Il y avait un petit bout de temps que je n'avais pas regardé la retransmission des Césars.
F*** et moi avons campé sur la table basse et nous avons regardé la soirée en ayant
l'obligation de critiquer ce qui ne nous plairait pas.
Il aurait fallu ne faire que ça tant c'était nul. Je ne reviendrais pas sur ces remerciements
perpétuels ("ma femme Jeanine", "mes enfants", "le producteur", "mon agent". pourquoi
pas "mes parents"? eh bien si! il y en a un qui a remercié ses parents!), sur les allures
des quinquas, mâles ou femelles, tellement refaits qu'on ne sait de quelle planète ils
viennent, sur ces copinages fatiguants et ces superlatifs usants.
Cécile de France a été assez drôle et elle se sort plutôt bien de l'exercice casse-gueule
qu'elle a un peu légèrement accepté.
Cluzet a fait du Cluzet, c'est à dire qu'on a compris un mot sur quatre et que lui même ne
semblait pas percuter à ce qu'il disait.
On a eu droit à beaucoup de cabotinage, des ratés étonnants (une personne absente qui
remerciait pour le César dans un courrier qui ne laissait aucun doute sur le fait qu'elle
savait qu'elle l'avait obtenu), à la 97834ème nomination de Mamy Deneuve et à la
présence de deux "stars" Américaines.
Ah! les stars Américaines.... on en fait des tonnes pour elles comme si nous n'étions que
des ploucs de province. Scarlett par ci, Scarlett par là. Cette dernière remercie Paris comme
quelqu'un qui, descendu à "l'hôtel de la Poste" de Cognac, remercierait la réception de lui
avoir monté un oreiller supplémentaire.
Et il y avait kwantiiine. L'on se pâmait pour cet idiot au physique de poisson croisé avec un
bouledogue. Un cinéaste tellement surévalué qu'il est devenu intouchable. Ses films
se caricaturent les uns les autres et sont de plus en plus mauvais. Mais le cinéma et la
presse raffolent de ce gros malin qui doit parfois se pincer devant la bêtise qui l'entoure.
Cette année, allez savoir pourquoi, ils se sont tous donnés le mot; ce n'était plus Quentin
mais Kwantiiine.
Cette grotesquerie est grotesque!
La jolie Léa Seydoux, qui a bénéficié (outre celle de sa naissance dans une famille qui
a beaucoup d'intérêts dans le cinéma, des relations et un nom) d'une presse hyper-favorable
a fait la gueule lorsque le César de la meilleure actrice est allé à celle qui le méritait
vraiment (Sandrine Kiberlain).
Cécile de France a fait une excellente vanne sur les "hétérosexuels qu'il y avait dans la
salle (si, si il y en a, a t'elle précisé)" et une meilleure encore sur les fils de... et filles de...
On a échappé aux intermittents, à Depardieu, à Birkin et/ou Charlotte Gainsbourg, à la
folie amoureuse du cinéma Français pour joey Star mais pas à la coiffure martienne
d'Agnès Varda.
Enfin j'ai appris, incidemment, qu'Artus de Penguern, remarquable acteur, spirituel
chroniqueur sur France Inter ("Comme on nous parle") et réalisateur d'un film qui n'a
pas marché est décédé l'année dernière. Je le regretterai comme je regrette l'excellent
Jocelyn Quivrin qui était un véritable espoir du cinéma Français.
Cette année les Césars étaient gays. L'année prochaine on couronnera des films
sur l'euthanasie!
