J'ai un chat. Les circonstances de la vie ont fait qu'un chat a élu domicile chez moi et que
cet état de fait dure depuis 5 ans.
On avait craqué à deux sur ce chaton siamois ravissant, ce qu'il est devenu est un peu
moins craquant.
Vu comme il se fatigue et considérées ses conditions de vie il est encore là pour un ou
deux autres quinquennat(s).
On dit, d'ordinaire, que ces animaux ont une personnalité attachante et qu'il est reposant
de les voir vivre.
Je ne peux pas dire que mon chat a une personnalité attachante. De chez les chats, tous
les chats que j'ai connus, c'est sans doute le moins sympathique.
C'est d'ailleurs une chatte, mais ça ne change rien à l'affaire.
Elle n'est franchement pas agréable la Smirnoff. Smirnoff c'est son nom. Elle crache dès
qu'on ne fait pas ce qu'elle veut, ne pense qu'à manger, dédaigne ce qu'on lui donne en
prenant un air supérieur, elle fait ses griffes où et quand elle veut, va dans sa litière au
moment précis où ça ne m'arrange pas (!), veut rentrer quand elle est dehors et sortir
quand elle est à l'intérieur, passe de longues heures à se lécher en faisant des grands
"schluurpss, sluurpsss" qui me font sortir de mes gonds et, car il y a une fin à cette
litanie de reproche, elle met des poils partout.
Comme les communes qui luttent contre le sable et veulent faire tenir leur dunes je
lutte contre les poils. J'aspire, je "scotche" (avec une brosse à habit autocollante) et
je secoue mais l'animal remplace vite ceux qu'elle laissent partout.
Je ne baisse pas les bras mais suis tenté, parfois, de génocider la féline.
Surtout quand elle décide de m'empêcher de dormir en miaulant tristement, en jouant
à 4H du matin ou en grattant mes fringues préparées pour le lendemain.
On me dira... "Elle doit être affectueuse, tu n'es pas masochiste". Non, si! Elle n'est pas
affectueuse ou c'est toujours intéressé. Un ronronnement deux caresses mais une
contre une ventrée de croquettes. Je suis masochiste! j'aurais depuis longtemps dû faire
comme Tex Avery et envoyer cette bécasse griffue dans l'espace.
On cohabite elle et moi. on se supporte. De temps en temps je lis dans ses yeux qu'elle
me trouve chiant. Elle doit lire dans les miens que je la ferais bien piquer.
Je la mets dans le jardin et, si elle ne revient pas à la nuit je me fais du soucis et suis
inquiet jusqu'à ce que j'entende sa médaille tinter.
Du deuxième étage je l'entends revenir et je vais la chercher. Avec son amant-chat, tout
aussi stérilisé qu'elle, ils terrorisent tous les chats qui auraient l'inconscience de venir
sur leur terrain.
Ils chassent le merle ou le pigeon et laisse d'abominables cadavres que je suis obligé
d'enlever, les voisins n'aimant guère ces traces de massacres.
C'est la seule chose qu'elle craigne: ce chat lui file d'authentiques roustes mais elle
revient toujours. Je me garderais de tirer des leçons de ce comportement de mon chat.
