Mon amie est partie une semaine en vacances. Sans moi. (Peut-on encore parler de
vacances? je me le demande, mais là n'est pas mon propos).
Une semaine en vacances, donc, mon amie est partie. Et, au retour elle a trouvé, dans
son parking souterrain, sa voiture vandalisée.
Elle n'était pas la seule à qui des malveillants avaient réservé cette mauvaise surprise.
Des motos, des scooters, des vélos et des voitures avaient été cassées, "pour le
plaisir" dans la plupart des cas.
Au commissariat ces dégradations volontaires doivent être comptabilisées, lorsqu'elles
le sont, en "incivilités".
Ca ne veut rien dire mais ça permet aux statistiques de rester acceptables, voire
d'accuser une baisse si le ministre de l'intérieur est particulièrement retors.
Pour le malheureux propriétaire de l'un de ces véhicules c'est une somme d'ennuis:
prendre des photos (pour les assurances), déposer plainte au commissariat,
déclarer le sinistre à l'assurance, prendre rendez-vous au garage, déposer la
voiture (ou la moto, ou le scooter) pour les réparations, se passer de voiture un
certain temps et, naturellement, payer de sa poche la fameuse "franchise" sans
oublier le malus et le surcoût de la prime d'assurance qui en découle.
On vous sabote votre voiture (votre moto, votre scooter, votre calèche, votre chaise
à porteurs...) et c'est bien sûr vous qui supportez les désagréments et leur aspect
financier.
Comme ces malveillants ont pris un ou deux "bips" dans des véhicules qu'ils ont
visités il faut, en plus, vous attendre à ce qu'un jour ou l'autre, ils repassent "terminer
leur travail".
...Ou alors il faut changer le "bip" pour l'ensemble des habitants de la résidence.
"L'incivilité",reconnaissons-le, commence vraiment à devenir pénible, d'autant que
tout le monde en convient il n'y a rien à faire.
Moi, ce qui m'a fait de la peine, c'est un joli petit scooter bleu de 50cm3 ruiné par le
seul plaisir de détruire. J'imagine la petite jeune fille qui allait à la fac ou au boulot
avec, qui se l'était payé ou se l'était fait offrir et qui n'a plus rien pour se déplacer.
Que le métro bondé de Toulouse (la ligne A , victime de son succès, est
perpétuellement en surcharge), des bus aléatoires ou ses chaussures et son courage.
L'impuissance est pénible, elle devient odieuse lorsqu'elle se banalise.
