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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 07:23

La France est vraiment un cas, et, faut-il le préciser, un cas désespérant lorsqu'on

aborde la politique nationale.
Le récent rapprochement entre les deux (très) vieux chevaux de retour que sont

François Bayrou et Jean-Louis Borloo illustre à merveille cette incapacité de notre

pays à évoluer et à remplacer celles et ceux dont le suffrage universel a balayé

les prétentions ou les espoirs.
En lisant les commentaires de 3 proches de Bayrou qui disent que le président du

Modem ne pense qu'à la présidentielle de 2017 j'ai eu comme un accablement.


Voilà un homme qui a été de tous les ministères des années 90, entre autre très

longuement ministre de l'Education Nationale (où son bilan est des plus ternes)

qui s'est déjà présenté 3 fois à l'élection présidentielle et qui, 4 ans avant la

prochaine, manoeuvre pour être sur la ligne de départ de la quatrième.
Sommes nous maudits pour ne pas être capables d'éliminer ceux dont on n'a pas

voulu ou ceux qu'on ne veut plus? Giscard, Mitterrand, Chirac, Barre ont monopolisé

la vie politique pendant des décennies et on pensait que le temps de ces dinosaures

là était révolu.
Non! il n'en est rien!! on nous présente Alain Juppé comme une nouveauté, Nicolas

Sarkozy comme une évidence et les prétentions de Bayrou à un quatrième gadin ne

font pas hurler de rire.

Il y a peu j'ai vu que Michèle Alliot-Marie était ressortie de la naphtaline dans

laquelle elle était depuis ses consternantes équipées tunisiennes. Un moment de

purgatoire et hop, comme les escargots après la pluie revoilà ces tristes figures qu'on

aimerait tant ne plus revoir.
Henri Emmanuelli, Laurent Fabius, Marie-Noëlle Lienemann... ils ne sont pas que

d'un bord politique ces hommes (et ces femmes) qui monopolisent les places et

prébendes depuis vingt ou trente ans...

Seule la mort (Philippe Seguin, Claude Labbé, Georges Frêche), une défaite et des

paroles définitives (Lionel Jospin) ou une disgrâce durable (Jacques Toubon) nous

débarrasse de ces inamovibles berniques scotchées à leur postes.

Le gâtisme même n'est pas suffisant pour les faire lâcher prise: Le Pen père n'a t'il

pas annoncé qu'il dirigerait la campagne des Européennes pour son entreprise

familiale?

Pire, quand le père meurt on a droit au fils (le "leader" (lol) actuel du parti

communiste est le fils d'un ancien dirigeant stalinien de ce même parti.

 

Il n'y a guère que l'Italie pour posséder une classe et des moeurs politiques plus

désespérantes que les nôtres.
...Et le Gabon...

 

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 06:49

Je commence à en avoir par-dessus la tête du principe de précaution, des cellules

psychologiques et de toutes ces dispositions qui finissent par être plus redoutables

que le mal qu'elles sont censées prévenir ou guérir.

Un avis d'orage et le vide-grenier du quartier, préparé depuis des semaines par les

exposants est annulé sine die.
La journée de prétendu grand vent et de pluie est sèche et belle, éclairée et chauffée

par un beau soleil qui ridiculise les prévisions catastrophes de la météo. Il 

n'empêche, ça a été annulé.

Hier, aux bulletins d'informations des radios que j'ai pu entendre dans la voiture des

consignes pour obtenir des "dédommagements" dans les meilleurs délais pour les

victimes (le grand mot est lâché) de la catastrophe de Brétigny sur Orge.
Un train déraille, on a un sujet d'actualité pour 1 mois et on entend les mêmes choses

que d'habitude, la trilogie vicctimes/responsabilités/indemnisations.

Je pense que notre société est en train de s'effondrer par trop de précautions.

Vivre c'est prendre des risques.

On pourrait envisager une vie dans des balles de coton ou des monceaux de plumes

mais ce ne serait pas vivre.

Je suis exaspéré par ces multiples précautions et recours auxquels nous avons

l'habitude de faire appel dès qu'il y a le moindre problème.
Ne pas oublier que nous sommes mortels, que la vie est éminemment fragile et que

la fatalité existe.

Nous devrions, en tant que société, être plus preneurs de risques, plein d'allant et

prêts à aller vers l'aventure.
Rechercher toujours des responsables, devenir une société de judiciarisation et

être en permanence travaillée par la recherche de victimes d'un côté et de responsables

de l'autre finit par scléroser l'activité et les mentalités.

Je ne dis pas que "la loi de la jungle" soit la meilleure qui soit je dis seulement que

nous devrions consacrer moins de temps à ces affaires qui stérilisent la pensée et

l'action.

 

 

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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 06:56

Parfois, en de rares occasions, il m'arrive de rêver qu'une journée ou deux je cesse

d'être moi même pour devenir quelqu'un d'autre.
Je n'aurais plus cette tête-là, ce corps-là et surtout je ruminerais d'autres pensées.

 

Comme il serait profitable et intéressant de réagir différemment, physiquement et

intellectuellement.

 

Ne plus être soi mais un autre qui vibre à d'autres musiques et souffre d'autre maux.

 

Et puis, rapidement, je pense que ma santé est excellente, que mon cerveau, s'il a

quelques ratés, fonctionne encore très bien, que physiquement je me plaîs plutôt

et que, tous comptes faits, quitte à devenir quelqu'un d'autre il serait bon qu'il me

ressemble et qu'il ait âge, poids, taille, état de santé et niveau culturel semblables

aux miens.

 

Il faudrait qu'il plaise à ceux qui me côtoient et qui pourrait mieux y parvenir que moi?


On le voit: Je veux bien changer mais... pour rester moi!

 

J'éprouve des sentiments analogues pour ma nationalité: j'exècre certains aspects

typiquement Français qui se traduisent par un comportement absurde (par exemple

la guerre au grand jour, sur les marchés internationaux du Président d'EDF Henri

Proglio et de la Présidente d'Areva Anne Lauvergeon. Je  déteste le comportement

insupportable des "Bleus" à la coupe du monde de 2010, j'ai honte de voir notre pays

réintégrer le commandement intégré de l'OTAN à la sauvette et par caprice du

Président... et tant de faits) qui me feraient parfois demander l'asile politique au

Groënland si je n'avais pas du mal avec les pingoins... 


Pour ce qui est de devenir un autre soi-même il suffit de s'intéresser aux autres.
Leurs réactions, leurs pensées (du moins celles qu'ils partagent) et leurs paroles,

bien souvent, sont différentes des nôtres et, de ce fait passionnantes.

 

C'est curieux; nous recherchons souvent la compagnie de personnes qui nous

ressemblent alors que nous devrions au contraire aller vers celles qui n'ont pas

beaucoup de points communs avec nous.

Bon, je ne découvre pas aujourd'hui que l'on s'enrichit au contact des autres et

je vois que ce "post" a tout du remplissage...

 

excusez moi!

 

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 14:10

On parle tellement de choses insignifiantes ou ne méritant pas de faire les gros

titres pendant des journées entières que les informations utiles finissent par nous

échapper.
P.B*** a attiré mon attention sur le chiffre du chômage qui a fortement diminué en

août, ce dont le gouvernement en général et François Hollande en particulier s'est

publiquement félicité.
Or, l'argument vaut son pesant de cacahuètes, il s'agit d'une erreur de 200 000

personnes qui n'auraient pas été prévenues à temps qu'elles devaient s'actualiser

et ne l'auraient donc pas fait.
Je résume... Lorsque vous êtes demandeur d'emploi indemnisé, ces indemnisations

sont liées au fait que vous ayez actualisé votre situation en fin de mois par Internet.
A cinq ou six questions vous devez répondre "oui" (ou "non"!) ce qui, j'en conviens,

est extrêmement compliqué.

Une fois que vous avez répondu à ces questions ("Etes-vous en stage? Avez-vous

travaillé le mois dernier? Combien d'heures? Etes vous en maladie? Etes vous

toujours à le recherche d'un emploi?") vos indemnités sont déclenchées et vous

sont versées dans les 8 jours.

Si je comprends bien les explications embarrassées (et embarrassantes) de SFR

et du Ministère du Travail, cette seule contrainte (déclarer sa position sur Internet

tous les mois) pose des problèmes à certains qui ont beosin, 10 jours avant la fin

du mois qu'on leur rappelle de le faire.
C'est parce que SFR ne l'aurait pas fait en août que... certains n'ont pas agi et qu'ils

ont été radiés des listes de demandeurs d'emploi.
...Et donc que les statistiques ont été meilleures...
Soit on se fout de nous (ce que j'incline à penser) soit nous sommes tellement

décadents que nous avons inventé la machine parfaite à déresponsabiliser...
Dans ces conditions je reconnais m'être fourvoyé en critiquant ceux qui parlaient

d'assistanat. On est là dans la déresponsabilisation absolue et j'ajoute, grotesque.

 

 

 

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 06:57

Je suis tout sauf un de ces libéraux à tous crins qui pensent et disent que le "marché"

peut et doit imposer ses propres limites.
Je pense au contraire que le marché est incapable de se réguler lui-même et que les

hommes sont ainsi faits que plus ils ont de pouvoir, d'argent ou de possibilités d'agir

impunément plus ils en veulent et plus ils en abusent.

Le grand mot de la régulation est lâché...

Hélas, trois fois hélas, dans notre beau pays on est en permanence balloté entre deux

excès. Le balancier va si vite d'un extême à l'autre qu'on se retrouve devant son "Leroy

Merlin" fermé le dimanche alors qu'une semaine auparavant il était grand ouvert et

accueillait les familles pour la merveilleuse balade dominicale entre les rayons de

clous et de tournevis sous les riants néons.

Je joke mais le week end médiatique entier aura tourné entre l'ouverture des centres

commerciaux (et la petite Fiona*).

Autre exemple: tout le monde, à Toulouse, connaît le kiosque vietnamien des Allées

François Verdier. On y goûte une très bonne nourriture sous les platanes du Grand

Rond, les fesses assises sur une demie-chaise que convoitent déjà trois ou quatre

personnes debout.

A voir le prix des barquettes, leur nombre et le débit on sait que l'entreprise marche

fort. (Il se dit qu'elle est une extension d'un bon restaurant du Port Saint Sauveur).
J'apprends ce matin qu'elle a été fermée (je rappelle qu'il s'agit d'un Kiosque qui

doit faire 4m²) en raison du "travail dissimulé" de 5 ou 6 personnes.

 

 

kiosque2_1.jpg

Certes la loi est la même pour tous mais qui peut penser que ce kiosque puisse

fonctionner avec des contrats de travail?

L'administration qui n'a que la fermeture comme réponse!

 

Samedi j'étais entre Tarbes et Pau. Je connaissais bien les entreprises de ce coin

pour les avoir sollicitées tant et plus. Quelle hécatombe! il ne reste plus rien de ces

grosses boîtes qui employaient des dizaines et des dizaines de salariés.
A Bagnères de Bigorre il y avait un constructeur de wagons (ou était-ce des

voitures de métro ou de tramway?) gigantesque sur la route de Tarbes. Il n'y a

plus rien.

Le pays entier semble avoir été purgé de ces grosses sociétés qui employaient

les habitants des villes. Qu'est-ce qui les a remplacées? ces hideux centres

commerciaux et ces abominables hypermarchés concentrationnaires.

Les conditions de travail et les salaires y sont lamentables et le travail du

dimanche est une solution pour s'en sortir.
Que fait-on? on règlemente et on interdit.

Personnellement je préfèrerais encore garnir des rayons de choucroute que

regarder Drucker le dimanche soir. Quitte à être con autant que ça rapporte un

peu.

Mais je m'égare... "On" ne veut que notre bien!

 

 

* un jour il faudra bien que quelqu'un s'interroge sur ces emballements médiatiques

qui ne servent à rien au sujet de faits divers qui n'ont aucun intérêt. Je compatis pour

cette pauvre gamine mais en quoi suis-je concerné par sa fin et pourquoi tout le week

end on a parlé de ça? Je pense qu'il s'agit là d'une dérive à terme mortelle pour la

presse.

 

** ils me font sourire ces tenants du libéralisme le plus pur qui affirment que "les

salariés sont d'accord pour travailler le dimanche". Oui, sans doute, les salariés

sont d'accord pour travailler le samedi, le dimanche, les jours fériés, la nuit et à

Noël... S'ils avaient des contrats en CDI, un nombre d'heures normal et un salaire

convenable (notez que je ne dis pas bon) ils n'auraient pas besoin d'accepter ces

horaires baroques...

Pour le monde du travail le mot volontariat signifie: tu n'as pas le choix c'est ça ou

la porte. Du coup ils sont tous volontaires!

Cela dit je ne suis ni favorable ni défavorable au travail dominical. Mais il faut bien

l'encadrer sinon ce sera encore un marché de dupes et on sait qui est dupé...

 

 

 

 

 

 

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 06:55

La chemise légèrement gonflée par un ventre débordant, des lunettes cul-de-bouteille,

le cheveu plus blanc que gris et la montre de marque il parlait à un homme plus jeune

mais cadre sup' aussi: pull bleu marine, chemise à carreaux, pantalon informe et

chaussures passe-partout.

 

Ces deux hommes ressemblaient à n'importe quels cadres dirigeants de service de

n'importe qu'elle entreprise. Le plus âgé était à la manoeuvre et donnait ses

consignes pour en écarter un troisième, absent (et pour cause) de la pause café

à laquelle j'assistais malgré moi.


Devant la machine à café et sans faire le moins du monde attention à moi (j'arrosais

les plantes pour le compte d'une amie fleuriste, je comptais donc pour du beurre, je

n'existais pas même si j'étais à touche-touche avec eux dans la cafeteria de cette

importante entreprise de semences modifiées)  ils discutaient de leur stratégie et

avaient clairement décidé de squeezer un collaborateur qui, je n'ai pas su pourquoi,

leur avait "manqué" ou déplu. Le but était de l'éliminer.


Une sorte de guet-apens se mettait en place, avec convocation orale à une mauvaise

heure et des informations qu'il aurait fausses parce qu'on s'en était enquis.

Une certaine Valérie était même déjà cooptée par mes deux comploteurs pour prendre

la place du futur partant.

A sa place je me méfierais du cadeau parce que les termes qui la qualifiaient étaient

à peine plus élogieux que ceux qui servaient pour son futur prédécesseur.

"Il la joue trop perso, il a trop tiré a couverture à lui, il se croit plus malin que les autres"

étaient les reproches qui revenaient et que j'ai entendus.

Je ne sais pas si la réunion qui débutera à 15H00 salle **** cet après-midi (et à laquelle

le futur exclu ne devrait arriver qu'à 15H30 et avec des informations erronées) permettra

au complot de réussir mais ce que j'en ai entendu m'a paru à la fois cruel et dérisoire.

Cruel parce que l'absent passera obligatoirement un très mauvais moment, dérisoire

parce que ces plans de bataille, ces stratégies minuscules démontrent bien que le

monde du travail ne vaut guère mieux qu'une cour de récréation.

Ca commence avec la voiture sur le parking ("j'ai la plus belle, j'ai la plus grosse,

j'ai la plus chère")  et ça finit par "Toi on te veux pas dans notre bande".

 

Pathétique! Heureusement les plantes de l'accueil paysager en avaient vu et entendu

d'autres.

 

PS: hier, sévèrement enrhumé après mon (superbe) passage au Pic du Midi j'ai traîné

devant la télé et ai vu quelques instants de Drucker. Oui, en 2013 (deux-mille-treize)

Drucker est encore sur l'écran. Il "recevait" Messaline, la plus grande courtisane de la

mode du XXème siècle qui joue à contre emploi les vierges effarouchées et timides.
devant elle Laurent Gerra faisait ses blagues de CM1 qui font rire au Collège Prévert

de Vierzon. Hallucinant!

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 06:44

Pour que le rencontre se fasse entre un livre (papier) et son lectorat il y a

beaucoup de paramètres qui doivent se mettre en place.
La notoriété de l'auteur ou même celle de son livre sont importantes mais

l'objet lui-même peut l'être encore plus.

La présentation de la couverture, le lettrage et son illustration sont aussi

décisives.

Autant les éditeurs font attention à ce que le titre du livre en résume bien

le contenu et soit percutant autant parfois ils négligent la photo ou le

dessin de couverture qui peut quelquefois conduire à repousser telle ou

telle édition d'un livre.

Actuellement il semble que le marketing s'applique dans ce domaine

comme dans tous les autres et que la réflexion qui a été menée donne de

bons et de moins bons résultats.
Entrent dans cette seconde catégorie les éditions de poche qui, sur la

couverture d'un livre "classique" ("Le colonel Chabert", "Eugénie Grandet",

"Oliver Twist", "Germinal", "Bouvard et Pécuchet" etc.) mettent une photo

extraite du film ou, pire du téléfilm signé Josée Dayan (la metteur en scène

de classiques qui filme à la hache et à la meuleuse) qui en a été adapté.
L'un des aspects les plus extraordnaires d'un roman c'est de nous contraindre

à imaginer des personnages, des situations et des lieux à travers leur

description. Comment y parvenir si Depardieu ou Jean Carmet sont en

couverture? ne vont-ils pas s'imposer au détriment de notre imagination?

 

J'exclus de cette réflexion les livres de la collection 10/18 dont la qualité de

l'illustration de couverture n'est jamais prise en défaut.

 

Autre écueil que je vois en regardant les couvertures de livres les dessins ou

photos d'agence qui n'ont aucun rapport avec le contenu du livre. Je prendrais

comme exemple parce que le "scandale" dure depuis des années, les deux

chefs d'oeuvre de George Orwell en collection Folio. L'un "1984"* possède

une couverture sur laquelle un personnage stylisé, jeune, nu est acroupi devant

la roue d'une locomotive à vapeur. Qui pourra expliquer un jour pourquoi cette

illustration choisie était aussi éloignée du texte? Il n'y a ni jeune homme, ni
nudité ni locomotive dans le livre. Même au figuré il n'y a aucun rapport entre

l'illustration et le contenu du livre; un cas.

Même chose, pire encore car elle fait contresens, pour "La ferme des animaux"*.
Cette satire drôle et morale du stalinisme, comme le dit son titre, se passe dans

une ferme et le seul être humain est le fermier Jones qui disparaît à jamais du

texte dans les toutes premières pages.
Il n'y a alors plus aucun être humain dans toute la fable: pourquoi avoir choisi

une illustration à la Goya avec des humains décadents et masqués???

 

Les pochettes de disques, les affiches de théâtre et parfois de cinéma

permettent plus facilement ces interprétations personnelles ou décalées. Pas

le livre qui, à mon avis, doit réfléter instantanément et le titre et l'histoire.

Ou, dans le cas d'une étude ou d'un ouvrage scientifique ou historique,

son sujet.
Imagine t'on un livre sur les volcans illustré par une vue du Parthénon ou

un livre de cuisine avec Churchill en couverture?  Evidemment non!

c'est pourtant ce que font des éditeurs lorsqu'ils mettent en première page

une jolie fille ou un beau paysage sans rapport avec le texte du livre.



Le "Mythologies" de Roland Barthes des années 70-80 avec sa DS21 en

couverture est, de ce point de vue, un chef d'oeuvre inégalé: on savait en

regardant le titre et la photo le contenu de l'ouvrageimages-copie-3.jpg

 

Le fond blanc disait qu'on était dans un texte sérieux et le lettrage le confirmait.
Pas de fioritures et du talent: quel dommage que celà se perde!

 

Car oui, si vous passez quelque temps dans une librairie à regarder les livres à

succès ou pas vous constaterez que les margoulins de la "com" et de la "pub"

ont investi ce marché aussi au point qu'on retrouve souvent plus facilement les

bouquins écrits par des gens du spectacle, de la télévision ou de la politique

que les livres qui permettent d'apprendre ou de se cultiver.
Le tout sous des couvertures vulgaires et agressives...

 

* j'ai vérifié hier à "Ombres blanches" la librairie de référence de la ville rose. Ce

sont bien ces dessins incongrus qui ornent les couvertures des Folios.

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 07:00

J'ai vu, avec beaucoup de retard, le film qui a été consacré à l'affaire d'Outreau et

plus particulièrement à celui qu'on appelait alors "l'huissier d'Outreau", Alain

Marecaux.

C'est un film de fiction qui s'est appuyé sur le récit même de ce que l'huissier a

vécu et raconté dans un livre. Il est interprété par Philippe Torreton et Noémie

Lvovsky et a été réalisé en 2012 par Vincent Garenq.
Le sujet du film étant l'épouvantable expérience proche de l'enfer vécue par l'un

des accusés on se doute qu'il est terriblement sombre.

Les scènes filmées sont plus éprouvantes les unes que les autres et l'on

assiste, angoissé et effondré à la descente aux enfers de cet homme, accusé

de crimes monstrueux et qui clame son innocence dans l'indifférence

générale.
Pire on a l'impression d'une cruauté mentale, d'une justice absolument aveugle

et uniquement à charge, d'un système carcéral aussi ignoble qu'inhumain et

de voir écrasé sous nos yeux une famille à la fois innocente et sacrifiée.

 

Le fait que nous sachions que les accusés ont été innocentés et que le fiasco

judiciaire a été reconnu nous place nettement en voyeurs.Cette sensation est

renforcée par la mise en scène, très "concernée".


La performance d'acteur de Torreton est indiscutable même si, par moments,

elle se limite à une perte de poids effectivement spectaculaire. (le symptôme

"Raging Bull" de Martin Scorcese avec de Niro).
J'avais lu le livre poignant et révolté que Florence Aubenas avait consacré à

cette affreuse affaire et le film est conforme à l'idée que je me faisais du

lynchage policier, juridique et médiatique des accusés.

 

Bref, le film est honnète même s'il lui manque le souffle et l'indignation qui

en auraient fait un excellent film s'il les avait eus.

 

...Et puis j'ai regardé le "bonus" qui figure sur le DVD "De l'ombre à la lumière".

Et là j'ai vu toute l'obscénité de la reconstitution et, pour dire crûment les choses

l'imposture de la "reconstitution cinématographique".

 

Alain Marécaux, l'huissier de justice d'Outreau est un homme définitivement

brisé. Malgré son livre, son innocence reconnue et un retour à une vie normale

il est marqué à vie par l'horreur qu'il a traversée et le cinéma cannibalise sa

douleur pour en faire un spectacle.


Torreton est certainement animé des meilleures intentions et a conçu de

l'affection pour l'homme qu'il interprète (et qui est conseiller sur le film) mais il

"joue" un rôle. Du coup les artifices de cinéma (maquillage, larmes, perte de

poids, sentiments simulés...) sonnent pire que faux: ils sont gènants.

Lorsqu'il faisait ses tentatives de suicide à répétition l'huissier injustement

accusé d'avoir violé des enfants ne faisait pas semblant et on ne le félicitait

pas à son réveil.


Quand il est allé voir sa mère sur son lit de mort (elle s'est laissée mourir de

chagrin) il ne faisait pas semblant de souffrir; il souffrait. Il souffre encore

lorsqu'on rejoue la scène devant lui.

 

Le décalage entre la vie ravagée de l'homme, ses difficiles rapports avec ses

enfants parce que sabotés par l'affaire ne sont pas du cinéma. C'est la vraie

vie et Torreton est un acteur qui simule la souffrance mais ne la vit pas.

Ce n'est pas sa mère qui est morte sur le lit devant lequel il pleure, c'est une

comédienne qui se relèvera quand on le lui dira.


Là est la différence, là est le côté malsain de ce cinéma qui veut toucher et

dont les artifices mettent -me mettent- mal à l'aise.

 

Les intentions sont bonnes, j'en suis certain mais le décalage entre l'homme

brisé, hébété qui se demande encore pourquoi il a été ainsi détruit et l'acteur

studieux qui fait un travail rémunéré en endossant provisoirement et

artificiellement la vie de l'autre nous saute aux yeux.

 

Pour se donner bonne conscience (le cinéma n'est-il pas une famille?) on

a donné un minuscule rôle à la nouvelle compagne d'Alain Marécaux et

Philippe Torreton semble très ami avec l'huissier. On s'embrasse, on tombe

dans les bras l'un de l'autre, on pleure à chaudes larmes....lors de la

présentation du film à la presse ou dans les salles de province. Mais le

film n'est pas là pour stigmatiser une erreur judiciaire, pour rapporter de

l'argent et pour obtenir de bonnes critiques et un bon bouche à oreilles;

il est là pour faire des entrées.

 

On peut croire à cette amitié comédien/personne qu'il joue et on peut aussi

penser qu'un acteur reste un acteur.
Et qu'un comédien interprète un rôle tandis que son modèle y laisse des

lambeaux de lui-même.

Qui nous dira si, deux ans après le tournage et un après l'exploitation en

salle Philippe (Torreton) et Alain (Marécaux) sont toujours aussi "amis"?

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26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 07:01

Comme toutes les personnes vieillissantes j'ai depuis quelques temps tendance

à enjoliver le passé et à dénigrer le présent.
Je pense même que, plus que les rides ou l'épaississement de la silhouette le

recours au "C'était mieux avant" est le signe manifeste qu'on est en train de devenir

un vieux con.
Quand on compare tout aux Beatles, aux Rolling Stones aux Pink Floyd ou au Who,

quand on voit une fin à l'art que l'on situe chez Erik Satie, Paul Klee, Auguste Rodin

Alfred Hitchcock et Ursula Andress les jeux sont faits; on est passé de l'autre côté

de la force.

Celles et ceux qui ont des trémolos dans la voix pour parler de l'époque du "bon"

président Pompidou s'illusionnent sur les conditions de vie de ses contemporains.

Juste comme ça, qu'ils lisent la vie quotidienne des garde-barrières ou des

personnels embarqués sur le "France" dans les encore récentes années 1970.

On était plus proche de Zola que du Paradis terrestre.

 

Je ne vois pas que la génération des trentenaires se mettent à regretter le TOP50

et les musiques de Jean-Jacques Goldman, Goldorak et Eurodisney...

 

Les Parisiens de ma génération commencent par regretter le petit train du jardin

d'acclimatation, poursuivent par le palais des miracles du Musée Grèvin et

finissent par "The boxer" de Simon & Garfunkel tout en n'omettant ni la 2cv, ni

la "Coccinelle" Vw ni le ski à La Plagne-Bellecôte ni le pot-au feu avec os à

moelle.

 

Qu'une douce part de nostalgie s'empare de nous quand le compte à rebours

s'avère moins souriant why not? mais qu'on oublie la guerre froide, l'intolérance

(oubliée aujourd'hui mais stupéfiante à l'époque) des tenants du communisme

et de leurs farouches opposants, les guerres de l'Asie du Sud-Est, les pesanteurs

sociétales (le divorce mal vu, l'avortement criminalisé, la contraception rendue

difficile....) me paraît discutable.

 

Le plus difficile c'est de dégager des lignes de force et de s'élever au-dessus

du quotidien ou des apparences.
L'époque que nous vivons est parfois désespérante mais physiquement et

moralement la majeure partie d'entre nous est en meilleur état que ceux qui

nous ont devancés.
Les guerres, si elles n'ont pas disparu, restent circonscrites à de lointaines

contrées et nous savons mieux en éviter les engrenages (.../...).
Nous sommes mieux soignés, nous avons des loisirs nombreux et accessibles

au plus grand nombre, nous nous déplaçons librement, nos moeurs sont

sinon libres du moins libérées (on ne fuit pas les divorcés!) et nous sommes

assez libres de penser et dire ce que l'on veut. Oui, assez libres.

Ca ne signifie pas que l'injustice est tolérable ni la misère ni l'arbitraire ni

les abus politiques ou religieux. Mais nous partons de plus loin que ceux

qui ont "inauguré leurs 20 ans aux champs d'honneur de la guerre de 14".

Le plus grand mal de notre temps est justement que nous sommes peut-être

un peu blasés et que nous ne voyons pas la beauté, la profusion, le plaisir

et la chance là où ils sont.

 

Je ne me suis pas réveillé en "ravi de la crèche" et suis un de ces inquiets

congénitaux mais je reste solidement convaincu que l'humanité a vocation à

s'améliorer.

 

...Ce qui n'empêche pas que oui, les Stones c'était mieux que Maroon 5!!!!

 

 

 

 

 

 

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 06:59

On a beau tenter de me dire que toutes les religions sont pour l'amour et la paix

universels les faits me paraissent aller dans le sens contraire, et ce depuis toujours.

 

Je ne referais pas là la liste des errements qui, des Cathares aux Sorcières, du

rejet des protestants et des juifs aux relaps et à l'inquisition a fait les beau soirs de

la Chrétienté mais on conviendra que, question tolérance, on pouvait sans doute

mieux faire.

Inutile, pour toutes les Religions de dresser la liste des intolérances dont elles se

sont rendues coupables, un dictionnaire n'y suffirait pas et on sait les supplices

inventés à l'occasion pour faire aimer ou simplement reconnaître ces Dieux

intraitables aux "infidèles" ou aux incroyants.

 

Car de quoi s'agit-il? communément on parle de "croyances". Peut-on décréter

que l'on croie? peut-on croire sans réfléchir? croire aveuglément est-ce la vraie

foi? En refusant, par exemple, l'Immaculée conception certains ont répondu.

 

Alors que notre époque matérialiste et scientifique explique de plus en plus de

phénomènes, elle n'est d'aucun secours aux Religions pour prouver ce qu'elles

avancent. Des pans entiers de celles-ci paraissent bien fragiles eut égard aux

découvertes de la science et plus on explique rationnellement les choses moins

les explications religieuses tiennent.

On peut faire comme les "créationnistes" américains et refuser la science

lorsqu'elle contrarie vos dogmes mais aujourd'hui réfuter la théorie de l'évolution

des espèces édictée par Charles Darwin est aussi ridicule qu'affirmer que la

terre est plate.

Le drame est que, pour certains, elle est plate et qu'ils veulent en convaincre,

au besoin par la force, tous ceux qui les contrediraient.

 

Pascal a montré que, tous comptes faits, l'existence de Dieu était la meilleure

hypothèse.
D'autres ont décrété sa mort et la religion comme étant "l'opium du peuple".

Malraux n'a sans doute jamais prononcé la phrase qu'on lui attribue et selon

laquelle "le XXIème siècle sera (it) spirituel ou ne sera(it) pas".

En regardant comment le monde Musulman bouge et les différentes

interprétations des dogmes qu'il affronte on voit qui avait raison et qui avait

tort.

Personnellement j'ai une sainte frousse des rassemblements religieux dans

lesquels la foi s'exhibe. Ces démonstrations de piété me glacent les sangs

et ont l'effet inverse que celui recherché: je doute des intentions des fidèles

et plus encore de leur sincérité.

 

Toutes ces manifestations d'une foi débordante, que ce soit la "guerre sainte",

les flagellants, le recours à la parole divine et autres me semblent aussi nocives

que les idéologies atrabilaires du siècle dernier.

 

Si "science sans conscience n'est que ruine de l'âme" alors l'inverse est vrai:

Conscience sans science n'est pas plus souhaitable. 

 

Enfin l'étrange prosélytisme des Religions ne lassera jamais de me surprendre.
Le mouvement El-Chabab qui vient de commettre un massacre de civils au

Kenya a sans doute raison de détester le matérialisme représenté par les centres

commerciaux. De là à exterminer les acheteurs! je ne vois pas en quoi la gloire

de leur Dieu en est améliorée!

 

 

 

 

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