On aime ou pas la chanteuse-actrice américaine Barbra Streisand mais il est impossible de lui dénier un certain talent. Certes son public se raréfie et se recrute surtout chez les gays et les vieilles femmes à cheveux bleus de Miami mais cela ne lui retire pas les qualités indéniables d'interprète qu'elle a montrées tout au long d'une riche et belle carrière.
Elle a chanté, il y a des années, le thème d'une comédie musicale américaine à succès aux Etats Unis "Cats", le thème principal étant "Memory". Encore une fois on peut ne pas aimer ce genre de musique ni la façon de chanter de Streisand il n'en reste pas moins que le titre est une belle chanson magnifiquement interprétée. Avec ce qu'il faut d'émotion, de puissance vocale et de retenue.
Dans le métro toulousain -qui diffuse de la "musique" à temps complet- ce matin j'ai entendu (contraint, je n'imagine pas que l'on puisse le faire volontairement) une version française de "Memory" à faire dresser les cheveux sur la tête -oui, il m'en reste un peu!- de l'homme de goût. La fille qui massacrait (à la tronçonneuse) le titre poussait bien sa voix mais façon Céline Dion et, comme elle, aux mauvais endroits. C'est dire si elle beuglait. Paroles invraisemblablement stupides, musique fidèle à l'original mais tendance orchestre sirupeux façon plateau de télévision en direct et enfin une voix bête et travaillée comme les nullités qui sortent en batterie des télé-crochets de la téléréalité. C'était tout bonnement insupportable. A se boucher les oreilles faute de pouvoir se jeter sur la voie.
Une question m'est venue: pourquoi les adaptations Françaises de titres anglo-saxons sont-elles irrémédiablement médiocres? pourquoi les paroles en VF sont-elles aussi ringardes et sonnent-elles toujours aussi stupidement?
C'est une règle mille fois vérifiée que le passage de l'Anglais au Français ne vaut rien à la chanson. Question de sonorité de la langue, d'accent et peut-être de non-compréhension des paroles.. Sans doute y a t'il aussi un problème du fait qu'ils sont peu nombreux ceux qui "adaptent" (c'est le mot qui convient) les succès anglais ou américains à la langue d'Obispo et de Michèle Torr? On le sait, dans l'hexagone les charges sont à vie et de vilains tâcherons sans talent continueront jusqu'à la mort à "traduire" en dépit du bon sens des titres magnifiques pour en faire des coucous.
