Beaucoup de poulains de Julien Dray sont passés de l'UNEF au PS et, pour certains, des manifestations de rues aux ministères, des monômes aux bureaux cossus.
Harlem Désir et Delphine Batho sont ceux qui ont le mieux réussi le parcours et dans un délai assez bref.
Delphine Batho, sous des dehors gentillets est une redoutable arriviste qui s'est servie de Ségolène Royal (un cas ! D'habitude c'est plutôt en sens inverse) à la région Poitou Charentes puis au niveau national, se faisant adouber pour être députée des Deux Sèvres puis être réélue tandis que l'ex candidate à la Présidentielle allait se prendre un gadin à la Rochelle.
Sa première et fatale erreur a été de froisser sa protectrice au point de s'en faire une ennemie.
Batho a dû quitter son appartement de 110 m² qu'elle habitait depuis 2001 et dont le prix était amical, obtenu du temps où elle était salariée du Conseil Régional d'île de France. En soi c'est anecdotique mais qu'on en ait pas ou peu parlé souligne l'agilité de la dame.
C'est l'imposture et le culot façon Rachida Dati. Un temps çela plaît aux médias.
Nommée ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, caution des Socialistes aux Verts, elle vient d'être éjectée du gouvernement Ayrault suite à une interview dans laquelle elle se permettait de critiquer son budget et de souligner la faible popularité du gouvernement auquel elle appartenait.
Ce n'est pas lui faire injure que de constater que l'opportunisme n'est pas forcément gage de compétences, que le carriérisme vous crée de profondes et durables inimitiés et que n'est pas Arnaud Montebourg qui veut*.
Pour s'être sans doute crue intouchable Delphine Batho va traverser "le bac à sable" quelques semaines ou quelques mois. Je ne doute pas qu'avec son culot et son entregent elle rebondira et que son nom sera de nouveau lu sur les marches de l'Elysée pour d'autres fonctions prestigieuses pour lesquelles elle n'a pas l'ombre du début d'un soupçon de compétences ...
Harlem Désir est bien à la tête du PS et Copé à celle de l'UMP !
Etre limogée pour avoir craché dans la soupe ne me paraît pas si injuste. Ca me rappelle une histoire qui m'est arrivée il y a dix siècles. La société pour laquelle je travaillais avait ses bureaux sur un pâté de maisons entre les rues de Monceau et de Lisbonne, dans le huitième arrondissement, à proximité immédiate du Parc Monceau et des Champs Elysées. C'était un vrai bonheur de passer ses heures de déjeuner dans un tel quartier et tout le monde, direction comme personnel s'en trouvait fort bien.
Il advint que les bureaux devenant trop exigus, et en nombre insuffisant, et sans doute l'envie de faire une belle plus-value en vendant l'hôtel particulier; Il fut acheté un ensemble d'immeubles déjà construits mais à modifier à Saint-Ouen. Comme, on s'en doute, les conditions de vie allaient légèrement changer, une commission fut mise sur pieds qui avait en charge de préparer les esprits au déménagement.
Je fus nommé dans cette commission.
Par un simplet ou un provocateur qui ne me connaissait sans doute pas bien, à l'époque.
J'allais donc à plusieurs reprises sur les lieux, dans la riante proximité des Puces de Saint-Ouen où, dans un magma de boue et de béton, mes collègues et moi allions bientôt nous installer après avoir connu le plaisir de travailler dans le "Triangle d'Or". Sans en rajouter, au retour de ces expéditions, mon enthousiasme était assez tiède. Je fus donc convoqué par le responsable de la commission et la DRH.
Là, sans ménagement, on me dit que je ne faisais plus partie de ladite commission, que ce serait "à ma demande" et qu'on me reprochait de ne pas m'esbaudir de l'intelligence de l'immeuble de Saint Ouen, de la qualité des futurs équipements, du côté pratique des transports en commun et des commodités innombrables qu'offraient le nouveau quartier.
J'avais été nommé pour dire que le déménagement était une bénédiction, qu'on allait vers le mieux et que tout le monde gagnerait au change. 3 mensonges et 3 absurdités que le reste de la commission avait entérinés. Je ne l'avais pas compris!
J'en étais resté aux apparences qui, il est vrai, ne plaidaient pas pour le déménagement : banlieue laide et triste, immeuble sans caractère et impersonnel, environnement désertique et accès crapoteux : même avec talent il était difficile de jouer l'adhésion complète et sans réserves.
Alors Delphine Batho, membre du gouvernement, symbole de l'entente avec les "Verts", caution féminine dudit gouvernement et barrière de dégel avec Ségolène pour le Président ne pouvait décemment pas en dire du mal. Même moi je l'aurais compris!
PS : l'âge et l'expérience aidant je comprends la création de la commission et ses buts non avoués. Effectivement l'entreprise devait "réussir" son déménagement et ça passait par une
préparation des esprits. Il n'était pas "honteux" de surjouer l'admiration des nouveaux locaux ni de minimiser les défauts de la nouvelle implantation. L'entreprise existe toujours et est toujours à St Ouen.
* Arnaud Montebourg est l'archétype du politicien "à la Française". Grande gueule, se déjugeant dans la même phrase, obsédé par son exposition médiatique et possédant une réthorique à géométrie variable. Il voulait faire juger Chirac par la haute cour de justice et a dû, finalement, participer financièrement au cadeau de départ de l'ancien président, j'en jurerais.
