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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 07:09

J'ai regardé en différé (merci Pluzz) un documentaire étonnant qu'a diffusé Arte mercredi 17 juin et qui est consacré aux "films interdits du IIIème Reich", c'est à dire aux films voulus par Goebbels, le responsable de la propagande du régime hitlérien.

Par voulus on peut entendre toute la gamme qui va de "souhaités" à "financés" en passant par "encouragés", quand ce n'est pas "commandés".

Les plus connus sont évidemment "le juif Süss" et "stukas" mais d'autres films étaient montrés dans le documentaire qui étaient effectivement symptomatiques de ce cinéma édifiant dont le message se voulait politique.

Certains, la plupart, de ceux dont on a vu des extraits étaient parfaitement grotesques ("Stukas") et l'on se demande comment même à l'époque ils ont pu fonctionner sans déclencher le fou-rire.
Il est vrai que la Gestapo ne déclenchait pas les rires et que le régime n'était pas drôle mais cette pantomine à la gloire des pilotes avec chants patriotiques... quel ennui, quel ridicule.

Ces films, produits de 1933 à 1945 avec des budgets considérables avaient pour mission de faire passer les "idées" du régime avec la finesse de ses armements: élimination des malades mentaux ou physiques (le programme "t4"), préparation de la population à la guerre en présentant la Pologne comme l'agresseur etc etc.
Tous ces films véhiculaient -et véhiculent toujours- un message mensonger et des idées néfastes.
Le documentaire expliquait le contexte de leur interdiction et se demandait s'ils pouvaient être sortis du purgatoire pour être montrés -dans un cadre explicatif- aux nouvelles générations.
Pour "Stukas" le risque est nul tant "Top Gun" et autres niaiseries hollywoodiennes ont refait le film mais pour certains la question est insoluble et le problème reste entier: devant des générations qui ont une culture parfois insuffisante et un esprit vindicatif dû aux jeux et films et pas les connaissances historiques indispensables qui sait si les élucubrations de la propagande nazie ne trouverait sinon un relais du moins une certaine compréhension?

L'exemple donné est ce film odieux (parce que bien fait, avec une bonne photo et des comédiens talentueux) qui inverse la réalité et présente les polonais (et les juifs polonais et les enfants polonais) comme des tortionnaires d'Allemands (pour préparer et justifier d'avance l'invasion de la Pologne de 1939): des adolescents d'aujourd'hui, ne connaissant pas l'histoire, ne donneraient-ils pas raison aux troupes d'Hitler? et ne croiraient-ils pas, en fonction de ce dicton idiot "qu'il n'y a pas de fumée sans feu" que l'histoire qu'on répète est fausse? la théorie du complot et le délire d'extrême droite n'ont-ils pas intérêt à ce que ces films vénéneux soient diffusés?

Ce qui m'a surpris dans ce documentaire c'est le décalage entre la lourdeur du message voulu par Goebbels et la qualité du vecteur. Même cet abominable film "le juif Süss" est un film qui possède des qualités cinématographiques réelles (du moins les extraits que j'ai vus). En celà ce documentaire est intéressant qui montre que cet immonde régime politique, responsable d'un Himalaya de souffrances et de 50 millions de morts, qui a fait, avec le génocide industriel des juifs une tâche indélébile sur l'Homme pouvait avoir de la séduction et utiliser d'authentiques talents.

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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 07:00

Je suis souvent surpris et agacé qu'on demande aux invités , à la radio ou à la télévision, de répondre à une question en deux mots, en deux secondes, très vite.

Pourquoi cette perpétuelle course au temps? est-ce si dramatique si (l'inutile) bulletin d'information commence avec du retard? si la publicité est lancée à un moment où la personne qui s'exprimait a terminé de le faire?

Je trouve pénible qu'on demande à quelqu'un qu'on a fait venir de limiter sa parole à deux ou trois idées fortes sans pouvoir développer sa pensée.

Même un invité "people" ou du spectacle a quelque chose à dire si on veut bien lui donner du temps. Mais la caricature de débat à laquelle tout le monde (de "Salut les terriens" à "touche pas à mon poste" en passant par "le grand journal") s'identifie oblige les invités (toujours les mêmes mais c'est un autre sujet) à supporter de ne pouvoir dire que quelques phrases tandis qu'ils servent de faire-valoir le reste du temps.

Ces impératifs de temps qu'on nous présente comme primordiaux ne le sont pas en réalité. ils témoignent du mépris dans lequel on maintient le spectateur, un crétin qui a trois minutes de capacité d'attention et qu'il faut capter par des augmentations du volume du son des publicités ou un changement de rythme permanent faute de quoi il décrocherait.

Paradoxalement le "zapping", cette émission lamentable qui présente le pire du petit écran, est la grande crainte des producteurs lorsqu'il s'agit de comportement de l'auditeur ou du spectateur.

Quand à 19H58 on pose une question sur l'éventuelle sortie de l'Euro de la grèce à un "expert" on se fout du monde. On est dans le spectacle voire dans la parodie.

Et d'ailleurs cette obsession de la réponse courte, du temps qui passe et du zapping va de pair avec la vedettisation de l'interviewer, de l'animateur ou du chroniqueur.

Je me demande parfois pourquoi les invités type Onfray se déplacent pour parler 4 minutes sur 45 de présence.

Quel message peut passer en si peu de temps?

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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 06:29

Parce que j'ai écrit que Jean d'Ormesson était l'écrivain préféré des 7èmes et 16èmes arrondissements de Paris, qu'il était le Steinbeck ou le Hugo de ce siècle (je plaisantais) et que ses 90 ans n'étaient en rien gage de sa bonification j'ai essuyé une volée de bois vert de Lambert et de Jean-Louis qui m'ont reproché d'avoir la dent dure et "de ne pas aimer mon prochain".


tel quel.

Je considère que cette époque de critique molle et de consensus a minima est émolliente. Quand je n'aime pas j'ai des raisons de ne pas aimer. Pourquoi retenir ses coups contre un imposteur comme cet écrivaillon bourgeois dont l'oeuvre, toute "pléïadisée" qu'elle soit sera considérée comme démodée et sans intérêt le jour même de ses obsèques?

Que sait de la vie cet ultra privilégié qui a eu la fameuse petite cuillère en or dans la bouche dès la naissance? qu'a à raconter cet académicien rance dont les idées auraient plues au Marquis de Bouillé?

Imagine t'on un jeune adolescent de 2100 lire du Jean d'Ormesson? un jeux vidéo dérivé de son immortelle oeuvrette "le vagabond qui passe sous une ombrelle trouée"? restons sérieux...

Il est de bon ton, parce qu'il manie le subjonctif, parce que c'est un vieillard élégant et parce que sa voix flûtée fait oublier l'ancien directeur sectaire du "Figaro" et le défenseur acharné des très riches, du capitalisme impitoyable et des faux présidents nobles qu'il fût de s'extasier sur son charme.


Acceptons qu'il soit "charmant". C'est bien la seule qualité que je lui reconnaisse.

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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 06:39

En Terminale, à la rentrée, dans ma classe mixte un nouvel arrivant avait fait sensation en étant barbu.
J'ai longtemps été doté d'une pilosité du visage médiocre, mitée et pour tout dire peu crédible.
Gainsbourg avait justifié sa barbe permanente de 3 jours en disant que lui aussi avait dû attendre longtemps que celle-ci veuille dire quelque chose.

Ce n'était alors "pas à la mode" et les barbus écopaient souvent de surnoms idiots ("Landru") et se faisaient rappeler à l'ordre par le titre d'une émission de Pierre Dac et Francis Blanche ("Malheur aux barbus") datant de Mathusalem.

Les groupes de rock voyaient leurs membres disparaître derrière des chevelures et des barbes qui rappelaient les Dupont et Dupond pendant le voyage vers la lune ou les protagonistes d'Astérix le Gaulois confrontés à une potion capillaire en lieu et place de la fameuse potion magique dans le 1er et magistral épisode de la série..

J'ai souvenir de photos de George Harrison et John Lennon ou l'on se prend à penser qu'ils ressemblent plus à des popes orthodoxes ou à des rabbins juifs qu'à des guitaristes britanniques...

Même à cette époque de libération, avec les hippies et le "summer of love" il n'était pas de bon ton, dans la France de Pompidou puis de Giscard, d'arborer moustaches et barbes. Les lycées et les entreprises auraient toussé.

Retour de manivelle; aujourd'hui c'est le contraire. Du lycéen à peine pubère aux vieillard abordant le quatrième âge tous les hommes portent un dispositif pileux sur les joues, sous le nez et sur le menton.
La barbe de sapeur, drue et longue est partout et croise la barbe à la Gainsbourg. Au début signe d'indépendance elle devient, comme le tatouage, signe d'appartenance au troupeau. Pour le coup c'est le visage glabre et la peau rose qui font tâche!

On voit des barbus absolument partout. Même Sarkozy (à qui ça va comme des lunettes à une chanteuse grecque) s'y est, un temps, mis. Son conseiller, l'insupportable Pierre Giacometti aussi. Tout le monde s'y met. Même les gagnantes de l'Eurovision!

Le summum étant ces êtres sortis de nulle part, body-buildés, les cheveux rasés sur les côtés mais touffus sur le dessus, les lobes des oreilles troués et allongés, tatoués jusqu'aux mollets et portant une barbe de légionnaire. Je donnerais cher pour les voir en entretien d'embauche ou demandant un délai de grâce aux impôts. Ca doit être folklorique!

Cela dit c'est un authentique plaisir de ne pas se raser quotidiennement et la barbe va plutôt bien à bon nombre d'hommes. Même celle des légionnaires. Nos possibilités de changer de tête sont rares et le chômage du rasoir en est une qui fait du bien.

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 06:32

Tout arrive: il suffit d'attendre. C'est au cours du 10ème épisode de la 5ème série de "Game of Thrones" que j'ai vu une scène qui m'a frappé. Sévèrement frappé.

Celles et ceux qui suivent la série savent combien la reine Cersei a l'âme noire. Incestueuse, maléfique, criminelle elle a en effet une conception de son rôle qui va avec l'époque présumée et correspond aux dérèglements des puissants selon George R. Martin et les responsables de la série.

Jusqu'ici elle s'en sortait toujours mais elle est tombée sur plus dingue qu'elle. Avilie, torturée, emprisonnée, humiliée elle subit dans l'ultime épisode de la dernière saison un supplice abominable pour une personnalité comme elle.
Cheveux coupés, mise nue elle traverse la ville sur la quelle elle régnait sous les injures de la foule et les crachats ou jets d'immondices.

Ce "chemin de croix" (les pieds en sang) dure une bonne dizaine de minutes et n'a rien d'artificiel. Nous savons, d'instinct, comment faire expier ceux qui tombent sous notre coupe et Marie-Antoinette comme de très nombreux autres qui sont passés par l'échafaud à la Révolution ont passé une heure entre la Conciergerie et la Place de la Révolution (aujourd'hui la Concorde) qui ne celait rien à la violence psychique et physique du supplice du personnage de fiction Cersei.

Que ce supplice soit -dans le film- dicté et organisé par une secte religieuse toute-puissante est un degré de plus qui le rend insoutenable. Les religions, plus encore que le bras séculier, torturaient âmes et corps de ceux qu'elles voulaient détruire avant de les faire mettre à mort.
Cet imparfait est d'ailleurs abusif: en février des fondamentalistes religieux ont brûlé vif dans une cage un jordanien accusé de "traîtrise" et les mêmes égorgent des "infidèles" depuis des mois après les avoir sérieusement molestés.

Mais revenons à "Game of Thrones" 5/10. Psychologiquement Cersei, j'en suis convaincu, ne pourra se remettre d'un tel cauchemar. Elle ne pourra plus régner sur un peuple qui l'a ainsi humiliée. Les scénaristes en ont trop fait: le personnage est plus que mort: on ne peut le réutiliser.

...A moins que les scénaristes osent? je regarderais la saison 6. Pour voir.

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 06:10

J'ai enfin vu ce film "le labyrinthe du silence" que je projetais de voir depuis longtemps. C'est un premier film et il est signé d'un inconnu Giulio Ricciarelli. Les deux principaux comédiens (Alexander Fehling et Friederike Becht) sont comme le reste du casting: excellents et crédibles, économes en effets et justes.

Le film raconte comment un jeune procureur, en 1958 (soit 13 ans après la guerre tout de même), découvre les horreurs nazies et ce qui s'est fait à Auschwitz. Il va n'avoir de cesse de traîner les responsables de la mort de plus d'un millions d'hommes, de femmes et d'enfants au tribunal, sur place en RFA.

D'abord et longtemps renié par sa hiérarchie il trouvera quelques personnes décidées à l'aider dans une tâche ardue puisque l'Allemagne, au nom de la réconciliation d'abord puis de la "realpolitik" ensuite avait tendance à chercher à oublier dans l'immédiat après-guerre.

Les Américains, guerre froide oblige, avaient souvent sinon blanchis du moins aidé à se refaire une "virginité" les anciens nazis qui pouvaient les aider contre Staline et l'URSS.

Le jeune procureur va découvrir l'ignominie et l'ampleur du génocide et le fait que la plupart des Allemands y ont sinon participé du moins feint de l'ignorer et à tout le moins fermé les yeux sur ce qu'on commettait presque sous leurs yeux. Il va, horrifié, découvrir le rôle de l'effroyable Dr Josef Mengele (et faire une sorte de fixation inutile sur lui), Eichmann et tant d'autres devenus des citoyens ayant pignon sur rue.
Après s'être tellement identifié à son combat au point de se brouiller avec tous et toutes, (et avec sa ravissante et adorable amie) il reviendra à une conception plus saine de la justice et reprendra sa place, un moment abandonnée, dans la recherche et la condamnation -même symbolique- des coupables.
Le film réussit, sur un sujet casse-gueule à n'être ni trop manichéen ni didactique. L'acteur qui joue le procureur est de ces Allemands qui se qualifiaient eux-mêmes d'aryens: blond, grand, athlétique et froid il aurait pu être du "mauvais côté" et en prend conscience en faisant des recherches trop précises sur ses origines.

Il y a une belle image dans ce film, la reconstitution des années 50 est magnifique et le film n'est jamais ennuyeux.

Il donne l'envie d'en savoir plus sur le côté incroyablement tardif de la prise de conscience des monstruosités des nazis en RFA.

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 07:01

J'ai lu ce week end un livre intéressant consacré au monde si peu sexy du travail et titré: "Cette comédie qu'on appelle le travail".
Ecrit par une femme qui sait de quoi elle parle cet ouvrage porte en sous-titre "Retrouver sa dignité au boulot" qui explique mieux son contenu.

Une fois passé l'agacement de l'égo surdimensionné de Corinne Berthaud on ne peut qu'être d'accord avec elle sur l'immense gâchis humain et économique qui s'opère au nom de théories à la fois stupides et criminelles enseignées et qui trop souvent rendent les cadres autistes et la vie en entreprise infernale.
Mots d'ordres bidons, objectifs impossibles, mépris des personnes, caporalisme.... la somme de calamités qui rend -souvent- le travail insupportable est bien expliquée et des exemples parlants montrent la gravité du problème.
J'avoue que ma naïveté m'a empêché de donner du crédit à cette phrase qu'elle aurait entendue dans une société: "prenez X, et exercez-vous sur elle" (à la "casser" jusqu'à ce qu'elle parte). J'imaginais que des personnalités perverses étaient effectivement à l'oeuvre parfois en entreprise, de là à envisager des méthodes appliquées à la lettre je doute encore.

La description de toutes ces "saloperies" qu'on peut parfois vivre au quotidien laisse songeur. Berthaud constate -certainement avec raison- que parmi les chômeurs qui ne retrouvent pas de travail il doit y en avoir un certain nombre qui ne peuvent plus, physiquement et psychiquement, reprendre le chemin de la "salle de tortures".
Dans ma longue expérience professionnelle j'ai rencontré un certain nombre de mabouls, d'arrivistes forcenés, de ratés qui se vengaient de leur médiocrité, d'aigris, de salauds et d'incompétents qui n'avaient qu'une peur: que cela se voit; sans compter des larbins, des demeurés et des gens qui fonctionnaient en suivant le vent. Rarement d'authentiques pervers poussant les gens au suicide.
J'ai bien aimé que dans le livre l'auteure n'exonère pas ses congénères de sexe féminin: il y a en effet des femmes qui, dans le milieu du travail, sont pires que bien des hommes. Si je réfléchis je dirais même que souvent les "bourreaux" en entreprise sont des femmes.

Question chiennerie la parité est faite depuis longtemps. (j'ai travaillé dans une entreprise où les places hiérarchiques intermédiaires étaient souvent confiées à des femmes pas très belles, pas très futées, seules etc... On pouvait compter sur elles pour focaliser leur attention sur les retards, les vacances et tout ce qui pouvait gâcher la vie de ses subordonnées jolies, jeunes, avec enfants ou plaisant aux hommes).

La plus grande escroquerie de notre époque consiste à culpabiliser en permanence les personnes qui travaillent. Parce qu'ils ont cette "chance" ils doivent accepter des conditions détériorées, des salaires bas et qui n'augmentent quasiment pas, des méthodes de management ineptes et contre-productives et, semble t'il, des attaques à leur personnalité lorsqu'un(e) pervers(e) haut-placé décide de faire ses griffes.

Hormis l'étage "noble" et les actionnaires (qui ne travaillent pas dans l'entreprise le plus souvent) et à des degrés divers le panier de crabes est le même pour tous. La personne avec qui on déjeune et qui vous débine, les collègues qui signent une pétition contre vous parce que la direction le leur a demandé, les gens de la DRH qui vous suppriment l'accès aux mails, les ordres imbéciles.....

Je ne pense pas que le travail doive être un lit de roses. Mais entre ce qu'il est et ce qu'il pourrait être il y a un abime que nous pourrions peut être commencer à combler.

Corinne Berthaud "Cette comédie qu'on appelle le travail (retrouver sa dignité au boulot) Editions Calmann-Levy (2015)

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12 juin 2015 5 12 /06 /juin /2015 06:25

C'est sur, parler de 50cent ou d'Al Pacino rapporte plus aux auteurs qu'évoquer Napoléon qui, allez savoir pourquoi, est plus décrié de nos jours qu'Adolf Hitler et Jospeh Staline réunis.

Qu'on en ait fini avec l'idolatrerie des années 1970 est fort bien, qu'on soit maintenant dans le dénigrement systématique est moins compréhensible.
Des génies comme Napoléon, des hommes comme cet homme là on les compte sur les doigts d'une main et ce n'est sans doute pas Jean-François Kahn, Claude Bartolone ou Brice Hortefeux qui peuvent prétendre à un tel niveau niveau...

Mais bon, acceptons que le seul Français connu dans le monde entier soit indigne et reconnaissons quand même que ses 51 années de vie sont plus palpitantes qu'aucun scénario ou roman jamais imaginé.

Pour en parler désormais on se sert de lui comme d'un "prétexte". J'avais beaucoup aimé le très beau livre de Jean-Paul Kauffmann "La chambre noire de Longwood" (1997) qui donne à voir l'empereur déchu et exilé mais toujours aussi intellectuellement brillant.

J'ai pris à la bibliothèque le livre de Sylvain Tesson "Berezina" qui évoque la fameuse retraite de Russie en lui adjoignant des pensées actuelles et en refaisant le chemin de nos jours.


C'est palpitant. Bien écrit, amusant, intelligent. Bref le genre de livre qu'on aime dès la première page et qu'on essaie de ne pas lire trop vite.
Ce Sylvain Tesson m'avait déjà enthousiasmé avec "Sibérie" mais là il fait fort. C'est à la fois historique et politique, humain et philosophique, un carnet de voyages et une réflexion sur les peuples et la mémoire...

...je vous le recommande.

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 06:32

Nos contemporains aiment les instruments à bruit.

La perceuse et la ponceuse se taillent la part du lion. Les dimanches elles fonctionnent à plein régime et donnent des concerts gratuits que leur jalousent tondeuses et autres rotofils.

Scie sauteuse, Karscher, cireuse, dévisseuse, meuleuse, sèche cheveux, aspirateur, marteau-piqueur.....il y en a pour tous les tympans et tous les moments de la vie.

A croire que nous ne savons pas apprécier le silence et que, comme l'enfant pénible qui cogne sans fin un objet sur une table nous avons un besoin physiologique d'environnement sonore.

Comment expliquer l'inflation sans fin des sirènes de véhicules prioritaires? même les policiers municipaux (ASVP) dont l'essentiel du travail consiste à verbaliser des véhicules en stationnement se rendent d'un point à un autre en actionnant la leur signalant l'urgence de leur insignifiance.

Ma rue est percée de manière régulière. La circulation y est déjà difficile puisqu'il y a 2 cliniques et un hôpital (et pas de places de stationnement prévues, naturellement, d'où klaxon et jurons jours et nuits). Ces travaux de voirie semblent parfois inutiles à moins qu'ils ne servent à faire fonctionner des engins de chantier dont les décibels sont insupportables. Travaux signifient bruit.
Les voitures sont maintenant toutes équipées de radio-CD et leurs propriétaires se sentent obligés de jouer les DJ improvisés. Nous sommes à Alger ou Casablanca grâce à des fenêtres obligeamment ouvertes. Les bateleurs des ondes nous parviennent surtout si un véhicule se gare sous nos fenêtres le temps que ses passagers engloutissent un repas de fast-food (sur les frites duquel vous glisserez mais c'est une autre histoire) toutes fenêtres ouvertes et avec une sono à toute puissance.

Le jeune crétin à casquette et planche à roulettes s'exercera sur son diabolique engin jusqu'à ce qu'il égalise le motard qui prend son élan au bout de la rue question pollution sonore et dérangement.

J'ai l'air de me plaindre... il n'en est rien! les cigales et le bruit des feuilles agitées par le vent me stresse plus que le camion poubelle et je donnerais tous les chants d'amour des grenouilles contre cette machine folle qui scie les pavés et que quelqu'un utilise régulièrement en bas.

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 07:00

Je me suis fait une spécialité: j'enfonce des portes ouvertes. Et le pire c'est que, bien souvent, je prends de l'élan.

Là mon indignation concerne les éditeurs qui, depuis l'attentat à Charlie Hebdo font leur beurre de livres des assassinés du 7 janvier au point que c'en est indécent.

Les vitrines des libraires sont envahies de livres signés Maris, Charb, Tignous, Cabu, Wolinski. Des rogatons posthumes qui assurent à ces vendeurs de papier de substantifiques rentrées d'argent. Le pire c'est qu'ils publient des fonds de tiroir, des rééditions ou des compilations sans intérêt mais qu'en plus ça leur donne bonne conscience. Pour en avoir des miettes les médias donnent des critiques forcément laudatives et hop, le tour est joué.

Alors je n'ignore pas que dans une société marchande la mort donne un sacré coup d'accélérateur à la vente de toutes sortes de choses mais, que voulez-vous, je ne m'y fais pas.

Parce que c'était mon idéal, aujourd'hui tombée dans une fosse d'aisance la presse exploite du plus sordide ("l'horrible agonie!") au plus faux cul ("l'héritage") le décès récent d'une personnalité.

Les marchands de disques qui nous font croire qu'ils meurent alors qu'ils se sont suicidés tant ils nous ont volés publient des compilations de remix et d'hommages (tu parles!) en n'attendant parfois pas le dernier souffle de celui ou celle qui va leur permettre d'agrandir leur mas du Luberon.

Bref j'en ai plein le dos de ces faux-culs qui se gavent en surfant sur l'émotion fabriquée après la disparition de "gens connus".
Les interviews de la veuve de Saint Wolinski, les fausses larmes et les vraies hypocrisies finissent par crisper. (A t'elle signé pour ses "mémoires"? combien de chiffres avant la virgule?)

Les mêmes qui tartinaient des mètres et des mètres de niaiseries après la mort de Jacques Brel de la princesse Diana ou de Romy Schneider sont ceux qui les traquaient peu avant leur disparition. Ils gagnent sur tous les tableaux.

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