Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
7 avril 2022 4 07 /04 /avril /2022 07:00
Céline au théâtre.

Délaissant le cinéma qui ne m'intéresse plus beaucoup je suis redevenu un spectateur de théâtre et y trouve mon compte.

Jeudi 31 mars, par une soirée froide et pluvieuse (il fallait avoir envie de ressortir) nous sommes allés à l'Espace Bonnefoy regarder un spectacle minimaliste autour de "Mort à Crédit" de Céline.

Minimaliste? un acteur (excellent), une table, une chaise, le noir tout autour et des jeux d'éclairage (réussis). C'est tout et cela nous a "pris" pendant une heure et demie. Pas une toux, pas un téléphone qui s'éclaire subrepticement, un silence ponctué de quelques rires ironiques, là aussi le minimum syndical.

On sentait les spectateurs, jeunes dans l'ensemble, sans doute étudiants, étonnés de la verdeur du texte et du jeu de l'acteur à certains moments. Les filles riaient de l'audace. Car "Mort à Crédit" est avant tout un formidable texte écrit qui révèle la richesse, l'humour, la méchanceté (la cruauté même), le fatalisme, le sens de l'observation et une sorte de nihilisme noir qui habitait l'écriture de L.F Céline, que l'on cantonne trop à l'immonde pamphlétaire antisémite qu'il fût.

Le prétexte, une escroquerie minable chez des petits commerçants mesquins et minables, sert à la perfection des envolées colériques, des exagérations et des indignations théâtrales. Le comédien, Ismaël Ruggiero est un trentenaire "cool" qui sait son texte sur le bout des doigts et s'amuse à le restituer en soulignant par de rares effets les aspects choquants ou amusants. La scène de sexe, dans laquelle il simule les deux partenaires est immonde et cependant drôlatique.

A mes yeux le spectacle valait le déplacement à plus d'un titre, le moins important d'entre eux n'étant pas l'envie qu'il donnait de relire Céline, un écrivain authentiquement révolutionnaire.

 

Partager cet article
Repost0
6 avril 2022 3 06 /04 /avril /2022 07:00

Dans la bibliothèque de la Maison d'accueil de l'hôpital, constituée par les apports des uns et des autres on trouve de tout et  surtout des livres déjà anciens. Des auteurs quasiment oubliés aujourd'hui tels Jean Giono, François Mauriac, Saint-Exupéry et André Maurois. La destination du lieu qui abrite cette vaste bibliothèque fait que Émile Zola et Balzac occupent un rayonnage complet. D'autres étagères accueillent les best-sellers qu'on apporte aux malades qu'on visite lorsqu'on ne les connaît pas bien ou que l'on achète au jugé: Amélie Nothomb et Delphine de Vigan se taillent la part du lion. Une armoire contenant des vieilleries reliées laissent André Castelot, Jean d'Ormesson, Pierre Daninos s'endormir tandis que d'affreuses éditions vendues par souscription sont signées d'humoristes comme Guy Bedos, Raymond Devos ou Nicole de Buron s'empoussiérent discrètement.

Les Best-Sellers se comptent en double voire en triple exemplaires. Champions toutes catégories les mémoires de stars du music-hall ou du cinéma. Personne ne veille sur les rayonnages qui ont leur vie propre: on emprunte ce qu'on veut, on rapporte si on veut, on dépose si on peut.

Certains bouquins -sans doute jugés sulfureux- sont comme cachés derrière d'autres sur les étagères les plus hautes. C'est ainsi que j'ai découvert "A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie" de Hervé Guibert et sa suite "le protocole compassionnel", dans la collection d'origine NRF Gallimard, la belle édition brochée jaune pâle à la tranche vieillie.

Je me souviens du bruit qu'avait fait la sortie de ce livre qui réussit à la fois à choquer et émoustiller le monde des lettres qui n'aime rien tant qu'un scandale de temps à autres pour dynamiser son marché. Hervé Guibert était jeune et beau et avait des origines acceptables pour le microcosme littéraire Germanopratin. Il abordait le sujet neuf à l'époque du virus HIV, du SIDA, des mœurs homosexuelles débridées, de la progression de la maladie sur des individus précis (lui et le philosophe Michel Foucault), sur la contagion du virus et l'impuissance du monde médical à le contenir. Vaste sujet!

Ajoutant à cela des critiques virulentes sur une actrice jamais nommée mais reconnaissable qu'il fréquentait et qu'il dépeint comme une cinglée, des situations scabreuses (un de ses amants est marié et l'auteur est plus ou moins protecteur de sa famille, femme et enfants) et surtout il ose toucher une idole, à savoir ce Foucault dont la vie privée et l’œuvre étaient alors sacrées. 

Le livre est émaillé de scènes de sexe crues et "explicites". La dégradation de la santé et du corps des malades est sans fard. Les angoisses liées à la mort... rien n'est épargné au lecteur. Quelques provocations gratuites (l'épisode du prêtre italien) et une mise à nu sans concession entretinrent le scandale plus d'une saison littéraire.

Plus de 20 ans après sa sortie en fanfare le livre reste un brulot, ce qu'a bien compris la personne qui l'a caché en seconde ligne sur l'étagère la moins accessible.

Est-il bon, est-il intéressant? c'est à chacun de juger.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
5 avril 2022 2 05 /04 /avril /2022 07:00
Influençable, influencé.

Passant avenue Étienne Billières ce lundi matin j'ai vu, dans la vitrine du marchands de journaux à l'ancienne quelques livres (ceux qui se vendent en supermarchés en piles compactes) et, moins bien exposé, un ouvrage signé Onfray (exit le prénom) et intitulé "Foutriquet" illustré par une photo d'Emmanuel Macron assis sur une sorte de trône en bois doré et coussin rouge vif. Le visage figé entre niais et hautain. 

Pour moi Foutriquet est le diminutif peu glorieux dont avaient affublés Thiers ses innombrables opposants. Monsieur Thiers était détesté par une grande partie des Français et admiré par les "partisans de l'ordre", c'est à dire ceux dont il garantissait les affaires. Après la chute du Second Empire il resta 3 ans à la Présidence de la République (la IIIéme) avant d'être rejeté et recraché comme un noyau de cerise. Les laquais trop zélés sont souvent remerciés sans ménagement de leur bassesse.

Michel Onfray dont j'appréciais certains pamphlets et dont je n'arrive pas à me détacher complètement écrit bien et, malgré ses exagérations et l'influence de ses humeurs, dit des choses souvent intéressantes. J'ai feuilleté le brûlot et ai été une fois encore troublé par le ton extrêmement agressif et virulent et la justesse de certains (pas tous!) arguments. N'eût été le prix -un peu élevé- du bouquin je l'eusse achété et lu séance tenante à la terrasse du café du Marché St Cyprien (oui, celui où vous attendez votre café une bonne demie heure et la monnaie une autre demie heure!). J'ai hésité, calculé que c'était un "livre de circonstance" et que, dans deux semaines on le trouverait sans doute en solde ou d'occasion chez Joseph Gibert ou sur Rakuten.

J'ai donc acheté "Liberation", seul quotidien (à mes yeux) lisible en ce moment. Une fois encore j'ai admiré l'éditorial de Daniel Schneidermann ("Nathalie Arthaud contre "nos" magasins") et constaté àquel point ce journaliste est vrai, juste et à contre-courant. J'aimerais écrire avec sa maturité, ses connaissances, son sens de l'observation et sa colère.

Voilà, c'est cela. J'admire l'exagération sincère d'Onfray  (car enfin, Macron n'est pas Poutine!!!!) et l'esprit de synthèse de Schneidermann. J'ai du taf!

 

Partager cet article
Repost0
3 avril 2022 7 03 /04 /avril /2022 10:53

Je crois que j'aurais moins la trouille de me trouver devant un alligator des Everglades, un grand requin blanc, une meute de loups gris affamés ou des lionnes en train de chasser, voire un Tchétchène pro-Russe armé et bourré que devant un rat noir.

Avec le cafard le rat noir est ma hantise. Mes cauchemars les pires ne sont pas peuplés de morts-vivants ou de goules sanguinaires. Juste des rats, avec des moustaches, un corps en obus et une longue queue.

Comme le Winston d'Orwell je le crains tellement qu'on pourrait me faire confesser mes crimes et ceux des autres rien qu'en me menaçant avec le museau d'un Rattus rattus.

Dans sa période "gothique" ma fille avait un rat bicolore drôlement appelé "Miracle". D'ordinaire je n'allais guère dans sa chambre; la présence de Miracle, dans ou hors de sa cage m'en dissuadait totalement. Pourtant, lorsqu'elle s'absentait (week-end, vacances...) j'étais de corvée nourrissage et promenade du rat. Je me demande encore comment je faisais! Mais le fait est que non seulement j'ai approché l'animal mais qu'en plus IL m'a apprivoisé. Oui, c'est lui qui m'a apprivoisé. Je le dis vite mais effectivement le Rat Miracle avait une personnalité attachante et offrait de véritables échanges avec moi. Je dirais même qu'il avait senti ou compris mon aversion instinctive pour sa nature et qu'il ne forçait pas le rapprochement.

Il manifestait une sorte de plaisir quand on venait l'observer et que l'on s'intéressait à lui. Il faisait même, parfois, le clown pour faire durer ces moments.

Bon. Bref. C'était la fameuse "exception qui confirme la règle" et l'épisode Miracle s'éloignant mon dégoût et ma crainte sont revenus en force.

Nous avons un compost bien tenu dans le jardin de l'immeuble. Il est régulièrement squatté par des rats gros comme des chats (!) et qui fond leur nid dans nos détritus végétaux. On le sait l'animal a oublié d'être stupide et il se joue de nos tentatives de raticide. Il ne touche pas nos poisons et détale en nous entendant à 50m.

Hier un de ces nids, remplis de minuscules rats a été éliminé mais tout porte à croire que malgré nos attaques fulgurantes et notre politique de la terre brûlée ils reviennent encore et encore, trouvant gîte et couvert à leur goût. La mairie elle-même, qui supervise les composts, est sèche quant à la façon de s'en débarrasser.

Tout cela viendrait-il de cette visite horrifique faite aux Halles de Baltard à Paris peu de temps avant leur démolition. Une vision de l'enfer que je n'ai jamais oubliée: un wagonnet en métal répugnant, rempli de têtes de chevaux morts et sur lesquelles s'activaient d'énormes gaspards*.

 

* gaspard: rat en argot. Beaucoup utilisé en 1914-1918 dans les tranchées où il était endémique et redouté.

 

Partager cet article
Repost0
1 avril 2022 5 01 /04 /avril /2022 07:00

Ce qui est insupportable et dramatique en même temps est que nous sommes soumis à un flot continu d'informations, que toutes sont pesées au même trébuchet et, ce qui est le plus inquiétant, qu'une information chasse l'autre au point qu'on finit par ne plus les hiérarchiser.

Récemment la sortie d'un livre concernant le scandale des EHPAD a défrayé la chronique pour disparaître rapidement, beaucoup trop rapidement, chassée par le refus de se faire vacciner du tennisman N°1 mondial suivi de... la guerre imposée à l'Ukraine par la Russie. Je ne suis plus certain de l'ordre dans lequel ces évènements se sont imposés à nous parce qu'ils ont une vie décidée par des gens qui ont une logique opportune qui nous échappe.

En bout de course nous ne fixons pas notre attention en quantité suffisante parce que l'information est trop nombreuse et trop diverse. Nous ne retenons qu'une partie de ces sujets d'actualité et finissons même par ne nous intéresser vraiment à aucun.

Bien entendu la guerre en cours est un "morceau" plus important que tous les autres, COVID compris mais déjà on sent les médias prêts à changer de monture. 3 semaines de destructions ont eu la peau du sujet. Ou presque.

Que des armes nucléaires soient utilisées, que la guerre s'étende et le sujet retrouvera -oserai-je l'écrire- une certaine fraîcheur. Là on sent que la presse hexagonale essaie de faire diversion. Marine Le Pen trouve soudain des critiques plus positives, on s'esbaudit sur son "changement" et on est prêts à lui trouver des qualités qu'on mesure au Président sortant qu'on a trop vu. C'est exagéré? c'est pourtant l'impression que ça donne.

Il est loin le temps où l'on dénonçait les scandales de pédophilie dans l’Église. On ne parle plus de cela nulle part. On ne parle pas (non plus) des abus de religieuses qu'on avait découverts concomitamment. Ce qui scandalisait en 2019, 2020 ou même 2021 ne fait pas lever un sourcil cette année. 

Les boîtes de gestion des maisons de retraite doivent ne pas en revenir: le scandale s'est arrêté d'un coup. Complètement. Ils vont pouvoir maltraiter et affamer les vieux: il faudra des années avant qu'on se penche à nouveau sur ce sujet.

Je finis par me demander si cette abondance d'informations planétaires n'a pas pour fonction de nous empêcher de réfléchir en nivelant tout. Si elle n'a pas mission de nous dégoûter et, en définitive, de nous amener à confier à d'autres le soin d'en tirer les conséquences.  Je n'ai évidemment pas de solution et suis incapable de raisonner à ce sujet: on ne reviendra pas aux méthodes du passé et l'immédiateté de la connaissance des évènements n'est pas négociable.

 

 

Partager cet article
Repost0
31 mars 2022 4 31 /03 /mars /2022 07:00

J'ai rêvé que mon quartier, refuge de "néo-nazis" était bombardé par les Russes qui souhaitaient le "libérer".
Un champs de ruines subsistait à sa place. 

Nous habitons un quartier un peu à l'écart du centre de Toulouse. Pas un coin perdu puisqu'il est desservi par le tramway, le métro et les bus. Toulouse est une ville de quartiers et ceux-ci ont chacun leurs charmes. Souvent regroupés autour d'un jardin ou d'un bâtiment qui leur donne leur identité. Une église ou cathédrale souvent mais aussi un théâtre, une place, un jardin public, un musée...

Notre quartier, qui s'étend du Fer à cheval à la Croix de Pierre manque de ce pôle qui l'identifierait.  Il y a bien la digue et la Garonne (entre deux ponts, Le Pont St Michel et le Pont du Stadium) mais les deux s'étirent sur plus d'un kilomètre et ne facilitent pas la vie locale.

La "prairie des filtres", zone urbaine boisée et accueillante, avec ses pelouses immenses et les jeux d'enfants ne remplit pas non plus ce rôle. Pas plus, en tous cas, que l'écluse et les débuts de l'île du Ramier. Cependant les travaux titanesques qui ont lieu sur cet endroit autrefois si laid risquent de lui apporter une notoriété nouvelle et d'attirer des promeneurs. Notre futur "Central Parc" (sic) débarrassé des affreux hangars en ferraille du parc des expositions va se transformer en jardins et promenades. Les abords de la piscine Nakache se sont réincarnés en pelouses fraîches. Le but de la mairie est de faire un "poumon vert" de l'île, d'y attirer un public nombreux pour libérer le Grand Rond, le Jardin Royal, Les Allées François Verdier. Des passerelles piétonnières suspendues sont programmées (dont une, spectaculaire, au bas de notre porte). 

Si les Allées Charles de Fitte restent inhospitalières (trop de circulation) l'Avenue de Muret s'est améliorée. En passant de 4 files à 2, en accueillant l'emprise du tramway et en se transformant doucement en rue commerçante elle est beaucoup moins rébarbative qu'elle a pu l'être. C'est, allez savoir pourquoi?, une avenue privilégiée par les tatoueurs, les pharmacies et les préparateurs de pizzas.

C'est aussi une voie qui change de physionomie: les grues sont toujours en action et les petites maisons avec jardinet sont progressivement remplacées par des immeubles modernes de 4 à 5 étages. Une population nouvelle s'installe qui donne vie à ce quartier autrefois sans charme.

C'est parce que nous nous sommes surpris à demander des nouvelles d'un vieux du coin à la patronne de l'épicerie toujours ouverte que j'ai réalisé que je vivais dans un quartier en perpétuelle transformation et qui devient, au fil du temps, plaisant et vivant que j'en parle ici.

Partager cet article
Repost0
30 mars 2022 3 30 /03 /mars /2022 07:00

Cette campagne présidentielle m'intéresse décidément beaucoup moins que les précédentes. A quoi cela tient il? sans doute au fait qu'inconsciemment une élection est une occupation de temps calme et que la pandémie plus la guerre Russe en Ukraine ne sont pas précisément les preuves que nous vivons une telle période. 

Autre facteur propre à rendre cette élection ennuyeuse: les candidats. Je devrais ajouter "et leurs programmes". Un sentiment fort de déjà vu et de déjà entendu m'étreint depuis la rentrée de septembre. On propose à des électeurs frustrés et incrédules des recettes mille fois esquissées et dont l'inefficacité a été démontrée plus d'une fois. Chacun, de sa position, envoie les mêmes signaux à un électorat ciblé qui finit pourtant par voir les grosses ficelles de la rhétorique de chacun. Si l'arc politique est complet les programmes sont maintenant connus et éprouvés. Il y a redite d'autant que certains candidats effectuent leur troisième tour de piste. 

La domination, une fois encore, de l'analyse sondagière sur la réflexion ou l'analyse politique est flagrante, inadmissible, contraignante et démobilisatrice. On ergote sur 1% ici, sur la "marge d'erreur" là comme si ce petit jeu ne nous était pas servi tel quel depuis 30 ans et à chaque consultation électorale. Les Présidents d'officines sondagières défilent au pas de charge sur les ondes et les plateaux de télévision et ratiocinent sur ce que veulent ou voudraient les Français. C'est assommant. 

Autre domination, celle du prochain scrutin par l'extrême droite, curieusement sous-estimée et comme banalisée, est commentée comme si elle n'était pas vertigineuse en elle-même. Que plus de 30% de nos compatriotes puissent aller dans le sens d'une intolérance marquée devrait faire l'objet d'études auxquelles personne semble songer. 

Les "petits candidats", je ne conteste pas leur présence mais m'interroge sur la pertinence de laisser concourir des personnes qui n'ont aucune chance de se qualifier pour le second tour en défendant des programmes idéologiques éprouvés, prendre du temps d'écoute et de réflexion en pure perte.  Autre cause de cet ennui palpable: la qualité très médiocre de certain(e)s des candidat-e-s telle Anne Hidalgo ou Valérie Pécresse (et ne me taxez pas de machisme, leur candidature n'est en rien affectée par leur sexe mais par leur personnalité et leur campagne électorale) d'une part et Dupont-Aignan et Eric Zemmour de l'autre. 

Entendre V.Pécresse refaire du Xavier Bertrand en pilonnant absolument tout du quinquennat de Macron est démobilisateur. 

Pour une fois je ne m'attarderais pas sur les médias et la médiocrité de leur couverture de cette campagne présidentielle. Ils font, je le crains, ce qu'ils peuvent avec des contraintes considérables. 

La démobilisation de l'écoute n'est pas étrangère à cette démobilisation personnelle: l'Ukraine est dans tous les esprits et les rumeurs de guerre chimique ou de tirs nucléaires rendent dérisoires les postures d'Anne Hidalgo, de Dupont-Aignan, de M. Le Pen ou des autres. 

Les outrances de vocabulaire du candidat écologiste (n'a t'il pas parlé de "complicité de crimes de guerre" en parlant de Total?) contribuent, avec celles du candidat des Insoumis à aller voir ailleurs. 

Enfin... je le reconnais aisément, certains points du programme du président sortant sont loin de me satisfaire. C'est sans enthousiasme que je le reconduirais les 10 et 24 avril prochains. 

On appelle ce vote pour le Président en poste au moment de dangers menaçant le pays "le vote-drapeau". L'expression est jolie et ce qu'elle désigne se conçoit. 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
29 mars 2022 2 29 /03 /mars /2022 07:00

"Elle a mal au ventre?" me demande Françoise alors qu'elle rentre à la maison où, seul, j'écoute Teresa  Berganza (mezzo-soprano des années 80) dans des extraits d'opéra et, en l'occurrence, dans "Divinités du Styx" de Gluck ("Alceste"). Pour beaucoup, en effet, le chant, l'Opéra, les chœurs et les Oratorios sont non seulement inécoutables mais dépassés sinon marqués.

D'innombrables clichés circulent sans être contredits sur cette musique qui s'adresserait à des nantis snobs comme le couple Jean-Pierre Cassel et Jacqueline Bisset dans le film "La cérémonie" de Claude Chabrol (1995). Ce genre musical serait aussi l'apanage d'homosexuels torturés comme Tom Hanks dans "Philadelphia" de Jonathan Demme (1993). Tout cela est bien caricatural mais a la vie dure.

Hormis "Casta Diva" (Norma de Bellini) par Maria Callas, "l'air de la Reine de la Nuit" (La flûte enchantée de Mozart) le Catalogue (Don Giovanni du même Mozart) et, toujours du même Mozart "Cinque...dieci...venti..." des Noces de Figaro et, comment les oublier,  les airs de "La Traviata" de Verdi et ceux de Carmen" de Bizet le grand public connaît mal ou ignore cet art magnifique et riche et, comme tout ce qu'il ne comprend pas, il le tourne en dérision.

De la Castafiore des "Aventures de Tintin" (Hergé), archétype de la cantatrice grasse et égocentrique à la caricature comique mais énaurme de la cantatrice fictive Maria Ulrika von Glott (l'Ultima Recital") par Marianne James on est (presque) toujours dans l'outrance et le ridicule.

Les salles de concert sont pourtant pleines et le répertoire, certes peu renouvelé, attire cependant toujours, qu'il pleuve ou qu'il vente, des flopées d'amateurs d'art lyrique qui se fichent des moqueries de gens qui n'y comprennent rien.

Assister à la représentation d'un opéra est un plaisir complet qu'il est regrettable d'ignorer. Est-il nécessaire de rappeler qu'y sont associés ceux du théâtre, de la scène, du spectacle vivant, du jeu des comédiens, des arts du décor, de la mise en scène et des costumes....

Alors oui! Kiri te Kanawa a peut-être une douleur abdominale quand elle chante "Welche Wonne, Welche Lust" de l'enlèvement au Sérail. Personnellement j'aime souffrir avec elle!

 

Partager cet article
Repost0
28 mars 2022 1 28 /03 /mars /2022 07:00
Maximilien et Jean-Paul, le retour. Maximilien et Jean-Paul, le retour.
Maximilien et Jean-Paul, le retour.

Se réfugier dans l'Histoire par le biais des documentaires spécifiques de la chaîne de télévision Histoire m'apparaît judicieux en ce moment.

J'entends tellement tout et son contraire au sujet de V.Poutine, de la guerre en Ukraine, de la situation mondiale et des risques d'extension du conflit que je "flippe" complètement. Je vois déjà les blindés Russes aux portes de Fontainebleau!

Me plonger dans la Révolution Française distrait mes inquiétudes et m'instruit. Car, même dans ce domaine qui pourrait passer pour "figé" les avancées sont innombrables. La science, les technologies et la génétique (entre autres) ont permis, presque silencieusement, de faire un bond en avant impressionnant dans les connaissances.

Je parle là d'un doc consacré à Marat et à Robespierre, "L'Histoire au scalpel". On se proposait d'en savoir plus sur ces deux personnages-clés de la révolution. On commença par essayer de trouver des traces de leurs dépouilles: pour "l'incorruptible" c'était absolument impossible: il est certainement parmi les ossements divers des Catacombes de Paris. Noyé au milieu des ossements de millions et de millions de Français de toutes origines et d'époques mêlées. Pour "l'ami du peuple", Jean-Paul Marat,  ses restes auraient plusieurs fois changé de place et nul ne sait avec exactitude où ils se trouvent.

Le guide, Historien et ses interlocuteurs scientifiques, archivistes, responsables de bibliothèques ou d'archives nationales, légistes etc. étudièrent ensuite les masques mortuaires et nous intéressèrent à cette coutume étrange de prendre un moulage précis du visage d'un défunt peu de temps après son trépas. Les archives nationales possèdent un masque mortuaire de Robespierre (qui fut décapité alors que sa mâchoire était fracassée par une balle d'arme à feu tirée lors de son arrestation) considéré comme "probable". C'est curieux parce que la Convention devait avoir envie que le corps disparaisse vite et que ce masque, si c'est bien le sien, a été réalisé sur une tête séparée du corps.. Le visage aux traits brutaux ne ressemblait guère aux portraits du tueur-en-série de la terreur. Robespierre sans son nez en trompette, de qui se moque t'on?

L'émission fila ensuite au Musée de Mme Tussaud à Londres (sorte de musée Grévin) qui posséderait le masque mortuaire de Marat. Il semble que celui-ci fut authentifié plus facilement et que le moulage donnait de sérieuses raisons de penser que le révolutionnaire assassiné par Charlotte Corday et le visage éteint de Londres ne faisaient qu'un.

A partir de ce masque on reconstitua, via des ordinateurs ultra-précis, une IRM et des comparaisons de portraits un visage qui ressemblait à une photographie en 3D. Un visage "vivant" et contemporain. Stupéfiant de vie.
Parallèlement, en étudiant les dépôts prélevés sur la baignoire dans laquelle fut assassiné Marat* on put faire un diagnostic médical précis des maux dermatologiques dont il souffrait. Le médecin légiste put préciser que la concentration de soufre et d'autres produits indiquait qu'il était sans doute proche de la mort au moment où Charlotte Corday le tua.

Nous eûmes ensuite une études pointue sur un bureau du mobilier national, ayant appartenu à Louis XV et au Comité de Salut Public (le faisceau du licteur avait remplacé les fleurs de lys sur la décoration). Ce bureau était réputé être celui sur lequel on avait déposé Robespierre entre son arrestation mouvementée et son départ pour l'échafaud. L'analyse très pointue des matières organiques prélevées sur le bureau infirmèrent catégoriquement cette légende. Aucune trace de sang ne figurait sur le meuble.

Le documentaire s'achevait sur cette fin ouverte et sur une envie d'en savoir plus sur les masques mortuaires, les catacombes, les pérégrinations des corps des suppliciés et les recherches scientifiques contemporaines autour des faits historiques. Rien que ça!

 

* considérée comme authentique et propriété du Musée Grévin.

Partager cet article
Repost0
25 mars 2022 5 25 /03 /mars /2022 07:00

Je suis comme "scotché" par les innombrables émissions consacrées à l'invasion de l'Ukraine par la Fédération de Russie. Je les regarde, tétanisé, en me demandant si je ne suis pas dans un cauchemar dont je vais me réveiller. J'ai tellement lu de livres sur les deux guerres mondiales, mon cerveau a tellement stocké d'images de massacres, de destructions, de feux et de combats que j'en arrive à mélanger le Vietnam, l'Afghanistan, la guerre de Corée, le siège de Nankin, Stalingrad, Berlin, le Kosovo et les mille collines.

Rien ne ressemble plus à une guerre qu'une autre guerre et celle qui nous occupe aujourd'hui semble bien partie pour cumuler les "acquits" des précédentes, avec une surdose d'horreur liée à une impuissance vécue quotidiennement.

Pour notre malheur nous vivons tout en "temps réel" et voyons au lever du jour les bombardements de la nuit, assistons en direct aux conférences de presse du Président Ukrainien, écoutons presque les conversations téléphoniques entre Poutine et Macron.... Il fallait huit à dix jours en 39-45 pour avoir des nouvelles du front, il faut une heure désormais. Les photos sont instantanées et les réactions des belligérants immédiates.

Je constate que, après un départ qui relevait du "grand n'importe quoi" les plateaux se sont peuplés de vrais spécialistes qui passent leurs propos au tamis de la réflexion. Les comparaisons avec "la crise des Sudètes" en 38, les prétentions territoriales d'Hitler... il y a une mise en perspective, une recherche de cohérence qui (me) rassure. Oui, la menace atomique a été faite mais elle n'est pas aussi critique qu'on l'a pensé de prime abord. Rappelons nous qu'à l'époque de la Guerre Froide on parlait d'équilibre de la terreur. On en est visiblement toujours là.

On parle de jugement international de Poutine façon Nuremberg (j'ai reçu une pétition à ce sujet). On évoque la tragique fragilité des démocraties et l'imbrication des économies, on démontre l'interdépendance des nations et des continents et nous nous apercevons que notre monde, notre civilisation a créée ses propres faiblesses, ses propres virus destructeurs.

Nous avons été "légers" en ne tirant pas les leçons de ce qui se passait sous nos yeux. Poutine, la Corée du Nord, la Chine, la Syrie.... on minimisait des dangers pourtant évidents et on croyait amadouer des ennemis implacables.

Le virus Covid, en nous affaiblissant, ne nous avait pas préparé à un réveil aussi tonitruant.

Comme toujours on espère 1°) qu'on terrassera cette crise 2°) qu'on en tirera toutes les conséquences.

Et on croise les doigts ou on récite des prières!
 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Les bonnes feuilles du Poirier
  • : Le blog d'un Toulousain très critique sur l'actualité, et vachement calé en histoire en plus.
  • Contact

Stats

Visiteurs Uniques depuis le 22 Mars 2013
(18274 Visiteurs Uniques depuis sa création)

 

Il y a    personne(s) sur ce blog

 

Blog créé le 8 Décembre 2009

Pages