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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 06:22

Comme une très grande partie de mes contemporains j'ai plusieurs appareils qui me permettent de prendre des photos. Un petit appareil numérique que j'ai acheté il y a deux ou trois mois pour remplacer celui que j'avais perdu en montagne, un autre appareil numérique que j'avais perdu en montagne (et retrouvé sous le siège de la voiture), un i-phone que m'a offert Nico et un i-phone appartenant à ma société.

 

Comme beaucoup de mes contemporains j'ai pris l'habitude (mais elle confine au toc) de prendre des photos toujours et pour n'importe quelle raison. Une porte clic-clac, une mare clic-clac, mon chat clic-clac, la Méditerranée clic-clac, l'océan clic-clac... Pire qu'un papparazzi je photographie en dépit du bon sens et m'émerveille de la qualité de mes prises de vue. Avec ces appareils il faudrait être manchot pour les rater, je le sais mais me rengorge néanmoins d'être devenu, à mes propres yeux, un Boubat crédible et un Cartier-Bresson incontestable. Il m'arrive même de me trouver du génie.

 

Comme l'essentiel de mes contemporains je bascule mes précieux clichés (Barcelone en 2012, Barcelone en 2013, Barcelone en 2014...) sur mon ordinateur d'où je ne les sors que les jours où il neige et fait nuit à 16H44.

Bref, pas souvent.

 

Comme trop de mes contemporains je trouve des débouchés à mes passionnants travaux photographiques: sur Facebook où ils me valent 1 ou 2 "like" de complaisance et en "fond d'écran" où ils me lassent en moins de 48H.

 

Ce week end sur l'île de Ré je me désolais d'avoir cru que la batterie de mon Nikon Coolpix était chargée et de ne pas avoir apporté le chargeur de batterie. Je suis déjà venu souvent sur cette belle île mais une ou deux maisons ou roses trémières ont dû passer à l'as et ne pas être immortalisées par votre serviteur, alias le photographe fou.

Heureusement Pierre m'a fait remarquer que mon i-phone (je l'avais oublié!) le remplacerait sans difficultés.
J'ai canardé sec, force est de me l'avouer.
...Et je suis content de mes photos.

D'ailleurs je suis en train de les télécharger tandis que j'écris ce texte un peu "cliché".

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 06:42

Ce livre a eu un tel succès, on m'en a tellement parlé en termes élogieux que j'ai hésité à l'acheter. D'habitude quand j'ai envie d'un bouquin je ne fais pas de manière. Je vais à "Ombres blanches" la plus belle librairie de Toulouse ou, par chauvinisme de quartier à "l'autre Rive", celle du mien et j'achète celui que je convoite.

Là, la polémique entre "Marianne" et "Le Nouvel Observateur", le sujet et les pages que je lis rapidement à la librairie me disent de surseoir à l'achat.
Une voix intérieure me dit: "Tu as acheté deux livres ce mois-ci, Pascale t'a fait parvenir le Goncourt... commande le à la bibliothèque, ça ne te coûtera rien et si tu ne l'aimes pas tu n'auras pas de regret". Il faut parfois écouter sa voix intérieure.

A la biblio on me dit que le livre a beaucoup de  succès et que les 4 exemplaires sont en mains et même retenus après. Je m'inscris quand même sur la liste d'attente et passe à autre chose.
""Au revoir là haut" de Pierre Lemaître qui devrait m'intéresser mais dans la lecture duquel je patine.
Un mail m'informe, le 1er mai (et on dira que les fonctionnaires ne bossent pas assez!) que "En finir avec Eddy Bellegueule" est arrivé (comprendre je peux venir le chercher, on me le garde) mais qu'il ne faut pas tarder pour le récupérer.

Entre temps Alain m'en a parlé d'une manière qui donne envie de le lire et, en le retirant à la bibliothèque, la dame qui me le remet me dit "qu'il est très bien, qu'elle l'a beaucoup aimé".

J'ai lu "Eddy Bellegueule" en 2 ou 3 heures et ai reçu un choc tant ce qu'il raconte m'est étranger. Ce milieu social, cette misère sociale, intellectuelle, physique, ce pays brutal, confit en règles intangibles, ces parti-pris, cette haine des autres,

cette méchanceté, cette cruauté, cet alcoolisme, cette résignation... tout m'a stupéfié. Cette lecture m'a rappelé le service militaire pendant lequel j'avais lu presque tout Zola. Même humanité hideuse et rabougrie, mêmes descriptions ou dialogues auxquels il est difficile de croire.

L'histoire de ce garçon est sans aucun doute vraie et sa quète racontée avec justesse mais, pour dire les choses crûment, on s'en fout. Le sujet du livre c'est son entourage, ces gens qui à l'ère du Net et des vols low cost ne quittent pas leur village, leur vie étriquée et leurs certitudes avilissantes.

Ce livre, par ce qu'il montre d'une partie de nos contemporains, des Français qui existent, votent, regardent la télévision et ont une vision du monde dessine un continent oublié des statistiques et des politiques. "Terra Nova", l'officine qui sert de boussole à la gauche Hollandaise les a oubliés et on comprend pourquoi.

On ne peut ni les aimer, ni les aider, ni les comprendre, ni les écouter. Un constat terrifiant et abyssal.

 

Edouard Louis, l'auteur, et c'est tout le paradoxe de cette histoire, a pu fuir ce milieu atroce parce qu'il était différent

(il est homosexuel). Son "combat" pour exister aurait brisé n'importe qui et continue certainement d'anéantir ceux qui sont restés. J'avais vaguement entrevu ce monde en lisant le livre que Florence Aubenas avait écrit sur l'affaire d'Outreau. Apparemment ce monde là est plus important et prégnant qu'on ne le croit.

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 07:09

Mon premier vrai coup de foudre virtuel a été pour Claudia Cardinale dans "Il était une fois dans l'Ouest". Mon père, pour la première et dernière fois de ma vie m'avait emmené au cinéma voir le film et la beauté éblouissante de Claudia Cardinale m'a fait passer de la "période de latence" chère à cette vieille baderne de Freud à une presque obsession.

Obsédé, je l'ai ensuite été de la magnifique Laura Antonnelli que Belmondo (dont c'était la compagne) imposa au cinéma Français. Des films à sketches comme "Sexe fou" de Dino Risi, "Divine créature" ou "Malicia" ont plus fait pour mon édification sexuelle que toute l'oeuvre de Masters & Johnson...

L'imperméable ciré jaune de Jane Asher dans "Deep End" m'a longtemps troublé aussi.

Jane Fonda, Gong Li, Faye Dunaway, Kim Basinger, Halle Berry, Salma Hayek et Pénélope Cruz également.

Sans oublier la Nicole Kidman de "Eyes wide shut", celle d'avant les bistouris.

 

Dayle Haddon, une beauté brune et ténébreuse aperçue dans quelques navets ("la Crime", "Madame Claude") a aussi su entrer dans mon tiroir à fantasmes. Je n'oublierais pas Carole Laure, Mimsy Farmer, Marthe Keller, Ornella Muti, Anicée Alvina et Romy Schneider qui ne fut jamais aussi troublante que dans "Le trio infernal" en 1973.

 

Avec l'âge et mon penchant pour la cinéphilie se sont adjointes à ces beautés absolues des beautés du passé comme Gene Tierney ("Péché Mortel"), Rita Hayworth ("Gilda"), Ava Gardner ("La comtesse aux pieds nus"), l'Elisabeth Taylor d' "Une place au soleil", Natalie Wood ("La fièvre dans le sang"), Katharine Hepburn ("Le lauréat", "Butch Cassidy et le kid") Candice Bergen mais aussi des femmes plus naturelles et originales telles Brigitte Bardot, Sharon Gurney et Jacqueline Bisset.

J'aurais garde d'oublier des "actrices" aussi indispensables que Sydney Rome ("quoi?" de Polanski), Clio Goldsmith, Valérie Kaprisky, Corinne Marchand et quelques James Bond girls d'anthologie telles Corinne Clery et Famke Janssen deux des plus belles rencontres dans toute sa carrière de l'agent secret britannique.

Plus près de notre glorieuse époque je soulignerais la plastique irréprochable et le jeu intelligent (et réciproquement) de Scarlett Johansson et j'en oublie qui m'ont marqué au fil des années.

Cette vieille potiche surévaluée de Truffaut disait -et je partage son opinion sur ce point- que le cinéma consistait à faire faire de jolies choses à des jolies femmes.
Ce n'est pas Clara Morgane qui nous contredira.

 

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 07:08

Hier soir, sur France Inter vers 22H00 un auteur de bandes dessinées répondant au nom prédéstiné de Mulot parlait doctement, longuement et sans fard de "la technique du périnée" un titre qui avait le mérite de mettre sans détour son sujet sur la table.

Interrogé (avec complaisance et une admiration non feinte) par deux salariés de France Inter l'homme (était-ce l'auteur du texte ou celui des dessins? Florent Ruppert ou Jérôme Mulot? je ne l'ai pas su car je n'étais pas censé écouter l'émission puisque je discutais dans la pièce où la radio diffusait en sourdine) parlait de sexualité comme un spécialiste de la chose.

Avec une précision quasi médicale il parlait de la méthode qui a donné son titre à la bande dessinée en question et qui, je le cite, en permettant à l'homme de contrôler son éjaculation ou de l'empêcher donne à sa sexualité un caractère proche de la sexualité féminine.(!?!)

Personnellement je ne suis pas un adepte de la B.D et ne m'y intéresse plus guère depuis que n'importe qui a fait n'importe quoi de Blake & Mortimer, depuis qu'Uderzo est considéré comme un auteur et que les mangas sont assimilés à de l'art.

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Pour parler franchement je ne suis plus concerné et ce que j'ai entendu hier, par son incroyable pédantisme, son ridicule aussi ne me donne pas envie d'aller traîner au rayon spécialisé de la FNAC.

Je me méfie des auteurs de BD et des journalistes de quotidiens et de radio publique qui veulent améliorer ma sexualité. Est-ce que je m'occupe de la leur moi?

Le sexe et le "cul" ont été abordés il y a plus de quarante ans par des gens respectables, innovants et drôles comme l'excellent Gotlib.
Si je veux lire une méthode pour améliorer mes performances génitales (on parle comme ça de nos jours!) je n'irais pas acheter une BD mais multiplierais les expériences que je requalifierais de Travaux pratiques.
Le peu que j'ai entendu et l'article assommant du Monde* consacré à cette BD, la prétention du discours et le snobisme élitiste que j'y ai retrouvés me feraient, au contraire, acheter un bon vieux "Pervers Pépère" ou "Raaâh Lovely" s'ils n'étaient pas déjà sur mes étagères...

 

* Le Monde 28 avril 2014 Anne Favalier  "Ruppert & Mulot, le sexe comme vous ne l'avez jamais vu dessiné"

 

 

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 07:48

Depuis quelques temps, bien qu'elles m'exaspèrent, je suis exposé* à ces chaînes de télévision qu'on qualifie un peu vite de "tout-info". En réalité ce sont à la fois de redoutables machines à désinformer et de grotesques robinets à âneries. Les présentateurs et présentatrices y prennent des airs inspirés pour débiter au mètre du prêt à digérer consensuel tandis que défile sous leurs pénibles tronches des vérités révélées qui vont toujours dans le même sens. Ce matin, mercredi 30 avril une citation de Vladimir Poutine estimant que les mesures de rétorsion des Européens contre sa politique de déstabilisation en Ukraine "pourrait" avoir des conséquences sur notre approvisionnement en énergie.

Une telle formule, menace directe et odieuse n'est pas un texte qui doit défiler entre les résultats du CAC40 et la météo au Cap Ferret. C'est un "diktat" qui doit être dénoncé et rejeté avec la plus grande... énergie. Au lieu de quoi, Ruth Elkrief et ses terribles clones pérorent bêtement sur les maîtresses de François Hollande en interviewant -comme tout le monde- une journaliste partie explorer les bidets de l'Elysée.

Ces chaînes de télévision, peut-être encore plus racoleuses et vides de contenu que les chaînes nationales sont elles aussi des diffuseurs sans fin de conneries et leur bêtise saute aux yeux de celles et ceux qui sont obligés, dans un bar d'hôtel ou un bureau d'accueil, de les regarder contre leur volonté. Les publicités sont omniprésentes et s'adressent à des CSP+ , montrant par là le panurgisme de cette engeance. Défilent sur les plateaux exigus les mêmes "experts" que partout ailleurs et on est à peine surpris de (re) voir la fratrie Duhamel, Elie Cohen et tant d'autres consultants à vie. En boucle ces chaînes au rabais vous diffusent une bouillie pré-mâchée où surnagent les partis-pris habituels des radios de type BFM. Tout y est calibré et on y met au même niveau une Micheline Dax ou un Garcia-Marquez.

A bien y réfléchir je préfère cent fois les délires du net à cette sage et médiocre pensée lisse et sans curiosité.


* sans le vouloir, on aura compris.

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 07:05

Ma fille a vingt-six ans. Ce n'est plus une petite fille depuis longtemps. Cependant, lorsque je suis avec elle, c'est plus fort que moi je ne la vois qu'en "ma petite fille" et je l'appelle ma puce. Je sais bien que c'est idiot et que ma puce fait plus d'un mètre soixante-cinq qu'elle a déjà fait souffrir pas mal de types et que de treize à soixante-dix ans (voire plus) elle fait tourner la tête de mes congénères mâles.

Je ne la vois plus du tout comme mon bébé et sais parfaitement qu'elle est une "femme en état de marche" (cf "Beau-père" de Bertrand Blier avec Patrick Dewaere et Ariel Besse) ce qui ne m'empêche pas, de temps à autres, de superposer à l'image de la jeune femme solaire et tatouée qui porte (encore) mon nom l'image de la petite nana adorable qu'elle était.

Ça doit l'exaspérer!

Même si je fais très attention de bannir de mon vocabulaire tout ce qui évoque l'enfance et tout ce qui est petit elle sait bien que, malgré moi, c'est ma petite bonne femme que je vois, celle qui inventait des mots adorables, celle qui était joyeuse d'aller à l'école et au centre aéré (même si....). Celle qu'Agnès et Olivier, (dont la fille était bien moins mignonne!) appelaient avec agaçement et humour "le quart de joré" pour ne pas dire mijaurée !!!

Ma fille, ne leur en déplaise, n'a jamais été mijaurée ni tiers de joré ni quart de joré. C'est cette jeune femme aux longs cheveux, aux yeux magnifiques et aux dents blanches, cette silhouette gracile et cette démarche élégante que je reconnais entre mille lorsqu'elle s'avance vers moi avant de m'avoir aperçu. Je reste stupéfait lorsque je vois les photos de mode qu'elle fait, juste pour le "fun". Je suis à la fois fier et surpris que ma petite minette soit devenue une femme qu'on photographie ainsi. Et j'adore qu'elle ait un métier sérieux à l'opposé de ce monde factice.Un métier qu'elle s'est choisi contre vents et marées. 

Comme pour son frère, mais avec cette gangue de machisme qui me colle encore à la peau (je savais avant qu'il soit lui qu'il le serait),  je suis à la fois étonné et conquis de la voir défendre des opinions que je ne partage pas, s'enthousiasmer pour des causes qui lui appartiennent et aimer son F. avec détermination et abandon. Comme tous les parents sans doute, je suis persuadé qu'aucune fille ne pouvait mieux m'aller que la mienne. Ca a été parfois difficile mais c'est une évidence aujourd'hui.


PS: je mets une photo d'elle où elle correspond à cette personne sophistiquée et adulte que je ne connais quasiment pas.

 

 

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 06:55

Fatigué et décidé à ne pas faire d'effort intellectuel j'ai allumé la télévision dans la chambre d'hôtel et ai regardé "Vincent, François, Paul et les autres" film de cinéma datant de 1974 et signé Claude Sautet.

Dieu que ce cinéma a vieilli!!!! il fait peut-être plus dinosaure que les films muets de la belle époque.

Je ne peux pas dire que les acteurs y soient mauvais : Reggiani est au contraire vrai et attachant et Piccoli crédible et agaçant. Les femmes sont des potiches séduisantes mais sans épaisseur. Le problème du film c'est Montand. Il a le rôle principal et il en fait trop. Il en fait des tonnes et il est horripilant. Personne n'oserait plus tirer la couverture à soi comme il le fait. C'est simple, même quand il est de dos il cabotine! Il ne joue pas il surjoue. Il phagocyte les scènes des autres et écrase le film de sa présence envahissante.

Les dix dernières années de sa vie Montand, comme Gainsbourg,  s'est évertué à anihiler la sympathie que le public avait pour lui. Il s'est cramé de trop s'approcher des médias, il a brûlé son image et lassé le public à force de positions contradictoires mais véhémentes, de polémiques inutiles et de films qui ne l'étaient pas moins. On a, en quelque sorte, vu "derrière lui" et la réalité n'était pas plaisante.

J'ai abandonné le visionnage du film lorsque le personnage qu'il interprète est victime d'un malaise cardiaque. trop c'est trop! Même la table de bistrot qu'il renverse en tombant en fait trop....

Certes Antonella Lualdi est superbe, certes Stéphane Audran est bien belle, certes Catherine Allégret est une bonne comédienne (euh... je plaisante!) mais il n'y a pas d'histoire, la psychologie est sommaire (et inintéressante) et on dirait parfois un film familial en super 8. Les clichés tombent à la pelle: la liberté sexuelle de Madame (Marie Dubois, toute en dents), l'Italien séduisant (Umberto Orsini qui allait faire tomber Emmanuelle dans ses bras), l'autre Italien parlant haut, l'abandon des idéaux de jeunesse....

Ce n'est pas le cinéma de Papa c'est celui de grand-Papa! celui des frères Lumière. "L'arrivée du train en gare de la Ciotat" est plus subtil que ce pontifiant long métrage "choral".

Dans les dictionnaires de cinéma Claude Sautet bénéficie d'une indulgence que la rediffusion de ses réalisations va finir par dissoudre. "Mado", "Une histoire simple" et "Nelly et M Arnaud" sont des pensums creux et datés.

Après leur mort et passé un certain temps de purgatoire médiatique les célébrités trépassées trouvent un second souffle. Montand n'a pas (encore?) bénéficié de cette règle non écrite mais presque toujours vérifiée. Son nom et sa personne restent sulfureux.

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 07:02

La cote d'amour du Président Hollande (essayez de prononcer ces deux mots vous verrez qu'on a du mal!) est si basse qu'on se demande comment élu avec 51,8% des voix il y a deux ans elle a pu connaître une telle chute.

Le vote de 2012 était un vote de rejet du Président Sarkozy (essayez de prononcer ces deux mots vous verrez qu'on a, là aussi, du mal) plus qu'un vote d'adhésion à la personne François Hollande et moins encore à celles et ceux du PS ni au programme de ce parti. Aujourd'hui, alors que l'on nous a tout de même évité le retour de Glavany, Guigou*, Lang, Emmanuelli, Delanoë et tant d'autres le résultat (provisoire) de deux ans de Hollandisme est un fiasco absolu et un pays qui oscille entre la déprime et la révolte. La révolte n'aura pas lieu car je doute que les Français rêvent de voir Copé à Matignon et Juppé ou Fillon à l'Elysée. Barnier au tourisme, Bertrand au commerce extérieur et le Maire à l'intérieur, ça ne fait rêver que "le Figaro" de M Dassault.

Revenons-en à la majorité actuelle. Faute d'avoir appelé un chat un chat et de s'être obstiné, au contraire, à l'appeler lynx, tigre, lion, et même ocelot lorsqu'on voit qu'il s'agit d'un bête chat libéral on hurle à la tromperie et la colère ne passe pas avec des blagues façon "je nomme Cresson à Matignon" ou "je fais un référendum sur le référendum" comme François Mitterrand pouvait encore le faire.

Nommer Valls, désigner Cambadélis, reprendre Ségolène, exiler Désir... tout cela sent la cuisine frelatée et, disons-le, l'amateurisme.

Pour énoncer les choses simplement on ne peut pas être "ennemi de la finance" et appliquer méthodiquement toutes les préconisations d'Alain Minc, de Daniel Cohen ou de Christine Lagarde et mettre en musique l'austérité exigée par une Europe des marchés.

Le coup de pied au cul des municipales et ceux qui se préparent pour les Européennes et les cantonnales sont mérités et clairs. Pourquoi se dire tenants d'une autre politique quand on fait celle de tout le monde? pourquoi se dire vertueux quand au contraire on louvoie et agit dans l'ombre? pourquoi écraser son propre électorat alors qu'en parallèle on donne tout à ceux qui, de toute manière, vous haïssent et n'attendent que votre faillite?

Je vois un parallèle fondamental entre la fin du second septennat de F.Mitterrand et l'époque actuelle : Hollande n'a pas la main et tout ce qu'il fait se retourne contre lui. On l'a monté avec un mauvais logiciel!

Ca se terminera aussi avec un PS à moins de 100 députés à l'assemblée Nationale et une opposition qui se croira investie. Si la seule politique qui existe est celle des Fonds de pension exigeant un rendement du capital de 18%, un alignement sur l'Allemagne en tout,  la fameuse "flexibilité", et le salaire comme variable d'ajustement pour actionnaires en mal de profit alors il faut le dire et nommer un Bouteflicka Français à l'Elysée pour
occuper la galerie. Quand on s'occupera de ses AVC on ne pensera pas qu'il brade même le sable du désert ...

Je me pose la question depuis le premier mandat de Chirac. Pourquoi ces hommes se battent-ils comme des loups pour avoir "le pouvoir" et ne font-ils rien une fois qu'il est en leur possession? Chirac a "tué", trahi, menti, compromis, triché pour être président et, des douze ans de sa présidence, on a du mal à isoler une mesure phare. Sarkozy a fait pire avant et pendant son quinquennat et, même chose, on se demande s'il y a une mesure symbole qu'on retiendra dans 50 ans. (ce n'est pas moi qui ai dit: "le Traité de Lisbonne voté en catimini"). Même chose pour Hollande... 30 ans de course à l’Élysée et cette impréparation de tous les instants, cet amateurisme cette pauvreté d'action ...

En 2017 il faudra voter pour un candidat qui sera dans la course par hasard... Ça marchera peut-être?
Deux ans après la présidentielle de 2012 le seul changement qu'on voit est si mince qu'il faut un microscope à balayage électronique pour le détailler.


* hélas, liftée et sûre d'elle-même on la voit et entend partout. Elle est devenue "experte en Europe". Comment? pourquoi?

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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 07:35

"Inventé" par cet idiot de Michel Denisot (oublié depuis et plus vite qu'un vieux dans sa maison de retraite) le "zapping", collage d'instants de télévision marquants est, à mes yeux le symbole de la dégénerescence de notre sens critique.

Ce petit moment de télévision, exclusivité copiée mais revendiquée par la chaîne des dingues du foot et de l'humour vache est comme l'émission d'autrefois "les Deschiens". Sous des apparences de neutralité bienveillante c'est un moment élitiste où les bobos de la France ultra-friquée de la gauche caviar se moquent méchamment des Français de base.

Oui, des "petits blancs" de nos banlieues, des électeurs des "mauvais" partis, bref les beaufs racistes et bas du front qui vont chez Reichmann, Dechavanne ou Davant plutôt que chez Maïtena ou Daphné ...

A travers la sélection accablante de moments ridicules, gènants et parfaitement choisis "on" se moque franchement du pays réel,  de ceux qui font une certaine télévision populaire et de ceux à qui elle est destinée.

Sur la médiocrité et la bassesse de cette télévision populaire je partage leur opinion mais je ne jette pas la pierre à un public qu'on abrutit avec une constance remarquable depuis.... 4 ou 5 décennies.

Vous ne voyez pas tout ça si vous regardez le "zapping" d'un oeil distrait. Mais si vous approfondissez vous verrez que le découpage isole les cons, les moches, les débiles et fait en quelque sorte de la pub pour ce qu'il y a de pire dans les programmes télévisés. Comme Canal + est la chaîne du cynisme on fait dans l'autodérision et le second degré mais le but de cette séquence courte est de moquer la bêtise crasse du spectateur lambda.

A voir comme ce "zapping" est partout et comment il est rediffusé il faut comprendre que les cadres de Canal + y tiennent et qu'il véhicule une part non négligeable de leur idéologie.

Les applaudissements et cris qui l'accompagnent en témoignent par l'absurde. La chaîne de "Groland" ne peut pas dire de but en blanc qu'elle méprise une bonne part de ses propres clients. Elle le fait de manière subliminale avec ce gimmick pitoyable et dérangeant.

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 07:16

J'ai roulé ce vendredi et ai donc été soumis au lavage de cerveau qu'est la radio, que l'on zappe ou pas. Toute la journée il n'a été question que des 30 paires de chaussures (Pas 27? pas 24??) faites sur-mesure d'Aquilino Morelle et de leur séance trimestrielle de cirage à l'Elysée, des conflits d'intérêts que ses activités occultes pouvaient générer avec ses attributions officielles et de la mort du Colombien Gabriel Garcia Marquez.

Donc Aquilino Morelle est la "plume" de Hollande (il lui écrit des discours). L'intérêt de cette information ne saute pas aux yeux mais elle a été répétée 100 fois en 8 heures, quelle que soit la station.

Le même Aquilino Morelle conseillait le président Hollande après avoir conseillé Lionel Jospin lorsqu'il était premier ministre. Ouf, j'aurais pu ne pas le savoir. Que ce gentilhomme de gauche ait porté le non à la Constitution de l'Europe en 2005, qu'il ait été marié à une journaliste connue (Elisabeth Martichoux) et qu'il se soit remarié avec une énarque directrice du cabinet de la ministre de la culture n'a pas été mentionné. Les chaussures oui, la gauche caviar non.

L'écrivain maintenant. A écouter la nécro en boucle son unique titre de gloire est son livre "Cent ans de solitude" et l'autre fait saillant son indéflectible admiration et amitié pour Fidel Castro, le démocrate de Cuba qui a règné plus de cinquante ans sur l'île et continue de le faire par son frère interposé. Les autres livres ont été cités aux journaux du matin puis on en est resté à "Cent ans". Et à son Prix Nobel.
Pas de César? Pas de Victoire de la Musique? Pas de palme d'or à Cannes? Pas d'adaptation par le Dieu Godard? Non!

Mais quand même un prix Nobel. Ouf. C'est mieux que rien.

L'information est une bouillie pour décervelés. Il est heureusement possible de s'abreuver à d'autres sources mais ça demande un réel effort. Un effort considérable.

Le rouleau compresseur de la banalisation et celui de la nouveauté écrasent l'information jusqu'à en faire un "truc" qu'on répète en boucle 24H (ou 48 si ça fait vendre) pour passer ensuite à autre chose. Il y a hélas 365 jours par an et le monde des médias doit trouver 365 fois les chaussures du conseiller ou la mort d'un écrivain que le public de TF1 ou D8 ignore d'ignorer. On est passé aujourd'hui à l'interview exclusive de la femme de DSK. Une journaliste people qui devient elle-même info.... Jusqu'où cela ira t'il?


PS: j'ai tellement entendu de critiques laudatives sur le "génial" Xavier Dolan et ses films que j'ai profité d'un ciel en demi-teintes du lundi de Pâques pour aller voir son dernier opus "Tom à la ferme" célébré jusqu'à l'hyperbole par Télérama, Les Inrockuptibles, Le Nouvel Observateur et le Monde. Je dois dire que j'ai été impressionné qu'un type de 25 ans soit capable d'une telle réflexion et d'un tel métier. Le film est subtil, psychanalytique à mort (mais c'est bien fait et assez juste), formellement réussi, très bien interprété et tout sauf anodin. La première partie est meilleure que la seconde et l'histoire racontée un peu tordue mais on est face à un cinéaste jeune et plein de promesses, un cinéma ambitieux et sans esbroufe qui mérite les critiques élogieuses dont je parlais.

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