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27 mai 2015 3 27 /05 /mai /2015 07:19

La cinémathèque de Toulouse rend un hommage complet et mérité à Stanley Kubrick, cinéaste décédé en 1999 et dont les 13 films sont tous, à des degrés divers, dignes d'intérêt.

Pendant longtemps j'ai aimé l'oeuvre sans le moindre recul, comme un tout indissociable dont les qualités évidentes effaçaient les quelques défauts que je ne pouvais ignorer tout en les minimisant.
Le temps aidant mes sensations et mon jugement ont décanté et je considère toujours le cinéaste comme un des tous meilleurs du monde tout en reconnaissant que tout n'est pas "génial" dans son oeuvre même si ses films les moins réussis sont exceptionnels à l'aune de la concurrence. Il a marqué et marquera à jamais l'Histoire du cinéma.

Toujours personnellement, je ne vois que Joseph Manckievicz et Billy Wilder comme cinéastes approchant cette presque perfection (avec, eux aussi, des films moins bons voire mauvais qui rehaussent cependant leurs autres oeuvres)

On a ressorti, contre son gré, son oeuvre de jeunesse "fear and desire" qui, excepté une photo de grande qualité, est une ébauche ennuyeuse et sans génie.

"2001, Odyssée de l'espace" reste, pour moi, un film long et ennuyeux, indigeste même. J'en sais les théories audacieuses et les innovations de mise en scène mais ce film ne m'a jamais passionné.

"Eyes wide shut", le tout dernier long métrage qu'il n'aura pas vu monté est magnifique formellement mais l'histoire racontée n'emporte pas mon adhésion (tout ça pour ça) et Tom Cruise est trop léger pour que le film soit à la hauteur des autres.

"Full metal jacket" comprend deux parties inégales: la première est brillantissime, la seconde ne me convainc pas. Là aussi le choix du comédien n'est pas étranger à ce demi-succès.

Après j'exclus presque naturellement "Spartacus" qui fût un film de commande et du scénario duquel Kubrick n'a pu s'éloigner.

Alors, me direz-vous? "Le baiser du tueur", "l'ultime razzia", "les sentiers de la gloire", "Lolita", "Dr Folamour", "Orange mécanique", "Barry Lyndon", "Shining" restent des films qui m'ont profondément marqué et que je vois et revois (sur grand écran) avec plaisir et passion.

La cinémathèque de Toulouse a convié Jan Harlan (qui a réalisé un très grand et beau portrait du cinéaste "Stanley Kubrick, une vie en images") et Michel Ciment, l'auteur "du" livre indépassable sur le metteur en scène à donner leur point de vue tandis que la filmographie complète sera projetée sur un bel et grand écran.

Personnellement je suis comblé!

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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 06:27

Valérie Lemercier est une personnalité à part du show-business Français. Elle possède une personnalité unique. Elle a commencé par jouer une bourgeoise hyper-coincée dans l'émission de Jean-Michel Ribes dans laquelle elle donnait des conseils ahurissants et d'un mauvais goût achevé. C'est d'ailleurs sa "marque de fabrique": dire et faire des monstruosités avec une sorte de candeur et de bon-chic bon-genre souvent copié jamais égalé.

Après qu'elle ait acquis une certaine reconnaissance avec le personnage de "Lady Palace" et ses énormités elle s'est lancée dans le one woman show avec un culot stupéfiant. J'ai vu deux spectacles différents d'elle et ne m'en suis pas encore remis. Toujours cet humour qui part dans une dimension proche de la folie, ses provocations verbales mais pas uniquement, le nonsense et, je le reconnais, le n'importe quoi. Je me souviens être allé voir le premier spectacle avec des amis à Paris dans lequel elle jouait la bourgeoise (qui allait fortement inspirer la Béatrice des "Visiteurs") et avoir pris conscience pendant le show que notre amie était à la fois dans la salle avec nous et... sur la scène dans le personnage joué par Lemercier. Elle ne s'y était d'ailleurs pas trompée et avait détesté le show et critiqué vertement la comédienne, le spectacle, la salle, le quartier et mon choix de sortie. Personnellement je suis client de cet humour limite, de ces personnes dont on ne sait jamais s'ils sont sérieux ou s'ils "déconnent à plein tube". J'aime sa façon de parler et surtout son univers. Elle seule est capable d'inventer des personnages comme ceux des films "le derrière" (les hommes interprétés par Dieudonné, à l 'époque irrésistible en proctologue homosexuel (!), Claude Rich (en "cultureux" de gauche) et l'adorable Marthe Keller en punaise parasite, méchante et vaniteuse) et "100% cachemire" (Excellent Gilles Lelouche et invraisemblable Valérie Lemercier en mère adoptante pas contente de l'enfant qu'elle reçoit).

Si la démesure de l'actrice est mise en valeur dans les films qu'elle réalise elle-même elle n'en est pas moins excellente dans presque tous les rôles qu'on lui confie. J'aime les scènes folles et situations impossibles qu'elle invente et dont elle parsème ses films (la tâche de vin de Didier Bénureau, la saillie équine et l'aquarium rempli d'oranges dans "le derrière") et par dessus tout le fait qu'elle ose tout (ses sketches avec Kad et Olivier, avec les nuls etc...). Et je suis admiratif de ce que, seule dans son genre, Valérie Lemercier n'a jamais publié de DVD de ses spectacles ni publié de livres. Certes elle a enregistré un disque stupéfiant et j'espère parodique ("goûte mes frites") et dépasse parfois les bornes du bon goût mais, comparée à la "concurrence" elle est cent coudées au dessus.

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 06:47

Je suis agacé par le ton persifleur du "Canard enchaîné" (et d'autres magazines) à propos de la reconversion d'Arnaud Montebourg.
"Il vend des meubles, des chaises et des tapis" est dit avec désinvolture et mépris ce qui est un comble pour un journal qui ne cesse de reprocher aux politiques d'être éloignés de la vie des Français.
Je ne suis pas un inconditionnel de Montebourg, loin de là. J'ai une analyse très négative de son parcours politique fait d'esbroufe et qui n'a quasiment servi à rien.
Son passage au PS comme au gouvernement se solde par du désordre, du bruit et de minuscules résultats.
Mais pour une fois qu'un homme politique essaie de se confronter à l'entreprise il ne rencontre que sarcasmes quand ce n'est pas du mépris.
Habitat, visiblement ces beaux esprits l'ignorent, s'est repositionné et vend de beaux articles à des CSP+. La clientèle de ces magasins de centre ville est huppée et a du goût.
Montebourg a intégré la direction et a donc un poste de responsabilité dans une entreprise importante qui travaille bien. Où y a t'il matière à ricaner?

Notre classe politique, nos médias et les intellectuels auto-proclamés montrent leur abyssale méconnaissance du monde du travail. Pire leur dédain pour ce qui est "commercial" et "grand public".
Moi, je trouve que Montebourg est au contraire digne de respect et son exemple devrait être suivi par tous ces parasites qui vivent dans les palais nationaux en ignorant l'économie et le monde des entreprises.
Une fois de plus la bécasse gloussante de France-Inter Charline Vanhoenacker, payée par le service public rappelons-le, est tombé dans son travers fait de mépris et de ricanement en parlant de "Montebourg qui vend des abats-jour" .
Oui, Charline, Montebourg travaille dans une boîte qui ne vit pas de redevances ou de subventions, qui fait des bénéfices en faisant travailler des salariés et des sous-traitants.


Vos rires stupides n'avaient donc aucune raison d'être.

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 06:12

C'est amusant de se voir raisonner. In situ, en direct Live.
Françoise regardait "C à vous" lundi soir et l'ex sous-ministre Jeannette Bougrab était l'invitée de l'émission.
J'avais plutôt un à priori favorable pour cette jolie femme décidée et qui parle bien. Ses origines (fille de Harki) revendiquées, son caractère et son ambition mesurée me la rendaient plutôt sympathique.

Son passage dans un ou deux gouvernements de François Fillon n'avait pas entamé son capital sympathie et d'apprendre qu'elle avait été la "fiancée" de Charb, au moment où celui-ci disparaissait révolvérisé par des cons avaient augmenté ce capital.

Sur le plateau de "C à vous" je l'ai trouvée peu crédible et surtout l'objet de trop de critiques de trop de personnes et le tout allant dans le même sens.
Rejetée par "Charlie Hebdo" je peux comprendre. rejetée par la proche famille de Charb je peux comprendre; mais rejetée par ces deux entités plus les journalistes et le monde de la politique ça fait un peu beaucoup.

Son système de défense, qui consiste à montrer des documents personnels et à agresser ceux qui la rejettent dans des torchons de l'extrême droite atteint le but opposé à celui qu'elle s'est fixée.
Non seulement on doute -je doute- mais elle donne raison et crédit à celles et ceux qui la poursuivent de leur griefs.
Ses beaux yeux noirs et sa tristesse visible n'empêchaient pas la pensée "c'est une fouteuse de m..." de s'insinuer en moi. Plus elle se défendait plus elle atteignait l'effet inverse.
Je suis allé préparer le repas pour ne pas voir l'hallali.

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 06:28

J'ai lu le livre de Philippe Besson "Vivre vite", sorte de biographie romancée de James Dean pour qui l'auteur éprouve une grande sympathie. Ca m'a donné envie de revoir sa courte filmographie.

J'avais vu, il y a très longtemps, les 3 films qui ont fait la gloire de Dean et en gardait un bon souvenir.

Première surprise ni à la médiathèque de Toulouse ni à la Fnac je n'ai pu m'en procurer des copies à visionner séance tenante. Dean est célèbre mais c'est une icône figée. Son fan-club est grabataire...
Il a fallu les télécharger mais ça a été vite fait et les deux films disponibles ("Rebel without a cause" et "Est of Eden") l'ont été de bonne qualité et en V.O.
J'ai commencé par "Eden" parce que l'affrontement de deux frères et la "caution" de l'adaptation de John Steinbeck ont joué à plein.

Quelle déception! Elia Kazan est un metteur en scène mondialement connu et je garde notamment un excellent souvenir de "La fièvre dans le sang". Emphatique et théâtral sa mise en scène est balourde et ennuyeuse. Le jeu des acteurs est outré et il règne une sorte d'hystérie psychanalytique à la fois ridicule et gênante tout au long du film.

C'est peu de dire que j'ai été déçu. J'ai trouvé le film imbuvable. Le grotesque n'est jamais loin et le cinéma a tellement évolué depuis le tournage d'"à l'est d'Eden" que ce film semble un condensé de ce qu'il ne faut plus faire. Dialogues édifiants, atmosphère bien-pensante qui fait appel aux idées religieuses, pré-déterminisme pesant ("je suis mauvais-e" revient comme un leitmotiv dans le dialogue) musique bêtement démonstrative, couleurs gerbantes, plans larges inutiles... imbuvable.

Et James Dean me demanderez-vous? alors là c'est un mystère pour moi. Petit, trappu, court sur pattes, le regard à la limite du strabisme il surjoue comme dans les "cours de théâtre" des clubs d'art dramatique de lycées. Il est insupportable. On ne comprend pas la moitié de ce qu'il dit et il minaude comme une quelconque Miss Météo de Canal+.
Sans doute était-il "moderne" en 1955. Depuis on a quand même eu Richard Gere et Joey Star.

Euh... mes exemples sont peut-être mal choisis!

Revoir James Dean aujourd'hui c'est quitter une Mercedès millésimée 2015 pour conduire une Juvaquatre d'après-guerre. On ne gagne pas au change même si c'est exotique.
...Je ne crois pas que je vais regarder "la fureur de vivre".

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 07:10

J'ai vu quelque part qu'il y avait eu un "débat" entre Emmanuel Todd et Alain Badiou. C'est à hurler de rire: les deux personnages sont ce qu'il y a de plus sclérosé en France. Un anti-raciste qui a poussé le raisonnement si loin que les Islamistes radicaux de Daesh sont des victimes à ses yeux et un marxiste chimiquement pur qui défend des positions que Félix Djerzinski, le fondateur de la Guépéou, aurait fait fusiller à la Lubianka car trop parfaitement dans la ligne pour ne pas inquiéter les dirigeants soviétiques, Lénine et Staline les premiers.

Ce Badiou là est absolument impitoyablement "réactionnaire" et trouve des vertus aux purges de 1920 en URSS et au génocide Khmer rouge. Nous avons, en France, de tels penseurs, de tels intellectuels qui n'ont jamais craint d'être du côté des tortionnaires et de le revendiquer. Qu'on se rappelle les affaires Boudarel ou Battisti...
Des tortionnaires d'extrême gauche, faut-il le préciser?

On en est là aujourd'hui. C'est Cannes et sa vulgarité, Roland Garros et son bling-bling ou des débats en forme de tempête dans un verre d'eau dont les arguments datent de 1917.

Pendant ce temps-là les Chinois continuent d'acheter les meilleures terres d'Afrique et d'Asie et de nous vendre tout et rien.Comme disait Lénine à propos de son merveilleux régime politique: "nous leur vendrons la corde avec laquelle nous les pendrons". Pas de doute: les Chinois appliquent un marxisme brut de fonderie.

Mais réjouissons-nous, notre classe politique a conscience des enjeux. Elle s'apprête à nous rejouer le match de 2012 Sarkozy vs Hollande avec la franchise le Pen en arbitre des élégances programmatiques.

Nico....Tu m'accueilles en réfugié politique à Montréal?

2ème PS. Ras le bol de "Zyèdébuna". Ras-le bol ras le bol.

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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 07:10

Evidemment il nous est impossible de nous imaginer nous même en bourreau, en tortionnaire, bref en salaud.
Quand une étude sociologique comme le fameux rapport de Stanley Milgram ("Expérience sur l'obéissance et la désobéissance à l'autorité") est évoquée on s'imagine forcément en celui qui a stoppé l'expérience dès le début, pas en celui qui a envoyé des doses à tuer le cobaye.

Il est vrai que l'étude faite à l'Université de Yale entre août 61 et mai 1962 a de quoi laisser songeur. (NB; Henri Verneuil s'est inspiré de cette expérience pour la longue séquence du film "I comme Icare" dans laquelle il montre les réactions de personnes soumises à des ordres inadmissibles). Rien ne nous dit que, dans des circonstances voisines, nous ne nous soumettrions pas à l'autorité, quelle qu'elle soit (médicale, militaire, politique, économique).

A travers un film de fiction Allemand vieux de 15 ans j'ai découvert l'étude comportementale dite de Stanford (1971) ou aussi "Effet Lucifer" menée par un sociologue américain répondant au nom de Philip Zimbardo. 20 hommes de toutes origines ont été sélectionnés pour une sorte de "jeu de rôles". 8 sont désignés arbitrairement pour être gardiens de prison et 12 pour être leurs prisonniers. Certains se sont tellement prêtés au jeu, démontrant une véritable propension au sadisme que l'expérience dût être prématurément interrompue.

Le film dont je parle, "l'eXpérience" est une belle réussite. C'est un film de fiction qui joue sur la corde sensible et, s'il relate l'expérience de Stanford il en invente des rebondissements et en exagère les conséquences.
Il n'empêche; la violence, le sadisme, la cruauté des gardiens et la couardise, la provocation ou l'effondrement des taulards de circonstance fait réfléchir.

Avant de (presque) sombrer dans le gore et le grand guignol le film montre bien comment, de glissement en glissement, des hommes ordinaires peuvent basculer et c'est ce moment, cette partie du film qui sont passionnants.

En croisant ces études reconnues et d'autres, telles celle de Christopher Browning "Des hommes ordinaires", basée hélas non plus sur une expérience scientifique mais sur des faits réels, on voit que le vernis de la civilisation est aussi fragile qu'un lac Canadien dans la région des Laurentides. (censés supporter le poids d'un tank de l'armée allemande et se brisant sous les hmmmmssshhmmfff kilos de votre serviteur).

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 06:40

"Au coude à coude", "dans un mouchoir de poche" et "très serré" le scrutin d'outre-Manche, selon les Instituts de sondages britanniques promettait un suspens en or massif.
Résultat des courses, le parti conservateur au pouvoir a la majorité à lui tout seul, David Cameron rempile au 10 Downing Street et 6,2% des votes séparent les tories des travaillistes. Qu'est-ce que ce serait si les pronostics avaient été moins "serrés".

Les instituts de sondage Anglais sont bel et bien aussi nuls que ceux qui sévissent de ce côté du Chunnel et par panurgisme ils se copient les uns les autres jusqu'à s'intoxiquer eux-mêmes.

On ne le dit pas assez: les sondages pourrissent notre quotidien. Il y en a partout et sur tout. "Achèteriez-vous des yaourts aux brocolis?", "Nicolas Sarkozy sera t'il condamné dans une des 11 affaires dans lesquelles il est impliqué personnellement?", "le chirurgien esthétique qui a opéré Catherine Deneuve doit-il aller en prison?", "Dacia construit-il des brouettes ou des autos?", "Le film Bulgare sous-titré en turc et joué par des non-entendants Albanais aura t'il la palme d'or à Cannes?"; il y en a pour tout.

Ils ne servent à rien tout en permettant aux journaleux de pisser des paragraphes sur leurs pseudos "enseignements". Ceux qui les commanditent et ceux qui les touillent se retranchent derrière "la photo instantanée de l'opinion" qui est à la fois une forfaiture et une excuse minable. Car enfin, s'ils ne sont pas fiables à quoi servent-ils?

Chaque élection est désormais courue d'avance et, malgré l'explosion en vol de DSK ou la présence non prévue de Le Pen au second tour de 2002 les instituts pérorent en nous intoxiquant.

Avec le "témoignage" ("j'ai un pied bot, des tentacules à la place des bras et un cerveau d'oursin mais je cours le Marathon de New-York") le sondage est la plaie de notre époque. Dans les deux cas le but ultime et non avoué est de nous manipuler et de nous empêcher de penser.

Songeons-y: avec le sondage et la "communication", avec la publicité et le témoignage et en les mixant on a inventé la machine à décerveler la plus parfaite qui ait jamais été mise au point.

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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 07:01

Dans la boîte que je quitte il n'y avait guère que 6 ou 7 personnes supportables sur 48. Et encore. Seulement 3 ou 4 avec lesquelles l'idée de déjeuner aurait pu me traverser l'esprit.

Travaillant en home-office je ne les ai que rarement vus et les contacts sont restés polis et aimables à défaut d'être chaleureux.
Pour leur défense le bassin minier de St Etienne n'est pas réputé pour la gaité de ses résidents et l'ambiance quotidienne de la société avait plus à voir avec les pompes funèbres* que la maison de disques branchée.

L'autre jour je discutais avec l'un d'eux et nous parlions de la pingrerie de la direction qui économisait sur tout au risque de froisser les clients de l'entreprise. Cadeaux miteux, cartes de visite ringardes, charte graphique hideuse.... mon interlocuteur, plus mesuré que moi, opinait du chef.
J'allais aborder la documentation proprement nulle lorsqu'un signe intérieur me fit m'arrêter à une seconde près de déblatérer sur celle-ci.
...Mon vis à vis en vanta la mise en forme et m'indiqua qu'il en était le concepteur.

Ouf. j'étais à deux doigts de lui dire tout le mal que je pensais de cette stupide plaquette que nombre de clients avaient mise plus bas que terre devant moi. Dessin laid, caractères mal choisis, bavardage inutile, vilaines couleurs et erreurs... le prototype de ce qu'il ne faut pas faire.

Il faut dire que le graphisme est un métier et que personne ne demanderait à un charcutier de mettre en page une documentation ni à un salarié certes sympathique mais totalement dépourvu de talent et d'expérience en la matière de s'y essayer. C'est pourtant ce que mon ex-boîte avait fait dans le but d'économiser de l'argent.

Parlant de sa conception de dessinateur et metteur en page l'homme se mit à divaguer. J'ai fait des progrès: j'écoute ma voix intérieure et arrive à éviter ces situations délicates ou ma parole trahit ma vraie pensée sans avoir vérifié qu'elle sera bien reçue.

*Authentique: le PDG m'a reproché un jour d'être "trop" souriant et d'être d'un naturel trop joyeux. Je lui ai alors dit: "je ne savais pas que je travaillais chez Borniol" mais il n'a pas compris.

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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 07:38

Sans doute beaucoup plus inquiet que je ne le pensais sur le déroulement de la journée je suis allé hier à Lyon, au siège de la société qui m'employait (jusqu'à ce soir) afin de rendre la voiture de fonction, l'ordinateur, l'I-phone et un carton de paperasse sans (grand) intérêt.

Réveillé à 4H30 du matin, le sommeil avait déserté mon appartement. J'avais 500 km à faire je les ai parcourus à une moyenne ridiculement basse.

Après avoir signé une rupture conventionnelle qui m'exonérait de la moitié du préavis, le dernier jour dans une société dans laquelle je ne me suis jamais plu était arrivé.

On devrait toujours se fier à ses premières impressions. Ce sont souvent les bonnes: dans les trois entretiens d'embauche le contact avec le DG-Actionnaire-DC et malheureusement pour moi N+1 s'était mal passé. Il n'écoutait pas mes réponses et m'interrompait tout le temps, je n'écoutais pas ses questions et répondais à côté.

En le quittant (les 3 entretiens s'étaient déroulés à Vitrolles) je m'étais dit que la cohabitation serait difficile si j'étais pris et aussi, concomitamment, que je n'aurais pas le poste.

J'avais tort. Des circonstances originales ont contourné cette perception des choses: Je n'étais pas leur premier choix mais la personne engagée a vite pris la tangente et le poste m'est échu.

Dès les deux premières semaines de formation à St Etienne j'ai eu confirmation de deux choses: l'entreprise était aux antipodes de ce qui me convient et le personnage qui m'avait engagé était fou à lier.

Quatorze mois plus tard je suis soulagé et heureux de ne plus avoir à traiter avec eux (la boîte et son principal représentant hiérarchique) et je jure qu'on ne m'y reprendra pas.

Les hommes sont bizarres: celui que j'ai appris à détestiser (contraction entre détester et mépriser) s'est montré absolument charmant lors de ma restitution du matériel.
Il ne m'interrompait plus, ne commençait plus chaque phrase par moi ou je et... n'a pas parlé travail une seconde. Il m'a même évité le train et le Rhônexpress en m'accompagnant à l'aéroport alors que tout le monde m'avait dit que ce serait à moi de me débrouiller.

...Je crois même que je l'ai vu sourire!

Je raconterais peut-être ici l'atmosphère stupéfiante qui règne dans cette société. Mais je dois d'abord laisser décanter mes souvenirs et me persuader que ce que j'ai vu et vécu parfois n'est pas le fruit de mon imagination.

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