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26 mars 2019 2 26 /03 /mars /2019 07:00

En consultation à la Clinique Pasteur de Toulouse j'ai un peu attendu dans la salle prévue à cet effet. Il y a là des tables basses sur lesquelles des vieux magazines qui ont été chiffonnés par de nombreuses mains attendent d'être remplacés et un écran de télévision curieusement fixé au mur presque en face de la fenêtre qui diffuse une émission qui semble regardée par mes voisn(e)s et des rangées de sièges en forme de coques.

En ce jour de fin mars le soleil inonde la salle et les patients sont calmes.

Je n'ai pas apporté de livre car je n'ai pas beaucoup attendu la dernière fois et que je suis déjà bien encombré avec le sac de pharmacie et les radios grand format.

J'observe que personne n'a les yeux rivés sur son portable: le pictogramme qui l'interdit est suivi d'effets. C'est reposant.

Je tends la main vers "Paris Match" avec Lagerfeld en couverture. Incroyable la nullité de ce torchon! que ce ramassis de ragots sans intérêt se vende me laisse songeur. Qui cela intéresse t'il? un monde factice de célébrités inintéressantes. La mort de Lagerfeld, celle de la soeur de Jackie Kennnedy-Onassis... On est là au degré zéro du journalisme.

Je repousse cette revue vaine et creuse et relève mon regard vers l'écran de télévision. Match, dans la médiocrité imbécile est battu. 4 femmes parlent chiffon avec une "spécialiste" qui leur donne un budget pour se maquiller, se parer et s'habiller. Le féminisme n'a jamais existé! chacune rivalise de banalité langagière et s'escrime à plaire aux 3 autres mais surtout à la "cheffe", cheveux courts, accent travaillé, vocabulaire improbable et plus maquillée que le masque mortuaire de Toutankhamon.

C'est bête à pleurer et, heureusement on appelle mon nom tandis qu'une plus très jeune mannequin danse ridiculement dans des habits aux formes et couleurs disparates n'allant pas ensemble.

Le premier combat des féministes, me semble t'il, serait de faire évoluer l'image qu'ont d'elles ou pire, que donnent d'elles, les médias:, les producteurs de télévision, les leader d'opinions, certaines femmes elles-mêmes et tous ceux qui détiennent des parcelles de pouvoir. Il y a du taff!

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25 mars 2019 1 25 /03 /mars /2019 07:00

Mon titre: "Qui rencontre t'on au Salon du Livre" appelle cette réponse: "les mêmes bovidés qu'au Salon de l'Agriculture avec en plus des vachers cousus d'or"!

Notre burlesque époque, il faut le reconnaître, n'est jamais en panne d'inspiration lorsqu'il s'agit de soutirer de l'argent au consommateur.
Notre pays, le constat a été fait, lit de moins en moins et le livre ne se vend que dans des marché de "niches" (Best-sellers, livres universitaires, bandes dessinées...) On est donc à la recherche de "coups" qui engendreront des réflexes d'achats chez le public.
L'édition fonctionne toujours sur les livres écrits par des "people" (ou leurs nègres) et ce dans tous les domaines. La mère du gendarme héroïque, la cousine de Ben Laden ou une chanteuse des années 70 trouvera bien plus facilement un éditeur qu'une personne faisant des Recherches sur les rétrovirus. On peut le déplorer mais on n'y changera rien.
Les éditeurs ne cherchent ni un Balzac des temps modernes ni un Hugo, ils se contentent de Houellebecq et de Nothomb. A époque étriquée ses littérateurs étriqués.

Donc, dans cette recherche effrénée de la vente de milliers d'exemplaires, le monde de l'édition répond par des méthodes de supermarché ou par des calculs dignes de l'entertainment industriel: aux "tuches 3" répond le 3ème ou pire des Riad Satouff. Ca marche; pourquoi s'en priver?

Et si ça ne suffit pas on organise un "salon du livre", sorte de rayon livres de vedettes de supermarché ou Drucker et Nikkos Aliagas viennent signer leur bouse. Ils coûtent plus cher que les légumes hors sol de chez Leclerc mais quand on aime on ne compte pas.

La belle affaire! aller payer au prix fixe le dernier Michel Cymès (son 987ème) dédicacé!!! le livre de souvenirs d'une godiche de la téléréalité ou celui d'un footballeur has-been de 26 ans!!!

Et ça marche. Comme le salon de l'agriculture, une imposture frôlant la forfaiture, le salon du livre draine des foules extatiques, fières d'avoir rencontré "en vrai" Cyrille Lignac ou Marion Game.

Je ne m'étonne plus guère que ce public là plébiscite les films formatés aux USA, les rappeurs au QI de bigorneau, les politiciens frelatés et la télé-poubelle. Ils n'ont que ce qu'ils méritent.

Il y a, dans la démocratie, des forces cachées qui luttent contre tout ce qui élève l'homme. Plus il est con mieux c'est pour eux et leurs desseins. A leur décharge il faut reconnaître qu'une grande partie des peuples ne demande qu'à s'abrutir entre autres par la culture de masse.

(et pardon pour cette expression de mauvaise humeur).

 

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22 mars 2019 5 22 /03 /mars /2019 07:12

Le Rock and Roll, depuis son apparition à l'aube des années 50 a tout connu, le pire comme le meilleur. Certains artistes comme Presley incarnant les deux tendances (le meilleur à ses débuts, le pire lorsque vieillissant, gros il massacrait ses standards devant les vieux à Las Vegas).

Cette musique simpliste à quelques accords a fait naître des artistes magnifiques et des tocards. On lui doit des poètes et des charlatans. Comme toute activité humaine.

Peu, vraiment très peu d'artistes pop ont eu le retentissement d'un Michael Jackson. Il a apporté énormément à un monde qui tournait en rond sur des vieilles recettes qui s'auto-parodiait et dont le seul aspect mercantile fonctionnait encore.

Avec le mauvais goût spécifiquement et intrinsèquement américain il a apporté une scénographie et un renouvellement qui ont fait de lui un être à part. Le kitsch, la sensiblerie bébête, la mièvrerie même ont toujours et dès le début accompagné Jackson. Mais pas que.

Ce n'était qu'une des facettes du personnage: englué dans des rêves roses à la Disney il savait racheter en douce les droits d'édition du catalogue des Beatles et faire une des meilleures affaires de tous les temps d'un domaine pourtant prodigue. Là Bambi oubliait d'être gnan-gnan sucreries et mauvais goût...

Pareil, semble t'il, pour assumer en douce une sexualité déviante.

L'homme est mort, on ne peut rien prouver, On se doute que tout cela n'est pas aussi clair que les fans le disent ni aussi noir que les pisse-copies le décrivent.

Comme lui-même, ses actes étaient à la frontière et sans doute parfois au-delà. Baver sur un mort, cela est-il de "l'information"? cela a t'il une utilité quelconque? non.

Depuis le moyen-âge on ne condamne plus les défunts!

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21 mars 2019 4 21 /03 /mars /2019 07:00
Brigitte Bardot, hélas.

Avoir été une femme d'une rare beauté ne vous autorise pas à écrire ou dire des stupidités racistes.
Brigitte Bardot fut une comédienne assez médiocre dont la filmographie ne l'est pas moins. Elle a su s'arrêter au bon moment et n'est jamais devenue une de ces vieilles actrices poudrées et liftées qu'on  ne reconnaît plus.

Elle a embrassé une cause digne qui lui a souvent fait perdre tout sens de la mesure: la cause animale qu'elle sert depuis 1973 a laissé voir une femme aigrie, haineuse et excessive.

Sa sincérité n'est pas mise en doute mais elle l'a conduit, trop souvent, à tenir des propos révoltants et ridicules.

On savait, du temps de sa splendeur, qu'elle n'était pas philosophe ni même intellectuelle. Elle avait un bon sens qui lui tenait lieu d’intelligence et elle savait parfois réagir avec classe comme lorsque l'OAS a essayé de lui extorquer de l'argent.

Que ce soit sur disque ou sur pellicule la plus grande de ses réussites fut d'être elle-même, belle, libre, et bousculant une époque compassée.

Depuis qu'elle s'est consacrée à la cause animale une Bardot revêche et outrancière n'hésite pas à dire, écrire ou publier des discours scandaleusement intolérants qui la desservent sans rien apporter à son combat: ne dit-on pas que "tout ce qui est excessif est ridicule"?

Avec la dernière (vaine) polémique qu'elle a sciemment déclenchée en s'en prenant à la Réunion et aux Réunionnais sa sortie de route est à la fois inexcusable et complète.

je préfère garder le souvenir de la splendide femme qu'elle fut.

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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 07:00

Comment exprimer la stupéfaction doublée d'un immense dégoût devant la demande de Marine Le Pen de stopper la délivrance de visas aux Algériens qui viendraient à manifester le désir de venir en France?

On est là dans l'abjection la plus totale: l'Algérie secoue son joug et on lui tourne le dos, pire, on regrette ses geôliers tout en laissant à la merci de leur brutalité celles et ceux qui voudraient leur échapper.

Rappelons que l'extrême-droite voulait "l'Algérie Française" et a envoyé des commandos de tueurs contre ceux qui avaient une autre vision des rapports de la France et de l'Algérie pour l'avenir.

Cette politique de l'entre-soi est grotesque et fausse. Grotesque parce que l'autarcie est impossible (et néfaste) et fausse parce que les ex-Front National détestent 80 à 90% des Français qui sont incompatibles avec leurs "valeurs", leurs discours et leur programme.

Entre chapelles de la droite extrême, il y a du tiraillement. Imaginer qu'ils puissent supporter des socialistes, des écologistes, des athées, des catholiques "modérés", des juifs, des beurs, des radicaux, des communistes, des centristes et même la droite molle louchant sur sa droite de Wauquiez est une illusion. Le front et les frontistes, même rebaptisés "rassemblement national" ne supportent que les militants au cerveau atrophié qui pensent et vivent comme eux. ça fait peu mais ça fait trop.

...Et Mégret comme Philippot ont montré ce  qu'il en coûtait de s'aliéner la famille régnante; famille qui semble conçue pour critiquer et lutter pour conquérir mais jamais (tant mieux!) exercer le pouvoir.

Revenons à la dernière forfaiture de cette digne fille de son père: sa sortie sur les visas est l'ignominie qui montre son vrai programme: agréger les Français les plus racistes en flattant ce qu'il y a de pire chez eux: leur peur de l'autre, leurs préjugés et, osons le mot, leur méchanceté.

Peu de monde a souligné l'abjection de sa demande. Un signe de plus de notre affaiblissement moral.

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19 mars 2019 2 19 /03 /mars /2019 07:00

Lundi 19 mars 2019, entre 13 et 14H00 France Culture a diffusé un document particulièrement dérangeant et cela à plus d'un titre.

L'émission radiophonique tournait autour de l'interview sans fard de Mauricio Garcia Pereira, un ex-employé de l'abattoir de Limoges qui, seul d'abord puis "aidé" par l'association vegan "L.214" est devenu un lanceur d'alerte un peu contre son gré.

Mauricio a d'abord dénoncé les conditions épouvantables dans lesquelles étaient contraintes de vivre des poules pondeuses dans un élevage industriel ayant principalement les grandes surfaces comme clients: poux, cadavres de congénères, bruit, odeurs, animaux en mauvaise santé et déplumés, on n'ignorait plus rien sur les conditions extrêmes des animaux d'abattoir et sur celles des pauvres humains qui les préparent.

La conscience de Mauricio s'est rebellée au fur et à mesure que tout son être refusait ce qu'il voyait et entendait chaque jour. L'abomination de voir un tas de fœtus de bovins dans un grand sac à ordures de l'abattoir lui fit comprendre qu'il devait témoigner et qu'il ne pouvait plus accepter ce travail dégradant.

Il a fait parvenir des photos de ces fameuses "vaches gestantes" à l'association qui était justement en train de réfléchir à une nouvelle stratégie plus agressive. L.214 le lança en première ligne, l'équipa d'une caméra go-pro et sélectionna ses meilleures images.

Un peu contre son gré, en forçant son accord en tous cas, elle publia ces abominables documents sur le net et laissa Mauricio en première ligne devant le buzz ainsi crée.

L.214 remplit le rôle qu'elle s'est assigné en créant une polémique à la hauteur du scandale. Hélas, une fois la tempête médiatique passée Maurizio perdit son emploi et n'en trouva aucun autre. Et pas au sein de l'association, j'allais dire naturellement.

La récitante de l'émission nous a confié, avant de rendre l'antenne, que Mauricio était en fin de droit Assedic et qu'il n'avait toujours pas retrouvé de travail (il s'agissait d'une rediffusion tandis qu'à Limoges il passait "pour un traître".

ça donne envie de s'indigner et de s'engager!

 

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18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 07:00

On m'a offert le livre de Philippe Claudel "l'Archipel du Chien" (Stock), roman que j'ai hésité à lire, commencé, recommencé pour finalement aller au terme de sa lecture et beaucoup en apprécier l'originalité.

Je suis allé voir la drôle d'exposition "Age of Classics" présentée au Musée Saint-Raymond. C'était la première fois que j'allais dans ce beau Musée dont il me semble que les collections permanentes sont bien plus intéressantes que l'exposition en question qui est déroutante par la brièveté des son parcours (1/4 d'heure en comptant large). Le thème de cette "installation" et les objets présentés laissent sans voix: se moque t'on ou est-ce sérieux?

J'ai passé un week-end de début de printemps à la campagne avec une dizaine d'ami-e-s. J'ai passé un excellent week end mais ai été étonné par la place exorbitante qu'a pris le téléphone portable dans nos vies. C'en est stupéfiant.

J'ai aperçu une émission accablante de bêtise sur Canal +. Ca s'appelle "Tchi Tcha" et c'est vraiment consternant. Sujets idiots, critiques complaisantes et un portrait de Xavier Dolan qui donnait le vertige par son manque de recul. L'imbécilité de son commentaire battait tout ce que j'ai entendu depuis plus d'un mois.

Tout cela, en positif ou en négatif, n'est rien comparé à l'abyssale connerie des casseurs du samedi sur les Champs Elysées.

"Ils" ont repris place sur les ronds-points et leur allure, leurs slogans et leurs "revendications" pulvérisaient des records. C'est de loin ce qui m'a le plus navré dernièrement.

 

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15 mars 2019 5 15 /03 /mars /2019 07:00

J'ai l'impression d'avoir toujours subi la présence médiatique et politique de Philippe de Villiers. Et de toujours les avoir trouvées insupportables.

C'est un homme habité par la réaction. Il défend des "idées" qui ont conduit la République des années 30 à la honte du "Régime de Vichy". Il a fait sienne toutes les causes les plus ringardes et pénibles le tout en défendant un catholicisme de combat.

Il grenouille dans les frontières de la droite extrême et de l'extrême droite rendant celles ci de plus en plus poreuses.

Il écrit (il signe) des brûlots lus par la frange de population qui regrette Pie XII, l'OAS et "l'empire" ce qui fait parfois un best-seller même si les idées défendues par Villiers n'auraient pas été déplacées à l'époque du général Boulanger.
A propos de Boulanger et de Boulangisme le général Pierre de Villiers, un "scro-gneu-gneu" comme les dessinait si bien Cabu prendrait bien la tête d'une aventure droitière comme il (ne) le fit (pas, tout à fait) à la fin du dix-neuvième siècle. Mêmes "valeurs" ultra-droitières, même menton en avant la voix bêlante de la chèvre en moins que son cousin anti-Européen.

Il faut un haut degré de patience et plus de tolérance encore pour voir et entendre le faux-Vendéen défendre son torchon anti-Europe sur les médias complaisamment offerts.

Ces vieilles culottes de peau, si on pouvait leur dire où ils peuvent se la mettre leur France moisie!

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14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 07:00
Si, on peut se bonifier en vieillissant! la preuve.

J'adore être surpris par quelqu'un de prévisible. J'ai entendu Pierre Joxe, austère socialiste qui fut ministre de l'intérieur de François Mitterrand mais aussi ministre des armées, membre du Conseil Constitutionnel et mille autres fonctions aussi déjantées.
Enarque Pierre Joxe était redoutable par sa dialectique corsetée, ses répliques cinglantes et sa proximité avec le Président de la République. C'était l’archétype de "l'éléphant" du PS, à la raideur presque proverbiale.
Tout sauf un rigolo! le genre d'hommes glacial qu'on ne voit jamais sourire.

A propos de la constitution de la V ème République puis du référendum pour l'élection du Président au suffrage universel proposé par Charles de Gaulle j'ai vu et entendu un vieil homme (85 ans) dans une forme intellectuelle éblouissante tenant des propos détachés mais pertinents et souriant en faisant de l'humour: un choc!

La chaîne du Sénat (ou une autre genre "Histoire") faisait intervenir des dinosaures à propos de l'arrivée au pouvoir controversée de de Gaulle en 1958. Sans grande surprise Anicet le Pors, communiste, restait fidèle à une dialectique qui sentait son dogmatisme stalinien et fleurait bon les années de la "guerre froide". Il continuait d'employer le "Nous" qui voulait englober tous les opposants à la constitution et à l'élection directe comme s'il était encore dans un parti qui obtenait 28,3% des voix, le plus haut score que le PCF ait jamais atteint. Au contraire Joxe était détendu, ne polémiquait plus en rappelant que le temps s'était écoulé et en rappelant que François Mitterrand lui-même s'était coulé dans le moule et n'avait apporté aucun correctif à cette constitution que l'usage et les années ont contribué à démythifier voire démystifier.

Pierre Joxe, à ma grande surprise, souriait en parlant des positions tranchées de son camp et semblait considérer tout ceci avec une grande sagesse qui transpirait dans ses propos.

On m'aurait dit un jour que je prendrais du plaisir à écouter Pierre Joxe je serais tombé de l'armoire!

 

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13 mars 2019 3 13 /03 /mars /2019 07:00

"Ces faits  sont aujourd'hui prescrits, grâce à Dieu". C'est par cette phrase stupéfiante dans ce qu'elle révélait de non-dit que Monseigneur Barbarin, Primat des Gaules (c'est ainsi qu'on le désigne, c'est grotesque mais tous  s'y soumettent) a accueilli le premier verdict des affaires de pédophilie qu'il a tant voulu refouler, minimiser, pardonner, oublier et, en fin de compte négliger.

On sait que cet évêque au nom et au physique difficiles n'a fait qu'entériner, en cette affaire, les méthodes passées de ses confrères et de l'église toute entière.

Dans le très bon film de François Ozon "Grâce à Dieu", interprété par François Marthouret, le Cardinal Barbarin est montré comme un prélat dépassé et tentant maladroitement d'écoper avec toujours un temps de retard. Beaucoup plus acceptable que le modèle "en vrai" qui a, me semble t'il, sciemment fait tout ce qui était en son pouvoir pour étouffer les révélations des malheureuses victimes de ce scandale dont il connaissait l'existence depuis le début.

Il a d'ailleurs été condamné vendredi 8 mars à 6 mois de prison avec sursis pour cette raison même.

Le film part de la stupéfaction d'un homme catholique issu d'une famille très chrétienne pratiquante s'apercevant que le prêtre qui l'a abusé sexuellement lorsqu'il était scout dit toujours la messe et reste entouré d'enfants dans son sacerdoce. Impeccablement joué par l'acteur Melvil Poupaud qui a acquis une densité nouvelle dans ce film, l'homme mur, père de 5 enfants va tout faire pour que son tourmenteur soit "puni" et empêché de nuire.

L’enquête pour trouver d'autres victimes, puis d'autres victimes permettant de contourner l'obstacle de la prescription judiciaire, la difficulté des uns à parler, des autres à accepter leur parole est filmée sans temps morts ni voyeurisme. De grands et bons comédiens jouent des personnages brisés : Hélène Vincent, Josiane Balasko ou Eric Caravaca entre autres.

C'est une quête, due à l'opiniâtreté de la recherche de la vérité et la volonté d'exclure de l'Institution des branches pourries à laquelle on assiste sans que jamais (ou presque) on ne soit gêné par le voyeurisme.

Ces hommes, le Cardinal, certaines familles catholiques pratiquantes et l'Eglise refusent d'abord de le voir puis de l'admettre sont brisés et leur vie détruite. En ne dénonçant pas le prêtre pédophile dont ils connaissaient les agissements tous portent la responsabilité de ce gâchis, de ces douleurs morales et de ce mal-être.

Le film n'est pas un plaidoyer ni un pamphlet. Il est digne et donne tous les éléments qui permettent d'appréhender la réalité de cette terrible affaire qui concerne Lyon mais dont on sait qu'elle a existé partout où l'église existe.

Bien interprété, sans temps morts, digne et honnête le sujet a inspiré Ozon qui a réalisé là un bon film de cinéma.

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