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16 août 2024 5 16 /08 /août /2024 07:00

Chaque année à cette période se pose la question de la révision annuelle de la voiture. Nous avons acheté neuve il y a 5 ans une petite Toyota Yaris qui a quand même 86000 killomètres au compteur. Elle fonctionne à la perfection et nous n'avons eu aucune panne, même minime depuis son achat. Les révisions constructeur coûtent les yeux de la tête mais, comme leur nom le dit sont gages que tous les organes sensibles sont vérifiés. On est aussi en droit de penser que Toyota connaît ses modèles et sait les points faibles. La technologie hybride est peut-être plus compliquée que celle des véhicules essence et, en tout état de cause, je leur fais plus confiance qu'en ces ateliers du style Midas et consort.

520€ la révision de moins de 2 heures... Le Dr Toyota est plus cher qu'un avocat d'affaire ou un chirurgien du genou... Mais moins qu'un dentiste! tout est relatif. 

Chaque année nous hésitons et optons finalement pour le forfait constructeur. Ce dernier, un jeu de pneus de temps en temps et le contrôle technique obligatoire sont les seules dépenses liées à la voiture (à l'exclusion des contraventions, des stationnements, du carburant, des péages et de balais d'essuie-glaces) ce qui est léger. 

Nous avons droit à un tampon officialisant cette fameuse révision sur la notice de garantie ce qui (me) rassure mais ne sert pas à grand chose et à l'augmentation annuelle de plus de 100€ pour le même examen. 

Là, Toyota est plus fort que les médecins et les avocats!

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14 août 2024 3 14 /08 /août /2024 07:00

J'ai beau faire le fier et ne pas éteindre les lumières de la salle de bains quand je suis à l'intérieur je vois bien que je glisse comme Léon Marchand non pas dans l'eau mais vers la fin que je situe, comme ça, au doigt mouillé dans moins de dix ans. Ne me demandez pas pourquoi. Tina Turner, Jacques Brel, Sinead O'Connor, Françoise Hardy, William Makepeace Thackeray, George Orwell, Mozart et Bruegel sont morts et le monde, sans eux, est moins attirant. 

A mon dernier contrôle technique l'assemblée de médecins n'avait pas assez de feuilles A4 pour retarder l'inéluctable appel d'en haut. C'est bien simple les associations de dons d'organes refuseront les miens (dons) euh. les miennes (organes). 

J'eusse préféré qu'ils me parlassent de mon âme que des prothèses en titane qu'ils espéraient me fourguer...

Ce n'est pas que je suis pressé de tirer ma révérence à cette belle planète mais il y a un moment ou notre présence relève du manque de savoir-vivre. 

Plus vous partez tard et moins on vous regrettera. Je l'ai souvent vérifié. On dit plus facilement d'un jeune trépassé qu'il avait la vie devant lui. D'une personne très âgé on est plus expéditif: "il aurait dû  partir depuis longtemps déjà". 

Déjà certains signes me montrent la sortie: je tape d'un doigt les messages MSN sur mon smartphone. On peut qualifier ma démarche de "reptation verticale", j'écoute encore "live in Gdansk" de David Gilmour et je n'irai pas voir le soixante-dix-neuvième film réalisé par Claude Lelouch. 

Ce sont des signes qui ne trompent pas. 

Le temps est venu quand vous réfléchissez à l'utilité de faire un détartrage dentaire ou que vous vous êtes habitué à la douleur perpétuelle de votre genou gauche en alternance avec celui de l'autre côté. Droit le côté. Il y en a qui ne suivent pas. Autre preuve qu'il est temps de rejoindre les âmes errantes. 

Alors on peut écarter l'échéance en se disant qu'un ultime amour... mais la réalité est que les amours concernent rarement les plus de...... ans. (je vous laisse compléter). 

Qui sait? là-haut Françoise Hardy ou George Harrison m'accueilleront peut-être? Picasso me prendra peut-être en élève dans son cours de peinture? Je déconne. J'ai bien observé les danses macabres, j'ai lu Dante (vous qui entrez abandonnez toute espérance). je crains que la haut ça ne soit pas le paradis. (excusez cette facilité). 

partir... je n'ai rien contre mais j'aimerais mieux que ça se fasse sans ma participation. Et être certain que je pourrais boire un verre avec Louis XVI. Et qu'il ne se formalisera pas de ma roture. 

 

 

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13 août 2024 2 13 /08 /août /2024 07:00

On doit à Gustave Eiffel le Viaduc de Viaur en Aveyron. Je rassure ceux qui associent Gustave Eiffel à Céline Dion: la chanteuse n'a pas chanté sur cet ouvrage du grand constructeur de Meccanos. Le département de l'Aveyron n'est pas très éloigné de Toulouse (du moins à vol d'oiseau) et, un soir que j'étais pressé de rentrer à Toulouse après une journée insipide en résultats commerciaux et que la nuit commençait à tomber (il était un peu plus de 16H00*). Au volant d'une voiture de société je roulais certainement trop vite et étais sans arrêt freiné par des voitures immatriculées en 12 qui sont je crois les pires conducteurs de France (avec les 13, les  2B, les 33 et une trentaine d'autres indicatifs de départements. A l'époque cette information figurait sur toutes les plaques d'immatriculation). Ma conduite était, il y a prescription, beaucoup trop rapide d'autant plus que j'avais mille choses en tête et que la radio me distrayaient des obstacles de la route.  Rien de pire que de vouloir arriver à destination à une heure donnée quand aucun motif sérieux ne vous y pousse. 

A l'approche du fameux viaduc de Viaur la route, un temps droite, devient une succession de virages. Je savais d'expérience qu'une bonne heure restait à couvrir avant la rocade toulousaine. La nuit était tombée (sans se faire mal**) et quelques flocons s'invitaient sur le pare-brise. Je ne vis pas la plaque de verglas. Ou je ne compris pas assez vite ce que c'était. 

A un virage que j'entrepris trop vite la voiture échappa totalement à ma conduite, fit 2 ou 3 tonneaux dans un bruit de fin du monde (les air-bags!) et s'immobilisa sur la côté gauche. Quand la voiture fut soudain incontrôlable j'eus le temps de me dire: "les dés sont jetés: voyons ce qui va arriver". La réponse était: tu t'en sors. Je quittais la voiture je ne sais comment par la porte du passager avant qui était maintenant le toit. Je n'avais pas une égratignure. pas une goutte de sang. Comme Roger Moore dans je ne sais quel James Bond je sortis impeccable mais difficilement de la Volkswagen et m'aperçus que de nombreux êtres humains m'entouraient. 

J'avais gagné: il me faudrait beaucoup plus de temps pour rentrer à Toulouse désormais. Je ne me souviens plus des détails (le dépannage de la voiture, mon retour chez moi, l'accueil de ma dame de l'époque, celui de mon entreprise d'alors ...) mais je sais que je n'ai plus jamais emprunté la route de Rodez. 

Quand je suis allé visiter le Musée Soulages j'ai pris le train et lui a roulé sur le fameux viaduc. 

Juste un détail. Toulouse Rodez en TER c'est presque aussi long que Paris-Bordeaux en TGV. 

 

* en hiver en Aveyron il fait nuit très tôt.

** Le grand humoriste Jean-Louis Debré (qui a oublié d'être idiot) disait que Chirac répondait: "j'espère qu'elle ne s'est pas fait mal" lorsqu'il lui disait: "la nuit est tombée". Cette anecdote ne présente aucun intérêt, mais le post d'aujourd'hui non plus, vous n'êtes pas sans l'avoir remarqué). 

 

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12 août 2024 1 12 /08 /août /2024 07:00
Mort du Lieutenant Calley

J'ai appris par hasard que le Lieutenant William Caley est mort le 28 avril dernier (2024). Il est (fut...) mondialement connu pour avoir ordonné et organisé le massacre de civils sud-Vietnamiens à My Lai au Vietnam le 16 mars 1968. Le chiffre de 503 victimes est communément cité, tous civils, allant des nouveaux-nés aux vieillards. 

l'affaire, d'abord cachée, avait eu un retentissement mondial lorsque la presse publia des photos de deux jeunes enfants tués par balles sur un chemin creux et d'un groupe de civils (femmes et enfants) quelques instants avant que la Compagne C ouvre le feu sur eux. 

Rappelons-nous que les USA étaient sur place pour empêcher le Nord communiste d'envahir le Sud. Outre l'horreur du massacre (une réplique de l'élimination d'Oradour sur Glane par les nazis le 10 juin 1940) la logique folle de cette guerre qui voyait les "sauveurs massacrer ceux qu'ils étaient venus aider". Le nombre de victimes (entre 300 et 500, Calley étant personnellement directement responsable de 22 ou 23 assassinats de sang froid)

Presque plus grave l'impunité du responsable du massacre a choqué le monde entier sans que cela ne change rien à sa situation. Il a été mis aux arrêts quelques mois puis libéré sur ordre du Président Nixon. 

Je me souviens avoir été impressionné et marqué par cette horrible affaire: Comme la France en Algérie, l'armée régulière s'en prenait à des civils et faisait feu sur des femmes et des enfants. Dans l'hebdomadaire "L'express" je me souviens de deux légendes de photos: l'une disait: "dans quelques instants la Compagnie C  va ouvrir le feu". On voyait un groupe de femmes serrées les unes contre les autres et manifestement terrorisées. Sur une autre on voyait un très jeune enfant étendu mort par terre et un autre essayer de le protéger. Le commentaire souligait qu'il allait être "abattu" quelques secondes après . 

Cette affaire, comme celle de la colline 192* avait considérablement contribué à rendre l'intervention américaine au Vietnam impopulaire et mis l'armée américaine en accusation.

Il semblerait que le Lieutenant Calley a toute sa vie "regretté"  cette affaire. 

* Une autre monstruosité de la même époque. Elle fut racontée dans un livre ("Incident de la Colline 192" par Daniel Lang éditions Allia) et on en tira un film que je ne parviens pas à voir en entier tant ce qu'il décrit est dérangeant. ("Outrages" de Brian de Palma avec Sean Penn et Michael J. Fox (1989).

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9 août 2024 5 09 /08 /août /2024 07:00

Quand arriva le jour où je devais faire connaissance des trois frères et de trois des sœurs de Françoise je m'habillais pour faire bonne impression. Décontracté mais apprêté! 

Nous avons déjeuné chez des amis de Carcassonne et j'eus la hantise de faire "la" tache qui aurait été la faute. Heureusement il n'y avait pas de plat en sauce au menu et en buvant de l'eau (chez un oenologue producteur de vin!) je limitais les risques.

Après le déjeuner nous partîmes en avance, nous réservant la possibilité de faire une ou deux haltes sur la route de Mirepoix où nous étions attendus. 

Il faisait un temps magnifique en ce mois de mai et la chaleur était celle qui annonçait l'été. 

Nous nous arrêtâmes dans un village traversé par une rivière de montagne. Je marchais sur un muret qui la bordait. L'eau coulait basse et froide. Soudain je glissais sur des sortes d'algues et je fus emporté par mon poids et tombais dans l'eau. Complètement, totalement.

Ma montre fonctionnait encore et indiquait qu'il nous restait un peu plus d'une heure avant le rendez-vous important. 

Je fis sècher le pantalon de toile en le brandissant à la fenêtre de la voiture puis fis de même avec la chemise, les chaussettes coincées sur la fenêtre arrière tandis que le boxer faisait de même à la fenêtre opposée.

En moins d'une demie-heure tout fut à peu près sec et surtout pas trop froissé. J'avais repris allure humaine. 

Les piétons et conducteurs de voitures qui croisaient notre étrange équipage se demandaient visiblement à quel jeu étrange nous jouions.

Ce pressing roulant improvisé fonctionna pleinement et je fus reçu par les futurs beaux-frères et mes futures belles soeurs. Je fus reçu à l'examen et nul ne soupçonnna ma chute dans l'eau  de l'heure précédente.  

 

PS: j'ai écrit ce post le 2 août 2O24 en repensant à cet épisode. Dans la journée j'ai appris que cela faisait 14 ans tous ronds que cela s'était passé (Facebbook rappelle des évènements et re-publie des photos s'il y a lieu). 

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8 août 2024 4 08 /08 /août /2024 07:00

"buvez avec modération", "L'abus d'alcool est dangereux", "Fumer tue", "Un crédit doit être remboursé", "Dispositif médical"... notre époque nous infantilise pour notre bien. En permanence des conseils comportementaux nous sont rappelés et ils sont rédigés pour des personnes qu'on semble considérer comme des êtres un peu stupides.

Prenez "buvez avec modération". Chacun sait que la consommation excessive d'alcool a des conséquences qui vont de l'ivresse légère à l'état nauséeux en passant par la perte de l'équilibre et la mise en danger de soi-même et des autres. Le répéter à longueur de journée n'a certainement aucune conséquence positive. 

C'est juste se donner bonne conscience à peu de frais. Je comprends que l'on nous informe des dangers de tel ou tel produit mais il y a bien de l'hypocrisie à vendre de l'alcool ou du tabac, d'appliquer des taxes considérables sur ces produits et de culpabiliser le consommateur  tout en l'incitant à acheter ce que l'on condamne. 

 

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7 août 2024 3 07 /08 /août /2024 07:00

Comme tout le monde j'ai du mal à dormir lorsque les nuits sont très chaudes comme en ce moment. Nous faisons courant d'air mais le bruit de la rue (pompiers, Samu, motos, discussions de piétons avinés, tramways et avions) n'aide pas à l'endormisserment. Je suis donc allé au salon voir la boîte à images. 

Le doc diffusé sur la chaîne du sénat et consacré au "Procès de Moscou" de Prague en décembre 1952 était à la fois passionnant et terrifiant. Il s'agissait du procès des communistes Artur London et Rudolf Slansky ainsi que 12 co-accusés d'être des traitres à la cause alors qu'ils étaient bien dans la ligne. leur judéité n'était pas pour rien dans ces affaires et ce qui avait marqué l'opinion (celle qui s'informait et n'avalait pas tout crus les mensonges et la propagande stalinienne) était l'incroyable séance d'aveux des accusés qui réclamaient même, pour certains d'entre eux, une condamnation exemplaire. 

On n'avait jamais vu cela (à part à Moscou mais on n'avait que de rares informations polluées par les propagandes): des accusés qui reconnaissent tous leurs torts même les plus fous et les plus improbables et qui demandent qu'on les punisse. Les familles de certains des 14 accusés se désolidarisant des leurs et appelant la "justice" à être impitoyable et d'éxécuter qui un mari, qui un père. 

Leur crime? être "fractionniste", avoir comploté contre le parti (ils en étaient des piliers fidèles à la lettre!), être favorables à Tito (qui avait tenu tête à Staline) et "sionistes". 

Les bobines des films de propagande retrouvées par hasard et restaurées des années après le procès, témoignent de l'absurdité et de la violence inouïe de ce "socialisme à visage humain" qui broyait les consciences et les vies. Les enfants vivants de 3 accusés-condamnés-exécutés expliquaient leurs vies gâchées: fils ou fille d'accusés, enfant, adolescent ou adulte ils ne purent faire d'études, ont été mal logés, mal payés dans des boulots sinistres et ont été surveillés impitoyablement par la police politique jusqu'à la chute du mur en 1989. 

Il y eut, dans les pays libres comme la Fance d'innombrables personnes pour croire aux accusations, accepter le verdict et l'exécution de 11 des accusés. Des journaux comme "L'Humanité" hurlaient avec les loups et les voix discordantes furent très peu nombreuses. Seule, la mort de Staline en 1953, empêcha cette purge de prendre de la puissance dans les pays sous la griffe de l'URSS. 

A la fin du documentaire on apprit, presque par hasard, qu'en 1963 les 14 accusés du "procès Slansky en république Tchécoslovaque furent discrètement réhabilités. 

Artur London écrivit son histoire dans "L'aveu" (1968) que Costa Gavras illustra par un film difficile avec Yves Montand dans le rôle principal. 
Sur les procès dits "de Moscou" c'est sans doute Arthur Koestler qui en a dit le plus sur la folie meurtrière et l'atroce mécanique de ces procès dans "le zéro et l'infini".

Je crois, je pense, je crains que ces tribunaux d'exception infâmes soient susceptibles, dans un avenir proche,  d'être à nouveau organisés : il y a une volonté de détruire l'Etat de droit chez beaucoup et dans beaucoup de pays. Elle va avec une aspiration à être dirigés par des "hommes forts" qui sont prêts à prendre le pouvoir. Des pseudos Insoumis  ne répugneraient pas à une terreur façon robespierre. On a vu comment étaient écartés leurs propres militants qui osaient critiquer leur direction. 

Qu'importe leur étiquette: les tyrans sont aux aguets prêts à fondre sur leurs ennemis à l'intérieur ou à l'extérieur de chez eux. "l'opération militaire" russe en Ukraine est la première alerte. 

Il y en aura d'autres. 

 

 

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6 août 2024 2 06 /08 /août /2024 07:00

De plus en plus souvent lors d'obsèques on diffuse une chanson ou une musique aimée par le défunt ou qui le rappelle. Ce n'est pas nécessairement une musique religieuse ou classique et ça peut même parfois être une chanson de variété n'ayant aucun rapport avec la mort et la tristesse  du moment.

Pour les obsèques de mon père personne ne s'était occupé de ce détail -du moins le pensais-je- lorsque soudain "j'arrive où je suis étranger", poésie de Louis Aragon mise en musique et chantée par Jean Ferrat imposa le silence et fit réellement penser à mon père.
Je connaissais ce titre mais n'avais pas porté grande attention au texte. La voix, les vers, la musique et le silence recueilli de ceux  qui étaient là formèrent dans ma mémoire un souvenir inoubliable. 

Ce poème: c'était bien mon père. Aucun autre texte n'eut été plus pertinent. 

Mon père n'était pas croyant et encore moins pratiquant. Rien n'avait donc été prévu pour la levée du corps et cette cérémonie laïque me fit penser au ballet sans musique d'Amadeus de Milos Forman: une incongruité. 

En choisissant "J'arrive où je suis étranger" et en le faisant écouter à l'assistance mon frère avait montré sa sensibilité, ce qui n'est pas dans ses habitudes et rendu à cette réunion mortuaire une dignité qui lui aurait fait défaut sans cela. 

 

                                                           J'arrive où je suis étranger   

                 

                                                       Rien n'est précaire ccomme vivre 

                                                       Rien comme être n'est passager 

                                                       C'est un peu fondre pour le givre

                                                       Et pour le vent être léger

                                                       J'arrive où je suis étrange

 

 

                                                         Un jour tu passes la frontière

                                                         D'où viens-tu mais où vas-tu donc

                                                         Demain qu'importe et qu'importe hier

                                                         Le coeur change avec le chardon

                                                         Tout est sans rime ni pardon

                                                         Passe ton doigt là sur ta tempe

                                                         Touche l'enfance de tes yeux

                                                         Mieux vaut laisser basses les lampes

                                                         La nuit plus longtemps nous va mieux

                                                        C'est le grand jour qui se fait vieux

 

                                                          Les arbres sont beaux en automne

                                                          Mais l'enfant qu'est-il devenu

                                                           Je me regarde et je m'étonne

                                                           De ce voyageur inconnu

                                                           De son visage et ses pieds nus

                                                           Peu à peu tu te fais silence

                                                           Mais pas assez vite pourtant

                                                           Pour ne sentir ta dissemblance

                                                           Et sur le toi-même d'antan

                                                           Tomber la poussière du temps

 

                                                             C'est long vieillir au bout du compte

                                                            Le sable en fuit entre nos doigts

                                                            C'est comme une eau froide qui monte

                                                             C'est comme une honte qui croît

                                                             Un cuir à crier qu'on corroie

 

                                                              C'est long d'être un homme une chose

                                                              C'est long de renoncer à tout

                                                              Et sens-tu les métamorphoses

                                                              Qui se font au-dedans de nous

                                                              Lentement plier nos genoux

                                                               Ô mer amère ô mer profonde

                                                               Quelle est l'heure de tes marées

                                                              Combien faut-il d'années-secondes

                                                              A l'homme pour l'homme abjurer

                                                              Pourquoi pourquoi ces simagrées

                                                                

                                                               Rien n'est précaire comme vivre

                                                               Rien comme être n'est passager

                                                                C'est un peu fondre pour le givre

                                                               Et pour le vent être léger

                                                                J'arrive où je suis étranger. 

                                                                

 

 

 

 

 

                                                            

                                                           

 

                

 

 

 

                                   

 

                                                                     

        

 

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5 août 2024 1 05 /08 /août /2024 07:00

A la fin d'une journée très chaude pendant laquelle le thermomètre tangentait les 40°C il faisait très bon dans l'appartement grâce aux stores baissés et à la climatisation. Ce 29 juillet Arte diffusait "La chambre du fils" de Nanni Moretti, un film que j'étais allé voir sur grand écran à sa sortie (2001) et qui m'avait fait forte impression.

Première déception le film est en version Française. Ce n'est pas du snobisme et je reconnais que souvent le doublage est de qualité mais là il semble pour le moins incongru de ne pas avoir la V.O. 

Passons! Dans le film réalisé et interprété par Nanni Moretti le personnage qu'il incarne est psychanalyste. Un psychanalyste qui croit en sa science au point de la faire passer sinon avant sa peine du moins au même niveau. Pourtant les quelques moments où on le voit en présence de ses patients on est atterrés par ce qu'ils disent et racontent et par leurs attitudes infantiles et égocentriques. 

Antienne connue pour ceux qui me connaissent: la psychanalyse est une imposture. Deuxième déception. 

On voit, au début du film une gentille famille italienne bien sous tous rapports (ils font du sport, ils écoutent de la bonne musique, ils vont au cinéma, ils chantent tous les 4 (le père, la mère, le fils et la fille) dans la voiture etc. C'est amené avec des gros sabots: la famille va vivre un drame qui remettra tout en cause. 

Le drame arrive à la moitié du film: le fils se tue dans un accident de plongée sous-marine.  On ne voit l'accident qu'à travers les yeux des témoins et du chaos qui s'ensuit. 

Sans exagérer mais en recréant les réactions des uns et des autres l'irruption de la mort, du destin, de l'inimaginable sont les passages les plus vrais du film. Les plus insoutenables aussi. 

Nanni Moretti, metteur en scène, s'attarde sur Nanni Moretti comédien. Il ne cabotine pas mais presque. Paola (Elsa Morante) sa femme dans le film, est beaucoup plus crédible parce qu'à l'économie. Idem pour celle qui joue sa fille.

Le film s'achève sur un parking d'autoroute où l'on devine que la famille guérira. 

Bref... j'ai été déçu. Comment se fait il que j'avais le souvenir d'un "bon" film depuis 20 ans et qu'il ne m'a pas plu cette fois-ci? pas plus autant.

Le comédien-réalisateur est sans doute le premier élement de réponse: trop imbu de lui-même, trop sur de lui. Ensuite la forme du film: les temps heureux et l'insouciance avant l'accident. Un peu carte postale. 

Quand on a vu des milliers de films on finit par voir les facilités de mise en scène. Et j'ai vu beaucoup de films! 

Enfin il doit y avoir des moments pour voir tel ou tel film. ce jour de la fin juillet je ne devais pas être prêt à regarder "La chambre du fils". 

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2 août 2024 5 02 /08 /août /2024 07:00

Les disques des Rolling Stones ne sont pas comme le bon vin; le temps ne les bonifie pas toujours. Au contraire allais-je dire. Le dernier en date ("Hackney Diamond") fait partie de ceux qui après un rapide engouement prend la poussière sur une étagère (si vous avez acheté le disque matérialisé) ou qui est en chute libre sur Spotify. Non qu'il soit mauvais mais parce qu'il n'apportait rien et pouvait avoir été enregistré en 2023, en 1976 ou en 1988. La voix de Jagger, étonnamment préservée était la seule surprise du disque dont le titre "Angry" a fait un petit tour dans les charts avant de disparaître. 

On trouve le Cd à 5 euros dans les solderies et sur les boutiques du net. Les Rolling Stones de "Gimme Shelter" sont comme Charlie Watts, Brian Jones, Nicky Hopkins, Billy Preston, Bobby Keys et tant d'autres qui gravitaient dans ou autour du groupe: de lointains souvenirs. 

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Blog créé le 8 Décembre 2009

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