J'ai été intrigué par un trio de deux filles et un type, jeunes (moins de la trentaine) qui, à "Toulouse-plage" confectionnaient des petits fanions avec lignes verte et noire et rond rouge. Je n'ai pas réussi, depuis, à savoir ce qu'ils représentaient.
Pendant deux heures les deux filles (dont une voilée des pieds à la tête sauf le visage) enfilaient sur un bâtonnet ce morceau de tissus qu'elles avaient elles-même confectionné. Lui leur parlait et ne faisait qu'un drapeau lorsqu'elles en faisaient dix.
Nous n'avons pas quitté la pelouse de la belle "prairie des filtres" au même moment et je les aurais oubliés si je ne les avais croisés dans l'allée principale.
La fille voilée plantait ses fanions dans tous les pots de plantes décoratives que la mairie a installés là le temps de cette manifestation estivale.
Tout en marchant elle plantait discrètement, furtivement, ses drapeaux tandis que ses deux acolytes prenaient des airs ailleurs.
C'était inoffensif et sans conséquence mais la détermination et le "fanatisme" apportés à une activité dérisoire m'a soudain fait toucher du doigt la difficulté d'amener à la raison des personnes embrigadées dans une cause.
Toulouse-plage est une manifestation bon enfant où ceux-ci trouvent des jeux gratuits et des installations qui leurs sont réservées. Les adultes trouvent des stands avec des livres, des parasols et des sièges de jardin. Tout le monde profite de la Garonne proche, du soleil, du calme et de l'été dans une ville désertée par une partie de sa population. On y parle toutes les langues dans une atmosphère relâchée.
Que viennent faire des messages politiques ou religieux dans un tel lieu? quel message essaie t'on (et à qui?) de faire passer?
J'ai signalé la chose à un représentant de la police municipale qui a dit: "encore!" et qui, par téléphone a chargé quelqu'un de retirer les drapeaux.
Drôle d'époque.
