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27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 07:00

Il y a un peu plus de trois mois que nous avons acheté nos "vélos aidés électriquement" (V.A.E). Comme pour les voitures il y a une révision gratuite au  bout de 3 mois d'utilisation.

Sous une pluie battante et un froid mordant (et non le contraire) nous voilà, habillés comme des clochards (pour avoir chaud et ne pas être trempés), le long de l'Oncopole, en direction du magasin "Intersport" de Portet. Je ne veux pas critiquer mais j'ai connu des matinées dans de plus beaux endroits...

La responsable des vélos, la trentaine et les cheveux coupe G.I nous accueille gentiment et écoute nos quelques remarques (freins mous, béquille trop basse, selle éjectable et roues insuffisamment gonflées. Rien de bouleversant en somme; nous apprécions notre achat et sommes ravis de ces bicyclettes moins fatigantes.

Quoi, "Bobos"? oui, et alors?

Un quart d'heure par vélo est le temps requis. Il fait un temps de fin-janvier, aucun café n'est ouvert, nous sommes dans une "zone industrielle" et il n'y a que des "But", des "Cuir Center", des "Maisons de la literie" et autres "Cerezo" alentour. Nous décidons de rester dans le magasin.

J'en profite pour mettre au défi n'importe quel lecteur normal (ce qui exclut les fétichistes de la basket) de rester une demie-heure dans un magasin de sport. Quel ennui! quelle laideur!. Tout est vilain, tout est de couleurs criardes. Radio-Toulouse y est diffusé à donf et... il faut aimer leur style. Les clients sont affairés et cherchent ce qu'il y a de plus moche. Les marques sont omniprésentes (Coq sportif, Puma, Adidas...) et je n'ai pas pu m'empêcher de songer que leurs designers mériterait la prison pour crimes contre le bon goût.

Autre surprise: les clients sont censés être narcissiques et faire attention de manière permanente à leur image et à celle qu'ils renvoient. Produits sculptants (?), déodorants, soins... Les sportifs doivent sentir bon et être doux! d'ailleurs il n'y a pas de rayon haltérophilie ni de rayon de lancer de troncs d'arbres ni de rayon de lancer du poids.

Encore 20 minutes. Rayon femmes, football ou Basket. On n'est pas aux "Folies d’Élodie" ni même au "Temps des cerises".

Espace "petits sportifs". Encore 8 minutes. couleurs et formes à gerber. Pourquoi ferait-on beau quand on peut faire laid?

On m'appelle sur les hauts-parleurs. Mes vélos doivent être prêts. J'ai battu mon record de 2017, 23 minutes et quarante-sept secondes chez "Décathlon".

 

 

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26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 07:00
14 radars sur 179,8 km. Qui dit mieux?

Pratiquement chaque fois que nous allons à Mont-de-Marsan (Landes) nous prenons une contravention pour "excès de vitesse".
Il faut dire que cette route est littéralement "piégée" et qu'à bicyclette on serait sans doute verbalisé également!

La route traverse le Gers et nous roulons en Haute-Garonne et dans les Landes. La distance parcourue de Toulouse à destination n'est que de 180 km mais il n'y a guère que la Nationale 124 pour nous y conduire. Nous avons deux portions à 4 voies séparées permettant les 110  km/h, la route proprement dite (60 et 70 km/h) et la traversée d'agglomérations (50 et 30 km/h. Parmi ces agglomérations citons Auch, Gimont, Vic-Fézensac ("le bonheur est dans le pré") et Nogaro et aussi de nombreux villages ou lieux-dits. Il faut compter 3 heures pour relier la ville rose à Mont-de-Marsan.

Le chiffre à retenir est 14 comme 14 radars de chaque côté sur ce trajet de 179,8 kilomètres. Des radars fixes annoncés pour la plupart et qui font leur boulot de radars. On a beau connaître leur emplacement et leur sensibilité...on en oublie un d'une fois sur l'autre.

Comme si cela ne suffisait pas il y a souvent une voiture de gendarmerie planquée au bout d'une ligne droite et qui se fait fort de pincer des chauffards (le 1er janvier nous avons été "flashés" à 87 au lieu de 80 km/h, (5 points de marge d'erreur = 82 km/h. Effectivement!);

Nous allons dans les Landes voir une cousine âgée de ma femme. Outre l'essence cette bonne action nous revient à 45 ou 90€ à chaque fois ou presque. De quoi presque nous faire renoncer à l'accomplir!

 

 

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25 janvier 2021 1 25 /01 /janvier /2021 07:00

Je suis stupéfait lorsque j'entends les "politologues" médiatiques (en fait des analystes de sondages et des vulgarisateurs sans talent) prédire de bons résultats aux Présidentielles 2022 à Anne Hidalgo, au besoin en se basant sur ceux de Chirac qui la précéda à la Mairie de Paris. Ils oublient tout le mal qu'ils ont dit d'elle lorsqu'elle s'est représentée l'année dernière. La dame, on le sait lorsqu'on l'a vue deux fois devant les caméras, ne sachant que manier une langue de bois râpeuse et solide genre PCF des années 70. Elle enfile les lieux communs comme d'autre les perles et, si j'en juge par ce que j'ai lu sur son bilan de maire, elle est sectaire, rancunière, sujette à idées fixes (chasser la voiture du centre de la capitale) et imbue d'elle-même.

Comme toujours les mêmes -ne tirant jamais les leçons des élections précédentes- font des plans sur la comète en faisant comme si ce qu'ils ont connu et appris était immuable. Du coup ils réfléchissent à la position du parti communiste (qui représente 1 à 2% de l'électorat) comme s'il avait de l'importance et malgré ses flops successifs et réguliers, voient en Arnaud Montebourg autre chose qu'un ludion autocentré.

On est à plus d'un an de l'élection présidentielle, au cœur d'une crise sanitaire mais le petit monde des médias relaie celui de la politique et pense à l'avenir de personnalités aussi considérables que Xavier Bertrand ou Yannick Jadot. Ce serait à se tordre de rire si ce n'était pas aussi consternant.

On reparle des "chances" de la franchise Le Pen à passer le premier tour en tête et, chéri, fais moi peur!, à emporter l'élection. On escamote le débat stupéfiant de 2017 et l'incompétence avérée de sa "leader" à faire au lieu de dire. On l'a vue courir après Trump... avant de se déjuger très tardivement. De cela il n'est pas question.

Le plus insupportable étant ces analyses à la truelle faites par des vieux chevaux de retour du journalisme politique qui débutèrent leur carrière sous Pompidou et Messmer. Ces fossiles pèsent les chances de Martine Aubry ou de Valérie Pécresse dont personne ne penserait à faire autre chose qu'un épouvantail à corbeaux.

Frénétiquement on commente des sondages creux qui n'apportent rien et répondent à des questions qu'on ne se pose pas.

Le "vieux monde" a repris du poil de la bête.

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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 07:00

"Comme j'aime", le restaurateur industriel qui cible les gros et les grosses en annonçant qu'il les fera maigrir (concomitamment avec leur portefeuille) en leur faisant manger de la choucroute, du cassoulet ou de la daube a encore frappé.  Une nouvelle publicité, réalisée pour les tromper (comme les précédentes) fait appel à Benjamin Castaldi pour attirer de nouveaux gogos.

Ce présentateur qui ne brille pas par son Q.I ni par l'élévation de sa pensée, c'est un euphémisme, ne peut décemment pas dire que le spectateur perdra du poids en mangeant des plats cuisinés de qualité discutable mais, comme il doit les attirer, les faire adhérer au concept, il délivre un message qui n'a rien à voir: il leur propose de calculer leur indice de masse corporelle pour savoir s'ils sont en surpoids ou obèses. La belle affaire! comme s'il fallait un indice pour savoir si on est filiforme ou un boudin!

Conscient de l'entourloupe, l'annonceur ou son client offre une balance (l'indice de masse corporelle ne suffit pas?) dite "connectée", gadget inutile et énergivore.

Le "comédien", qui n'a dû aller à un cours de théâtre que pour retirer le dossier d'inscription, nous donne son exemple à méditer. D'un regard charolais il nous explique avoir été très gros et ne plus l'être: c'est vrai! il n'est que lourd!!.

Après la fausse-gratuité, la diététicienne-bidon et le PDG sous acide "Comme j'aime" a trouvé encore plus navrant pour recruter de nouveaux clients.

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21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 07:00

Nous avons un couple d'amis que nous aimons vraiment beaucoup et que nous voyons, sans pouvoir les stopper, foncer vers la rupture douloureuse, la séparation inexorable ou peu s'en faut.

Nous hésitons à accepter leurs invitations qui se font désormais pressantes parce qu'ils redoutent de se retrouver seuls et parce que leurs incessantes chicaneries ont fait le vide autour d'eux.

Ils nous prennent à témoin dans des discussions orageuses aux détails personnels et exigeraient presque qu'on les départage alors qu'évidemment il est impossible de le faire. Elle, elle essaie de convaincre Françoise tandis que lui part du principe que je ne peux que lui donner raison. Solidarité masculine oblige.
Comme nous sommes en retrait et évitons de donner raison à l'un comme à l'autre ils sont frustrés et notre relation s'abime doucement, heureusement relevée lorsqu'ils décident de se reprendre et que, le temps d'un déjeuner ou d'un week-end ils mettent de côté leurs innombrables et douloureux griefs.

C'est un sentiment étrange de voir cette relation belle et unique s'effilocher et devenir "toxique" pour eux comme pour ceux qui la voient inexorablement couler.

Enfin.. "inexorablement couler"... ils ont traversé tant d'orages et ont tellement souvent flirté avec le clash qu'ils ont encore de la réserve sous le pied.

C'est ce que je souhaite parce que je les aime ensemble et qu'ils sont un très beau couple et qu'on n'imagine pas l'un sans l'autre. Que je ne parviens pas à l'imaginer.

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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 07:00

Je lis l'imposant premier tome des mémoires présidentielles du 44ème président des États Unis (oui, avant l'accident psychiatrique), livre qui reflète bien le sentiment que j'éprouvais pour Barack Obama, de sa révélation à sa "retraite" d'aujourd'hui. Il mérite mieux que notre jugement en demie-teinte.

Contrairement à ce qu'on a voulu nous faire croire (interview de l'ex-Président par François Busnel, 18 novembre 2020) l'écriture est loin d'être le premier atout du livre. Ces mémoires brillent par la sincérité de leur auteur qui ne se regarde pas écrire, tout occupé qu'il est à revivre les évènements et à les décrire avec économie d'effets de manche. Je parlerais même de modestie. Obama a du recul et sait qu'il a fait ce qu'il a pu.

Barack Orama, en effet, estime qu'il n'a pas à rougir de son action à la Maison-Blanche, au contraire, et qu'il a fait au mieux dans des circonstances compliquées. Il donne de très nombreux exemples des "difficultés" qu'il a rencontrées et le vertigineux gap qui existe entre un projet politique et sa réalisation.

On a oublié la campagne présidentielle dont il fut victorieux. Pourtant derrière la possible vice-présidente Sarah Palin que s'était choisie le Républicain John McCain perçait déjà la folie et l'excès de Trump.

Le climat d'intolérance butée pouvant déboucher sur des affrontements politiques, raciaux, religieux... était déjà une réalité. Obama l'indique sans s'y arrêter, les menaces de mort le concernant ont dépassé ce que ses quarante quatre prédécesseurs avaient reçues. Qu'il soit afro-américain et né à Hawaï ne lui était pas pardonné par certains dingues ayant pignon sur rue et micros tendus pour recueillir leur avis.

Obama est "une bonne nature", un homme ayant des dispositions au bonheur qui s'estime et voit le bon côté des personnes sans être ni naïf ni cynique. De ce fait il raconte avec brio ce qu'il vit et nous y fait presque participer tant il est désireux d'expliquer le pouvoir et sa réalité.

On imagine le créve-coeur qu'a dû être pour cet homme profondément altruiste le fait d'avoir un Donald Trump comme successeur.

Le livre est vivant et rempli de détails qui nous font témoins d'une actualité encore récente mais déjà "historique". En lisant "La terre promise", titre du livre, je dirais qu'on vit au jour le jour le fossé entre les souhaits sincères du candidat de changer les choses et de les améliorer et les possibilités de le faire compte-tenu de la réalité humaine, politique, budgétaire etc. Que de frustrations, de blocages, de mesquineries...


 

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19 janvier 2021 2 19 /01 /janvier /2021 07:00

Samedi j'ai essayé le vélo aidé électriquement que j'ai récemment acheté. J'ai pris une bicyclette d'entrée de gamme, relativement peu chère tant j'ai intégré l'idée que ce vélo aussi me sera volé.

C'est en l'attachant devant un magasin que j'ai pris conscience de l'absurdité de notre vie quotidienne. Il y a un antivol sur chaque roue plus un petit pour retrouver la selle au retour. La batterie, bien qu'il soit conseillé de ne pas la laisser sur le cadre est elle même verrouillable. 4 points de fermeture! il n'en faut pas moins pour oser laisser son vélo en ville.

Dans notre immeuble des personnes craintives ont fait installer des serrures sur les portes des parties communes. Nous sommes plus protégés que les coffres de banques. Nous fermons à clé nos appartements lorsque nous sommes à l'intérieur et il existe, dans nos voitures, un dispositif qui permet de s'enfermer tout en conduisant.

Nous devons utiliser des dizaines de codes pour accéder à nos propres informations et les "espaces personnels" restent difficile d'accès tant la prudence recommandée est génératrice de contraintes.

Chacun de nos "objets connectés" est désormais associé à des codes secrets qu'on oublie aussi vite et qu'une longue et ennuyeuse procédure permet de récupérer.

Il faut désormais aller sur "doctolib" pour avoir un rendez-vous chez le dentiste ou le médecin et tout le monde a eu affaire, au moins une fois, à ces robots-répondeurs qui après 10 minutes de manipulation et d'attente... raccrochent.

Nos vies sont désormais envahies par des rites curieux. On vous demande systématiquement si vous avez une carte de fidélité, on essaie de vous extorquer vos nom et adresse, le ticket de caisse qu'on vous remet tiendra bientôt sur un feuillet A4.

Vous avez parfois le sentiment paranoïaque que vous êtes suivi par une force maléfique qui "sait" quand vous avez consulté une compagnie aérienne, une fiche Wikipédia ou un magasin en ligne de CD d'occasion...

On vous harcèle désormais au moindre achat pour recueillir vos impressions. Comme à l'école il vous faut noter de 1 à 10 le magasin qui vous a vendu des lames de rasoir ou la concession où vous avez trouvé votre dernière voiture! Nous faisons le marketing de ces entreprises commerciales qui nous inondent de publicités pour le "black friday", les soldes ou, récemment, le "boxing day" (Kézaco?).

Il y a, de ce fait, des comportements induits qui nous échapperaient presque: l y a eu la vogue des douches à l'italienne et nous sommes maintenant dans la période cuisinistes. Tout le monde refait sa cuisine! Même ceux qui vivent à la New-Yorkaise et ne savent pas réchauffer une boîte de petits pois ou faire un œuf brouillé.

Les cuisinistes ont suivi les fabricants de portails électriques et les revendeurs de stores automatiques. Sortir et faire quatre mètres pour ouvrir un portail léger? n'y songeons même pas! une manivelle à bras pour ouvrir mon volet? vous voulez ma mort?

Le progrès se lit à travers des "inventions" aussi utiles (et indispensables) que la possibilité de voir sur votre téléphone qui sonne à votre porte en votre absence. J'imagine qu'à la démocratie -même attaquée par Trump et ses partisans- ceux qui vivent en dictature préfèrent rêver à la cafetière qu'on déclenche de loin ou au bain qu'on fait couler alors qu'on est encore Porte de Clignancourt!!

Enfermés et cernés par des gadgets nous sommes fragilisés et moins forts pour affronter les évènements. Notre effondrement psychique devant la pandémie semble le démontrer.

 

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18 janvier 2021 1 18 /01 /janvier /2021 07:00

Difficile de généraliser. N'importe... refermée la dizaine des 5, le corps donne des signes d'usure ou de fatigue. On pense à Brassens "Est-il encore debout le chêne/ou le sapin de mon cercueil". (PS: incinérez-moi, please).

Comme on ne veut pas faire partie de ces enquiquineurs qui lâchent la bonde quand on leur demande comment ils vont on s'habitue à ses soucis et, tant que les manifestations en sont discrètes, on les cache en tentant de les oublier.

Mais voilà. La forme pronominale ne fonctionne pas . On peut les cacher, on ne peut pas se les cacher. Vient le moment angoissant où il faut entendre la vérité. Après il n'y aura plus moyen de se rassurer à bon compte.

Aujourd'hui les possibilités de diagnostiquer correctement les maladies qui peuvent nous affecter sont nombreuses et variées. Le risque existe même de "sur-diagnostiquer". Pas l'inverse.

Les spécialistes étant débordés leurs rendez-vous sont éloignés dans le temps et l'on prend cette période pour consolider ses impressions et se faire à l'idée de la maladie.

La confirmation est ravageuse. Une explosion silencieuse. Un effondrement psychique. Le spécialiste juge de votre capacité à entendre et vous livre une quantité d'informations qui atténue la principale. vous "en" êtes atteint.

Et puis vous rentrez chez vous, il fait doux, les premières feuilles tombent. Septembre est beau et il y a encore tant de choses à faire.

Vous regardez les gens et vous vous dites: "s'ils savaient...".  Tout vous ramène à "ça".

Vient très vite le temps du "ça pourrait être pire". Une litanie de maladies les plus contraignantes vous passe par la tête et vous les comparez à "la vôtre", ça lui est favorable. ça consolerait presque.

A d'autres moments c'est l'inverse qui se produit. Vous vous répétez en boucle que le pire est à venir dans une sorte de fatalité.

Et puis... la vie reprend ses droits, vous faites des projets à moyen ou long terme. Vous parlez d'avenir... On l'aura cette saloperie. De toute manière la vie est plus forte et reprend le dessus. Il se trouve que le traitement est efficace et que les symptômes s'amenuisent ou disparaissent. On parle même de "lune de miel" entre le patient et sa médication.

Le plus étonnant est de voir chez soi le processus de minimisation. "J'ai exagéré le ressenti, j'ai mal expliqué les symptômes, l'interprétation est erronée, moi c'est différent, je vais avoir la version "soft" de la maladie" etc...

Et puis la Sécurité Sociale, à sa manière poétique, vous donne raison de ne ne plus douter. L'indication du traitement n'est pas le rhume léger, certaines manifestations lèvent les derniers doutes.

Alors? faire comme ma mère, se plaindre à la première oreille venue tout en jurant ne pas le faire? garder pour soi ces doutes et ces inquiétudes, ces déprimes passagères même? le dire à quelques personnes (mais je l'ai fait et certains me regardent comme si j'étais mourant!), minimiser, mépriser, nier?

Mon avenir s'est singulièrement bouché et je sais maintenant quand et comment je partirais... informations dont l'ignorance m'allait bien, tous comptes faits.

Essayer l'humour peut-être? nous avons, Françoise et moi, baptisé "Priscilla" la maladie. Cette "folle du désert" est ainsi moins dangereuse parce qu'un peu ridicule.

 

 

 

 

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15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 07:00

Je suis troublé par l'irrésistible appétence que je  qualifierais presque de "gourmande" des médias d'actualité pour les affaires dites de "pédo-criminalité". Je ne suggère pas, ne me faites pas écrire ce que je n'ai pas même pensé, qu'il faille les passer sous silence mais suis perplexe devant le tintamarre qu'elles provoquent. J'emploierais le qualificatif d' "excessif" pour les décrire.

Qu'on me comprenne. Ces affaires sont terribles pour les victimes et la surmédiatisation ne doit pas améliorer leur condition psychique. Voir sa vie, ses souffrances et son intimité disséquées en place publique doit ajouter de la douleur à la douleur.

Certes un livre est souvent à l'origine de la soudaine exposition d'une de ces affaires mais on ne m'enlèvera pas de l'idée que l'exploitation qui en est faite est à la fois disproportionnée et malsaine.

Il y a cette notion de sexe défendu, contraint et hors-norme, il y a la curiosité qui provient de la relative célébrité d'un des protagonistes, il y a la sensation d'être du bon côté et le fait de pouvoir juger sévèrement sans se tromper...n'excluons pas le lynchage auquel on participe sans participer "physiquement'"et l'expression d'un dégoût bien réel. Beaucoup de raisons qui, finalement, expliquent ce bouillonnement éditorial.

Personnellement je ne vois pas ce que m'apporteraient  la connaissance de ces dossiers ouverts Springora/Matzneff ou Kouchner/Duhamel. Je vais être plus clair: la surexposition médiatique de ces cas ne sert ni la justice ni les victimes sur le dos desquels et desquelles on fait de l'audience.

Pour ne rien dire des effluves nauséabondes que distillent ceux qui "règlent des comptes" en sortant des phrases extraites d'écrits du passé qui excuseraient voire justifieraient les abus sexuels sur mineurs. Si, par ricochet, on peut salir plusieurs personnes ça n'en est que mieux!

Là où il faudrait de la mesure et un minimum de compassion il n'y a que le bruit et la fureur. Je le regrette.

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14 janvier 2021 4 14 /01 /janvier /2021 07:00
"On va casser du Kanak"

Un peu par hasard, ou plutôt par chance, j'ai découvert un livre ("Kanaky" de Joseph Andras, éditions Babel) dont je viens d'achever la lecture et que j'ai trouvé formidable, extraordinaire, remarquable et renversant. Ces quatre adjectifs étant ceux qui me sont venus en tête le plus rapidement mais n'étant pas exhaustifs.

Livre magnifiquement écrit il est à la fois un récit vécu, un livre d'Histoire, un traité politique, une réflexion philosophique et un mausolée d'écriture à l'attention d'un jeune homme, Alphonse Dianou, un ancien séminariste, adepte de la non-violence qui finit par prendre les armes dans l'attaque d'une gendarmerie puis La prise d'otages de la grotte d'Ouvéa entre les deux tours de la Présidentielle Française de 1988.

Distordu par les présupposés politiques métropolitains la réalité du terrain et la question de l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie ont masqué les affrontements plus feutrés (mais impitoyables) que brutaux entre les protagonistes des élections en France (à savoir François Mitterrand œuvrant pour sa réélection et son premier ministre de cohabitation Jacques Chirac qui a cru pouvoir l'emporter en menant un combat colonial d'arrière-garde que l'on pourrait traduire par la phrase prononcée par un militaire au moment de l'assaut de la grotte: "On va casser du Kanak") et les antagonismes locaux.

Le livre montre combien l'idée de l'indépendance est forte et ce qu'elle recouvre: dignité, justice, Droit etc. Il montre également l'engrenage tragique des évènements, les responsabilités et la part de racisme qui, une fois sollicitées créèrent la situation qui ne pouvait déboucher que sur un drame (19 morts dont des exécutions sommaires et même des tortures).

Des hommes comme F.Mitterrand, J.Chirac et surtout Bernard Pons ont sciemment jeté de l'huile sur le feu et se sont servis d'une cause juste en la niant pour servir leurs propres intérêts.

Malgré la révolte que certains passages du livre font naître chez le lecteur; le parallèle entre la "pacification de l'Algérie" et les "évènements" de Nouvelle-Calédonie, la violence de la répression, le comportement de certains et l'absurdité morale et intellectuelle de cette colonisation qui refuse son nom, le livre est un hymne à la beauté du pays, à ses habitants "naturels", à leurs mœurs et à leur combat. 

Superbement écrit et composé -je le répète- il fait prendre conscience de l'anormalité de la situation et des conditions faites aux Kanaks. Il prend leur parti mais sans prosélytisme ni sectarisme, comme une évidence qui m'a convaincu. Il y a des pages sur la non-violence (avec Gandhi et Martin Luther-King) et le combat armé (Che Guevara) qui sont éclairantes et donnent envie d'approfondir le sujet.

Quant au personnage principal du livre c'était un homme digne.

 

 

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