J'ai toujours et aussi loin qu'il m'en souvienne perdu puis retrouvé qui mon portefeuille, qui mes clés, qui ma carte de réduction, qui ma carte de crédit. Passons sous silence le téléphone que je passe mon existence à rechercher.
Avec le temps ça a empiré: je ne retrouve rien. Pour contenir ces éléments la plupart du temps inutiles j'ai un sac à dos qui, ironie, est devenu lui-aussi un objet derrière lequel je cours sans arrêt.
clés de vélo, clé de voiture, "papiers" de la voiture, passeport, carte d'identité, carte du tramway, porte-monnaie, montre me mènent la vie dure. Combien de temps passai-je à remuer ciel et terre pour les retrouver? je ne saurai le dire mais ce temps empire et est augmenté par celui que je passe désormais à aider ma femme à chercher ses affaires qu'elle égare avec le même génie que moi.
C'est au ballet en lequel nous évoluons l'un et l'autre à la recherche de je ne sais quoi que je fais allusion dans letitre de ce post.
Car il en faut du génie pour mettre la main sur ce que nous recherchons au moment où nous le recherchons. Cela génére même des dialogues imbéciles: "quelle couleur il a? c'est l'agenda noir ou le gris? quand t'en es tu servi la dernière fois?" ces demandes n'aidant en aucun cas à la redécouverte de l'objet perdu.
Parfois ce que nous recherchons dans une fièvreuse chorégraphie se trouve en évidence sous nos yeux.
Il arrive que certaines choses disparaissent vraiment. Entendez par là que pendant un temps vous espérez "tomber dessus" et que vous finissez par en faire fabriquer un duplicata (clé du jardin, clé des vélos, carte d'identité): c'est une fois en possession de ce sésame pas précieux que vous tombez par inadvertance sur l'original qui, hasard, était presque en évidence dans un endroit inadéquat. Lunettes sur un livre sur une étagère, carte vitale dans la réserve de savons de la salle de bain etc.
Avec le temps et malgré les résolutions je perds plus d'objets et finis par croire qu'on ("on" indéfini) cherche à me nuire et à me rendre fou. J'ai perdu, oui, perdu une boîte de médicaments que la pharmacie venait de me délivrer. Médicament cher et contingenté. J'ai dû retourner l'appartement (heureusement je n'habite pas la Malmaison) sans le retrouver. Il a fallu refaire une consultation, une autre ordonnance et aller 4 fois à la pharmacie qui -c'est un fait- est la plus mal organisée de toute l'Occitanie. A ce jour je n'ai pas retrouvé l'original et guette le moment de sa réapparition miraculeuse.
Il y a les perte d'objets qui sont contrariantes mais aussi les oublis qui ne le sont pas moins. C'est au deuxième sous-sol que je me souviens que j'ai oublié de prendre la batterie du vélo électrique. Entre temps quelqu'un a appelé l'ascenseur et il paraît scotché au 4ème.
Passerai-je sous silence ces courses qui me font descendre, tout équipé (clé, portefeuille, porte monnaie, sac) et là... le trou noir. Qu'allais-je chercher? mystère.
Je terminerai par ce phénomène étrange et inquiétant: certaines choses disparaissent VRAIMENT chez soi. La chaussette qui laisse une veuve inconsolable, le couteau à huîtres, le tire-bouchon, le double des clés du tiroir du bureau...
Lorsque je tenais ma tête entre mes mains, mon père, jamais avare d'un mot doux me disait: "ne tiens pas ta tête, il n'y a rien dedans". Force est de constater qu'il avait (pour partie!) raison.