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13 juillet 2018 5 13 /07 /juillet /2018 07:00

Opéré du genou, pour le seconde fois en moins de deux ans je suis condamné aux béquilles et au fauteuil roulant depuis deux semaines et c'est une situation à laquelle je n'avais guère songé auparavant.
On le sait et on le dit régulièrement, il faut en être passé par là pour comprendre combien le vie quotidienne des personnes "à mobilité réduite" est contraignante.

 

Si les enfants se jettent sur les béquilles et les envisagent comme un jouet original ils s'en lassent assez vite et vous ne pouvez faire de même.

Marcher avec des "cannes anglaises" est compliqué. Et agaçant. Elles tombent tout le temps. Dès qu'elles ne vous supportent plus elles tombent. L'une, l'autre ou les deux. A la sixième ou septième fois vous ne trouvez plus cela drôle du tout.

Tout le poids du corps est soutenu par les mains, une hanche, deux épaules. Et, accessoirement par l'autre genou. Les mains deviennent douloureuses, le torticolis guette.

Aller chez l'épicier du coin se révèle être une véritable aventure: l'ascenseur, les doubles portes, le "bip" qui ouvre la porte de l'immeuble, le trottoir pas plan, les sorties d'immeubles avec voitures sortant à l'aveuglette... des pièges auxquels un "deux-jambes" ne ferait as attention.

Revenir de l'épicerie (ou de la boulangerie) avec des achats se révèle un casse-tête: sac à dos ou sac à main? comment franchir les obstacles? ai-je bien repris mon portefeuille?

Je n'ai pas encore essayé le tramway qui passe en bas de chez moi et qui va vers le centre ville: la crainte d'être un frein dans la circulation de bipèdes pressés! mais dès la semaine prochaine (ou celle d'après!) je me lance.

Pour le moment j'ai une autonomie de 800m (aller-retour) en solo. C'est ridicule mais j'ai encore en mémoire les 15 jours confinés au lit et à la chambre.

Et j'ai béni la kiné lorsqu'elle m'a appris à aller, avec les béquilles, sur la terrasse. Je n'étais plus un boulet! (enfin... je me comprends).

 

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12 juillet 2018 4 12 /07 /juillet /2018 07:00

Le 26 octobre dernier dans cette chronique je louais la longévité et le talent conjugués de Robert Redford et de Jane Fonda.

Je voudrais revenir sur cette actrice exceptionnelle et femme au caractère bien trempé. Miss Fonda, on le sait, est la fille du très grand Henry Fonda à qui elle a permis, quelques semaines avant sa mort d'obtenir un Oscar pour un film dont elle a choisi l'histoire et qu'elle a produit: "La maison du Lac" dans lequel elle interprétait la fille d'un homme très âgé qui réussissait enfin à communiquer avec lui. Une thérapie familiale et un grand beau film.

Jane Fonda a joué dans toutes sortes de films dont des nanars hallucinants, le "Barbarella" de Roger Vadim (1966) étant le plus représentatif d'entre eux. Avec Brigitte Bardot, Annette Stroyberg et Catherine Deneuve elle prit sa place temporaire de Mme Vadim, le temps de tourner "la Curée" d'après Zola. (vraiment d'après!).

Retournée aux USA on la vit dans "Klute", dans "On achève bien les chevaux", dans "Julia", dans "Le Retour" et "le syndrome chinois" entre autres.

Elle se fit plus rare au cinéma après avoir été très active (et très maladroite!) dans sa lutte contre Nixon et la guerre du Vietnam, après avoir été l'épouse d'un politique démocrate, puis celle de Ted Turner le magnat contesté (et contestable) de la presse.

Son activisme pour la fin de l'engagement militaire des Etats Unis au Vietnam lui a valu des haines inexpiables de certains de ses coreligionnaires. Encore aujourd'hui.

Entre temps elle fit fortune avec une méthode de gymnastique aérobique ("le workout") qu'elle popularisa au-delà du "rêve américain". (on trouve encore des livres et des cassettes vidéo de sa méthode dans les vide-greniers du Lot-et-Garonne aujourd'hui!).

Elle réussit à réinvestir les écrans après un navet ("Sa mère ou moi") d'autres films de série B et même des séries télévisées ("Grace et frankie").

Aujourd'hui âgée de 80 ans mais toujours sur le pont Jane Fonda est une femme (très) liftée, (très) américaine et toujours (très) sympathique.

Ses films sont de plus en plus anecdotiques mais elle reste sympathique et intéressante.

Je l'ai vue récemment parler de sa parenthèse française auprès de Roger Vadim: c'était hilarant. Elle parle bien Français et maîtrise à la perfection le maniement des médias. Même un Baffie ou un Ardisson, en face, ne faisaient pas le poids.

 

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11 juillet 2018 3 11 /07 /juillet /2018 07:00

M***  6 ans, est un petit garçon dégourdi et attachant. Son environnement familial est bousculé et instable mais il n'a jamais manqué d'amour, tant de sa mère que de son père.

Des décès de proches, des déménagements, des changements d'environnement et le divorce conflictuel de ses parents l'ont rendu inquiet, hypersensible et capricieux.

Il a parlé comme marché vite et bien, est très casse-cou et aime tout ce qui est très "garçon" (avions, super-héros, voitures, armes, ballon, lego et trampoline). 
M*** sympathise facilement et se fait des copains sans difficulté. Il est très charmeur et affectueux. C'est le petit-fils d'une amie très chère qui est  décédée il y a quatre ans. En souvenir d'elle mais aussi et surtout parce qu'ils le méritent amplement, j'ai reporté mon affection et mon intérêt sur sa fille et son petit-fils.

Comme souvent les garçons de son âge M*** teste les adultes, répond et est parfois "effronté". Rien de grave mais une journée avec lui vous laisse sur le flanc. Il pose des questions en rafale, donne des avis tranché fort et en public et vous déclare son affection quand cela lui traverse l'esprit (en tramway...). On le sent souvent préoccupé et il confie ses tracas de manière détournée qu'il faut interpréter.

Ce samedi, sa mère, sa tante, ma femme et moi l'avons emmené au jardin où une adorable petite fille l'a élu comme compagnon de jeux. C'était un spectacle de les voir entamer une sorte de jeu de la séduction aussi innocent qu'irrésistible. M*** venait nous rendre compte de leurs travaux d'approche: "elle m'appelle Louis, je ne m'appelle pas Louis", "elle court trop vite, je n'arrive pas à la rattraper" et autres enfantillages amusants.

Comme un adulte charmé M*** essayait de se montrer à son meilleur et prenait des risques. Balançoires lancées à pleine vitesse comme les tourniquets, séances de grimpe des toboggans à rebrousse-poil et j'en oublie.

Ravissante, la petite obtenait tout ce qu'elle voulait d'un M*** devenu subitement très accommodant!

Naturellement ceci prit fin avec le départ de la petite qui vint lui dire au-revoir devant nous. Il rougit comme un adolescent!

Jusqu'au soir il parla d'elle puis Maserati, Lamborghini et Ferrari reprirent l'essentiel de sa conversation.

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10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 07:00

Nous vivons dans un drôle de pays où tout le monde suspecte tout le monde et où L’État, bien que plutôt bonasse, est considéré par beaucoup à l'égal des dictatures les plus oppressives.

Des personnes assez censées, comme Alexis Corbière (insoumis) refusant d'aller, bien que député, à la réunion des chambres à Versailles, suspectant Macron d'être un Erdogan dissimulé jouent à la "résistance" avec une part de crédulité. Ils doivent réellement penser que Macron veut se faire sacrer empereur!

Depuis plus de 20 ans Daniel Ortega opprime le peuple du Nicaragua, je ne pense pas que la France ait été menacé de coup d'état ou de dictature semblable...

EDF a décidé de changer tous les compteurs électriques du pays pour les remplacer par un autre ("Linky") qui devrait permettre d'en relever les données sans l'intervention d'agents. Le but est de mieux répartir une énergie qu'on ne peut stocker et d'économiser sur la masse salariale d'une entreprise d'état pléthorique.

Aussitôt la machine à fantasmes baroques s'élance: "on va écouter les conversations", "on va être fliqués", "on va nous espionner" . Un ou deux nouveaux compteur(s), personne, au juste, n'est capable de le(s) situer, "aurai(en)t pris feu" . Se demande t'on si la pose avait été bien faite? non, les compteurs "Linky", pour leurs  détracteurs, sont devenus des bombes incendiaires que EDF installe chez les particuliers "sans leur demander leur avis".
A t'on jamais donné notre avis sur les compteurs que "Linky" remplace? Évidemment non. Nous ne sommes plus dans la réflexion rationnelle mais dans l'incantation victimaire. "on" nous veut du mal, "on" veut nous voler et nous imposer quelque chose de mauvais.

Cela peut faire sourire mais, à force, cela a une influence. Cette façon de voir toujours le mal embusqué, de deviner des ressorts cachés derrière la moindre mesure gouvernementale explique les rapides chutes de popularité de nos présidents successifs et de leurs gouvernements. En France on ne soupçonne jamais le gouvernement de bienveillance. Jamais.

La dernière dictature authentique que la France ait subie est celle de Pétain (40-44) et il n'y a pas lieu, en démocratie, de suspecter le pouvoir systématiquement et en quelque matière que ce soit.

Jusqu'à preuve du contraire nous utilisons quotidiennement et volontairement un objet infiniment plus dangereux et manipulable qu'un compteur EDF: notre téléphone portable est un "mouchard" autrement plus bavard que le "Linky"!

 

 

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9 juillet 2018 1 09 /07 /juillet /2018 07:00

Je suis arrivé à l'hôpital Corentin Celton une petite demie-heure après son décès. Il y avait là ma mère, dans le cirage, et ma sœur F*** qui était bien triste. Personnellement je ne l'étais pas vraiment tout en étant très conscient du caractère définitif de la journée.

C'était il y a tout juste dix ans. Mon père, l'homme le moins sociable et le moins drôle que j'aie connu à ce jour mourrait d'un cumul de démence sénile, d'artères vitales bouchées, de cancers et d'épuisement général. Il avait 79 ans et il était temps qu'il disparaisse tant son état faisait de la peine.

Moins d'une semaine avant ce dernier jour il avait réussi à faire sa tête désagréable et à manifester de l'impatience bourrue devant un geste maladroit de ma mère.

Je suis toujours fasciné par les écrivains ou les cinéastes qui parlent de leur père ou de l'absence de leur père avec des trémolos dans la voix. Sincèrement, dans les vingt premières années de ma vie c'est lorsque le mien n'était pas présent que je respirais!

La question n'est pas de savoir s'il m'aimait ou pas mais pourquoi il ne savait pas le montrer pour ne pas parler de le dire. C'était un bloc compact de colère pas toujours contenue, un homme qui allait à l'essentiel en économisant sur les paroles et pour qui montrer ses sentiments était une faute, sauf, je l'admets, à l'égard de ses trois filles mes sœurs qui,  bénéficiaient d'une bienveillance parfois attendrie.

Homme à l'ancienne (façon Gabin qui m'y fait penser -pas physiquement- lorsque je vois un film dans lequel il joue) il n'était que l'autorité qui crie et punit. Je n'ai jamais su ce qu'il espérait ou attendait de moi (réussite dans les études, réussite financière, succès féminins...) mais vite compris ce qu'il ne supportait pas. Et, évidemment, j'exagérais dans la provocation (appuyé, curieusement, par ma mère jamais en retard d'un comportement "loufoque".

Je ne vais pas me livrer à l'analyse des agissements comparés de l'un de l'autre, encore moins donner crédit aux élucubrations freudiennes et conclurait sur mes rapports père-fils qu'ils se sont vaguement améliorés avec le temps mais qu'ils ont été mauvais sur la durée. 

Je regardais les pères de mes amis et, je dois à la sincérité de le dire, je n'aurais pas échangé le leur contre le mien, les mettant tous dans la catégorie des empêcheurs de tourner en rond, des raseurs colériques et des vieux dépassés.

...Tout ce que je suis devenu par la suite!

Revenons à cette statue du commandeur gisant sur son lit de l'hôpital. Mes pensées, pas toutes charitables, se pressaient et je le regardais avec un peu de dédain. Au contraire du Duc de Guise il m'apparaissait plus petit mort que vivant. Petit. Presque insignifiant.

J'essayais de consoler ma sœur qui, je le sentais, était traversée de pensées profondes. Ma mère vint dans la chambre et, lubie de dernière minute, voulut revoir une dernière fois la couleur bleue des yeux de son défunt mari. La paupière s'ouvrit pour ne plus se refermer: mon père me faisait un clin de l’œil de l'au-delà...

J'étais partagé entre le rire et l'indignation.

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6 juillet 2018 5 06 /07 /juillet /2018 07:00

En lisant une longue et intéressante interview du cinéaste Français Bertrand Tavernier consacrée à Philippe Noiret je tombe sur une anecdote qui en dit long sur l'indigence du milieu du cinéma, indigence crasse qui transparaît parfois dans des manifestations comme Cannes ou les Césars.
Là on est en présence de quelque chose de tangible, d'assumé:

Q: Est-ce que le succès de "L'horloger de Saint-Paul" a facilité le montage du film suivant "Que la fête commence"?

R: Non, ça n'a pas été facile. Le film a été un énorme succès, mais l'autre a été un vrai cauchemar, parce que du coup les gens voulaient que je fasse des adaptations des livres de Simenon. Et là, je partais dans un film historique. C'est le seul film que j'ai fait où, à la lecture du scénario, PlanFilm, le distributeur qui avait signé, a dénoncé son contrat en lisant le scénario tellement il lui paraissait incompréhensible. Un responsable de Gaumont nous avait dit: "le film à costumes ne peut pas marcher, on a fait les "Quatre Charlots mousquetaires".

Depuis; le cinéma français qui volait déjà au ras des pâquerettes s'est abîmé dans pire: comédiens issus des "comiques" de toutes extractions allant de la présentatrice météo aux idiots de la télévision, recettes paresseuses, scénarios lamentables et non écrits, dialogues à 2 balles. On est passé de Noiret à Edouard Baer....

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5 juillet 2018 4 05 /07 /juillet /2018 07:00
Deux tâches dans le tableau impeccable

La séquence "Simone Veil" a été impressionnante. Voilà une femme vraiment admirable dont on soupçonnait la droiture sans approfondir. Une belle âme, de celles qui redonnent ses lettres de noblesse à l'humanité toute entière.

Il était donc à la fois normal et logique qu'elle soit "panthéonisée", aux deux sens du terme.
Les compliments universels et l'unanimité avaient bien quelque chose d'un peu artificiel (on connaît la dureté du monde politique où l'on tue avec les mots) ou de forcé mais tout le monde s'est bien conduit et s'est montré à la hauteur de l'évènement.
J'aime ce pays quand il se montre ainsi; œcuménique, digne et rassemblé.

Deux choses m'ont surpris parce que je les ignorais et qu'elle symbolisent l'autre France, la sombre et inquiétante. Le flot d'injures, d'ignominies verbales et matérielles qui a accompagné la présentation et le vote de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse en est une.

Je suis tombé des nues en apprenant de quels termes ignobles fut qualifiée Simone Veil qui rapportait cette loi, souvent par la droite "civilisée" et surtout par l'extrême droite qui n'avait pas alors le Front National comme caisse de résonance. J'ai été effaré par la bassesse des envois de bocaux contenant un fœtus et autres horreurs. Jean-Marie le Pen l'appelant "l'avorteuse" était déjà dans son registre.

l'autre chose, qui -excusez-moi- faisait tâche est la participation de Simone et Antoine Veil à une des manifestations contre le "mariage pour tous". Ils avaient bien le droit d'être contre mais défiler avec cette frange peu reluisante de la droite peuplée d'intolérants, de haineux, de catholiques dogmatiques et de personnes qui refusent les évolutions du monde m'apparaît comme une erreur incompréhensible.

Je ne parviens pas à relier cette femme si digne avec ceux qui organisaient ces manifestations un peu poisseuses.

Ceci mis à part je n'oublierais pas cette photo de Simone Veil posant sur les rails devant l'entrée du camp d'extermination d'Auschwitz des années après: ce regard.

PS: j'apprends, dans "Libération" (3/07/18) que la photo de Simone et Antoine Veil avec le drapeau de l "manif pour tous" a été prise en bas de chez eux et qu'ils étaient descendus pour saluer des relations. L'article dit que RIEN ne permet de dire que Simone Veil partageait quoi que ce soit avec les organisateurs et les manifestants. Dont acte.

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4 juillet 2018 3 04 /07 /juillet /2018 07:00
Déconnage immédiat

Je tiens à redire que j'aime bien Antoine de Caunes à qui je dois d'excellents moments de télévision.

J'ai entendu, une fois ou l'autre, l'émission de radio "popopop" que diffuse France Inter les après-midi de 16 à 17H00. Je l'ai même vue puisque cet OVNI radiophonique est filmé en direct. Je l'ai vu le vendredi 29 juin pour la dernière qui était "gratinée".

L'émission est animée par de Caunes et une autre Charline (beaucoup moins agaçante que la Belge) et son invité est Quentin Dupieux alias M Oizo. Il est là pour parler de lui, de son film "Au poste", de sa musique, de ses goûts et de ses amis.

J'ai dès le départ le sentiment de ne pas avoir les codes et l'émission serait-elle diffusée en mandarin que je ne comprendrais pas plus les propos décousus qui sont tenus: de Caunes fait le cochon et les personnages de Canal + qui ont fait pour sa célébrité ("oin-ouin"....) tandis que l'invité tient des propos hallucinés sur des films commerciaux qu'il trouve "géniaux", une bande dessinée des années 70 ("Placid et Muzo") qu'il adore et j'en passe. La phrase musicale est constituée de choses vilaines dont une "œuvre" de Quentin Dupieux, ahurissante de laideur et sans le moindre intérêt qu'il produit sous le pseudo de M Oizo ("Flat Beat", regardez le clip, ça vaut le détour).

Je me demande, je me demandais si j'étais fou ou si c'étaient eux qui l'étaient. Un extrait de la bande son du film que Quentin Dupieux venait vendre m'a donné la réponse: ils sont dégénérés et se f... de nous. On a parlé de la moitié de "Eric et Ramzy", ces deux débiles retardés et aussi du défilé de Jean-Paul Gaultier: la branchitude rejoignant la connerie en passant par l'entre soi.

Lorsque de Caunes a diffusé un "tuto" sur la masturbation j'ai compris le 8ème degré du truc. Manque de bol, je n'en suis qu'au 7ème.

il faudrait, à froid, écouter cette émission dans son intégrité et dans quelques années pour comprendre le décrochage du public "normal" et des "éllites": Ils ne vivent plus dans des univers semblables mais parallèles.

 

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3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 07:00

Du fond de l'appartement montaient des superlatifs laudatifs concernant pourtant l'un des plus épouvantables chanteurs de variétés de langue française, l'insupportable Jean-Jacques Goldmann, rimailleur surévalué et voix exécrable.

J'entendis, dans mon brouillard, la phrase redoutée et malheureusement régulièrement prononcée le concernant et valable pour tant d'autres têtes à claques: "c'est la personnalité préférée des Français".

J'ai cru reconnaître la voix agaçante de Mireille Dumas prononcer cette ânerie sans fin.

Prenez un autre de ces préférés des hexagonaux, le redoutable François Truffaut. Des années après sa disparition sa filmographie, pleine de courants d'airs  et de navets grumeleux reste largement surévaluée.

Certains s'extasient encore à propos du cycle Antoine Doisnel qui aurait "révélé" l'insupportable Jean-Pierre Leaud, l'un des pires acteurs hexagonaux. Cette série vieillotte, creuse et sans l'ombre d'un intérêt est pourtant à elle seule suffisante pour accabler le cinéaste du "dernier métro", de "la chambre verte", de "la femme d'à côté", de "la sirène du Mississippi", de "l'enfant sauvage", de "Fahrenheit 451", de "tirez pas sur le pianiste", de "la mariée était en noir", de "Vivement dimanche!", de "l'histoire d'Adèle H" et de "Une belle fille comme moi". Cette liste non exhaustive enterrant les velléités de trouver la moindre circonstance atténuante à un homme qui, à l'époque où il fut critique, fut impitoyable pour ses prédécesseurs avant de réaliser lui-même des pensums bien inférieurs aux leurs.

Si "la nuit américaine", "la peau douce" et "les 400 coups" pourraient lui valoir une vague indulgence ce ne sont certainement pas "l'argent de poche", "l'homme qui aimait les femmes" et "les mistons" qui pourraient en dire autant.

Naturellement les goûts et les couleurs ne se discutent pas mais une carrière se juge sur sa production et celle de "Saint-Truffaut" semble échapper à toute critique! ses navets mal joués et mal filmés restent hors de portée de la critique qui les révère en bloc.

ça a vieilli, le jeu des comédiens et comédiennes est faux (chez Truffaut le dialogue est théâtral et ne sonne pas "vrai"), l'image est souvent la parente pauvre (et tant pis pour Nestor Almendros) et le scénario sacrifié. Pour ne rien dire de l'épaisseur des histoires mises en images.

J'attends toujours le premier coup de masse sur la statue mais il tarde à arriver: dire du mal de la truffe ce serait commettre une indécence et s'exposer à la réprobation générale.

...Et le pire c'est que cette admiration moite et révérencieuse est universelle: j'ai vu hier une grande actrice américaine parler de pépé Truffal avec des trémololos dans la voix!

 

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2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 07:00

Je ne connais pas Anne Depetrini et n'en avais jamais entendu parler auparavant. Elle était une des "invités" de l'émission dite talk-show de France 5 "C' à dire".
Elle venait promotionner son long-métrage, une daube humoristique sur le conflit Paris/Province dans l'enseignement.

J'ai cru comprendre que Mme Depetrini était l'ex d'un comique de Canal+ ce qui, en soi, est nécessaire et suffisant pour obtenir l'avance sur recettes et une équipe technique de cinéma.

Plutôt jeune et jolie Anne Depetrini était à l'aise devant les caméras et n'avait rien à redouter de l'équipe de l'émission pour qui, selon la formule consacrée, tout est bon dans le jambon. Je veux dire que le film était encensé comme s'il s'agissait d'un chef d’œuvre et la réalisatrice complimentée et recouverte de miel. la bande annonce de son film, diffusée 100 fois en 3 jours dans toutes les émissions concurrentes laissait entrevoir la pauvreté d'inspiration et de réalisation de "l'oeuvre".

J'écoutais distraitement lorsque l'interview se transforma en demande pressante de se lever et danser qui fut faite avec insistance par l'animatrice-chef et ses co-animateurs-chroniqueurs-humoristes-faire valoir.

Car, dans ces pensums dans l'air du temps, l'invité doit donner de lui-même pour qu'on couvre de louanges son film, son livre, son disque, son plat de carottes râpées ou sa chemise trois-quarts. Une critique laudative se paie en secondes de ridicule qui feront le buzz. Je dis du bien de ton travail et en échange tu mets en valeur mon émission. Donnant-donnant.

Anne Depetrini dansait drôlement, semble t'il, pendant le tournage de son film. Il était impératif qu'elle danse sur le plateau de l'émission, et que sa prestation soit reprise par les zapping et toutes les émissions de ricanements qui se copient les unes les autres.

Elle refusa et s'y tint: "j'ai des enfants, je ne veux pas qu'ils aient honte de leur mère" (argument qui déchaîna les animateurs à l'exiger). Rien n'y fit elle ne voulu point y déroger et je l'ai admirée pour cela: je crois bien que c'était la première fois que je voyais un invité résister à se ridiculiser en direct pour les beaux yeux d'un animateur de télévision.

La profession doit s'inquiéter: que se passera-t'il si les invités des émissions refusent de servir la soupe?

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