Lorsqu'il est sorti au cinéma, le film "Hollywoo" avec Florence Foresti et Djamel m'a
semblé être un produit marketing ciblé CSP+ et prévu pour passer sur Canal + deux
ans après entre une retransmission d'un match de basket et une interview-fleuve de
Karl Lagerfeld ou de Carla Bruni.
J'ai donc pris le film à la médiathèque et je confirme, c'est bien un film marketing,
basé sur un duo-comique comme le faisait le pas regretté Gérard Oury sur la fin de
sa très longue carrière avec des tandems aussi improbables que Richard Anconina
et Michel Boujenah (si! ça existe et ça s'appelle "Levy et Goliath") ou Pierre Arditi et
Sabine Azéma (re, cette fois ça s'appelait "Vanille-fraise").
Faire un duo pour faire un duo conduit souvent le film à la catastrophe. Avec "Holywoo"
on ne peut pas parler de catastrophe mais de prise du pouvoir par Florence Foresti.
Malgré des dialogues souvent très drôles et des situations qui peuvent l'être, le rôle
de Djamel Debbouze ne lui permet pas d'être aussi amusant et spirituel qu'il l'est en
temps ordinaires.
Il a un comique si particulier que le cinéma un peu "franchouillard" ne lui convient pas.
Autant il peut trouver sa place dans des films comme "Astérix et Cléopâtre" ou "le
Marsupilami" (un naufrage cependant) autant dans une comédie bien de chez nous il
ne "passe" pas. Il fait partie de ces comédiens qui amènent leur personnage à eux
et qu'on attend dans ce numéro. (Coluche, Clavier, de Funès, Blier....)
A plusieurs reprises, dans le film, il m'a semblé que lui-même semblait le sentir.
Son regard semblait dire: "je le fais mais je n'y crois pas".
Le scénario du film tient sur un ticket de pressing et est prétexte à donner à la Foresti
de quoi surjouer pendant deux heures. Muriel Robin fait un extra et passe le relais
en interprétant un agent artistique sans doute rencontrée dans sa carrière ou nourrie
des observations qu'elle a faites dans ce milieu: folle et méprisante.
On le voit sur l'écran: les moyens n'ont pas manqué, tout le monde s'est sans doute
bien amusé mais le film sera ridiculement démodé dans moins de 10 ans.
Seul point très positif du film: on ne mélange pas les genres. C'est une comédie et
il n'y a pas la séquence émotion (à deux balles) qui pollue tant de films.
Comme il y a la scène de cul dans tout film dramatique* il y a la scène qui doit émouvoir
dans toute comédie qui se respecte.
Hélas seule la comédie anglaise (ou allemande cf "Goodbye Lenin") peut se le
permettre. Pas le film avec Timsitt ou Lhermite.
* Marine me faisait remarquer, avec raison, que la scène de cul est certes inévitable
mais que la scène où un(e) des protagonistes vomit l'est devenue tout autant. Vérifiez!
