4 novembre 2011
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"Les bourses asiatiques ouvrent à la hausse". Voilà l'ouverture du journal de 8H00 dite avec un ton soulagé et presque triomphal.
Le G20 a réussi à faire plier Papandréou qui est sur le point de renoncer à son référendum.
De telles palinodies ont de quoi faire désespérer l'Européen le plus convaincu. Que la Grèce n'ait pas envie d'être sous tutelle du F.M.I, de la Banque Centrale Européenne et de l'Union Européenne qui ne le comprendrait? Se met-on à la place des Grecs, ne serait-ce qu'une minute?
En convoquant le Premier Ministre Grec à Cannes comme on somme un inférieur de venir s'expliquer le duo Sarkozy-Merkel a montré le vrai visage de cette Europe que nul n'a voulu ainsi. En France le référendum de mai 2005 et les 55% de non étaient déjà très clairs.
Le traité de Lisbonne, qui en niait le résultat et engageait le pays contre sa volonté montrait sans fard l'escroquerie politique qu'était la construction de cette Europe-là.
Ses partisans et ses constructeurs nous disent, pour justifier cet avatar d'Europe et la perte des autonomies des pays qui le constituent qu'elle a permis à la paix de demeurer une réalité depuis 1945. Le pire c'est que de tels arguments ne trouvent pas de contradicteurs.
L'Europe des marchés, l'Europe des banques, l'Europe des bourses et de l'Euro c'est une Europe qui convient aux 10% les plus riches de tous les pays qui la composent et uniquement à eux et à leurs esclaves et thuriféraires. Sans oublier leurs larbins. Je ne vois pas qui pourrait dire et démontrer le contraire.
Elle a aidé, un temps, l'Espagne, l'Irlande, la France ou la Grèce même mais quand on voit l'état de ces pays maintenant il est possible de se demander si, comme Lénine le disait du communisme, elle ne les a pas soutenus comme la corde soutient le pendu.
L'affaire Grecque, dans son gâchis, son cynisme et son exemplarité achèvera, j'espère, de déciller les yeux des plus européens d'entre nous. Pas la presse qui, par essence, lui est favorable.
PS: Dans "Le Point" de cette semaine un "duel" François Bayrou - Alain Minc navrant et un plaidoyer pro-Giscard (!) signé Alain Duhamel. Ce calamiteux "journaliste" est, avec Mougeotte, Elkabach et quelques autres la honte de la presse Française. De tels fossiles plus vissés à leur chaire qu'une bernique à son rocher devraient en être délogés avec force gifles et coups de pieds au cul.
Published by Bertrand P
3 novembre 2011
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Après le raz de marée médiatique pour "The Actor" voilà qu'on est submergés, écrasés, meurtris, étouffés, pollués, éparpillés, abrutis et ébouriffés par la promotion monstrueuse faite pour le film "les intouchables".
France Inter y a consacré des émissions entières, les 2 acteurs sont partout, le "Monde" y consacre sa une ...
Je me demande si ces sorties de films accompagnées du rouleau-compresseur promotionnel sont si efficaces. Pour ma part tant d'éloges, tant d'unanimité et surtout tant d'esbrouffe me donne envie d'aller voir un film turc sous-titré en Roumain à Utopia ou à l'ABC plutôt que ces grosses machines qu'on dirait faites par le marketing.
Comme je suis quelqu'un de très mauvaise foi je me demande aussi si ces sujets "tendance" ne donnent pas bonne conscience au monde ultra-friqué et privilégié du cinéma et à la presse: on parle des trisomiques ("le huitième jour"), des handicapés ("le scaphandre et le papillon", "Intouchables"), des d'jeunes des banlieues ("polisse", "Intouchables"); bref des minorités visibles pour les glorifier tout en se disant qu'on préfère Joey Star, Omar Sy, Djamel Debouze ou Pascal Duquenne sur un écran qu'au quartier latin, dans le Luberon ou en Corse.
En un mot je me demande si tout ça ne relève pas de l'hypocrisie la plus aboutie. Ce monde du cinéma qui ne vit que pour l'argent et où l'on est bankable ou renvoyé au néant a investi sur les "comiques" parce qu'ils rapportent. Ils sont dans l'air du (mauvais) temps et Omar et les autres sont interchangeables.
Intouchables, avec son handicapé et son banlieusard a tout pour plaire à la presse bobo. D'ailleurs on a peu insisté sur les qualités cinématographiques du film mais plus sur son succès probable, sur les Césars que les acteurs pourraient remporter et sur le(s) million(s) de spectateurs qu'il pourrait drainer. On n'est pas là en présence de cinéma mais d'un produit de marketing destiné à rapporter des montagnes d'euros à ses commanditaires.
Et c'est humiliant d'avoir été ainsi pris pour des cochons de consommateurs pendant 8 jours.
François Cluzet, par ailleurs excellent acteur, mérite mieux que ce genre de cirque promotionnel.
Published by Bertrand P
3 novembre 2011
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Les locaux de Charlie Hebdo ont été détruits hier par un cocktail Molotov. Aussitôt l'homme de bien sort les grands mots "démocratie", " liberté" et "conscience".
C'est un fait, incendier le siège d'un journal, véhiculerait-il tout ce que l'on est en droit de détester, n'est jamais la solution.
Contrairement aux dictatures du XXème siècle, la Démocratie peut s'énorgueillir d'avoir laissé la presse libre, de l'avoir protégée parfois et même de l'avoir renflouée lorsque c'était nécessaire. Ses plus grands ennemis ont pu s'exprimer et demander, à longueur de pages, sa destruction. La liberté de la presse, c'est un préalable, elle n'est pas négociable.
Alors Charlie Hebdo ?
Dans le cas présent c'est la même chose : ceux qui ont commis cet attentat sont des criminels et leur acte un crime contre la liberté. Charlie Hebdo, en titrant sur "Charia Hebdo" et en dessinant en une un Mahomet vulgaire et agressif agitait la muleta et espérait bien que l'intégrisme à front de toro allait foncer dessus.
Avec la publicité faite avant la parution du numéro et la promesse que celui-ci allait être particulièrement "anti-cons" (en langage Charlie = anti Islamistes) le journal provoquait en fait les intégristes.
Il y a peut être mieux à faire pour dénoncer ceux d'Islam qui ne démordent pas d'une interprétation rétrécie du dogme que les insulter. Et d'abord -peut-être- parler avec et de ceux qui n'ont pas cette interprétation outrée. Charlie Hebdo est l'arroseur arrosé. Il a piqué le cheval et celui-ci lui a rué dans la gueule.
C'est dommage mais ... c'était bien cherché.
Published by Bertrand P
2 novembre 2011
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Ne pas confondre plébiscite et référendum. Dans le 1er cas la question biaisée amène une réponse forcément positive, dans le second la réponse est aléatoire et dépend de plusieurs paramètres.
Le référendum proposé par le premier ministre Grec George Papandréou semble plutôt correspondre à la deuxième catégorie.
Selon la question posée, selon la campagne électorale qui sera faite et selon d'autres critères inconnus aujourd'hui la réponse des Grecs sera positive ou pas. Quoi qu'il en soit il me paraît surprenant, indigne, agaçant, méprisant et pour tout dire inadmissible que certains veuillent influencer ce référendum, voire, comme Nicolas Sarkozy, imposer le texte de la question que posera Papandréou à ses compatriotes.
Si ce dernier ne doit poser qu'une question qui obtienne un "oui" comme réponse il faudrait sans doute mieux qu'il n'en pose aucune ...
Drôle de conception de la démocratie, ceci dit en passant, que d'imposer des cures d'austérité à un peuple et de refuser de le consulter. La Grèce et ses gouvernements successifs a certainement des responsabilités dans sa situation actuelle mais les citoyens pas forcément si, comme partout ailleurs, son seul rôle consiste à désigner des élus qui s'arrangent ensuite pour faire leur "petite cuisine" sans qu'il n'en sache grand chose.
Cette Europe, cet Euro, cette politique imposée par les élites depuis 30 ans l'ont été sans qu'on en connaisse les tenants et aboutissants. Jacques Delors nous dit que ce n'est pas l'Europe qu'il a voulu ! Mais c'est celle qu'on a et qu'on doit supporter. Alors que les Grecs, consultés, disent non n'a rien de surprenant.
Sauf pour des eurocrates totalement coupés des réalités.
A ce sujet, Mme Lagarde, son sac de couturier, ses gants en cuir et son cran de coiffeur de luxe est aussi crédible pour demander l'austérité aux Grecs que Dominique Strauss-Kahn qui ferait un cours sur l'abstinence sexuelle ...
Published by Bertrand P
1 novembre 2011
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De toutes parts on baisse la voix en me parlant. Les phrases de consolation qu'on me sert pourraient presque être des condoléances.
On s'apitoie, on s'énerve et on me console.
"Mon pauvre vieux...."
Bref! j'ai été licencié.
Je travaillais depuis 5 ans dans une belle entreprise de 1850 salariés, une de ces sociétés qui concourent tous les ans à "the Great Place to Work" et qui l'a même remporté il y a 2 ou 3 ans.
Une de ces entreprises où la moyenne d'âge oscille entre 29 et 31 ans, où les dents des jeunes diplômés font du bruit en rayant... le marbre du sol. Des couloirs peuplés de belles femmes-cadres et où la Cafetaria ne ressemble en rien à "Caméra Café".
Cette belle machine à produire du cash, au vocabulaire abscons (cf mes anciens posts) est passée sous LBO il y a 4 ou 5 ans et la seule chose qui compte est la progression du chiffre d'affaire.
Pas une progression (déjà remarquable en temps de crise et quand les concurrents vont au tapis) à un chiffre mais une progression à 2 chiffres, une de ces progressions comme les traders en rêvent et comme ma société -mon ex-société- en obtenait à la cravache. Pas de 13ème mois, aucun "avantage d'entreprise", une progression des salaires étique, des conditions de travail proches de l'esclavage (quand une jeune maman souhaite quitter son bureau à 18H00, son heure "normale" on lui demande sans rire si "elle prend son après-midi"!).
La culture du chiffre est partout. Dans les ascenseurs, sur les ordinateurs et à toutes les réunions on insiste sur les résultats à date et le déficit par rapport aux objectifs. Ces objectifs, décidés en haut lieu sont aussi réalistes qu'élevés. Le pire est qu'avec cette politique à marches forcées la société y arrive presque (en stagnant au même résultat en 2010 qu'en 2009).
Agissant ainsi c'est sans doute le client qui paie la progression de l'entreprise et le service qui lui est rendu est de moins en moins efficace et concurrentiel mais on s'en fout, "faut atteindre les objos". Dans cet univers autiste où 1840 personnes bossent comme des damnés pour les 10 qui décident (dont les 2 actionnaires) "si on ne performe pas on est mort".
Je n'ai plus "performé".
Cette société là a donc décidé que je ne suis pas raccord et m'éjecte: en période difficile il est tentant de dégraisser. Je ne suis pas le seul, je ne suis pas le dernier. Descendre de ce TGV qui roule à fond sur des lignes de banlieue ne me tue pas: je suis presque soulagé. Je n'ai jamais autant travaillé que dans cette boîte et tout mon corps criait "halte au feu".
J'aspire à retrouver du sens et ce n'est pas là que j'en aurais trouvé. Tous (solde de tous) comptes faits !
Published by Bertrand P
31 octobre 2011
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J'ai parfois tendance à me mettre tout seul dans des situations intenables.
Ce 31 octobre, par exemple, j'aurais pu flâner tranquillement en cette belle journée ensoleillée et profiter de ce beau et long pont. J'ai accepté sans vraiment l'écouter d'aider un ami à "déménager quelques trucs de mon ex à chez moi". J'ai demandé une précision mais n'ai pas percuté à la réponse : "Des chaises de jardin et 2 jardinières".
Bon ! Rendez-vous ce lundi à 9H00 devant chez son ex. Elle est au balcon à 9HO5 quand j'arrive. Elle me fait monter. Rien à dire l'appartement est magnifique et au 3/4 vide. Le quart restant c'est des lits électriques style lit de parturiente, des bureaux, des caissons, un salon de jardin en teck (lourd...) et ces fameuses jardinières.
Jardinières pleines à ras-bord de terre et vaste comme des cercueils.
J'oubliais ... il y avait des sortes de sapins ou d'arbres qu'on met dans les haies, qui sentent fort et qui collent aux doigts. Hauts les arbres. Au moins 2,50m. Et avec des racines.
Je vous épargnerai le déménagement : mon ami avait fait venir un autre ami pour l'aider mais le type en question ne pouvait ni se baisser ni porter rien de lourd. Une aide étonnante ! mais il avait apporté le camion à ridelles de son entreprise de travaux.
On s'est donc tout tapé, D*** et moi. Les lits (1 double et 1 simple), le bureau, 1 machine à laver, des caissons (remplis!), un meuble informatique, des fauteuils, des repose-pieds (si!) et les fameuses chaises de jardin et la table qui va avec. Le concierge-homme à tout faire nous suivait en faisant des commentaires désagréables dès qu'on faisait tomber un machin. (et la machine à laver a rendu ses 2 litres d'eau).
On est allé décharger ce premier camion rempli jusqu'à la gueule, on a (bien) déjeuné puis on est revenu pour les jardinières.
L'enfer ! la terre était sèche et le vent d'autan la rabattait dans nos yeux qui ne cessaient de pleurer. Les sacs de terre se crevaient dans l'ascenseur, ils étaient lourds et nombreux. Très nombreux.
A plusieurs reprises je me suis demandé ce que je pouvais bien faire là.
Nous avons chargé le camion avec les 2 jardinières, la terre (on vidait les sacs) et les sapinettes. J'ai compté 4 arbres.
On en avait tellement assez (il était 16H30 quand même) on avait tellement charrié de choses lourdes et encombrantes qu'on a oublié de sangler les arbres.
Naturellement sur l'autoroute après le péage on en a perdu un. On s'en est rendu compte aux signes de déséquilibrés que nous faisaient les banlieusards en nous doublant.
Bon sang! on a perdu un arbre sur l'autoroute! on est en tort, on n'a pas sanglé. Et si il y a un accident à cause de nous. L'inquiétude remplace notre fatigue tandis qu'on roule jusqu'à la
première sortie (30 km) toujours doublé par des gens qui nous font des signes incompréhensibles. Le cauchemar continue quand on arrive chez mon ami : on vide le camion comme 2 robots en se reprenant 1 kg de terre sèche dans chaque oeil.
On repart en sens inverse, rendons le camion à l'impotent en lui en disant le moins possible sur notre aventure autoroutière, prenons la voiture de mon ami et on roule vers Toulouse.
... Cette radio idiote des autoroutes, qui nous insupporte lorsqu'on tombe dessus et qui pousse l'outrecuidance de couper nos CD préférés pour des messages "importants" est introuvable.
On imagine des carambolages en série, des gens qui téléphonent à la police notre plaque d'immatriculation du camion, la caméra de surveillance du péage qui nous dénonce ...
Mais rien: pas d'arbre ni de voitures cabossées.
A 18H15 je suis enfin sous la douche et l'eau grise qui s'écoule vers la bonde emporte cette journée où je n'ai guère été récompensé de mon bon mouvement.
Je crois que je refuserais les prochaines demandes d'aides.
Published by Bertrand P
30 octobre 2011
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Un constat doublé d'un regret: la villa de plus d'1 million d'euros achetée comptant par Edouard et Josée Balladur a fait flop. Tout le monde s'en fout !
J'ai été surpris hier, en plein centre ville de Toulouse par la fièvre consommatrice des Toulousains. Les escaliers mécaniques des stations de métro vomissaient une foule compacte et
dévorée de fièvre acheteuse. Au même moment je suis bien certain qu'à Lille, Lyon et Bordeaux une même foule pressée et dense envahissait les magasins pour acheter, acheter, acheter.
Je suis persuadé que dans le même temps, à Berlin, Southampton, Madrid et Milan les habitants envahissaient le centre, non pour se mêler à la foule des indignés mais pour acheter, eux aussi.
Acheter des téléphones (les boutiques de téléphonie ne désemplissent pas, c'est navrant), des fringues (chacun sa "tribu" et son code vestimentaire qui va avec), des ordinateurs ou autres produits de la technologie moderne (la FNAC micro était à 2 doigts de refuser du monde) et de la nourriture. Les fast-food affichaient complet, les terrasses de café et de restaurants, en ce très
doux 29 octobre étaient remplies d'une foule sage et patiente.
Tout l'après midi et quelque soit le lieu où je me suis trouvé j'ai constaté la présence de ces mêmes grappes de personnes affairées ... à ne rien faire.
Je dois à la vérité de dire que la bibliothèque était investie de la même manière et que les cinémas voyaient une affluence identique à toutes les séances.
L'espace d'un instant j'ai visualisé ce qu'était la "civilisation des loisirs" et l'homme identifié à son pouvoir d'achat. Une sorte de dictature molle du paraître. Chacun est en fait résumé à son compte en banque et à ce qu'il peut s'offrir dans un marché inépuisable. Peu de place pour la réflexion, moins de place encore pour l'action. On consomme, on téléphone, on inter-agit et... une journée de pont, un samedi agréable s'il en fût est passée.
Vivement les fêtes de Noël qu'on ait un alibi pour consommer plus encore !
J'ai noté, moi qui cherche maintenant une idée professionnelle hors salariat classique, que d'autres avaient imaginé des solutions pour que les cartes bleues soient utilisées chez eux : outre les boutiques de téléphonies, les "magasins" de chaussures, les marchands de lunettes et les fast-food de toute sorte déjà bien connues et omniprésents les boutiques où l'on vient vendre son or, se faire blanchir les dents(!) ou se faire bronzer entre 2 achats (!!) font florès.
... et ne désemplissent pas non plus.
Published by Bertrand P
29 octobre 2011
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Dans une fameuse scène du film de Milos Forman consacré à Mozart "Amadeus", le compositeur propose à l'empereur et à son maître de musique de réaliser un opéra avec un livret en Allemand.
Cette proposition choque parce qu'elle n'est pas habituelle et qu'un opéra est toujours composé en Italien et d'après la mythologie. Présenté avec génie comme un jeune homme grossier, vulgaire et de peu d'intelligence Mozart, pour obtenir le droit de composer en Allemand en arrive, en cette royale compagnie, à employer une expression triviale qui le dessert. Parlant des oeuvres du passé il dit "elles chient du marbre".
Aujourd'hui, en notre siècle étriqué, c'est le Président de la République qui emploie des expressions vulgaires pour désigner une oeuvre du passé. A 2 reprises Nicolas Sarkozy a raillé "La Princesse de Clèvres" de Madame de La Fayette, livre classique s'il en fût et sans doute inaccessible à l'amateur de de Funès, de Bigard, de Christian Clavier, de Jean Réno et de Marc Levy (admiré pour le chiffre de ses ventes plus que pour ses éventuelles qualités littéraires) qu'est le chef de l'état le moins cultivé que le pays ait jamais eu à sa tête.
Quand on se rappelle que Georges Pompidou récitait de tête des vers de Paul Eluard suite à une question improvisée au cours d'une conférence de presse. On voit le chemin parcouru.
Notre Président pour 6 mois encore a récemment dit qu'il avait, étudiant, "passé 6 mois sur la Princesse de Clèves". Une autre fois il avait raillé le fait que ce texte faisait partie de ceux sur
lesquels on pouvait être interrogé au cours d'un examen administratif. Naturellement on peut étudier les oeuvres complètes de Philippe Djian, dégager les lignes de force dans l'écriture de Michel Drucker et s'émerveiller du style de Jean d'Ormesson.
Le patrimoine culturel d'un pays (ce que les Américains crèvent de ne pas posséder ou en si petite quantité) se mesure aussi avec les oeuvres du passé.
Villon, Chateaubriand, Zola,Hugo, Céline et tant d'autres forment notre esprit et les négliger revient à se priver de ce qui nous constitue et de ce qui constitue l'armature de notre société.
C'est entendu "le lâcher de salopes" de Bigard est bien plus "actuel" que les sentiments de Madame de Clèves pour le Duc de Nemours; c'est vrai les "Okaaaaay" de Clavier sont plus au goût du jour que la prose de René et l'oeuvre chantée de Mme Bruni plus écoutable que Josquin des Prés.
Personnellement j'attends d'un chef de l'état qu'il soit, a minima, capable d'un peu d'élévation !
Hormis Giscard et sa culture "Reader's digest" et l'actuel Président ceux qui nous ont gouverné avaient une culture, des références et des connaissances dignes de ce nom.
Published by Bertrand P
28 octobre 2011
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Tout doucettement, tout hypocritement, tout discrètement, à l'heure où l'on ne parle que de l'euro et de son "sauvetage" se tient encore, envers et contre tout, le chaotique procès des monstres qui ont saigné à blanc le Cambodge de 1975 à 1979 le laissant à jamais dévasté intellectuellement, moralement et physiquement.
N'oublions pas que l'expérience du "communisme total", appliqué avec la bienveillance et l'aide de la Chine, a coûté la vie à près de 2 millions d'hommes, de femmes et d'enfants sur 7 qu'en comptait ce pays magnifique avant l'arrivée des Khmers rouges.
Tant d'années après sont jugés quelques vieillards faméliques en qui il est difficile de reconnaître les bourreaux fanatisés, les meurtriers doctrinaires et les assassins de l'humanité.
Qu'on ne s'y trompe pas: le pays se relève tout doucement et les plaies béantes laissées par ce régime se voient moins (encore que s'ils en avaient les moyens les Cambodgiens seraient des clients idéaux pour les cellules psychologiques, les psychiatres, les psy tout court et les chercheurs de cadavres. On ne parle pas de travail de deuil pendant les génocides!)
Le régime corrompu et dictatorial de Hun Sen n'est guère favorable à une "réconciliation nationale" et n'a pas vraiment intérêt à ce qu'on fouille trop dans le passé. Ce procès le gène et on ne peut pas compter sur le gouvernement actuel pour l'aider.
Avec celui des Arméniens, celui du peuple juif et celui des Tutsis au Rwanda, le massacre à grande échelle d'une population non pour ce qu'elle a fait mais pour ce qu'elle est reste une tâche indélébile sur l'homme.
Nous l'avons fait, rien ne garantit que nous ne le referons pas.
Ni le génocide Arménien commis par les Turcs, ni celui du Cambodge n'ont été jugés.
Celui des Juifs par les nazis l'a été mais de manière imparfaite à cause de la "guerre froide".
Celui des Tutsis par les Hutus, au Rwanda l'a été, lui aussi imparfaitement.
Comme Hun Sen au Cambodge qui est un ancien Khmer rouge, le président Paul Kagame (un ami de la France et de N.Sarkozy...) ont du sang sur les mains.
Voilà pourquoi le procès dit "des Khmers rouges" qui se tient actuellement, devrait recevoir un maximum de publicité. On en est loin !
Published by Bertrand P
27 octobre 2011
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Il y a une catégorie de Français que la crise épargne: les hommes politiques. L'Express d'aujourd'hui nous présente 2 villas normandes décrites ainsi: Maison avec vue sur mer proche de Deauville, le secteur le plus chic de la côte, comprenant 13 pièces dont 5 chambres, une salle de projection, 4 salles de bains, un tennis et une piscine carrelée en mosaïque.
La photographie publiée est parlante: cette maison de 500m² avec sa façade à colombages et son jardin (5850m²) ne manque pas de charme.
Les propriétaires précédents, M et Mme Edouard Balladur l'ont payée comptant plus d'un million d'euros en 1996, après leur échec à la présidentielle. 1 million d'euros comptant. Vous avez bien lu.
Cette maison faisait double emploi avec une autre qu'ils possédaient, "au coeur de Deauville"; une villa ancienne de "10 pièces" enchâssée entre diverses bâtisses de même standing, le long d'une petite rue résidentielle qui file vers le port.
Interrogé sur l'achat, par Thierry Gaubert interposé (oui! l'ami de Nicolas Sarkozy dont "la femme balance" (cf Hortefeux) et qui a été mis en examen pour les rétrocommissions) de cette villa de Tourgeville (celle à plus d'1 million d'euros) Edouard Balladur dit que trop de gens (comprendre: "manants") le reconnaissaient au centre de Deauville et qu'il a préféré s'éloigner...
Edouard précise qu'en ne faisant que 600 000€ de plus-value en revendant la villa la première citée dans l'article "il n'a pas fait une très bonne affaire".
Le juge Van Ryymbeke, qui enquète, mais nous aussi nous comprenons l'ex-premier ministre de la deuxième cohabitation: quand le voisinage nous gène nous achetons une villa de 500m² comptant et nous nous y installons.
Quand, en filigrane, on relie ce chapitre des maisons normandes balladuriennes au train de vie des Longuet (Saint Tropez), Léotard (qui a oublié sa propriété de Fréjus?), Chirac (son château de Bity restauré par l'état) et l'impayable consommateur de réseaux libertins, Dominique Strauss-Kahn on se dit qu'avec une classe politique comme ça les problèmes quotidiens des Français sont bien partagés.
Populisme? non, indignation.
(On lira l'Express du 26/10/11 page 86-87).
Published by Bertrand P