Même s'il est très prolifique, même s'il est touche-à-tout, même s'il est parfois dans la facilité il est rare qu'un artiste soit constant dans l'écriture et l'enregistrement d'albums depuis aussi longtemps.
Il suffit pour s'en convaincre de regarder Aznavour dont le dernier "succès" doit remonter à 1973.
Non, l'auteur compositeur dont je parle est RE-GU-LIER. Il écrit avec une régularité de métronome des chansons intelligentes et belles qu'on identifie dès la première mesure.
Le chanteur en question a déjà à son actif, en carrière solo, quelques uns des plus importants et des plus beaux albums de pop-rock du XXème siècle. "Graceland" (1986) et "Rythm of the Saints" (1990) sont deux vrais chefs d'oeuvre. Je tiens "You can call me Al" chanson extraite du 1er cité et le clip qui va avec pour des réussites absolues.
Un peu oublié ces temps ci je considère que celui à qui on doit le disque "Songs from the Capeman" (1997) qui est presque au niveau des deux autres mériterait mieux que ce succès d'estime que nous lui offrons de ce côté de l'Atlantique.
Je pense que des chansons comme "Father and daughter" (2002) ou "That's me" (2006) sont de vraies pépites qui valent bien les "scies" de l'époque du duo auquel on fait toujours référence. Paul Simon, car c'est de lui qu'il s'agit, a écrit des grandes choses depuis "Sounds of silence" ou "The Boxer" mais ici nous restons bloqués à cette très lointaine époque.
C'est dommage car ce qu'il fait vaut bien ce que fait Bowie (largement surestimé), Neil Young (idem), Dylan (qui lui n'a pas fait de coups d'éclat depuis des lustres) et tant d'autres qui bénéficient d'une plus grande exposition médiatique.
Paul Simon fait partie de ces rares artistes dont les compilations nous font immanquablement penser: "C'est de lui, ça? et ça aussi...". Un artiste rare et régulier dont chaque album recèle des perles méconnues.
A l'heure où la musique populaire mondiale verse dans le commercial et l'insignifiant il est bon de se rappeler cet artisan dont le physique passe-partout a sans doute empêché une carrière à la Bruce Springsteen. .
