Jadis, au "Quotidien de Paris", journal de droite mais qui comptait d'éminentes signatures (Dominique Jamet entre autres) Philippe Tesson signait des éditoriaux violents mais drôles, sévères mais justes. Depuis il s'est abîmé dans une posture qui le fait d'avantage ressembler à Serge Dassault ou à l'ineffable Christian Estrosi. C'est dire si l'homme vieillit dans la tolérance!
Cet homme qui semble ne jamais vouloir dételer a un fils, Sylvain Tesson qui -dirait-on- est son exact contraire. Il s'illustre dans des récits de voyages, d'équipées serait plus juste, qu'il écrit dans une langue à la fois simple et précise (bon sang ne saurait mentir!) qui donne à ses lecteurs le sentiment de le lire par-dessus son épaule. L'un pense microscopique l'autre macro. Affaire de génération sans doute. Aujourd'hui les fils ont plus d'envergure que leurs pères.
Comme il va plutôt en Sibérie qu'au marché bio de St Germain des Prés il a des lecteurs fidèles qu'il comble par une production égale et régulière.
Il est capable de s'emballer pour des périples fous (celui des évadés du goulag, celui de Napoléon de la Russie aux Invalides) qu'il réussit à rendre vivants, proches et passionnants pour ses lecteurs.
Son livre sur sa "retraite de Russie", un an en solitaire près du Lac Baïkal était un livre remarquable. Il a été adapté au cinéma en 2015 par Safy Nebbou et c'est un film formidable qui rappelle les rêves (et les cauchemars) des enfants.
D'aucuns lui reprocheraient d'être trop médiatique... Sylvain Tesson est un homme passionné et qui mène une vie dont tout être normalement constitué rêverait qu'elle soit la sienne. Quand on voit les escroqueries que sont ces émissions qui envoient une vedette-télé chez les Papous ou des comiques dépressives chez les eskimos on est en droit de réfuter l'argument!
Découvrez le film "Dans les forêts de Sibérie", c'est une bonne introduction aux livres mais aussi aux projets foisonnants de Sylvain Tesson.
