Pour moi un film des années 70 est un film plutôt "récent". S'agissant de "Adieu poulet" de Pierre Granier-Deferre (1975) avec Lino Ventura et Patrick Dewaere je dirais qu'il s'agit, sans que ce ne soit péjoratif, d'un film contemporain, populaire et de grande consommation.
Arte le rediffusait ce dimanche 10 Juin et je l'ai regardé après avoir failli le lâcher tant le début m'a paru fastidieux. La reconstitution du meeting du politicien véreux incarné par Victor Lannoux est pauvre en figurants et ceux-ci n'ont jamais été à un meeting pour se conduire ainsi, au coup de sifflet. L'agression du colleur d'affiches par les gros bras extrémistes est pataude et caricaturale. Le méchant, joué par Claude Brosset est peu crédible.
La distribution était brillante. Une majorité des comédiens est aujourd'hui disparue: Ventura et Dewaere, Lannoux, Pierre Tornade, l'excellent Julien Guiomar, Claude Rich, Claude Brosset, Dominique Zardi, Michel Peyrelon, Dominique Zardi et Henri Lambert sont morts. Plus des trois quarts de la distribution. Tous les premiers rôles.
Deux surprises: j'avais trouvé le film plutôt correct et Dewaere plutôt bon. Deux jugements revus à la baisse: scénario faiblard et daté, Dewaere un peu trop désinvolte, même si le personnage qu'il joue est comme ça. Déception: je l'ai estimé "moyen" et très en deçà de ses grands rôles.
L'histoire est faible: un politicien peu regardant sur les méthodes et sur son entourage essaie d'influencer l’enquête en usant de ses contacts avec la police. Manque de bol il tombe sur Ventura, un vieux flic dur à cuire qui a des principes.
Avec son coéquipier il va tout faire pour que l’enquête se poursuive et que l'homme politique apparaisse pour ce qu'il est. Muté en express de Rouen à Montpellier par sa hiérarchie (et par son chef, le génial Julien Guiomar) et aidé par Patrick Dewaere le commissaire parviendra à confondre le politicien ou, à tout le moins, à le démasquer.
Quelques scènes d'anthologie ont permis à ce film d'accéder au succès: la manière peu bouddhiste avec laquelle Lino Ventura déloge des Krishnas, les acrobaties sur un toit et sur une grue de Patrick Dewaere, les 2 ou 3 séances de remontage de bretelles de Guiomar à Ventura, la gifle de ce dernier à son coéquipier et le lit tremblant du bordel dirigé par la belle Françoise Brion.
Le fait que le film soit une tabagie, la laideur des voitures (ah! la Renault 16!), la virilité tranquille de Lino Ventura et un certain "idéalisme" dénotent une époque. Ce "cinéma de papa" n'a plus lieu d'être aujourd'hui: dialogues trop écrits, plans interminables et souvent inutiles tandis que le jeu des comédiens est un peu trop démonstratif.
Personne ne peut plus s'identifier à aucun des personnages!



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