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11 mars 2022 5 11 /03 /mars /2022 07:00

Incroyable! stupéfiant... le télescopage entre la réalité quotidienne et les évènements possibles (sinon probables) à venir. On parle à deux niveaux, on pense double. Les vacances de cet été et la menace de guerre nucléaire brandie par V.Poutine. La COVID 19, les tests, les cas-contacts et les symptômes et la destruction programmée, selon toute vraisemblance, d'Odessa et de Kiev. 

Tout cela est vertigineux et on se surprend à être magnanime avec les candidats à la Présidence de la République Française d'avril malgré leur petitesse qui confine à la mesquinerie.  Écouter et voir Dupont-Aignan ou Zemmour, entendre le néo-pacifisme bêlant de Mélenchon rassure: allons! Poutine n'est pas fou: il ne détruira pas la planète et n'empêchera pas la nièce Le Pen de trahir sa tante ni Amélie Nothomb d'écrire son roman de septembre 2022. Nos préoccupations restent essentiellement hexagonales.

Notre "civilisation" et "nos valeurs", bref "notre mode de vie" aussi égoïstes et matérialistes soient-ils reprennent des couleurs maintenant qu'ils sont réellement menacés. Une élection où peuvent se présenter des zozos et des escrocs souligne notre chance de pouvoir dire et faire ce que bon nous semble sans risquer une visite matinale de la police. Même l'abrutissement du "Pain et des Jeux", la civilisation des loisirs, les parcs d'attraction, le cinéma-pop corn, le bourrage de crâne publicitaire et les folies parfois meurtrières du capitalisme, financier ou pas, sembleraient presque paradisiaques devant les colonnes de chars, les bombardements aveugles, les manifestations réprimées dans le sang et la violence d'une agression d'un pays par un autre dans un rapport de forces supérieur à 1 sur 10.

Parmi les retombées positives de ce qui se passe à l'Est la redécouverte des journaux écrits: Libération et Le Monde sont devenus indispensables pour suivre l'évolution et les implications de cette guerre prévisible sinon prévue. Moins bavards et plus concis que les médias parlés ils remettent les faits en perspective et les replacent dans leur contexte. Le manichéisme de la "bien-pensance" est tenu en lisière. Et ce n'est pas inutile.

Car les robinets à images sont peu regardants sur les personnes à qui ils donnent la parole et ils ont une fâcheuse tendance à privilégier le lacrymal et le sensationnel. Ils n'hésitent pas non plus à tendre le micro à un témoin du huitième ou neuvième rang. Si celui-ci est une jolie femme défaite et en larmes elle "ressert" plusieurs fois.

Pour une fois regardons le verre à moitié plein et constatons que l'Ukraine nous intéresse, nous émeut, nous prend aux tripes. Observons avec délice que ces immigrants là touchent tout le monde ou presque. Que des initiatives innombrables pour secourir et aider un peuple insulté ("néo-nazis"), nié puis agressé sont prises partout. Notre égoïsme légendaire (celui de l'Europe) ne nous condamne pas, semble t'il, à de nouvelles reculades munichoises. L'esprit de Daladier et de Chamberlain a déserté les plateaux de télévision.

La plus grosse crainte (et l'espoir des autorités Russes) était une réaction à la Cheysson du nom du Ministre des Relations Extérieures (ex-affaires étrangères) de François Mitterrand qui, devant l'état de guerre décrété par le Général Jaruzelski contre son propre peuple Polonais avait dit "naturellement... nous ne ferons rien".

Enfin, pour en terminer avec les analogies de l'Histoire espérons que nous ne vivons pas un remake de "la drôle de guerre" qui s'est terminée par la plus magistrale déculottée que la France ait jamais connue.

On cite toujours cette maxime qui veut que lorsque l'Histoire se répète la première fois c'est en tragédie la seconde c'est en farce.. j'aimerais que ce soit vrai.

 

 

 

 

 

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10 mars 2022 4 10 /03 /mars /2022 07:01

Rien ne m'agace plus que la manière qu'ont certains de glisser sur les turpitudes des "puissants" justement parce qu'ils sont ou furent puissants. La peu ragoûtante Gabrielle Chanel, dite "Coco" est une de ces "intouchables" qui eut pourtant mérité le poteau et le peloton à la libération. 
On ne tondait pas si haut et la modeuse fût absoute de ses fautes. Celles-ci furent niées, minimisées, euphémisées puis tues. Un parfum et des guenilles hors de prix valaient absolution pour collaboration, dénonciation, spoliation etc. 

De manière posthume mais suffisamment pour que qui voulait savoir puisse être informé la fortune douteuse de l'ancien premier ministre Raymond Barre, d'origine(s) suspecte(s) a été évoquée ici ou là et en particulier dans "le Canard enchaîné". Flop total. L'ex "meilleur économiste de France" s'est organisé pour obtenir en une génération ce que d'autres mettent 3 ou 4 pour la constituer. Bravo! Sa réputation n'a pas été entachée et il reste une référence respectée. Il aurait quand même détourné 7 millions d'Euros...*

Une broutille à côté de ce que Bernard Tapie a coûté à chaque Français en particulier et au pays en général. Les écrans de fumée successifs ou simultanés, les copinages douteux, les amitiés du Prince, les menaces et les rodomontades diverses en ont fait un autre Cartouche, Mandrin un presque Robin des Bois. Il est mort sacralisé dans les vapeurs d'encens et les larmes d'un peuple qui ne déteste pas être cocufié et qu'on le lui fasse savoir en ricanant. 

Comme Coluche que "les Restaurants du cœur" ont rendus plus pur que le Dalaï Lama, Jésus, Gandhi et tous les Saints réunis. Il est vrai qu'il était l'ami d'autres purs esprits tels Jacques Attali et Jacques Séguéla. Nous étions sur l'Olympe. 

Autre icône admirable Elisabeth Badinter, l'une des femmes les plus riches du pays, fille de Marcel Bleustein-Blanchet (héritière) et philosophe féministe dont les paroles sont bues comme un nectar divin par des médias subjuguées. Oracle froid et distant Elisabeth B. repose sur son tas d'or et consent à vendre des milliers d'ouvrages répétant toujours les mêmes salades psychanalyticons. Entre deux réceptions d'interviewers pantelants d'admiration; Glaçon Badinter boursicote et multiplie sa fortune déjà colossale. 

Combien sont-ils ces imposteurs ayant pignon sur médias et pouvant dire et faire n''importe quoi en toute impunité?

Nous les regardons pérorer, nous les écoutons se montrer face caméra en nous demandant quelles fées leur ont permis de tromper tout le monde sans jamais être démasqués. On enrage bien n peu qu'ils soient aussi intouchables.

Finalement ce qui console est qu'ils sombrent dans un oubli aussi profond lorsqu'ils trépassent que les lumières qui les éclairaient du temps qu'ils étaient vivants.

 

* il suffit de s'informer. Tout est à disposition.

 

 

 

 

 

 

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9 mars 2022 3 09 /03 /mars /2022 07:00

Je l'ai toujours pensé. Le cinéma peut n'être qu'un divertissement, il peut être une manifestation commerciale, un passe-temps inoffensif ou l'affaire d'une vie.                                                                     Certains films de cinéma sont des œuvres d'art au même titre qu'une céramique, qu'une peinture, qu'une musique ou qu'un livre. La réussite artistique d'un film tient à tant de paramètres qu'il n'est pas surprenant qu'un seul venant à manquer et le film n'est qu'un film de plus.

Pourtant je reste persuadé qu'à part quelques démiurges souvent méconnus peu de réalisateurs se lancent dans le tournage d'un film en se disant: "C'est décidé, je tourne un chef d’œuvre". Quelques uns, la plupart du temps reconnus comme tels, l'ont fait mais ils sont et restent l'exception.

Parmi eux je place proche du sommet le réalisateur américain Joseph L. Mankiewicz dont l’œuvre comprend de très bons longs métrages et "le" film qui fait la différence. Il s'agit de "Sleuth" ("Le Limier" 1972  avec Sir Laurence Olivier et Michael Caine dans deux rôles sortant de l'ordinaire.

Leur affrontement tient de la rivalité virile, de la lutte des classes sociales, de la possession ou non de fortune, d'intelligence et de lutte contre ce que l'autre représente. C'est un film qui, à chaque visionnage entraîne le spectateur un peu plus loin. Allusions incompréhensibles, menaces voilées, affleurement du mépris, dialogue sans fard et combat sans pitié se déroule devant lui qui ne comprend pas obligatoirement ce qui se joue devant ses yeux sur l'écran. Un affrontement psychologique? oui. Mais limiter le film à cela serait passer à côté.

Et passer à côté de "Sleuth" est plus qu'une faute, un crime. Un manque d'intelligence. Une légèreté coupable.

Il faut voir et revoir encore ce film étrange qui fait appel à notre intelligence tout en requérant notre imagination, notre participation même. Il s'adresse directement à nos capacités de réflexion. Mais aussi à notre imagination et à notre sens de la déduction. Sans oublier notre volonté de croire ou pas à ce qui est dit et montré sur l'écran.

Des "détails" scénaristiques nous sont livrés qui nous aident -ou pas- à comprendre l'action et l'évolution de la situation. Le film n'est ni prétentieux ni hautain, encore moins élitiste: tout y est clair et net et c'est au spectateur de se laisser emmener où l'auteur (Anthony Shaffer) souhaite nous conduire.

les dialogues du film sont élevés et à l'image du film, pertinents (en particulier la colère froide de Laurence Olivier qui refuse jusqu'à l'idée qu'on puisse "devenir Anglais"). Le jeu est omniprésent sous plusieurs formes. Le plus bel exemple est ce puzzle de plusieurs centaines de pièces entièrement blanches qu'on voit fait, défait et refait sans savoir par qui ni comment.

Les deux comédiens sont splendides (même si je trouve Caine éblouissant dans un rôle plus difficile à défendre) et il est impossible de ne pas s'identifier tour à tour à leurs personnages, quitte à revenir sur sa première idée. Entre l'aristocrate britannique et le parvenu d'origine italienne la vraie noblesse est -peut-être- là où on la soupçonne moins.

La dramaturgie est aboutie jusqu'à un point rare. Décor, sons, images, mise en scène tout concoure à la formidable* réussite d'un des meilleurs films que j'aie vus dans ma vie. 

*Je ne suis pas au stade d'adorer "Le Limier" mais je comprends l’étonnante admiration de Tanguy Vieil qui a écrit un livre ("Cinéma" 1999 aux Éditions de Minuit) dans lequel il dissèque le film scène par scène en en admirant l'implacable mécanique intellectuelle et cinématographique. C'est un livre d'adorateur plus que d'admirateur qui convient qu'il ne saurait garder son affection, son amitié même, à qui ne trouverait pas ce film "formidable".

Un "remake" fut donnée de ce film, même titre, dans lequel Michael Caine reprenait le rôle de Laurence Olivier tandis que Jude Law interprétait celui qu'il avait tenu 35 ans auparavant. Bien que signé Kenneth Branagh il n'apporte rien et affadit un scénario complexe et une machine intellectuelle bien huilée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 mars 2022 2 08 /03 /mars /2022 07:00

Pourquoi (presque) chaque initiative prise dans le but d'améliorer les relations sociales, de faire un geste vers le mieux et, en fin de compte, de faire reculer notre égoïsme se retourne contre nous et s'achève en farce dérisoire?

Prenez le compost. C'est bien un compost. Ça permet de retraiter certains déchets domestiques, ca crée du lien, c'est du recyclage intelligent et en fin de process ça donne de l'engrais naturel. 

Un cercle vertueux diraient les plus optimistes.

Mais voilà... tout le monde ne "joue pas le jeu".  Les bacs deviennent malodorants, accueillent des reliefs non prévus et abritent des intrus plus malvenus encore (des rats qui salopent tout aux alentours). Sur les 40 foyers répartis dans la copropriété de deux immeubles de 6 étages chacun, tout le monde n'agit pas de même. Il y a les "bons" (dont je fais partie, évidemment), les moins bons, les pas bons et les franchement dégueulasses.

Ça se joue à des détails. Ceux qui jettent des coquilles d'huîtres, des avocats ou des agrumes, voire des plantes vertes fanées, qui ignorent les consignes (consignes émanant de la Mairie qui supervise les composts de la ville), ceux qui s'en contrefoutent (ils ne recouvrent pas de "brun" (débris végétaux permettant la décompositionde leurs déchets, ceux qui donnent indirectement une étoile ou deux au point de restauration du rat en lui apportant ce qu'il aime, les qui n'aident jamais, qui ne lisent pas les mots qu'on affiche dans l'ascenseur et, pour terminer, ceux qui ne sont pas plus gênés que ça si le bac à compost pue sa race. *

Ce sont donc toujours les mêmes qui s'y collent. Ceux qu'on voit remuer le contenu des bacs, les transvaser, ratisser, retirer ce que d'autres ont mis dedans et qui ne devrait pas y être, ouvrent les couvercles les jours de pluie, remplacent pelles, grattoirs et seaux quand c'est nécessaire. bref, font du travail collectif afin d'améliorer les conditions de vie et donner un début de réponse aux injonctions des écologistes.

Je plaisante mais suis passablement agacé de voir toujours les mêmes ratisser les feuilles de platanes, les mettre en sac et les déposer (dans ma voiture.....) à la déchetterie. Ma femme est trop bonne qui prend à cœur le bien-être de  gougnafiers qui lui font risette mais ont toujours mille bonnes raisons de ne pas lui donner un coup de main.

* je voulais depuis longtemps écrire cette locution !

 

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7 mars 2022 1 07 /03 /mars /2022 07:00

Finalement je me sens les compétences de nombre de "spécialistes" invités à donner leur avis sur l'Ukraine, Vladimir Poutine, la Fédération de Russie et d'autres sujets aussi brûlants.

Ce statut de spécialiste c'est comme la blouse blanche et le stéthoscope qu’arborent celui qui fait autorité dans le monde de la publicité. La blouse immaculée rappelle qu'il a les compétences pour recommander le dentifrice truc ou la colle à dentier machin. C'est "le" professionnel, celui qui sait. Le stéthoscope c'est la matérialisation de son savoir et de sa pratique. Un type qui répare les pare-brises ou une fleuriste n'en ont pas. Quand bien même le voudraient-ils.

Mais quittons le monde binaire de la publicité (qui a révélé des pointures comme Jacques Séguéla, ne l'oublions pas) pour revenir à celui des médias affolé par un Poutine qui, après Trump, se met à faire mentir leurs pronostics, à ridiculiser leurs analyses et à se conduire comme un dictateur ne devant de comptes à personne. Le spécialiste des ogives nucléaires de l'ex-URSS, celui des sous-marins, celui de la Russie éternelle et, parmi eux la spécialiste des spécialistes de la Russie, de l'URSS, de la re-Russie et de tous les hommes et dirigeants que ces régimes ont comptés, j'ai nommé Madame Hélène Carrère d'Encausse, une gloire nationale qui passe au moins une quinzaine par an dans sa maison de St Petersbourg. C'est dire si elle est qualifiée est invité partout et se répand en certitudes qu'on finit par croire qu'elle a l'a l'oreille de Vladimir Vladimirovitch.

On se sent bête et insignifiant devant le brio des analyses, devant les certitudes martelées et les paris lancés comme autant de preuves de leur savoir.

Et pourtant... que d'erreurs, que d'affirmations démenties piteusement dans les 24 heures. Que d'à peu-près. Que de n'importe quoi.  Les médias ont le chic pour étendre les compétences d'une personnalités, réelles au départ, à des domaines dans lesquels il n'en sait pas plus que vous et moi. Tel passionnant diplomate développera une théorie grotesque s'il parle de stratégie militaire russe, telle géographe fera de même si elle parle de l'équipe dirigeante du Kremlin et ainsi de suite.

Ces vieux généraux "consultants", ces journalistes qui "ont vécu à Kiev"... n'en savent pas plus -voir moins- que vous mais leur blouse blanche et leur stéthoscope (ils sont invités à la télé et on les écoute respectueusement) leur confèrent une autorité que vous n'aurez jamais.

Les 3875 livres sur la Russie signés Hélène Carrère d'Encausse font foi devant le tribunal médiatique !

Informés par ces gens-là nous serions géniaux si nous avions une opinion intéressante basée sur de la connaissance. Il est donc normal, que dis-je normal, évident que nous sommes inquiets et prêts à croire celui ou celle qui ira là où nous penchons: de l'optimisme béat au pessimisme le plus noir.

 

 

 

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4 mars 2022 5 04 /03 /mars /2022 07:00

je le reconnais sans honte: je n'ai jamais pu lire plus de 30 pages d'aucun des livres de Georges Perec.

Trop difficile, trop intellectuel.

A l'exception de "Palindrome" que m'ont offert à la clinique le 22 janvier 2020 Serge et Laurence, qu'ils en soient encore remerciés. C'était un présent personnalisé et qui tombait bien. . 
Cette réédition élégante est plus facile à appréhender que le reste de l’œuvre de PEREC et pas uniquement parce que l'éditeur Denoël le fait tenir sur moins de 15 pages l'une écrite noir sur blanc et la suivante blanc sur noir tête-bêche.

Intellectuellement je trouve exceptionnel que cet écrivain ait pu écrire un livre entier, imposant, sans employer une seule fois la lettre "e". "La disparition", tel en est le titre est -selon moi- illisible. Mais l'exploit littéraire est d'importance. On dit que certains lecteurs ne se sont pas aperçus de l'absence de la lettre la plus utilisée en langue Française.

De ce que je sais de lui et de sa vie Georges Perec avait une passion pour l'écriture. Une urgence, une quête dont il ignorait où elle le conduisait s'il n'en ignorait pas l'origine.

Reconnu par la critique littéraire, primé parfois*, auteur de livres à succès ("Les choses", "La vie mode d'emploi") il ne fut un écrivain ni mondain ni maudit . "W" ou le souvenir d'enfance qu'il a écrit en 1975 donne une des clés de l’œuvre et permet d'envisager l'abime de l'âme de l'écrivain: il parle de ses parents, son père tué en habits de la légion étrangère sur le front de 1940 et sa mère, juive d'origine polonaise gazée à Auschwitz. Le "e" de la disparition c'est ça, "eux". 

Plus légèrement Georges Perec, que toutes les formes d'écritures passionnaient donna comme une suite à "La Disparition" (1969) avec "Les revenentes" (1972) livre dans lequel le "e" était l'unique voyelle employée.

Ne comprenant rien à "l'Oulipo" (ouvroir de littérature potentiel) écurie littéraire pour initiés à laquelle il appartenait? collaborait? je n'en parlerais pas ici, trouvant que, même ainsi, j'ai fait de mon mieux pour vous ré-intéresser / vous donner envie d'en savoir plus sur un écrivain touchant et profond.

 

* Prix Renaudot en 1965 pour "Les choses", Prix Médicis en 1978 pour "La Vie Mode d'emploi".

 

 

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3 mars 2022 4 03 /03 /mars /2022 07:00

Lorsque j'étais moins vieux je détestais les remises de prix, les classements, les trophées, les compliments avec remerciements et, en général, tout ce qui de près ou de loin ressemblait à des récompenses. L’honnêteté m'oblige à dire que j'étais rarement distingué et qu'on ne m'a pas harcelé pour venir dire deux mots devant un pupitre. 

...mais c'est arrivé ici ou là, même sans le faire exprès. Il y a des années où les autres sont moins bons ou vous meilleur qu'à l'ordinaire; la cérémonie des remises de prix étant un grand classique social.

N'aimant pas y assister et pire y participer je n'ai pas plus le goût de regarder les cérémonies de remises de récompenses des célébrités qui ont le don de m'ennuyer à l'échelon 8,99 sur l'échelle de Richter dédiée à l'ennui. Seule Élisabeth Badinter atteint les 9 selon moi. Mais je m'égare...

Césars, Oscars, podiums, crochets, Molières, victoires de la musique, Goncourt, quelque soit le sujet abordé la dramaturgie des cérémonies est immuable.

Qu'on demande à Antoine de Caunes, Valérie Lemercier, Eric Ciotti, Cyrille Lignac ou les Balkany de les présenter ces cérémonies demeurent ennuyeuses, interminables, convenues.

Pourquoi vouloir donner des prix et des récompenses? cet infantilisme-paternaliste a de quoi me faire sortir de mes gonds. Le quotidien est rempli de cérémonies mineures mortellement ennuyeuses mais auxquelles il est ardu de se soustraire.

Le seul attrait des raouts mondains, je dis bien le seul, est de permettre au voyeur qui s'ennuie de constater les ravages du temps (et ceux des bistouris de la chirurgie esthétique) sur des personnes qui ont manifestement les moyens de les retarder à défaut de les empêcher.

ça fait peu! 3 heures de pince-fesse suant l'ennui et la bonne humeur de façade pour voir que les célébrités ressemblent à des balloons signés Jeff Koon ç'est abusif.

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2 mars 2022 3 02 /03 /mars /2022 07:00

Entre le moment où je prends les 5 gouttes de Rivotril 2,5 mg/ml et celui où le sommeil est manifestement décidé à s'imposer il peut se passer de 15 à 25 minutes. Minutes pendant lesquelles il est difficile de lire et même d'écouter la radio ou de la musique. Juste bonnes à regarder une toute petite partie d'un programme  à la télévision.

Sur "Netflix" j'ai ainsi, sans l'avoir formellement décidé, commencé à regarder "Les plages d'Agnès" une curiosité filmée de la réalisatrice Agnès Varda.

Pour moi Agnès Varda c'était "la nouvelle vague" et sa sotte prétention de réinventer le cinéma, c'était des films inaboutis et bordéliques, c'était des scénari ni faits ni à faire, des comédiens improbables et, pour être sincère, un cinéma qui ne m'attirait pas. Circonstance aggravante Agnès Varda fût la femme de Jacques Demy qui est l'un des cinéastes les plus synonymes, à mes yeux, d'imposture d'une profession qui en compte pourtant une profusion.  Femme de Jacques Demy, mère de l'insupportable Mathieu Demy; Agnès Varda ne risquait pas de m'intéresser.

Pourtant à l'occasion de la sortie d'un de ses courts-métrages fourre-tout "les glaneurs et la glaneuse" je l'avais découverte. Son physique était le reflet de sa personnalité: surprenant. Elle était tour à tour rieuse, passionnée, originale et singulière.

C'en était resté là. Mais, après sa mort, j'ai regardé un long portrait d'elle qui dépassait les clichés. Si on ne s'arrêtait pas sur la tourte au fromage qu'elle avait sur la tête ni sur son incapacité à ne pas dire du bien de feu son mari Demy dont elle ne ratait jamais une occasion de vanter les qualités humaines et professionnelles, on était sous le charme de cette dame que l'enfance n'avait pas totalement désertée.

Le temps que les gouttes bleues fassent leur effet j'ai commencé à regarder "Les plages d'Agnès" et ai été stupéfié par la personnalité de Varda mais aussi par sa créativité, son charme et son autorité. C'est un film sans queue ni tête mais qui a une âme.

Ce petit bout de femme rondelette, comme elle se définit elle-même, possède un esprit inventif irrésistible. Elle passe du coq à l'âne à une rapidité déconcertante et filme ses idées en s'adressant à ses techniciens, sa famille, des amis, Jane Birkin comme s'ils étaient des comparses préparant des mauvais coups.

Tout y passe! les maillots de bains des années 50, les joutes nautiques de Sète, la plage transformée en "installation" artistique, les photos plantées dans les dunes... c'est une incohérence cohérente. Tout baigne dans une atmosphère complice et joyeuse. Le sommeil arriva lorsqu'elle présentait à la caméra les deux fils  de Jean Vilar. Elle parlait joliment des plages du Nord et de la Belgique quand j'ai éteint les lumières et la télévision et suis parti me coucher.

Je devais avoir vu un tiers du film et ce que j'ai vu m'a suffit. Je ne voudrais pas être déçu et en resterait là. Un petit plaisir vaut mieux qu'une grande déception.

 

 

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1 mars 2022 2 01 /03 /mars /2022 07:00
Les amis d'Attali

J'ai aperçu, par hasard, Jacques Attali sur une chaîne de télévision indigne. Il était question de la perte irréparable de Saint Coluche, dont on parlait du décès en 1986 avec des sanglots retenus et des larmes virtuelles. 

Je n'avais pas vu le Sherpa de François Mitterrand, l'auteur plus que prolifique, l'économiste fulgurant et le chef du protocole des présidences à la rose depuis longtemps. Il va sans dire qu'il me manquait terriblement. L'élévation de sa pensée, son action remarquable et sa personnalité - pour ce qu'on en connaît - contrastée sont de celles qu'un honnête homme a besoin de consulter à intervalles réguliers. 

Avec Charasse, Hanin, Sevran, Orsenna, Lang, Adler (Laure), Levaï, Dumas et quelques autres Attali faisait presque partie de la famille. Des hommes qui fréquentaient Dieu et délivraient (un peu de) la parole divine. 

Il avait, malgré ses activités prenantes de courtisan et de factotum le temps d'écrire des livres admirables que je lisais, ébloui par le fond et la forme. ("Verbatim 2" est mon préféré. "Les mémoires d'outre-tombe" de Chateaubriand en infiniment mieux).

Attali, vieilli, amaigri, ratatiné mais toujours impérial dressait le portrait sans cesse enluminé et rafraîchi de son "ami" Coluche. Car le comique croisait à l'Elysée. Le candidat à la plume dans le cul de 1980 était "l'ami" de Jacques Attali. "l'enfoiré" partageait la table du Saint-Simon du règne de François II. Je ne l'eusse pas cru si l'intéressé lui-même ne me l'avait écrit avec un certain mépris.

Dans un "Express" Attali disait du mal de la collusion entre le monde du show-biz, des paillettes et des after en disant en substance que le mélange des genres n'était pas souhaitable. (L'homme a toujours eu un culot d'acier) Je lui ai envoyé un mail lui rappelant son sonore "Adieu, ma poule" à l'enterrement de Coluche en me demandant hypocritement si ce n'était pas une forme de collusion. 

"l'amitié n'a rien à voir" me répondit il glacialement. Eut-il été ministre de l'intérieur j'étais embastillé, eut-il été ministre des finances j'étais bon pour un contrôle fiscal impitoyable. 

Voir ce vieux clown blanc défendre la mémoire de son "ami" m'a fait sourire. Attali qui fait sourire: le monde est plein de prodiges. 

  

 

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28 février 2022 1 28 /02 /février /2022 07:00
Capitalisme bien ordonné

Avec son 737 max Boeing a sciemment mis dans la balance la sécurité et la vie des équipages et passagers des vols dans leurs avions d'une part et les cours de la bourse et donc la rentabilité de l'entreprise de l'autre.

Pire, après les crashs de deux appareils au décollage (Djakarta 2018 et Addis Abeba 2019) Ils ont menti sur les conditions, fait des faux, retardé et influencé les enquêtes et agi avec une désinvolture criminelle avec les compagnies clientes, les commissions d'enquête et les familles des plus de 800 morts. 

Pire: pour des raisons d'économie et de rentabilité maximum toujours; Boeing a tu des informations capitales sur le pilotage des appareils relookés. (en ne préconisant pas une formation des pilotes de l'appareil modifié substantiellement indispensable), pour ne pas faire passer les pilotes au simulateur de vol (et à leurs frais) ils ont parié sur la chance et... ont perdu. Dans leur concurrence folle avec Airbus ils ont en conscience pris le risque que ces avions, anciens modèles relookés et modifiés pour consommer moins soient pilotés par des hommes et des femmes ne pouvant les maîtriser. C'est ce qui s'est passé.
Entre parenthèse c'est le Président Trump lui-même qui les a "cloué au sol" après le crash en Éthiopie.

On pourrait parler d'homicide par imprudence ou de mort sans intention de la donner. Et tous ça pour du fric, des montagnes de fric qu'ont touché les actionnaires et données par le conseil d'administration au directeur de la compagnie qui, après les deux crashs a été renvoyé avec plus de soixante millions de dollars. Ça fait combien par homme, femme et enfant envoyé presque sciemment à la mort? 

On a assez peu parlé, me semble t'il, de cette compagnie américaine mondialement connue et qui a trompé les compagnies clientes, a essayé de cacher ses responsabilités, influencé la justice et, finalement, dépensé des fortunes pour étouffer l'affaire.

Avec succès.

 

 

 

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