirnoff n'était source qu'aucune odeur désagréable. C'est vrai, mais pour moi uniquement.

Ma fille aussi possède un "nez" extrêmement sensible qui lui fait reconnaître la marque de parfum que porte un(e) étranger(e) dans la rue mais aussi toutes les fragrances en suspension dans l'air.

Avec ces deux personnes qui détectent à 100m les effluves d'une fleur et moi qui le nez sur de l'eau croupie n'en perçoit que vaguement les relents je suis aidé!

A propos d'eau croupie Françoise se plaint régulièrement que cette odeur tenace envahit parfois notre chambre (pour l'évacuer j'ai ouvert une journée entière les deux battants de la fenêtre mais laissé le radiateur au maximum!). On a tout remué, vérifié chaque M² et chaque mètre cube... suspecté tout et son contraire pour finalement accuser le cumulus (oui, j'avoue, c'est une basse vengeance) d'en être responsable.

J'ai donc appelé le plombier et lui ai fait part de notre souci et de notre diagnostic qui l'a beaucoup amusé.

Mais revenons à ce problème d'odorat... j'étais persuadé d'être moi-même un monument de fraîcheur et de suavité. Peut-être incommodai-je les trois quarts de la population du quartier de bonne foi? rien que d'y penser j'en suis malade.

Mais je n'ai pas osé questionner Françoise. Trop peur d'apprendre des choses qui abimeraient mon estime de moi!

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27 novembre 2017 1 27 /11 /novembre /2017 07:00

Hier dimanche 19 novembre j'ai regardé la fin d'un téléfilm relatant les 2 ans de conflit pendant lesquels Jacques Chirac a été le premier ministre de Valéry Giscard dit d'Estaing. (1974-1976)

Ce film de Laurent Heynemann datait de 2012 et était très informé: y étaient illustrés des épisodes peu glorieux qui ont été portés à la connaissance du public récemment telle le dîner Chirac-Mitterrand chez Edith Cresson pour l'élection de 1981 et l'humiliation du couple Chirac par les Giscard au Fort de Brégançon avec la présence du moniteur de ski présidentiel, les fauteuils présidentiels également et les tabourets de Chirac et Bernadette...

La distribution était étonnante, dérangeante mais finalement plutôt réussie. Hipolyte Girardot était un Giscard surprenant. Pas assez grand, pas assez imbu de lui-même ni obnubilé par la majesté de la fonction mais crédible. Grégori Derangère, en mûrissant est passé de "jeune premier" à bel homme et donnait une interprétation du personnage Chirac elle-aussi imprévue mais acceptable. Une mention particulière à la magnifique Geraldine Pailhas qui était une Marie-France Garaud plus vraie que nature mais en plus souriante, à Eric Prat qui était plus Poniatowski que Poniatowski lui-même et à un excellent acteur, Philippe Uchan, qui en Pasqua était incroyablement juste et bon. Petite parenthèse: le même Philippe Uchan est absolument irrésistible dans le film "Au revoir là-haut". C'est même lui qui sauve le film!.

On attend mes critiques; je ne serais pas le poirier des bonnes feuilles si j'étais trop mainstream: l'actrice qui joue Bernadette Chirac (Estelle Skornik) est beaucoup trop belle et humaine pour incarner la femme de Jacques Chirac! De plus c'est lui donner beaucoup d'importance que la créditer d'un sens politique qui lui est venu sur le tard.

Le film se regarde avec beaucoup d'intérêt parce que c'est de l'Histoire et de la politique. J'étais un peu jeune au moment des faits mais j'ai lu par la suite des livres sur cette époque et sais à quel point le "malentendu" Giscard Chirac et la vilenie du couple Juillet-Garaud ont eu des répercussions sur la Droite, répercussions qui existent encore aujourd'hui.

Comme toujours les petits évènements, les caractères et les situations du moment intéressent plus que l'ensemble et c'est par l'anecdotique qu'on accède à l'Historique et à l'Universel.

Cette relation Giscard et Chirac a durè près de 50 ans. Elle a empoisonné la vie politique du pays au moins autant que la haine Rocard-Mitterrand. On n'en est pas encore sortis puisque d'autres acteurs portent désormais les conflits; que l'on songe à Valls/Macron, Valls/Melanchon, Hollande/Valls, Copé/Fillon, Sarkozy/tous les autres à droite...

 

 

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