Je suis un observateur attentif de la politique en France depuis des années.
Je lis beaucoup de livres ayant trait à la vie politique et à l'histoire et suis
un lecteur avide de magazines et quotidiens, en ligne ou sous leur format
papier.
Ceci pour dire que si je n'ai aucune compétence professionnelle j'ai au
moins autant de connaissances et de réferences que bien des exégètes qui
se trompent si souvent bien qu'ils aient fait profession d'analyser et de
commenter la vie politique.
Depuis quelques semaines on assite à ce que je qualifierais sans hésiter un
véritable "bourrage de crânes" sur le retour supposé irrésistible de l'ex-président
de la République.
Avec des airs entendus et en s'appuyant sur de mystérieuses sources ils vous
disent que Nicolas Sarkozy succédera à François Hollande au printemps 2017.
A mes yeux cela relève de l'intox pure pour diverses raisons.
1° Dans ce pays, mis à part Napoléon 1er lors des Cent Jours et Louis XVIII
avant et après les Cent Jours aucun chef d'état, à fortiori élu au suffrage
universel n'a pu revenir après avoir été écarté du pouvoir*.
2° La personnalité de Nicolas Sarkozy a, tout au long de son mandat mais
plus encore à la fin été rejetée par une part très importante de l'électorat.
3° Le mandat politique a tendance, dans les pays démocratiques, à raccourcir.
Des Tony Blair, des Shröeder, des Zapatero et tant d'autres ont vu la fin de
leur mandat se précipiter ou ont été contraint de jeter l'éponge sans espoir
de retour.
4° Comme en témoigne l'aventure de Ségolène Royal les Français donnent
désormais une chance mais pas deux à ceux qui les sollicitent.
5° Son bilan, en tant que président n'a rien d'exceptionnel et l'étiquette de
"président des riches" lui colle à la peau.Sa présidence ultra-libérale ne
sera pas oubliée si d'aventure il se représentait, pas plus que ses amitiés
encombrantes avec les patrons du CAC 40 et Bolloré, Bouygues & Co.
6° il n'a aucune chance de se refaire une virginité et d'apparaître un jour
comme un homme neuf.
7° Beaucoup de scandales et d'affaires dans lesquels son nom et sa fonction
sont impliqués sont en cours et occuperont la chronique judiciaire dans les
trois ou quatre années à venir (Kadhafi, campagne Balladur, comptes de
campagne 2012, affaire des millions de Tapie, Christine Lagarde etc.)
8° La droite sait instinctivement que l'addition des centres et de l'extrème droite
est un leurre qui barre la route de l'Elysée. C'est pourtant la stratégie de
Patrick Buisson et de Nicolas Sarkozy et elle ne peut être gagnante dans
un pays ou Le Pen père a obtenu moins de 20% au second tour de la
présidentielle 2002.
9° A l'inverse de son père Marine Le Pen veut le pouvoir et sait exactement
comment y arriver. Elle organise son mouvement dans ce but et ne fera
en aucun cas la courte échelle à Sarkozy.
10° Le programme de la Droite, à supposer qu'elle en prépare un d'ici les
échéances de 2017, sera obligatoirement le reflet de la droitisation de
son électorat. Il agrègera un noyau dur de militants UMP et d'anti-
socialistes viscéraux mais ne parviendra pas à attirer tout le vote des
2 millions d'électeurs "flottants" qui font l'élection.
On observera sans doute un vote "à l'américaine" qui a écarté les deux
derniers candidats républicains qui étaient trop à droite pour complaire
au "tea party" et à leur électorat extrêmiste.
11° Il reste 4 ans au pouvoir actuel, au PS et aux verts pour obtenir des résultats.
12° Il y a, à droite, des hommes et des femmes (Vaucquiez, Fillon, NKM....) qui
ont été humiliés par Nicolas Sarkozy, par sa façon de gouverner, par son
incapacité à (leur) faire confiance et à travailler en équipe qui feront tout pour
empêcher son retour.
13° Copé, Sarkozy en pire, veut la place! On peut lui faire confiance pour garnir
le chemin de sa réelection de N.Sarkozy de peaux de bananes et de savon
noir....
14° l'éternelle question du "recours" est un leurre. Ni Barre ni quiconque n'a
pu se faire élire juste parce qu'il était un recours. Nicolas Sarkozy n'est
considéré comme un recours que par sa camarilla (Ciotti, Hortefeux,
Morano, Balkany...) ce qui est tout dire.
Comme pour mon pronostic de 2010 (vous pouvez vérifier) qu'Hollande était le
principal atout du PS et qu'il avait de très fortes chances de l'emporter en 2012
Je fais le pari que l'avenir de Nicolas Sarkozy est derrière lui.
* Les pérégrinations hasardeuses de Giscard entre son échec de 81 et 1995,
année où il a enfin compris que les Français ne voulaient plus de lui sont là
pour le prouver.