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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 07:03

La semaine dernière j'ai visité l'exposition d'art-thérapie de l'Hôpital de la Grave à Toulouse où je réside. L'hôpital de la Grave est un des plus beaux bâtiments de la ville, idéalement situé en bord de Garonne. C'est ce même hôpital qui abrite de faméliques administrations que l'ex et peut-être futur maire Moudenc (à l'heure où j'écris ce n'est pas décidé!) voulait donner en gestion à des intérêts du Golfe Persique pour qu'ils le transforme en hôtellerie de très grand luxe...

La Grave, comme on l'appelle, a de sublimes plafonds en caisson, des fenêtres de 5 m de haut et des pièces vastes comme le déficit de la sécurité sociale.

Les chevalets et cimaises font un peu perdus au milieu des tableaux du XVIIIème qui ornent les murs de toute éternité. La lumière de ce jour printanier ne tombait pas forcément comme il aurait convenu mais tout cela n'est que détails. Nous avons commencé à regarder des toiles, dessins ou collages qui semblaient tous basés sur le même schéma: une reproduction d'une toile connue ("les Ménines" de Vélasquez, "Impression soleil levant" de Monet) pour laquelle l'artiste en herbe devait imaginer tout ce que la toile ne montrait pas. La compléter en quelque sorte.

Des représentations très sombres, la mort avec sa faux, un homme égorgé etc. sur les trois ou quatre premières œuvres exposées m'ont rappelé le titre de l'exposition "Art-thérapie autour du thème du mystère". Art-thérapie étant plutôt clair. Je suis donc allé voir les organisateurs de l'exposition qui m'ont confirmé ce qui m'avait traversé l'esprit: les œuvres présentées avaient été réalisées par les malades de la partie psychiatrique du plus grand hôpital public toulousain.

La poursuite de la visite se chargerait de confirmer la première intuition. Comme tout cela était sombre, épais, désordonné, torturé.

Le pire était la section des auto-portraits qui rappelaient celui de Dorian Gray dans le film d'Albert Lewin. Une vision de terreur.

Que ce soit aux crayons, à la peinture ou en écrits le mal-être et l'insécurité émanaient de la presque totalité des œuvres exposées et assombrissaient la beauté de cette journée de début de printemps. Nous en sommes vite ressortis pour aller voir la "Prairie des Filtres" délivrée des crues de la Garonne et splendidement verte et lumineuse.
Une respiration après ce moment de noirceur.

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 06:36

L'autre soir, exceptionnellement, nous étions elle et moi accompagnés de 50% de nos enfants respectifs. Deux beaux trentenaires jeunes et fringuants. Le fils de l'un et la fille de l'autre ne se connaissaient pas encore et rapidement ils trouvèrent un terrain d'entente pour dénigrer l'éducation qu'ils avaient reçue et notre satisfaction parentale, chèrement acquise et fragilement consolidée fût attaquée à la base et plus sûrement atteinte que si elle avait été attaquée au bazooka et achevée au lance flammes.

 

Le plus grave est que leurs exemples et démonstration étaient impitoyablement justes et que nulle réplique ni justification ne pouvait en atténuer la noirceur. La pensée vagabondait pendant que les rires (comment masquer autrement un tel trouble?) empêchaient la discussion de virer à l'étalage de griefs. Force était de constater que nous n'avions pas fait mieux que nos propres parents dont le procès est ouvert depuis dix ans et qui n'ont pratiquement pas droit au chapitre tant la condamnation ne fait aucun doute...

 

En ce qui me concerne je sais bien les lacunes, les erreurs de jugement et les à-prioris qui ont émaillé mon activité paternelle. Comme on dit pour se défausser: "j'ai cru bien faire" et "j'ai fait de mon mieux".

Autant dire que j'espérais plus ou moins que l'oubli et le temps feraient oeuvre salutaire pour ripoliner ces erreurs.

 

Mes deux enfants ont oublié d'être stupides et sont dotés d'une mémoire qui ferait honte au moins oublieux des éléphants. Ils se souviennent de tout et ne sont pas du genre à enjoliver les souvenirs. (ni à les noircir, heureusement).
Le temps écoulé depuis leur enfance et adolescence fait qu'ils ont, sinon pardonné du moins compris, qu'il n'existe aucune école de parentalité et que nos propres lacunes s'accumulent de génération en générations pour donner ces 20 et quelques années qui, hélas, conditionnent les 80 suivantes....

 

Cette soudaine irruption de reproches et de ressentis n'a duré qu'un bref instant mais le silence de l'ami de la fille de mon amie, la retenue des propos de cette dernière et l'humour cinglant de mon fils ont montré qu'il aurait pu s'étirer sur la soirée, la nuit, le jour et toutes les autres nuits.

 

Sincèrement j'ai tout fait pour que mes enfants aient une plus belle enfance que la mienne, qu'ils soient plus aptes à vivre dans ce monde et qu'ils fassent prospérer leurs propres qualités.

En toute immodestie j'ai la prétention d'y être parvenu même si les moyens ont été discutables.

 

Mon amie doit certainement penser la même chose et ses enfants, comme les miens, sont des personnes équilibrées et dont on recherche la compagnie et la conversation. Rien que ça devrait nous valoir un certificat de parentalité mention "passable".

 

 

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 07:33

La jolie femme d'un ami, A***, chante dans une chorale. Cette chorale se produisait le samedi 22 mars dans une église toulousaine dotée d'une déplorable acoustique.

C'est surprenant; d'ordinaire les églises sont des lieux conçus pour que la parole et les musiques soient mises en valeur. Avant la chorale dans laquelle elle officie il a fallu écouter une chorale locale assez peu au point et subir un hallucinant interlude pendant lequel un clarinettiste très fatigué et une pianiste âgée d'au moins quatre vingt dix ans* se donnaient une réplique savamment désaccordée. Tout le monde dans l'assitance était étonné des couacs, fausses notes et mauvais départs que les deux musiciens -très- amateurs produisaient avec une régularité métronomique.

La valse numéro 2 de Chostakovitch interprété par ces deux très vieilles personnes à l'oreille rien moins que musicale semblait un gag. Une incongruité. Lui ressemblait assez à l'amoureux de Dominique Lavanant dans "Les bronzés font du ski" (oui, le vieux qui met du fil dans la fondue). Elle, petite et avec une jolie tête de vieille dame d'autrefois disparaissait derrière une sorte de clavier faisant office de piano.

Quand, enfin, cet interminable interlude prit fin la dame, brillant de mille feux (strass? Brillants authentiques?) s'installa au premier rang des contraltos et se métamorphosa en choriste tout à fait crédible quoi qu'inaudible. Ce choeur là avait bien répété et cela s'entendait. Il interprétait de belles choses telles "Lascia ch'io pianga" de Haendel ou le "Ave verum" de Mozart. Le récital se termina d'ailleurs par un autre moment musical signé Mozart, le choeur des clochettes de "la Flûte enchantée".

Outre le chant quelques choristes joaient d'un xylophone enfantin placé devant eux. La vieille dame digne, en s'appliquant et prenant manifestement son rôle au sérieux donnait des petits coups de mailloches sans fausse note. Elle était irrésistible !

A l'heure où tous les critiques professionnels -après les Césars et leurs films à sujet particuliers- vantent à longueur d'antenne et de colonnes le film "Gerontophilia" serais-je moi même envoûté ??

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 07:06

Les élections municipales m'ont fait prendre à nouveau conscience de la singularité de la vie politique dans notre pays.

Je ne dis pas que la bipolarisation n'existe pas ailleurs et que, par exemple, la CDU et le SPD s'adorent en Allemagne tout comme les Républicains et les Démocrates aux USA sans oublier les Tories de Cameron et le Labour en Grande-Bretagne mais, chez nous, il y a une détestation (sans doute surjouée) qui transforme des adversaires démocratiques en ennemis irréconciliables. Au nom de luttes anciennes, d'idéologies auxquelles certains font encore semblant de croire, de différences programmatiques ou de conceptions du pouvoir divergentes les politiques de notre pays s'invectivent à la limite de l'insulte, se critiquent sans nuances et n'ont qu'une idée en tête : détruire ce qu'ont fait les autres lorsqu'ils étaient à leur place.

Rien de ce que fait le bord opposé ne trouve grâce aux yeux de ses adversaires et réciproquement. Les maires de Droite critiquent tout de la gestion des maires de Gauche qui à les entendre ont un bilan pire que catastrophique.

Le combat démocratique devrait, nonobstant quelques périodes électorales de surchauffe, être plus pacifique si l'on songe que les possibilités d'agir sont des plus limitées. En surjouant des oppositions, en scénarisant des inimitiés et en cachant leurs complicités; les acteurs politiques laissent à penser qu'il y a des gouffres entre leurs manières de voir et d'agir alors que Bruxelles et le FMI ne laisse que peu de place aux nuances. Les mêmes qui s'invectivent aux séances de "questions au gouvernement" de l'Assemblée Nationale vont à la buvette ensemble et rient de leurs numéros d'acteurs. Une camaraderie de gens qui se côtoient depuis des années existerait et qu'ils nous cachent parce qu'elle les desservirait. Mais le bon peuple, lui, croit à ces joutes spectaculaires, à ces haines souvent mimées, à ces arguments en béton et à la dichotomie droite/gauche.

Les réalités internationales, les obligations de nos pays vis à vis de la construction de l'Europe que les partis de gouvernement ont acceptée devraient au contraire susciter de l'harmonie à défaut de connivence.

Est-ce qu'objectivement il y a des différences significatives entre la gestion du pays par le gouvernement de François Fillon (2007-2012) et celui de Jean-Marc Ayrault (2012-2014)?

Hormis sur des sujets de société clivants et servant de marqueurs idéologiques (mariage pour tous pour la gauche, débat sur l'identité nationale pour la droite) les hommes politiques "raisonnables" de ce pays sont-ils pour autre chose que la France dans l'Europe intégrée dans l'économie mondiale ?

La presse (on sait ma hargne contre elle qui ne fait pas son travail en commentant plutôt qu'en expliquant) a intérêt à ce que ces haines recuites, ces bagarres de préau, ces affaires à répétition et ces fausses oppositions sur le fond soient exacerbées. Les hommes politiques aussi qui jouent sur ces apparences pour exister.

Mais le réultat est un désastre : nous sommes le pays le plus pessimiste du monde, nous adoptons les comportements de haine envers ceux qui ne pensent pas comme nous de la presse et de la politique, nous refusons la réalité et nous commentons tout au lieu d'agir. Je crois que la France a en elle de quoi se sauver si elle renonce à ces grotesques luttes intestines. En commençant, par exemple, à combler définitivement ce fossé entre les libéraux et les sociaux démocrates de bonne volonté.

A mon avis, les gens de droite type Juppé Borloo, Bayrou et Fillon et les gens de gauche type Sapin, Hamon, Vedrine et des personnalités comme Corinne Lepage, Denis Payre, et d'autres ne sont pas éloignés autant qu'ils le croient et pourraient unir leurs efforts pour un temps pour le pays. 

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 09:13

Lorsque Dominique Baudis renonça à la mairie au profit de Philippe Douste-Blazy la population toulousaine se fit prier pour avaliser le choix. Lorsque Philippe Douste Blazy abandonna le Capitole pour un strapontin au gouvernement Jean-Louis Moudenc le remplaça de 2004 à 2008 sans qu'on leur demande leur avis. Est-ce ce coup de Jarnac? sa personnalité terne et son programme plus terne encore? en 2008 la mairie se donna (à 1000 voix près) à l'ancien maire peu méritant d'une petite commune limitrophe, Ramonville Saint Agne.

Pierre Cohen est certainement un homme honnète et capable mais il est aussi engageant qu'un porc-épic. Plus cassant tu meurs! rèche, agressif pour tout ce qui ne pense pas comme lui, méprisant, tenant un langage de guerre civile et persuadé de détenir la vérité il n'a cessé, en tant que maire de la 4ème ville de France, de se créer de fortes inimitiés y compris chez ses soutiens.

Je n'ai pas un instant cru à sa réélection et pense qu'il a délibérément cherché la défaite entre les deux tours, en étant encore plus désagréable que d'habitude avec ceux dont il avait besoin (les fameuses "forces de progrès") mais aussi l'opinion et l'opposition et son leader, voués aux gémonies. Il bénéficia pourtant d'un arsenal peu commun: la "Pravda" locale, le Conseil Général, le Conseil Régional, les associations, le monde du spectacle ...

C'est un homme qui va avoir du temps pour apprendre les définitions des mots "rassembler", "communiquer", "respecter" , "pluralisme" et "modestie". Par bonté de coeur je le dispense de "démocratie" en espérant qu'il en connaît le sens.

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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 07:06

Un petit articulet du Marianne daté de vendredi 28 mars m'a fait me souvenir d'une de mes pensées anciennes à l'époque où je travaillais pour un "cabinet de consulting" aussi parisien que huppé. L'article en question parle du trophée "great place to work" et tâcle au passage, avec raison, le Figaro qui trouve ce classement judicieux.

 

Effectivement l'entreprise dans laquelle je travaillais avait été désignée par ce mystérieux jury et se prévalait d'être un "bel endroit où travailler". Evidemment il n'en était pas grand chose et un immeuble HQE (haute qualité environnementale) dans lequel les stores se baissent tous seuls au premier rayon de soleil ou dont la lumière des toilettes s'éteint faute de mouvement de l'occupant est peut-être insuffisamment qualifiée pour se prétendre ainsi.

Les seuls vrais critères qu'un salarié choisirait pour qualifier sa société de bonne entreprise où travailler seraient d'abord, j'en suis convaincu:

 

1°) La reconnaissance du travail de chacun et donc du sien

2°) Une hiérarchie irréprochable

3°) Des salaires dignes et revus à la hausse régulièrement en fonction de critères justes et clairs

4°) Des opportunités de carrière réels et réservés aux méritants et non aux lèche-culs et autres larbins

5°) Une politique d'entreprise acceptable et expliquée sans faux semblants (du chiffre oui mais pour quoi, pour qui?)

6°) Une parité des salaires et avancements hommes/femmes dans les faits et non dans les discours

7°) Une politique des congés, des vacances, des ponts claire et valable pour tous

8°) Des locaux aménagés non par des "paysagistes" mais en tenant compte des avis des occupants

9°) Pas d'infantilisation ou de culpabilisation

10°) Une communication d'entreprise sans mensonges ni arrangements avec la vérité.

 

Il semble que pour donner le trophée à une entreprise celle-ci doive s'inscrire (158 en 2013 dit l'article) et que les critères retenus le sont par la DRH (juge et partie) et un échantillon "représentatif" d'employés préalablement chosis. On imagine comment ces derniers doivent être sélectionnés!!

 

C'est comme les "Cesars", les "Molières" et autres sucettes qu'on donne à un public infantilisé. Ca ne veut rien dire, c'est totalement arbitraire et ça ne  fait plaisir à personne d'autre que ceux qui sont liés à l'organisation du truc.
Bel endroit où vivre? tout le monde riait en disant que les jurés n'avaient qu'à y venir passer une journée pour vérifier la pertinence de leur classement!

 

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 07:02

Je m'inscris en faux contre l'idée fort répandue que l'Ecosse est sans arrêt sous la pluie et que les éclaircies ne durent pas.
Je dirais même que c'est le contraire.

Après l'Irlande l'année d'avant nous sommes allés, l'été dernier, passer une quinzaine en Ecosse et je suis incapable de dire quel voyage j'ai préféré tant les deux m'ont plu. Peut-être l'Ecosse, parce qu'on y rencontre moins de Français, a t'elle ma préférence ? A part à Edimbourgh et Inverness on en voit (et entend) assez peu.

Nous avons connu d'excellentes conditions pour ces vacances: F*** avait organisé un circuit qui, de Glasgow nous emmenait sur l'île de Skye, à Ullapool, Pitlochry, Perth et Edimbourgh. Nous avions loué une voiture (une sorte de haute boîte carrée, une Fiat 500L) et les étapes se faisaient dans des B & B (souvent), des Bagpackers et des hôtels. Nous réservions la veille pour le lendemain quand ce n'était pas le jour même. Nous avons pratiquement toujours été bien reçus et du 1er au dernier jour avons eu des contacts agréables.

Les Ecossais que nous avons rencontrés sont aimables, ouverts et bienveillants. F. et moi aimons marcher dans les landes et nous garions la voiture, nous nous équipions, préparions le pic-nique et partions sur les (magnifiques) chemins balisés.

Un jour, vers le milieu des vacances, nous avons garé la Fiat et suivi l'un de ces splendides sentiers qui longent la mer dans une profusion de fleurs et d'oiseaux.

Nous regardions les îles et un superbe phare lorsque la pluie (qui n'est donc pas tout à fait un mythe) s'est mise à tomber drue. Il pleuvait, il pleuvait, il pleuvait.

 

Ecosse-2013--1ere-partie--Bertrand-193.JPG

 

Je marchais pieds nus sur l'herbe des talus et mon jean était mouillé jusqu'à mi-cuisses. Mes chaussures, attachées par les lacets dégoulinaient dans mon imperméable qui n'était plus étanche. F n'était guère mieux. Heureusement il ne faisait pas froid ! Nous sommes tombés sur une haie de framboisiers et, aujourd'hui encore, j'ai en mémoire le goût qu'elles avaient.

La promenade s'étirait parce que nous avions suivi le chemin assez loin et qu'à moins de revenir en arrière il valait mieux faire une boucle. Le soleil perçait les nuages noirs et la luminosité était absolument magnifique.

Ecosse-2013--1ere-partie--Bertrand-205.JPG

 

Revenant vers la civilisation (en l'occurence un petit hameau blanc de jolies maisons bien entretenues) nous avons avisé une pancarte "Bed & Breakfast" et son appendice sur lequel était écrit "vacancies". F. a voulu qu'on reste sur cette presqu'île qui lui rappelait un coin d'Irlande qu'on avait adoré. Je trainais des pieds parce que je me disais que je n'étais pas présentable et qu'on allait se faire jeter. J'étais une sepillière, je le rappelle. F. a eu gain de cause (comme toujours les femmes...) et l'hôtesse a souri en me voyant en disant quelque chose comme "French people, so romantics". C'était une merveilleuse maison au confort absolu. Un confort bienvenu après les hectolitres de pluie que nos épaules avaient essuyées.

Le soir nous avons repris la voiture et dîné devant un splendide coucher de soleil et le matin....

Le matin....
Nous avons eu le plus merveilleux petit-déjeuner (avec framboises!) de toute l'Ecosse. Face au phare et à une petite crique de rêve.

On nous dit que le pays de Galles vaut la visite......

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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 07:00

Pendant quelques mois j'ai travaillé en intérim et on me téléphonait juste avant pour me demander si j'acceptais ou non la mission.
A noter que ça ne se passait ni comme dans le feuilleton "Mission Impossible" ni comme dans "Drôle de dames".

Un coup de fil, Oui/non et roule ma poule.
Si j'ose dire.

On peut préférer "en voiture Simone".
Si!

L'intérim ça ne paie pas (ceux qui travaillent chez les clients, le personnel), c'est une variante moderne et sophistiquée de l'esclavage.Vous partez pour 3H vous restez 8 ou alors votre mission prévoit 8H et au bout de 3 on vous dit que c'est fini. Vous ne savez jamais combien de temps vous allez travailler et on ne vous le dit qu'à la dernière seconde. Ne les ayant pas fréquentés je ne sais si les actionnaires d'Addeco, de Vedior-Bis, de Randstadt ou de Manpower s'y retrouvent. Ni leurs propriétaires et dirigeants. Et les entreprises qui font appel à ces sociétés.

Mais j'ai ma petite idée sur la réponse.
Mais revenons à la base.

Deux heures par ci (payées 1H30), six heures par là (payées 4) et à la fin des bulletins de salaire à s'arracher les cheveux pour peu qu'on en soit pourvu. Comme on dit pour se consoler: ça dépanne. C'est mieux que rien, au moins il n'y a pas de "boss" pour nous escagasser. On voit que ces arguments sentent clairement l'excuse, la justification ou la consolation.

Comme les clients de l'intérim sont majoritairement de grosses entreprises on finit par les connaître par le côté sombre. Je dirais même par les "coulisses". Les missions se répètent et, quelquefois, l'entreprise cliente débauche l'intérimaire pour l'engager (Miracle il gagnera un chouïa plus!). Sinon elle peut aussi lui demander de venir directement et mettre l'agence devant le fait. Ca leur convient puisque la mission est payée pareillement et que l'intérimaire connaît le travail.

Tout le monde (sauf le salarié!) y trouve son compte.

20 € l'heure pour l'agence d'intérim et, à l'arrivée, le SMIC horaire pour l'intérimaire soit moins de 9€.
Youpiiiii.

C'est, j'en suis certain, le concept que le Medef et la frange dure des libéraux appellent (avec des étoiles dans les yeux) la "Flexibilité". Un idéal patronal : Un travail aux horaires imprévisibles, des conditions précaires, un salaire de honte et pas de vacances, de maladie, de week end, de 5ème semaine de congés payés, de règlement intérieur, de droits du salarié, de tickets repas, de pause, etc etc.sans oublier que venant pour un temps d'une durée inconnue l'intérimaire 'a pas le temps de faire du "mauvais esprit".

Cette institution bénie des employeurs  va de pair avec les conceptions énoncées par Hervé Morin, centriste en peau de lapin UMP qui a dit: "il faudrait que les Français travaillent 39H payées 35". C'est sur, le centrisme est un humanisme.

... Et l'avenir radieux de l'humanité.

La flexibilité est celui de nos sociétés....Même Papy Dassault le dit dans son "Figaro".


PS: En écoutant le 7/9 de France Inter hier mercredi 25 j'ai failli avaler mon thé de travers en entendant un proche d'une "Jihadiste" de 17 ans partie en Syrie s'en prendre aux autorités. Ce serait à nous d'empêcher ces radicalisations insensées et de sermonner les aspirant(e)s au martyr en terre Syrienne ...
Irresponsables et fiers de l'être. Et personne pour relever.

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 07:01

Quand on quitte une entreprise, qu'elle qu'en soit la cause, on l'oublie assez vite mais moins vite qu'elle ne nous oublie.

Je déteste l'expression "faire son deuil" mais pense que c'est le seul moment où l'expression a du sens. Quand on quitte une société pour ne plus y revenir il faut se contraindre à ne plus y penser.
Du tout.

Ne pas revoir des personnes qui y sont encore, ne pas téléphoner et, surtout, ne pas lire des textes ou articles s'y rapportant. Qu'on soit parti de son plein gré avec une belle lettre de démission, que ce soit après un accord négocié ou dans le cadre d'un licenciement-coup de pied au cul l'idéal est de passer à l'étape suivante sans regarder dans le rétroviseur.

Dans le cas d'un recours au tribunal des Prud'hommes, si le départ a été trop douloureux, il faut en confier la gestion à un avocat qui vous représentera et vous évitera de trop rester l'esprit bloqué à la fin abrupte du contrat de travail.

J'en ai trop vu de ces personnes qui n'ont pas rompu avec leur précédent emploi et qui sont dans l'incapacité mentale d'envisager de travailler ailleurs.
J'en ai trop entendu de ces anciens cadres qui remâchent en permanence leur anciens exploits tout en pleurant sur l'injustice qui leur a été faite.

En réalité c'est très rarement qu'une entreprise se sépare d'un bon élément. La logique industrielle est implacable et lorsque la performance d'un pion ou de l'ensemble diminue on s'en sépare ou on le réorganise. Tourner sur soi en se lamentant ne sert à rien et, au contraire, vous éloigne un peu plus du marché du travail. (à supposer qu'il existe encore un tel marché).

L'image qui s'est imposée à moi est celle du quai de gare. Vous êtes descendu du train et ce dernier est reparti. Rien ne sert de courir derrière; vous ne le rattraperez pas.

Je me souviens qu'en fin d'année, au collège, on jetait les cahiers et les livres que "Gibert" ne rachetait pas (il n'en rachetait qu'un et c'était un fascicule à 3F) en chantant sur l'air des lampions: "les cahiers au feu et les profs au milieu". C'est l'idée. Quand on quitte sa boîte, qu'on y soit resté 6 mois ou 15 ans, on jette tout ce qui s'y rapporte. Ca inclut le stylo marqué à son chiffre, la clé USB lumineuse et le classeur en simili cuir de la dernière formation. Sans oublier les "trophées" qu'on s'est vu remettre ou les journaux internes.

Le plaisir qu'il y a à jeter ce qui était à conserver hier fait partie de la désintoxication.

... On peut quand même garder un contact avec H et N comme je l'ai fait mais on s'interdit de parler de l'ancienne boîte où l'on s'est connus.
C'est la seule contre vérité de ce texte !

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 07:37

Arte, la seule chaîne respectable de la télévision que l'on capte dans ce beau pays, diffusera ces 27 et 28 mars un téléfilm en deux parties consacré à l'invasion puis la "normalisation" de la Tchécoslovaquie en 1968 par les Soviétiques.
Et à l'immolation par le feu de l'étudiant Jan Palach en réaction à l'écrasement de son pays par son voisin et au symbole qu'il devint alors et qu'il est à jamais resté.
Quand ce jeune étudiant mit le feu à lui même en janvier 1969 j'avais 13 ans et je m'en souviens comme si c'était hier.

Dans la quiétude un peu stupide d'un parisien de 13 ans qui vit dans des beaux quartiers et ne connaît le monde que par la télévision ce suicide patriotique avait été comme une déflagration. Le monde était complexe et la paix n'existait pas. Du moins pas partout.
Je me souviens encore de ce garçon au look démodé et curieux, des photos de lui floues et de sa coupe de cheveux étrange. Et des commentaires qui analysaient son geste.

 

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Comme les enlèvements d'Eric Peugeot ou d'Emmanuel Maillard (le premier se termina bien, le second atrocement), comme la fugue d' Etienne Simeoni (un élève de ma classe, pas le nationaliste Corse, j'ai vérifié) qui, "victime" d'un des premiers divorces, était allé rejoindre son père je ne sais pas pourquoi l'immolation par le feu de Jan Palach m'a marqué, à l'époque comme un évènement  très important, un de ceux qui ont été à l'origine de ma prise de conscience du monde.

 

Mon frère m'avait fait découvrir "Let it Bleed" des Rolling Stones et "Let it Be" des Beatles mais l'incroyable plaisir de les écouter encore et encore était "pollué" par "les évènements de Tchécoslovaquie" qui, derrière le rideau de fer, montraient le visage impitoyable de l'Union soviétique.

Avec le rappel des actions de la Stasi (Sarkozy en soit remercié et... blâmé) et l'appétit territorial de Poutine on peut craindre une résurgence de ce mode de fonctionnement à l'Est. Et aussi que le sacrifice de Palach ait  été inutile.

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