Je passe très souvent devant l'une des entrées du cimetière de Rapas à Toulouse. La plupart du temps il est désert et je m'y suis promené une seule fois, en été, côté des tombes très anciennes et ombragées par des cyprès.
Il y a des cimetières plus beaux, mieux entretenus et possédant des résidents plus illustres.
Il ouvre tôt et ferme tôt et, au risque de me répéter, je suis surpris par le peu de visiteurs qu'il reçoit tout au long de l'année.
Sauf le week end dernier où une affluence disproportionnée a changé la donne. Des dizaines de voitures mal garées déposaient des personnes encombrées d'un de ces affreux pots de chrysanthèmes.
Personnellement je prends les devants et interdit à quiconque de déposer un jour des sottes fleurs de la fête des morts et de la Toussaint sur ma tombe. D'ailleurs, depuis que j'ai lu qu'à cause de ce que nous absorbons (nourriture, médicaments etc) nous nous décomposerions beaucoup plus lentement j'envisage très sérieusement de me faire incinérer. L'idée d'être imputrescible me gène!
Le progrès s'est introduit même dans les rites funéraires: la "concession à perpétuité" s'est faite rare et les ossuaires où l'on disposait les restes des morts anciens ont disparu.
Je ne regrette pas, je constate. J'ai toujours trouvé les cimetières Français affreusement laids et "kitschs". Il y a un mauvais goût funéraire assez proche de celui des ronds-points qui saute aux yeux lorsque l'on compare avec nos voisins européens. En Irlande, en Ecosse, en Espagne je n'ai pas vu ces fleurs artificielles, ces hideuses couronnes en perles, ces messages illustrés aux défunts gravés sur le marbre qu'on trouve chez nous.
Une "poésie" de mirliton pour exprimer des regrets et des pierres tombales qui donnerait du chagrin à qui n'en éprouve pas.
Et quelle drôle d'idée d'aller un jour par an sur la tombe de ses "chers disparus" déposer un pot de fausse marguerites! les morts ne voient pas l'offrande et cela ne sert rigoureusement à rien!!!
Les rares crémations auxquelles j'ai assisté m'ont hélas montré que ce n'est pas de ce côté que qu'il faut attendre une rédemption de nos moeurs funéraires. Quelle laideur! quelle vulgarité...
