6 janvier 2012
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Il n'est pas si lointain le temps où les divorcés sentaient le soufre et où Madame de Gaulle refusait de s'asseoir à côté d'un ministre pour cette raison.
Aujourd'hui c'est le contraire et une maîtresse de maison façon la femme du général aurait les plus grandes peines à trouver un couple uni en premières noces à installer près d'elle. Pis, c'est presque un rituel maintenant de demander aux divorcés non pas depuis quand ils le sont mais pendant combien de temps ils ont été mariés !
Si la réponse est de moins de cinq ans vous n'intéressez pas, si elle est de plus de vingt ans vous êtes une bête curieuse. Entre dix et quinze vous êtes dans la norme.
Pour ma part avec vingt-cinq ans de mariage (plus une année moins dicible) je fais mon petit effet lorsqu'on m'interroge. (je n'aborde jamais moi-même le sujet). Il ressort des quelques questions qui reviennent toujours, et à juste titre, que lorsqu'on a vécu vingt-cinq ans avec quelqu'un il est "fou" de se séparer et d'espérer renouer une relation aussi viable. Ou alors c'est le fameux "démon de midi" qui a frappé ou alors encore il y avait déjà une relation sous-jacente.
C'est sans doute vrai mais la réalité vite oubliée est qu'il y a eu, des 2 côtés, envie, besoin puis décision de rupture.
Je n'en connais pas mais je suis persuadé qu'il y a ou aura des couples qui se sépareront après 30, 35, 40 et peut-être même cinquante ans de mariage. Pour avoir assisté aux 50 ans de mariage -les fameuses noces d'or- d'un couple de la famille je savais qu'il valait mieux tout plutôt que cette hypocrisie sociale. On ne pouvait plus parler d'amour, ni d'habitude, ni même de sentiments. Ils ne se supportaient même plus et ne faisaient même pas semblant.
Il y avait 2 côteries: celle de madame et celle de monsieur et des entremetteurs (souvent les enfants, d'alertes quinquagénaires). Et, devenue veuve, madame avait même spécifié qu'elle ne voulait pas être enterrée avec son défunt mari.
Ce qui lui a été accordé.
Dans ces conditions, mais pas seulement, un divorce est indispensable, même après tant d'années.
Il faut encore aimer le conjoint pour rester avec lui. Encore le supporter. Sinon c'est de l'esclavage consenti. Ou de l'intérêt mais je n'y crois pas: on serait chez Balzac. Ou Zola.
Published by Bertrand P
5 janvier 2012
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Avez-vous entendu la "passe d'armes" entre la poissonnière Morano et Sophia Aram humoriste sur France-Inter hier mercredi 4 janvier? il est encore possible de l'écouter sur le site de Libération par exemple. On ne tire pas sur une ambulance, eût-elle la classe de Nadine Morano, c'est entendu.
Mais la "Madame Sans-Gène" du Sarkozysme, fait fort et partout pour mériter qu'on demande grâce.
Nous ne tiendrons pas 110 jours encore à l'entendre pinailler, mentir, invectiver et ratiociner comme elle le fait depuis le réveillon. La dame est trop "vulgaire" (c'est ainsi que l'a qualifiée Sophia Aram) et trop basique pour qu'on le puisse.
Une fois encore l'Elysée pense que le peuple Français, et les électeurs de droite en particulier, est assez bovin pour ne pas voir la manipulation très grossière à laquelle il s'est livré en montant en épingle deux mots sortis de leur contexte ("sale mec"). Hollande est très en deçà du "Casse-toi pauvre con", proféré par un Président de la République en exercice et il a tout à fait le droit, même s'il ne l'a pas dit comme ça, de trouver que celui-ci est un "sale mec".
La dame Morano est sortie toute seule du conseil des ministres, en mission commandée, pour essayer de faire monter la mayonnaise en faisant son triste show.
Il est insultant pour l'électeur que les coups partent de l'Elysée mais soient masqués et portés par des prête-noms aussi dévalués que la commune secrétaire d'état à la famille. (elle n'aime pas qu'on la trouve "vulgaire"!).
A tous ceux qui hésitent à reconduire Nicolas 1er à la tête de l'état je dis: "voyez celles et ceux qui l'entourent et qui gouverneront avec lui..."
Nadine Morano, la classe faite femme, est de ceux-là...
Published by Bertrand P
4 janvier 2012
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S'il est quelque chose d'insupportable en politique ce sont assurément ces "troisièmes couteaux", qui peuvent tout juste espérer un demi-maroquin de secrétaire d'état et qui sont chargés des basses besognes, de la claque et de la propagande.
Dans cette majorité là, Nadine Morano et Frédéric Lefèbvre sont les étalons du genre.
Je n'ai jamais oublié celui qui, à la première élection de François Mitterrand en symbolisait tous les ridicules et que ses propres amis appelaient "le nain sectaire", une sorte de condensé à lui seul des défauts des hommes politiques à qui on doit la phrase stupéfiante : "Vous avez juridiquement tort parce que vous êtes politiquement minoritaire".
Il s'appelait et s'appelle d'ailleurs toujours André Laignel. Il est retombé dans l'anonymat qui lui sied à merveille et montre que la Droite n'a pas le monopole de la connerie et de l'intolérance.
Autour de François Hollande, 3 fois hélas, gravitent quelques uns de ces malfaisants dont on devine qu'on va vite les détester. Si Hollande est élu on peut se consoler en se disant que l'on n'aura ni Fabius, ni Lang, ni DSK, ni Aubry (quoi que...), ni Harlem Désir ni tant d'autres qui sont désespérants dans la cour de l'Elysée le premier mercredi après les législatives.
Mais qui nous dit qu'une Guigou ne va pas reprendre du service? qui peut nous assurer que l'éprouvante Catherine Tasca ne sera pas ministre? qui peut jurer qu'on ne reverra pas Marlyse Lebranchu, Jean Louis Bianco, Bertrand Delanoë, Claude Bartolone, Roland Dumas dans celle de Matignon?
Je plaisante pour Roland Dumas, hélas pour les autres il y a un doute!
Il est une plaie en politique, singulièrement en France, qui est le non renouvellement des hommes et des femmes politiques qui la composent . Depuis combien d'années sommes nous contraints de revoir, les soirs d'élections, toutes ces têtes qui, si elles apparaissaient à la porte du jardin chez nous, se prendraient un projectile en pleine poire? Sans hésiter je lâcherais un molosse très méchant sur l'insupportable Copé, sur l'odieux Bertrand ou sur l'indigent Fabius, qui se croit toujours un "destin national" alors même que sa propre concierge ne vote plus pour lui depuis 1995!
Sans rire, si les élections présidentielles et législatives du printemps permettaient un vrai renouvellement alors ce serait déjà un bien. Les dernières palinodies du parachutage de Jack Lang et celles de celui de Claude Guéant laissent hélas craindre qu'on ne sera pas exaucés, dans ce domaine comme dans tant d'autres.
Enfin, pour beaucoup, cette élection présidentielle se résumera à cette question: "Sarkozy, encore 5 ans, vraiment?".
Published by Bertrand P
4 janvier 2012
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J'ai connu plusieurs entreprises, certaines sur du long terme, et je ne me suis jamais habitué au rituel du "raout de début d'année".
Parmi ces entreprises il y avait celles qui connaissaient une progression erratique et d'autres qui se flattaient de voir leur "e-bit" grimper au firmament. Pour les premières la fête des voeux était organisée dans le parking souterrain, décoré pour la circonstance, pour l'autre au Palais des congrès de la Porte Maillot avec logement des salariés au "Meridien".
Le discours était proportionnel aux résultats: hyperbolique lorsque ceux ci contentaient les actionnaires, au ras des pâquerettes dans le cas contraire.
J'ai le souvenir d'une PDGère d'entreprise reprochant à ses salariés de déblatérer sur les paquets que contenait son Alpine Renault lorsqu'elle la garait dans la cour de l'entreprise (en alternance avec sa Porsche et son 4X4Jeep) ! Les lieux choisis, eux aussi, varient du pénible ("Eurodisney") au magique (Marrakech pour 150 salariés et leur conjoint), de l' original (musée des Arts Forains) au convenu (les "Pyramides" à Port-Marly).
Ces "grands-messes" sont souvent organisées de façon très guindée. A la soviétique. Avec montée en puissance des intervenants jusqu'à la parole du Président, fortement applaudie, celà va de soi, d'autant plus qu'elle précède de peu la délivrance et la possibilité d'aller aux toilettes ou au buffet!
Les premiers qui parlent, souvent appuyés par ces terriblement ennuyeux "slides" enfoncent des portes ouvertes et sont là pour la dramaturgie. Qui se soucie des résultats (souvent bidonnés) de la Direction des Ressources Humaines? On se doute bien qu'elle est satisfaite! et qu'elle gère bien son budget ... Les salariés disparaissent dans les couloirs (virés discrètement) mais son taux de turnover est immanquablement "satisfaisant" et bas.
Quand on reste quelques années dans une société on constate, lors de ces grands meetings, la cote des uns et des autres à la Direction. Comme au défunt comité central de l'URSS certain(e)s sont partis contre leur volonté et on l'apprend par leur absence, d'autres ont grimpé un ou deux échelons et c'est l'attention dont ils sont l'objet de la part de l'Etat Major qui signale leur qualité de favori du moment. Le fait de parler à la fête de début d'année devant le petit personnel est, en soi la preuve qu'on fait partie du haut du tableau.
On peut presque entendre le plaisir gourmand que ça représente pour les nouveaux impétrants ...
Le PDG les appelle par leur prénom et l'équipe dont provient le chanceux surjoue sa joie d'applaudir sa promotion. Comme pour le journal "Le Monde" dont la consigne du fondateur à ses journalistes était, paraît-il: "faites chiant", les discours, surtout lorsqu'ils se succèdent pendant 2 jours et que leur contenu ne diffère qu'à la marge, sont très soporifiques et prodigieusement ennuyeux.
Tous ces chiffres endorment, à défaut de remplir notre portefeuille personnel. J'ai connu de ces mirifiques bilans qui, pour ceux qui n'étaient pas du brain-trust, hiérarchiquement négligeables donc, se matérialisaient en une clé USB, un cendrier marocain, un porte clé argenté et autres niaiserie siglée. Les discoureurs, eux, on le sentait, que la société soit dans le rouge ou le vert brillant avaient nettement plus à attendre d'elle qu'un vulgaire cadeau d'entreprise à 5€.
Pour ça, cette année, je suis content d'éviter le raout ... Et j'espère que le vôtre sera rapide et que les résultats de votre boîte sont bons.
Published by Bertrand P
3 janvier 2012
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Cette histoire du Français taggeur retenu aux Etats Unis dans la prison de Ryker's Island et qui risque 1000€ d'amende et 3 mois de prison ferme pour avoir taggé en île de France et principalement les wagons du RER et de la SNCFm'amuse.
Quand on voit l'un de ces "artistes" en plein travail on voit bien qu'il est prêt à déguerpir et qu'il sait pertinemment que sa trace n'est appréciée ni du propiétaire des murs, ni de ceux qui passent devant, ni des contribuables qui paient pour leur enlèvement ni des municipaux qui travaillent à leur effacement.
Ses dessins ou lettres, sa signature, me font penser au jet d'urine que les chiens laissent partout. C'est un message pour ses semblables qui vont s'appliquer à répondre (en mettant leur marque à côté ou en le recouvrant). Les abords des gares mais aussi le matériel roulant sont très prisés de ces artistes parce que leur signature est vue par un plus grand nombre.
C'est débile, c'est moche mais personne n'ose trop le faire remarquer parce qu'il s'agit de "jeunes" et que la jeunesse est un passe-partout et un sésame absolu dans notre société.
Personnellement j'assume d'être un vieux con et de ne pas aimer ces tags lorsqu'ils sont appliqués ailleurs que sur des surfaces réservées. Je reconnais qu'il y en a de très beaux, que certains dessins sont splendides mais je ne les voudrais ni dans mon salon ni sur ma façade !
On peut essayer de me convaincre du contraire mais on n'y arrivera pas : les tarés qui salopent les alentours des gares méritent qu'on les paient en leur offrant la possibilité d'effacer les tags de leurs concurrents. TIG c'est presque TAG non ?
Published by Bertrand P
2 janvier 2012
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Comme ça, de but en blanc, ce lundi 2 janvier je n'ai pas de colère en cours ni d'indignation prête à exploser.
Certes, chez les uns et les autres j'ai entr'aperçu l'indigence des programmes télé de fin d'année avec leurs sinistres bêtisiers mais mon alcoolisation a fait que ça ne m'a rien fait. Certes j'ai entendu les comptes-rendus des derniers voeux du futur ex-Président mais mon indigestion de foie-gras, de risotto, de champagnes et d'époisse (dans le désordre) ont atténué mon agacement.
Certes j'ai entendu à la radio ceux qui sont responsables de la crise, ceux qui ne l'ont pas empêchée et ceux qui en ont profité (souvent les mêmes) venir nous dire d'un ton plein de suffisance qu'on a vécu "au-dessus de nos moyens" et qu'il fallait songer à "payer l'addition"... mais j'ai rêvé que Minc, Tapie, Lagarde, Woerth, et tant d'autres allaient peut-être sentir le vent du boulet.
On dit "songe-mensonge" moi j'ai la faiblesse de croire à la prémonition.
... Et à la sagesse du peuple Français !!!
J'ai dit faiblesse.
Donc ce matin je suis comme en phase d'aterrissage en douceur. Pas de hargne point de colère.
Seul bémol à ce calme: à Noël une amie m'a offert un livre intitulé "l'art de se taire". Et je ne sais toujours pas comment je dois le prendre et si ça concernait mes élucubrations régulières sur ce support là.
... On peut m'aider à y voir clair.
Published by Bertrand P
1 janvier 2012
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J'ai traversé le département du Gers de Astaffort (Lot & Garonne) à Toulouse via Lectoure, Fleurance, Mauvezin, Cologne et l'Isle-Jourdain.
Cet après midi, 1er janvier 2012, il faisait un temps magnifique et les lumières comme les couleurs étaient splendides. Au Lac de Thoux St Cricq il fallait presque se pincer tant le vert des champs était soutenu. Une sensation d'hiver très doux et très agréable m'a envahi et j'ai eu le sentiment que ces bons voeux qui faisaient sonner la messagerie SMS de mon mobile n'étaient pas vains.
Oui, 2012 sera une bonne année.
Promis !
Published by Bertrand P
31 décembre 2011
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Moi je trouve que la société est bien faite et qu'elle fonctionne bien.
Le tri sélectif, par exemple, est un coup de génie de ceux qui pensent, dans les administrations. Vous avez, un peu partout, des containers à bouteilles. A la campagne, comme un fait exprès, ils l'avaient installé devant la maison de ma soeur. Tous les week-ends, du lever au coucher de soleil, c'était un défilé de ce que le canton compte de poivrots qui venaient jeter leurs consignes de la semaine (et Dieu sait si ça en fait!). Entre le bruit des bagnoles, celui des bouteilles dans le container, celles qui se fracassent à côté et les cartons et les sacs "oubliés" autour, la pollution, sonore, visuelle et résiduelle est 3 fois pire qu'avant le tri. Bravo !
J'ai, depuis, une pensée pour les gens dont la maison ou l'appartement "donne" sur un de ces affreux et bruyant édicule.
Pour les containers à papiers c'est pire: vieilles pubs graisseuses et journaux de rebut flottent au vent et les sacs ou poches décorent aimablement les arbres alentour façon Tunisie. re-Bravo !
Dès le soir de Noël passé les sapins s'agglutinent sur le trottoir. Dépouillés de leur décoration et de leurs aiguilles, servant d'urinoir à tous les chiens du voisinage ces arbres ont perdu de leur superbe.
Tous les jours, malgré les interdictions et les menaces d'amende, on doit louvoyer entre les "monstres" déposés subrepticement sur les trottoirs. De manière assez surprenante ces machines à laver, ces gazinières, ces lits à sommier à lattes, ces ex-meubles Ikéa, ces vilaines étagères et autres étendoirs à linge sont dans un état effroyable : coulée de graisses sur le côté, autocollants hideux ... à croire que nos voisins sont sales et peu soignés !
Pour ce qui est du tri, je comprends leur mauvaise volonté : ils paient des taxes sur l'enlèvement des ordures ménagères, des frais pour le même enlèvement, des impôts locaux qui les intègrent et maintenant des sacs aux caisses de tous les magasins. On ne va pas, en plus, leur demander de faire le travail des éboueurs qui viennent de leur casser les pieds avec leurs étrennes.
Les industriels de la bouffe, qui nous vendent des emballages et des sur-emballages sont responsables de ces gâchis. A eux revient le devoir de les retraiter. Pas à nous qui n'avons rien demandé et certainement pas le kilo de pub par semaine dans les boîtes aux lettres, les emballages à tiroirs et tout le reste. Le container? très peu pour moi. Ou alors on me paye pour y aller.
Published by Bertrand P
30 décembre 2011
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Il est un livre du Marquis de Sade joliment titré "du bonheur dans l'esclavage".
En regardant mes contemporains dans le métro toulousain hier et singulièrement l'un d'entre eux qui lisait un manga sur une tablette j'ai repensé au titre du Marquis. Il est à croire que plus la technologie est sophistiquée plus elle est utilisée à nous abrutir.
Les gouvernants et les classes dirigeantes n'ont pas de soucis à se faire : inondant les magasins de produits inutiles mais chers, de matériels beaux et fiables mais uniquement festifs, se reposant sur la publicité omniprésente pour faire consommer et promouvoir un "mode de vie" végétatif et excluant la réflexion il a des électeurs dociles à sa disposition.
Plus besoin (ou presque) de contraintes: la télévision et la radio, complétées par les journaux gratuits ou à sa botte, le cinéma qui n'est plus que de "divertissement" , une frénésie d'achats de produits qui se démodent à toute vitesse (songez aux téléphones ou aux appareils photos, aux lecteurs MP3 ou aux DVD), des modes régulièrement lancées (qui vont du yaourt à la voiture) le Pouvoir a à sa disposition tous les ingrédients pour avoir un peuple sage et obéissant.
Dans les dictatures on se rebelle bien un peu mais pour vite arriver au standard de vie de nos belles démocraties. On dissidente pour avoir aussi, un jour, la possibilité de lire un manga sur une tablette tout en écoutant Lady Gaga dans un métro sans conducteur.
Je le reconnais j'ai l'humeur chagrine ce matin! et je ne devrais pas (tant que ça) : j'ai fait un tour dans la plus grande et la meilleure librairie de la ville hier : il y avait un monde fou et les clients achetaient des livres.
La différence entre les élites et le peuple, de nos jours, se fait non seulement par le niveau d'études atteint mais aussi par la culture.
Published by Bertrand P
29 décembre 2011
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Une affiche sympa m'a donné envie d'aller voir une "pièce" de théâtre*.
Ce qu'il y a de bien, aujourd'hui, c'est que le théâtre est descendu de son piédestal et qu'on n'a plus à choisir entre la pièce chiante du répertoire, jouée par des comédiens boursoufflés ou la pièce de boulevard jouée par des has-been ringards.
Non ! Le théâtre maintenant c'est (souvent) votre voisine de palier, seule sur une petite scène et qui déclame des horreurs dans un fouttoir sympa. J'ai vu récemment un spectacle, donné dans la salle qui appartient aux "Chevaliers du Fiel" (...) et qui consistait pour un acteur seul sur scène à nous expliquer et faire partager sa passion et sa virtuosité à la batterie. Le pire c'est que c'était distrayant et pas désagréable à regarder (et entendre).
Hier une sorte de Valérie Lemercier de l'époque "Palace" (Jean Michel Ribes), c'est à dire une "bourge" coincée mais drôle, le personnage qu'elle immortalisa dans ses spectacles** puis dans "les visiteurs", était seule sur scène. Cette actrice, Corinne Mariotto pendant plus d'une heure déclame de façon comique les "Règles du savoir vivre dans la société moderne". Il s'agit, en gros, des us et coutumes en matière de moeurs de la bourgeoisie de la fin du second Empire (1870) à la fin de la présidence de Gaulle (1969).
Ces grotesques mais utiles règles existent toujours, de manière discrète, chez les nouveaux riches, les officiers, les vrais et les faux nobles et, naturellement, les anciens gauchistes reconvertis en capitalistes purs et durs. On a vu par exemple des ministres des 2 derniers Présidents (Ferry, Woerth...) mais aussi un ancien premier ministre se "la jouer" salon de Madame Verdurin et "Bal des débutantes" et on se fiance beaucoup chez les anciens "d'Actuel" et de "libé" voire de "Rouge".
L'actrice de la pièce, habillée comme on l'est dans ces milieux où l'on se croit d'une autre nature que le plèbe, dit ces règles et l'on s'aperçoit combien elles sont contraignantes, corsettantes, figées, intangibles, intéressées et, pour tout dire, liberticides.
C'est une des rares vertus de "notre époque": si 1 ou 2% de la population continue à vivre selon ces schémas surannés plus personne ne se sent obligé de faire des "fiançailles", des "baptèmes" mondains ou des anniversaires de mariage ("noces d'argent" et "noces d'or") aussi hypocrites que contraignants.
Par le décalage entre le plomb de la civilisation que décrit le texte et le jeu gai et spirituel de l'actrice voilà une réalité qui nous est montrée sans que le discours soit lourd. Une gageure !
* "Les règles du savoir vivre dans la société moderne" de Jean-Luc Lagarce mise en scène de Francis Azema.
** Valérie Lemercier, regardez bien, est la SEULE "comique" dont on ne voit jamais les "sketches" à la télévision ou ailleurs. Et pour cause : elle a refusé qu'il soient filmés ! Du coup on voit les Césars ou la séquence où elle fait une parodie de "l'Ecole des Fans" mais c'est tout ... Voilà une preuve de talent supplémentaire en ce qui la concerne.
Published by Bertrand P