J'ai comme l'impression que les industriels de la tablette numérique se préparent à
nous entuber.
En promettant qu'ils ne ruineront pas le marché du livre je crains de voir la mort
des libraires comme j'ai vu celle des disquaires il y a plus de 20 ans.
Maintenant le marché du disque est atone, le son dégueulasse et si on trouve à
foison du Roberto Alagna, du Florent Pagny et du Coeur de Pirate allez trouver des
enregistrements anciens ou rares...
Certes il y a bien des "centres culturels" près des hypermarché Leclerc... ce qu'on y
vend sous l'étiquette culture a autant de rapports avec elle que les fruits qu'on achète
à côté en ont avec avec des fruits du marché.
Le livre, déjà affreusement malmené et aux mains de boutiquiers fous ou d'industriels
machiavéliques, est un trésor de l'humanité.
Les régimes les plus sordides du XXème siècle n'ont pu l'éradiquer. En France, même
TF1 n'a pas essayé!
Il fallait ces petits marquis branchés qui pensent que l'on peut lire sur un écran tout en
faisant mille autre choses dans des "fenêtres" ouvertes à côté du texte pour lui donner
le baiser de la mort.
Ces incompétents et incultes, lorsqu'ils pensent livres, pensent aux classements des
Best Sellers et à quelques mémoires style Justin Bieber ou Franck Ribery.
On ne les imagine pas adapter Flaubert, Kadaré, Orwell et tant d'autres pour leurs
tablettes de lecture.
Un livre ne se remplacera jamais par un écran. Dans un cas on agit dans l'autre on
subit.
Il suffit de se souvenir ce qu'a donné l'alliance de la technologie et de la course au
fric de tous les devanciers de cette sinistre tablette. De la télévision au cinéma,
du théâtre à l'opéra tout a été rapetissé pour convenir au plus grand nombre.
On ne nous le dit pas.... mais qui sait? on a peut-être déjà prévu des "pauses de
publicité" sur vos livres en ligne?
Je m'imagine sans mal que pour ces abrutisseurs il ne devrait pas poser de problème
de faire sponsoriser Mauriac par un grand cru classé et Zola par le pôle emploi!
Le livre numérique c'est l'autodafé assuré. Il ne faut pas les laisser faire.
