Archétype de l'aristo élégant et cultivé, légèrement décalé mais si bien élevé, le
vieux Jean d'Ormesson, écrivaillon prolifique qui est à Chateaubriand ce que
Musso est à Zola avait les honneurs de la couverture du "Figaro Magazine" cette
fin de semaine.
On l'adôôôre Jean d'Ormesson au "Figaro magazine". Ce vieil homme si chic
qui laisse entendre qu'il plaît encore aux baronnes et aux comtesses de 60 ans
et plus est le comble du bon goût. Pensez! il s'habille bien, professe des
opinions raisonnables (UMP, tendance UDF Madelin-Fillon), écrit des pensums
dix-neuvième (siècle, pas arrondissement) et incarne à la perfection pour les
habitués de ce retoutable hebdomadaire le grand père qui a ses chasses en
Sologne et sa maison de famille à la Trinité sur Mer.
Avec sa voix haut-perché et délicieusement (pour le "Figaro-Magazine) désuète
(qui fait le bonheur des imitateurs reçus chez le domestique stylé Michel Drucker)
Monsieur d'O*** répète depuis 100 ans les mêmes anecdotes surannées sur la
politique et le monde littéraire tel qu'on le vit entre Cabourg et Deauville.
Question politique Ormesson feint d'oublier la période giscardienne de son
parcours pendant laquelle il dirigeait avec un bon gros sens droitier le quotidien
"Figaro", une sorte de préfiguration de ce journal sous la période Etienne
Mougeotte. Une sorte de "Le Medef parle aux Français" ...
C'était la lutte des classes mais façon Sergent Major et l'Automobile Club, voire
le tir au pigeons du Bois de Boulogne et le Polo de Bagatelle.
Moi, ce vieux fossile ne m'a jamais amusé ni paru sympathique. Je l'ai toujours
trouvé ennuyeux comme une messe de baptême et rasoir comme un éditorial
de Michel droit.*
Qu'il ait dépassé la date limite de fraîcheur en plutôt meilleur état que ses
contemporains ne lui donne aucun supplément d'âme et n'en fait pas un être
irrésistible. Ou alors les maisons de retraites sont pleines de personnes
passionnantes à cotoyer.
A mon avis.
*Bien qu'archi connue j'adore l'anecdote qui dit que, conscient des limites de son
interviewer de Gaulle un jour lui aurait dit: "Alors Con, toujours aussi Droit?
