Opéré du genou, pour le seconde fois en moins de deux ans je suis condamné aux béquilles et au fauteuil roulant depuis deux semaines et c'est une situation à laquelle je n'avais guère songé auparavant.
On le sait et on le dit régulièrement, il faut en être passé par là pour comprendre combien le vie quotidienne des personnes "à mobilité réduite" est contraignante.
Si les enfants se jettent sur les béquilles et les envisagent comme un jouet original ils s'en lassent assez vite et vous ne pouvez faire de même.
Marcher avec des "cannes anglaises" est compliqué. Et agaçant. Elles tombent tout le temps. Dès qu'elles ne vous supportent plus elles tombent. L'une, l'autre ou les deux. A la sixième ou septième fois vous ne trouvez plus cela drôle du tout.
Tout le poids du corps est soutenu par les mains, une hanche, deux épaules. Et, accessoirement par l'autre genou. Les mains deviennent douloureuses, le torticolis guette.
Aller chez l'épicier du coin se révèle être une véritable aventure: l'ascenseur, les doubles portes, le "bip" qui ouvre la porte de l'immeuble, le trottoir pas plan, les sorties d'immeubles avec voitures sortant à l'aveuglette... des pièges auxquels un "deux-jambes" ne ferait as attention.
Revenir de l'épicerie (ou de la boulangerie) avec des achats se révèle un casse-tête: sac à dos ou sac à main? comment franchir les obstacles? ai-je bien repris mon portefeuille?
Je n'ai pas encore essayé le tramway qui passe en bas de chez moi et qui va vers le centre ville: la crainte d'être un frein dans la circulation de bipèdes pressés! mais dès la semaine prochaine (ou celle d'après!) je me lance.
Pour le moment j'ai une autonomie de 800m (aller-retour) en solo. C'est ridicule mais j'ai encore en mémoire les 15 jours confinés au lit et à la chambre.
Et j'ai béni la kiné lorsqu'elle m'a appris à aller, avec les béquilles, sur la terrasse. Je n'étais plus un boulet! (enfin... je me comprends).


