J'ai amélioré ma réflexion en l'enrichissant de deux courtes expériences difficiles.
J'ai regardé les télévisions espagnoles et anglaises et ai été contraint de constater
qu'elles sont non seulement aussi navrantes que les nôtres mais peut-être
même globalement pires.
En ce qui concerne la britannique ce que j'en ai vu l'apparente fortement au "best
of" des chaînes Françaises, l'exception existant (comme ici) avec une chaîne
spécialisée sur la géographie, l'histoire, le documentaire.
Il y a, chez nos voisins, les mêmes consternantes imbécillités avec animateur
poisseux et public hystérique, les mêmes concours de médiocrité à base de
characters sélectionnés (la bécasse péroxydée, la bimbo aux gros seins, le gay
vibrionnant et le body-buildé aux raisonnements à deux balles), les caméras
cachées avec rires enregistrés, les jeux bêtes et une actualité transformée en
show permanent.
Dans ces deux pays également, des humoristes aussi hilarants que Dany Boon
ou Bigard alignent les saillies drôlatiques à base de grasse vulgarité et d'accent
débile. "The Carambar joke" est universel!
Au lieu d'en être désolé cela m'a rassuré. Ainsi, partout semble t'il, la télévision
fait plaisir au Monsieur important de TF1: elle offre aux publicitaires et aux
démagogues du monde du "temps de cerveau disponible pour Coca-Cola".
Finalement il faudrait agir avec la télévision comme avec les autres addictions:
organiser des groupes de paroles ("Bonjour, je m'appelle Henri -bonjour Henri-
je suis télévore et je regarde Sophie Davant et Jean Luc Reichmann").
Comme pour les stages de récupération des points de permis de conduire, ceux
pour faire passer des addictions (alcool, sexe, tabac, fraises Tagada...) ou les
phobies (peur de l'avion, du bateau, de l'eau...) on organiserait des sessions pour
aider les uns et les autres à ne plus la regarder que pour des émissions choisies.
Contrairement à tous les autres loisirs la télévision est trop souvent subie: on ne
s'imagine pas lisant un livre inintéressant, faisant une promenade ennuyeuse,
disputant une partie de tennis ou de foot sans envie...
Pourquoi, alors, subir des programmes sans discernement ni désir?
Dès lors qu'il y a libre arbitre et choix ce n'est plus la même chose et l'on est un
peu responsable de ce que l'on visionne ou pas.
Dans ce cas la télévision est effectivement un outil irremplaçable, un loisir facile
et un pourvoyeur d'informations utiles.
Et personne n'est obligé de regarder ce que les maquignons des chaînes
imaginent pour mieux nous abrutir!Le problème est la fatigue accumulée dans la
journée et la facilité que représente le simple fait d'allumer l'engin et d'être
submergé, à bon compte, d'images et de sensations.
Disons le sans fioritures: il est plus facile de regarder un programme débilitant
qu'un documentaire sur le soufisme, de voir une naine faire le bien que l'industrie
pharmaceutique faire du mal et d'entendre brailler un boudin au QI végétal qu'
écouter "Voi che sapete" des "Noces de Figaro".
C'est à nous de sélectionner et, le cas échéant, de laisser le poste dans le noir.



