Je suis comme "scotché" par les innombrables émissions consacrées à l'invasion de l'Ukraine par la Fédération de Russie. Je les regarde, tétanisé, en me demandant si je ne suis pas dans un cauchemar dont je vais me réveiller. J'ai tellement lu de livres sur les deux guerres mondiales, mon cerveau a tellement stocké d'images de massacres, de destructions, de feux et de combats que j'en arrive à mélanger le Vietnam, l'Afghanistan, la guerre de Corée, le siège de Nankin, Stalingrad, Berlin, le Kosovo et les mille collines.
Rien ne ressemble plus à une guerre qu'une autre guerre et celle qui nous occupe aujourd'hui semble bien partie pour cumuler les "acquits" des précédentes, avec une surdose d'horreur liée à une impuissance vécue quotidiennement.
Pour notre malheur nous vivons tout en "temps réel" et voyons au lever du jour les bombardements de la nuit, assistons en direct aux conférences de presse du Président Ukrainien, écoutons presque les conversations téléphoniques entre Poutine et Macron.... Il fallait huit à dix jours en 39-45 pour avoir des nouvelles du front, il faut une heure désormais. Les photos sont instantanées et les réactions des belligérants immédiates.
Je constate que, après un départ qui relevait du "grand n'importe quoi" les plateaux se sont peuplés de vrais spécialistes qui passent leurs propos au tamis de la réflexion. Les comparaisons avec "la crise des Sudètes" en 38, les prétentions territoriales d'Hitler... il y a une mise en perspective, une recherche de cohérence qui (me) rassure. Oui, la menace atomique a été faite mais elle n'est pas aussi critique qu'on l'a pensé de prime abord. Rappelons nous qu'à l'époque de la Guerre Froide on parlait d'équilibre de la terreur. On en est visiblement toujours là.
On parle de jugement international de Poutine façon Nuremberg (j'ai reçu une pétition à ce sujet). On évoque la tragique fragilité des démocraties et l'imbrication des économies, on démontre l'interdépendance des nations et des continents et nous nous apercevons que notre monde, notre civilisation a créée ses propres faiblesses, ses propres virus destructeurs.
Nous avons été "légers" en ne tirant pas les leçons de ce qui se passait sous nos yeux. Poutine, la Corée du Nord, la Chine, la Syrie.... on minimisait des dangers pourtant évidents et on croyait amadouer des ennemis implacables.
Le virus Covid, en nous affaiblissant, ne nous avait pas préparé à un réveil aussi tonitruant.
Comme toujours on espère 1°) qu'on terrassera cette crise 2°) qu'on en tirera toutes les conséquences.
Et on croise les doigts ou on récite des prières!

/image%2F1564652%2F20220313%2Fob_736f5e_2cv.jpg)