Il faut appréhender le vote FN pour ce qu'il est. Le craindre pour ce qu'il est et surtout
ne pas tout mélanger.
En 2002 le FN est arrivé au second tour de la Présidentielle.
Entre le 1er et le second tour il n'a pratiquement pas gagné d'électeurs. Il a terminé
avec moins de 20% des voix.
Marine Le Pen a repris le "fond de commerce" de son père mais aussi les idées, les
électeurs, les recettes, les impasses et le vieux bagage d'extrème droite du parti
fondé par son géniteur.
Le vote FN est un vote de contestation. Une grande partie des personnes qui votent
pour ce parti qui n'a aucune chance d'arriver au pouvoir le fait pour "donner une leçon"
à la classe politique et aux partis dits de gouvernement.
Les vrais électeurs d'extrème droite, ceux qui partagent les idées des fondateurs et
à qui sont destinées les plaisanteries antisémites du vieux dirigeant ne représentent
pas plus de 5% du corps électoral Français.
Les autres, ceux qui portent, dans les sondages, ce parti à 20% savent pertinemment
qu'il n'y a, en son sein, pas de personnes de qualité en nombre suffisant pour former
un gouvernement, pas de programme économique, pas de personnes crédibles pour
faire une politique étrangère, pas d'expérience gouvernementale ni même régionale
(ce parti n'a que des députés européens!) et aucune assise nationale et internationale.
C'est un épouvantail commode qui permet à la presse de faire du tirage, aux sondeurs
de faire peur, aux commentateurs politiques de parler et aux partis de jouer une
partition connue par coeur.
Arriverait il au pouvoir en France que l'Europe et le Monde nous boycotterait et la
France serait mise au ban des nations. (Qu'on se rappelle l'Autriche lorsqu'elle a
été gouvernée par la droite et l'extrème droite de Georg Haider).
Inoffensif le FN? pas vraiment. Ses "idées" diffusent dans la société et des ministres
comme Hortefeux et Guéant ont une lourde responsabilité dans cette diffusion.
Marine Le Pen sait que la droite dite respectable, si elle échoue à faire réélire Nicolas
Sarkozy va voir certains de ses membres essayer de nouer des accords avec elle.
Elle pense que sa dédiabolisation (en surface) du parti d'extrème droite de son père
rend cette éventualité possible.Elle n'a sans doute pas tort.
Le risque principal, avec ce parti, c'est de voir ses slogans, ses mots d'ordre, ses
fantasmes et ses représentants arriver au pouvoir dans une coalition droite-extrème
droite. C'est le but réel de Marine Le Pen, ce n'était pas celui de son père.
Pour le moment les digues tiennent mais de cyniques apprentis sorciers comme
le président actuel, comme Copé et tant d'autres pourraient les faire céder par
opportunisme. Berlusconi l'a bien fait avec Gianfranco Fini et son MSI...
Il faut donc garder la tête froide devant les sondages qui prédisent un 21 avril, à
l'endroit ou à l'envers.
C'est vrai le vote contestataire risque d'être important tant est grande la méfiance
devant une simple alternance UMP => PS. L'étiage probable du FN sera autour de
16% et ne lui permettra que de continuer à jouer les mouches du coche. Un rôle
pénible pour les démocrates et les gens qui réfléchissent mais rien de plus.
J'en prends le pari.
Petit jeu: Citez une dizaine de dirigeant du Parti socialiste. Citez une dizaine de
dirigeants de l'UMP, citez (c'est plus difficile) 5 centristes connus.
Maintenant essayez, à part Le Pen père & fille de citer dix "dirigeants" du Front
national...........Vous voyez?