Et si, en boycottant la télévision et la radio, je me privais d'un important
vecteur d'exaspération?
En n'écoutant pas Pascale Clark, en ne prêtant aucune oreille, même
distraite, à des robinets à publicités que sont les radios commerciales,
en ne regardant pas, même avec l'alibi du "c'est pour savoir de quoi je
parle", Denisot, Ardisson et tant d'autres je me prive peut-être de la
source de tant d'agacements.
Je me rassure en me disant que, question énervements les possibilités
sont tellement nombreuses qu'il n'y a heureusement pas obligation de
voir les Fogiel ou autres Ruquier.
S'il existait, à l'instar de celle de Richter pour la magnitude des
tremblements de terre, une échelle des causes d'exaspération la
nécessité de se frotter à l'administration serait sur les échelles
supérieures.
Un double de permis de conduire, par exemple, s'obtient à la Préfecture
et, à Toulouse, celle-ci ferme à 15H30. Pourquoi 15H30? sans doute
pour illustrer le livre de Zoé Shepard (voir mon post d'hier) qui dit que
les fonctionnaires font bien 35H mais... par mois.
Une nouvelle carte d'identité vous condamne à un parcours au trésor!
il faut une preuve que vous habitez chez vous (mais pas la facture de
téléphone!) des photos de vous en bagnard, un timbre fiscal et on vous
demande -sans rire- l'ancienne carte.
Ubu est à la mairie: si on avait l'ancienne carte on n'en ferait pas refaire
une! (sauf ceux qui réussissent à la garder 10 ans sans la perdre).
Il y a les conducteurs du dimanche pour se mettre en condition. Ils
sortent la Clio rutilante de sa boîte et vous font avoir tous les feux au
rouge tout en ignorant superbement le clignotant.
Vous n'êtes pas tombé sur eux? qu'à celà ne tienne: le camion des
poubelles qui, en plein après midi de chaleur quasi estivale vous
impose les effluves du contenu de sa benne pendant 1 rue étroite
entière. Ca vous avez connu.
Non? le passage à niveau alors. Incroyable ce que ça peut être bizarre:
soit les barrières sont à peine refermées et le train passe soit au
contraire il sort de la gare et met des heures à arriver.
Au final un suppositoire plus court qu'un bus qui vous a fait perdre
un temps irratrappable. Et les conducteurs devant qui mettent cent
ans à repartir...
Le camion frigorifique qui stoppe net devant vous et met ses warning,
le postier qui renvoie à l'expéditeur la lettre que vous attendiez parce
que ne figure pas sur l'adresse un détail dont tout le monde se fout,
la personne qui, sous votre nez, emporte les derniers "marron'suiss"
à l'épicerie, les tomates plus dures qu'une boule de pétanque,
le journal qui titre sur "le prix de l'immobilier quartier par quartier"
alors que vous espériez un spécial cul, etc etc.
C'est bien simple, se lever chaque matin, c'est aller au devant de
contrariétés.
